L'art et la manière

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Modérateurs : Administration, MJ

L'art et la manière

Message par Miho'Shakti Vas Erakis » 12 Novembre 2018, 00:27

• Date du RP : 21 février 2194
• Lieu du RP : La Citadelle / Nébuleuse du Serpent / Noyau Concilien (Espace Concilien)
• Type de RP : Solo
• Personnage(s) participant(s) : Miho'Shakti vas Erakis


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Sur un hologramme animé a écrit :
Jewliar’s Auction & Private Sales
a le plaisir de vous offrir un accès privilégié à sa vente aux enchères privée

Gahoras
Foi et Vision


Le 21 février 2194
De 19h00 à Minuit
Début des ventes à 21h00


Galeries Rugois – Présidium - Citadelle


La sculpture offrait une interprétation de l’art quelque peu trouble. Haute de près de deux mètres, sa base large d’une bonne cinquantaine de centimètres s’affinait en montant vers les hauteurs. Nervurée de multiples stries de profondeurs diverses, elle était bardée de couleurs aux nuances ocres et vertes, aux motifs insondables et mouvants en fonction de d’éclairages UV fixées en hauteur, braquées sur l’objet et s’allumant à tour de rôles en suivant un timing précis.

Flottantes à hauteur de regard, des lettres holographiques indiquaient le nom de l’œuvre, sa nature, sa date de première exposition, de l’artiste à l’époque en question ainsi que la mise de départ pour l’acquisition d’un tel objet.

Pilier de la Foi
Sculpture sur pierre
2175
8'000 crédits

La somme fit grincer des dents la quarienne. A ce montant-là, il était possible de faire tant de choses avec un minimum de bon sens qu’elle ne saisissait pas comment il était même envisageable de mettre autant de financement dans un truc statique qui prendrait la poussière. Il fallait dire que Miho et l’art formaient une association improbable. Cependant, elle devait reconnaitre qu’il existait une certaine beauté dans la mouvance des couleurs en fonction de l’éclairage. Mais hormis ce détail, elle peinait à saisir où se situait la profondeur d’un titre aussi religieux pour un gros caillou teinté.

Elle fit un pas en arrière, libérant la place pour permettre à une autre personne de s’approcher à son tour du descriptif puis, lentement, elle commença à faire le tour de l’œuvre. Son attention ne resta pourtant pas bien longtemps sur la sculpture. Un brouhaha constant de discussions feutrées s’accompagnait d’un fond sonore musical d’une fine douceur, caressant son audition avec plus de pertinence le visuel des pièces exposées. Autour d’elle, des personnes de toutes espèces et de toutes origines, avec pour point commun majeur un compte en banque inutilement trop rempli semblait-il, discutaient entre eux, par petits groupes de deux à six personnes, jouant de rires cristallins et de flutes de boisson luxueuse à bulles.

La galerie était divisée par des parois temporaires, offrant un parcours allé et retour de couloirs eux-mêmes partagés en espaces de différentes tailles, allant d’alcôves intimistes pour des œuvres de faibles dimensions à des pièces éphémères de grandes tailles pour les installations plus conséquentes. Le tout était surmonté par un balcon suivant tout le tour de la galerie où des sièges offraient une zone plus apaisante et isolée de discussions, ainsi qu’un point d’observation de l’ensemble de l’exposition depuis sa rambarde transparente. Différents escaliers permettaient d’y accéder. L’un proche de l’entrée, l’autre savamment intégré dans une installation de l’artiste hanari à l’autre extrémité de l’imposante galerie. Deux bars, en plus de serveurs errant entre les convives, plateau en main, permettait l’obtention de boissons plus spécifiques. L’un se trouvait sur la droite en entrant, l’autre plus discret se trouvait en hauteur, dans un angle du balcon.

La zone où trônait fièrement le « Pilier de la Foi » faisait face à l’entrée principale et offrait pour ainsi dire aux invités, un avant-goût de la suite de la visite avant que les différentes oeuvres ne soient mises en vente. Miho n’aurait su dire si le choix de placer cet objet en particulier était pertinent, mais il fallait préciser qu’elle n’avait pas encore pu juger du reste de l’exposition. Se reportant d’ailleurs sur la sculpture, l’air pensive, elle cherchait encore le lien entre celle-ci et son titre, tout en inclinant légèrement la tête sur le côté. Et une lumière s’alluma quelque part, profondément enfoui dans le sombre esprit artistique de la quarienne.
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Re: L'art et la manière

Message par Miho'Shakti Vas Erakis » 12 Novembre 2018, 23:37

Dethar Resfeh: ami de Miho, butarien.
Personnel de la galerie : barman turien


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Le bar proche de l’entrée était très peu pris d’assaut. Il fallait dire que l’écrasante majorité des convives trouvaient leur bonheur sur les plateaux des quelques serveurs tirés à quatre épingles qui déambulaient entre eux, prêts à remplacer les verres vides par de nouveaux bien fournis. Mais Dethar n’était pas particulièrement tenté par un une flute de champagne, aussi fruité soit-il. Tandis que le barman turien préparait sa commande, il déglutit en écartant du bout d’un doigt le col de son costume un peu trop rigide à son goût. Il avait beau avoir l’habitude de porter des tenues sophistiquées en raison de son travail, celles plus adaptées aux soirées mondaines étaient définitivement moins confortables. D’autres devaient avoir plus de chance.

Il se retourna, ses deux paires d’yeux s’arrêtant sur la quarienne qui observait une sculpture quelques mètres plus loin. Les tenues de Rannoch avaient gagné en beauté, merci aux soins qu’y apportaient un certain geth. La combinaison avait un petit quelque chose de minimaliste, et avait troqué le noir pour un gris sombre suivant les courbes comme une seconde peau. Le reste changeait des habitudes principalement par le design. Le textile rouge sombre, troublé par des motifs discrètement brodé, était bordé d’une doublure dorée. Evidemment, le capuchon inévitable dissimulait les câbles du casque, retombant sur la nuque avant souplesse, pour se croiser à l’avant sur la poitrine, avant de contourner les hanches pour souligner la chute de reins. L’écart principale au look habituel quarien était l’absences de ceintures et de poches, et le prolongement du textile formant une longue jupe souple et volatile qui n’avait rien à envier aux plus belles robes de soirée asari. En parlant d’asari, le coin droit des lèvres de Dethar se souleva en un rictus amusé quand il nota le regard de l’une des représentantes de l’espèce bleue glisser avec une expression appréciative sur le bas du dos jusqu’au rebondi de la naissance des fesses de la quarienne en passant à côté de cette dernière.

 « Votre commande monsieur. »

Le butarien abandonna son observation pour faire à nouveau face au bar. Déposés devant lui, une flûte de champagne surmonté d’un couvercle aseptisé et de sa paille accompagnait un autre récipient plus bas et plus large, dans lequel des glaçons baignaient dans un liquide ambré. Ce fut ce second verre qu’il prit en premier, pour en humer le parfum avant de hocher la tête, l’air satisfait.

 « C’est parfait, merci. »

Le turien hocha la tête à son tour avant de se reporter sur un autre convive. Libérant la place, il prit la flûte et se dirigea vers la sculpture. Il s’arrêta à la hauteur de la quarienne et lui tendit la boisson recouverte.

 « Oh ! Merci ! »
 « Je t’en prie… Il n’y a pas à dire, cette chose est particulièrement laide.»

Il ponctua sa remarque par une gorgée de sa propre boisson, sous le gloussement amusé de Miho.

 « Dit celui qui a prévu de l’acheter… »
 « A ma décharge, c’est la volonté du patron. Il dit que ce genre d’œuvre dans le salon réservé aux gros clients donnerait à ces derniers une image plus distinguée de la boîte.»
 « Tu y crois ? »
 « Ce que je crois, c’est que je n’en ai jamais eu besoin pour faire signer les contrats les plus juteux. Mais bon… Au moins ça me fera une soirée distrayante loin de la Terre.»

La paille émergeant de la flute de champagne trouva son chemin entre les filtres du casque de la quarienne qui prit quelques gorgées avec une certaine appréciation.

 « Par contre, je ne vois pas vraiment ce qu’il y a de religieux là-dedans. »
 « L’artiste était hanari. »
 « Je ne vois pas vraiment le rapport avec ce truc. »
 »Et bien… Si tu incline très légèrement la tête sur la droite… »

Alors qu’elle parlait, Miho s’exécutait, imitée par Dethar dans la foulée, leur donnant une mimique commune assez décalée par rapport à l’observation songeuse et éclairée dont faisait preuve les autres invités. Les quatre yeux butariens s’écarquillèrent.

 « Tu ne trouves pas que ça ressemble à… »
 « … Une balise prothéenne. Je comprends mieux à présent. »
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Re: L'art et la manière

Message par Miho'Shakti Vas Erakis » 18 Novembre 2018, 23:53

Dethar Resfeh: ami de Miho, butarien.


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La forme imposante d’un elcor très élégamment vêtu incita le duo à finalement s’éloigner. Il fallait dire qu’il restait encore d’autres œuvres devant lesquelles papoter avant que la vente ne débute. Alors qu’ils se déplaçaient tranquillement en suivant le parcours préétabli, ils se glissèrent côte à côte dans l’ouverture d’un couloir temporaire bardé de tentures représentant des scènes clés de l’histoire de la religion hanari, sur lesquelles ils ne jetèrent que des coups d’oeil bien peu intéressés.

 « Tu as prévu d’acheter quelque chose, ou tu viens juste rencontrer du monde ? »
 « Je ne suis là que pour les rencontres. »
 « C’est dommage. »

Miho s’arrêta, posant sur son ami un regard interrogateur. Malgré l’opacité de sa visière, ce dernier s’en rendit vite compte et se fit un devoir d’ajouter des précisions.

 « Et bien… J’ai vu ta cabine à bord de l’Erakis et… Comment dire… »
 « Ça manque de personnalité, je sais. Eyma me l’a fait remarquer.»
 « La fille du geth ? Hm… Et Tila aussi, j’imagine ? »
 « Elle n’en pas eu besoin. Son regard était suffisamment éloquent. »

L’expression fuyante de Miho arracha un rire léger au butarien qui trouvait décidément la co-gérante d’Avenir de plus en plus pertinente, bien qu’il ne l’ait jamais rencontrée. Il s’arrêta, l’une des tentures très vivement colorée attirant une attention toute relative de sa part. Il n’en perdait pas moins le fil de la conversation.

 « Tu devrais les écouter. Et puis, ce n’est pas comme si elles ne pouvaient pas te donner leur avis en la matière. »
 « Là n’est pas la question. Gaspiller des crédits juste pour le plaisir des yeux me parait… »
 « … Superficiel ? »
 « Oui et non. Je ne veux pas dénigrer les amateurs d’arts, et moi-même je trouve ces œuvres plutôt belles en vérité. Mais de là à y mettre des moyens que je pourrais appliquer ailleurs, ça me semble un peu irresponsable. »

Dethar se pencha, contemplant le petit cadre affichant à côté de la tenture ses caractéristiques et prix de départ. Il ne se priva pas pour afficher une grimace de déception à la vue du nombre affiché, qui n’avait rien de comparable à celui de la sculpture de l’entrée.

 « Je sais que je ne suis certainement pas le mieux placé pour dire ça, mais… Un peu d’irresponsabilité ne te ferait pas de mal. Et puis ce n’est pas comme si tu devais compter chaque crédit. Combien gagne un capitaine de vaisseau à la tête d’une Coopérative ? »
 « Assez pour ses convictions, moins pour ses frivolités.  Mais je comprends ce que tu veux dire, et je vais y réfléchir.»

Elle fit quelques pas de plus, s’éloignant de son ami. Son budget avait déjà été pas mal exploité pour lui fournir une garde-robe décente selon les critères de Tila. Pour Miho, c’était déjà plus que ce qu’elle n’aurait jamais osé dépensé sur toute l’année. Non pas que les crédits lui manquaient, mais après une vie passée à ordrer ses priorités en fonction de besoins concrets liés à la survie et un peu de confort, il restait difficile pour elle de se voir investir dans de la décoration, aussi artistique et belle qu’elle puisse être. Ce genre de chose lui paraissait hors de portée et elle estimait qu’il valait mieux qu’un artiste gagne son salaire grâce à des gens possédant les compétences nécessaires pour apprécier son travail à sa juste valeur. Franchissant l’ouverture suivante donnant sur un autre espace, elle jeta un coup d’œil à Dethar, toujours face à sa tenture, et dont un humain se rapprochait pour l’aborder. Surpris, le butarien jeta un coup d’œil à son amie qui hocha la tête et poursuivit sans lui dans l’immédiat.
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Re: L'art et la manière

Message par Miho'Shakti Vas Erakis » 19 Novembre 2018, 22:12

Dethar Resfeh: ami de Miho, butarien.
Haryet: productrice, elcor.


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La pièce suivante offrait une ambiance assez particulière. Un ensemble de tentures s’aggloméraient pour former des reliefs semblables à des œuvres sculptées. L’ensemble, particulièrement bien travaillé, formait une cohérence étrangement apaisante de formes, matières et couleur. Il y en avait quatre, répartie sur les parois temporaires, conférant l’étrange impression de se trouver dans le confort moelleux d’un cocon, alors que l’espace en lui-même restait suffisamment vaste pour accueillir sans mal une dizaine de personnes en pleine contemplation. Mais pour l’heure, Miho n’y vit que deux humains, un krogan et une elcor d’ailleurs s’approcha d’elle, avec une légèreté dans la gestuelle assez peu commune pour son espèce imposante.

 « Curieuse : ne seriez-vous pas le capitaine Shakti ? »

Un peu surprise, Miho dévisagea la femme qui lui faisait face, cherchant sur ses traits aussi inexpressifs que son ton quelque chose de familier. Il lui avait été donné de côtoyer quelques elcors, surtout depuis la création de la Coopérative, mais il lui restait très difficile de les distinguer les uns des autres, à sa plus grande honte. Elle remarqua néanmoins le double anneau argenté qu’elle arborait sur le haut de l’une de ses lèvres verticales, notant qu’elle n’avait jusqu’ici jamais rencontré un représentant de sa race arborer ce type de bijou.

 « C’est exact. Excusez-moi, mais… Nous sommes-nous déjà rencontrées ? »
 « Rassurante : non, jamais directement. Observatrice : vous portez des teintes qui sont connues pour permettre de vous identifier. Satisfaite : j’ai déjà eu le plaisir d’avoir expérimenté des services de la SCTI. Confuse : je parle trop et ne me suis pas présentée. Mon nom est Haryet.»

La quarienne marqua une légère hésitation. Si le discours tant que la personne lui confirmait ne l’avoir jamais rencontrée, le prénom, lui, ne lui était pas inconnu. Elle plissa les yeux derrière sa visière, et inclina légèrement la tête, avant de se risquer à parler.

 « Vous êtes productrice, n’est-ce pas ? »
 « Flattée : je ne pensais pas que mon nom vous serait connu. Reconnaissante : vos transports ont considérablement amélioré la fluidité d’un tournage, et des équipages ont accepté de servir de figurants. Enthousiaste : le film qui en est issu a offert un essor inattendu à ma carrière! »
 « J’en suis ravie. Dans ce cas, peut-être pourrions-nous poursuivre une collaboration ? »
 « Motivée : assurément. Empruntée : excusez-mois de changer soudainement de sujet. Incertaine : est-il vrai que la coopérative cherche à compter parmi les premiers à faire l’allée et retour vers Andromède une fois les relais terminés ? »

Certaines rumeurs circulaient vite. Quant à en estimer de la pertinence, c’était une autre histoire. Pour le coup, Miho ne comptait pas nier, même s’il s’agissait bien plus d’un objectif désiré que d’une option assurée. La concurrence allait être rude pour ce qui était d’avoir l’opportunité de compter parmi les chanceux à développer leur influence hors de cette galaxie, pour peu que la situation de l’autre côté le permette également le moment venu.

 « C’est vrai, en effet. Mais il ne s’agit là que d’un projet. Rien n’est garanti à ce stade. »

L’elcor hocha lentement la tête, avec une attitude que la quarienne qualifierait sans mal de majestueuse.

 « Objective : il serait bien que vous y alliez. Humble : accepteriez-vous un don de ma part, afin de vous aider dans ce projet ? »
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Re: L'art et la manière

Message par Miho'Shakti Vas Erakis » 20 Novembre 2018, 21:31

Haryet: productrice, elcor.
Zuula T’Maro: PDG de Luxury Spaceline, asari.


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Miho marqua un temps d’arrêt. Les dons étaient loin d’être refusés au sein de la Coopérative. Beaucoup d’entre eux avaient permis d’ailleurs à celle-ci de se développer à ses débuts. Mais par expérience, la quarienne savait qu’ils étaient rarement totalement désintéressés, surtout depuis qu’ils n’étaient plus déterminants pour la survie de la SCTI. Elle dû malgré elle laisser transparaitre sa méfiance, puisque l’elcor poursuivit.

 « Honnête : il y a une demande que je souhaite vous confier. Audacieuse : je voudrais avoir accès à certains détails de quelques journaux de bord des vaisseaux revenant d’Andromède, ainsi que des entretiens avec des membres d’équipages. Discrète : je souhaite produire une série de documentaires sur ce sujet. Sincère : la grande variété de vos membres apporterait des points de vue particulièrement enrichissants pour ce travail. »

En fait, c’était bien moins contraignant qu’il n’y paraissait. Du moins au premier abord. Déjà pas mal de choses restaient à définir. Quels vaisseaux ? Les témoignages seraient-ils filmés ? Il allait falloir vérifier que les personnes concernées soient d’accord avec le fait que l’on reprenne leurs propos ou leur image. Les journaux de bord allaient devoir être systématiquement contrôlés, par précaution, et pour la sécurité des équipages concernés. De plus, il fallait que ceux-ci acceptent. Beaucoup de paramètres allaient entrer en ligne de compte.

 « Je ne peux vous garantir cela à titre privé. Cependant, dans le cas où nous pourrions passer le relais, je peux déjà vous assurer de poser votre demande auprès de tous les vaisseaux concernés, afin de vous fournir un choix d’équipages acceptant votre demande. Et pourquoi pas également vous fournir des prises de vue des lieux visités pour ajouter de la matière à vos documentaires. »
 « Soulagée : je ne voudrais pas trop en demander non plus. Enflammée : j’ai hâte d’avoir de vos nouvelles ! »

Une asari se rapprocha d’elles, flute en main et sourire rutilant à l’appui, dans une démarche assurée et presque conquérante.

 « Haryet, ma chère. Quel plaisir de te voir ! »

Elle posa sur la quarienne un regard quelque peu condescendant, avant d’en revenir à l’elcor, poursuivant sur un ton mielleux qui se voulait humoristique, mais restait volontairement forcée, laissant paraitre son sarcasme avec hauteur.

 « Si je ne te connaissais pas, je parierais que tu es en train de conspirer avec la concurrence. »

La productrice se tourna avec une lenteur presqu’exagérée.

 « Railleuse : tu ne me connais pas, ma chère. »

Elle se reporta sur la quarienne, qui observait l’échange avec un certain intérêt, se retenant de pouffer de rire. L’asari, en revanche, elle la connaissait de tête et pas de nom. Effectivement, c’était la concurrence. SA concurrence. La dirigeante d’une petite boîte de transport qui se voulait haut de gamme, mais dont les prix étaient plus luxueux que le service.

 « Navrée : je vais devoir écourter l’échange, il reste encore beaucoup d’œuvres à admirer avant la vente. Bienveillante : au plaisir de vous revoir. »
 « Bien entendu. Nous restons en contact en tous les cas. »

Haryet commença à s’éloigner, de sa démarche gracieuse et étrangement légère pour quelqu’un de sa masse, ce que Miho ne pu s'empêcher d'admirer.
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Re: L'art et la manière

Message par Miho'Shakti Vas Erakis » 21 Novembre 2018, 21:39

Zuula T’Maro: PDG de Luxury Spaceline, asari.


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L’outrage éprouvé par l’asari allait certainement lui retomber dessus et Miho se reporta sur cette dernière, prête à encaisser. Elle eut droit tout d’abord à un regard assassin, qu’elle préféra ne pas relever, détournant les yeux pour faire mine d’observer le relief de la tenture sur sa droite.

« Cet espace est apaisant, vous ne trouvez pas ? »

Surprise, Miho se reporta sur elle. L’asari s’était également détournée, pour observer la même œuvre que la quarienne. Son expression peinait à dissimuler une certaine colère, mais elle faisait preuve d’une étonnante maitrise dans son expression verbale.

« Vous avez raison. Pardonnez ma question, mais ne seriez-vous pas la PDG de Luxury Spaceline ? »
« Tout à fait. Zuula T’Maro. Et je sais aussi très bien qui vous êtes. »

Elle n’appréciait pas Miho, c’était plus qu’évident. Mais malgré ça, elle lui tendit une main polie, choisissant de maintenir une certaine courtoisie dans ce lieu. Elle bascula délicatement sa flute entre ses mains, en enchainant.

« Je ne voudrais pas briser vos espoirs, mais il me semble que l’aval du Conseil est une étape importante pour votre projet de voyage. Je doute que vous l’ayez. »

A vrai dire, Miho ignorait encore qui aurait la décision la plus déterminante sur le sujet. Elle préparait le dossier de la Coopérative en se doutant très bien qu’ils n’étaient pas les seuls transporteurs sur le coup. C’était aussi pour ça qu’elle tenait à ce que le plan définitif de la future base mobile soit irréprochable, retardant ainsi son écriture.

« C’est votre opinion. Et j’imagine qu’elle est certainement très réfléchie et possède des arguments pertinents. »
« En effet. Sachez que j’ai mes entrées au Conseil, et que je compte bien en profiter pour promouvoir mon entreprise. »
« C’est tout à fait compréhensible. Que le choix se porte sur vous, moi ou qui que ce soit d’autre, je ne peux que souhaiter que le meilleur gagne.»

La quarienne leva délicatement sa flute de champagne, avant d’en glisser la paille entre ses filtres. Zuula, elle, afficha plutôt un air perplexe face au peu de combattivité de la présidente. Miho était venue pour faire des rencontres, pas pour perdre son temps dans des conflits stériles. L’asari afficha lentement un petit sourire en coin.

« Moi qui croyais avoir à me faire du soucis… Finalement je devrais plutôt m’inquiéter des autres concurrents. Vous manquez de verve pour quelqu’un qui a réussi à me voler le yacht d’Eliade N’Sari. »

Voilà ce dont il s’agissait. Moins que le projet Andromède, le fait qu’une connaissance commune ait préféré rejoindre la Coopérative plutôt que Luxury Spaceline était la source première de ce combat de coqs. Cependant, Miho devait avouer qu’au fond d’elle, elle se sentait tout de même légèrement piquée au vif.

« Oh, vous savez, j’aurais pu parler du fait que la SCTI bénéficie de l’appui de la Fédération de Rannoch. Ou qu'elle a déjà par le passé bénéficié du soutien de Layla Archer. Vous savez, celle qui fait construire ce relais, et qui est à la base de cette seconde initiative ? Mais ce serait bien mesquin de ma part. »

La flute de champagne de l’asari paru comme se suspendre à quelques centimètres de ses lèvres, et elle manqua de peu de s’en renverser sur sa robe de créateur. L’air assassin de son regard revint presqu’instantanément, et Miho n’avait pas besoin de la regarder pour s’en rendre compte. Mais là encore, malgré ses propos, elle ne voulait pas que la situation s’envenime davantage.

« Si nous arrêtions ce petit jeu ? Eliade aussi bien que l’équipage de l’Ham’oria, ont décidé de rejoindre la Coopérative. Il ne s’agit pas d’une attaque personnelle, mais simplement d’un choix de carrière intimement liés à leurs opinions personnelles. Il devrait y avoir mieux à faire que de nous provoquer l’une l’autre. Nous valons mieux que ça. »
« Je n’en suis pas si sûre. A moins que vous ayez autre chose à proposer, je crains qu’il y ait peu de chance pour que vous ne m’inspiriez autre chose que du mépris. »

Miho poussa un léger soupire. Il serait facile de simplement s’en aller. De ce qu’elle en avait vu, Zuula était suffisamment correcte pour ne pas la poursuivre et considérer simplement l’abdication de la quarienne comme une petite victoire. De quoi permettre à chacune de passer une bonne soirée éloignées l’une de l’autre.
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Re: L'art et la manière

Message par Miho'Shakti Vas Erakis » 10 Décembre 2018, 19:37

Zuula T’Maro: PDG de Luxury Spaceline, asari.


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La perspective de lâcher l’affaire, particulièrement séduisante, était en train de faire son petit bonhomme de chemin dans l’esprit du capitaine de l’Erakis, qui pourtant finit par l’écarter. Elle ne voulait pas se contenter de simplement ignorer cet accrochage, aussi infantile qu’il puisse être.

 « Je pourrais bien vous proposer quelque chose en effet. Il se trouve que la SCTI possède un pourcentage très faible de vaisseaux de luxe au sein de sa flotte… »

L’asari ne pu retenir un éclat de rire, avant de reprendre une gorgée de son champagne.

 « Absorber la concurrence pour mieux la faire disparaitre… Vous êtes beaucoup plus vicieuse que vous ne le laissez paraître, capitaine Shakti. »
 « Vous suggérer de devenir membre ? Il ne s’agit pas de ça. Croyez-le ou non, mais je ne vous demanderais jamais de démanteler Luxury Spaceline. C’est votre bébé, et vous y tenez autant que je tiens à la Coopérative. Je parlais plus d’une forme de partenariat.»

A nouveau, la gestuelle de l’asari se figea. Zuula détailla lentement Miho, de haut en bas, d’un sceptique. Elle n’avait clairement pas l’air de penser que la quarienne puisse être sérieuse. Comment lui en vouloir, après tout, leurs boîtes respectives étaient plutôt censés se taper économiquement dessus. Seulement voilà, Miho ne dirigeait pas une entreprise, elle co-gérait une coopérative. Leurs concepts n’étaient pas les mêmes et en ça, il lui était compliqué de considérer Zuula comme une rivale réelle. Afin de faciliter son travail d’observation, elle fit pleinement face à l’asari, son regard iridescent venant se planter sans gêne aucune dans celui azuré de sa vis-à-vis.

 « Amusant… Poursuivez. »
 « Certains de nos clients apprécient notre qualité de service. Mais il apprécierait d’avantage un environnement plus élégant. Disons que si Luxury Spaceline s’avérait nous égaler dans sa qualité de service, il serait plus professionnel de notre part d’aiguiller nos VIP sur vos vols, plus adaptés à leurs besoins. »

Les sourcils froncés de Zuula prouvaient qu’elle n’était pas dupe. Ce qui rassurait Miho qui n’avait pas non plus l’intention de faire dans la pure bienveillance. Soyons un peu sérieux, elles avaient toutes deux des finances à assurer, à différents niveaux.

 « Il est clair que pour tout riche client transmis, la Coopérative toucherait un pourcentage. En échange, du fait de notre partenariat, il vous serait possible de bénéficier de tarifs préférentiels pour l’entretien de vos vaisseaux. Pas autant que si vous étiez membre, je l’avoue… Mais compte tenu du standing que vous affichez, j’imagine que votre flotte a un constant besoin de nettoyage et révisions diverses. Le genre de frais qui doivent facilement nuire à vos bénéfices, non ? »

L’asari grinça des dents. Il y avait certains détails qui étaient clairement séduisants pour elle, mais de là à s’associer avec ce qu’elle considérait comme une nuisance dans ses affaires, il ne fallait pas pousser. Son regard se fit à nouveau condescendant, elle ouvrit la bouche, mais Miho la coupa net, faisant fi de la politesse la plus élémentaire.

 « Et qui sait… Si la Coopérative a l’opportunité de faire parti des transports pour Andromède, il nous faudra certainement un ou deux luxueux vaisseaux pour prendre soin des voyageurs les plus exigeants. »

Zuula referma la bouche et ne la rouvrit que pour descendre d’une traite ce qui restait de son champagne. L’asari se détourna de la quarienne, mais cette dernière remarqua sans mal que malgré sa gestuelle désabusée, elle était en train de réfléchir à l’offre, doutant visiblement de la pertinence de ses contacts qu’elle prétendait si bien placés. La pilote attendit donc, stoïque, une réponse verbale, quelle qu’elle puisse être. Au bout de quelques instants, Zuula s’exprima à nouveau, sur un ton ferme.

 « Je veux que vos vaisseaux-membres les mieux armés m’offrent des tarifs réduits pour escorter certains de mes vols.»
 « Ça doit pouvoir s’arranger. »
 « Dans ce cas j’attends votre offre écrite. »

L’asari se tourna à nouveau face à la quarienne et tendit une main délicate. Miho vint saisir cette dernière, sans la moindre hésitation.

 « Vous la recevrez avant la fin de la semaine. »
 « Parfait. A présent si vous voulez bien m’excuser, j’ai des investisseurs potentiels à séduire. »

A peine dit, qu’elle reprit son expression séductrice, sourire rutilant à l’appui, avant d’alpaguer une personne dans la salle précédente vers laquelle elle s’éclipsa. Miho secoua la tête, étrangement satisfaite, et partit dans le sens opposé, poursuivant sa visite selon le parcours pré-établi.
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Re: L'art et la manière

Message par Miho'Shakti Vas Erakis » 10 Décembre 2018, 19:50

Rugois A. Leopold : propriétaire des Galeries Rugois, humain.


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La pièce autour d’elle lui parut étrangement calme tout à coup. En l’absence de murmures lointains ou de présence, l’espace qu’elle trouvait jusqu’ici apaisante lui parut tout à coup légèrement oppressante. Se remettant en route, elle poursuivit son exploration et passa dans la zone suivante, de même dimension, mais dont les quelques petites sculptures posées sur des colonnes offraient une épuration bienvenue. Ici aussi, un étrange silence régnait, mais pas le vide. Un homme était là, lui tournant le dos, en pleine contemplation de ce qui semblait être une petite urne sobre. Un petit sourire flotta sur les lèvres de la quarienne. Le catogan qu’elle remarqua lui était quelque peu familier, de même que la stature démesurément grande et fine de celui qui le portait. Si grand qu’il se tenait naturellement et étrangement voûté. Miho s’en rapprocha, effleurant des doigts de sa main libre l’épaule en question.

 « Monsieur Rugois ? »

L’air interrogatif, l’homme se retourna pour poser sur la quarienne un regard incertain, avant qu’un sourire ne vienne illuminer ses traits à l’apparence maladifs.

« Miss Shakti ? Ravi de vous voir. »
« Moi de même. Cela doit bien faire… Trois années, non ? »
« Presque quatre. Et en vérité je ne pensais pas que vous répondriez à l’invitation. »

Miho avait fait la connaissance du marchand d’art, et accessoirement propriétaire de la galerie, quand le Maefis avait été mandaté par ses soins pour transporter des œuvres coûteuses en toute discrétion. Le passif militaire des quariens et la présence de geths avaient motivé son choix à l’époque, et il était devenu depuis un client régulier de son ancien vaisseau. Extrêmement sociable et curieux, malgré un faux air distant qu’il affichait constamment, il avait appris à connaître, et était aussi connu de fait, de chaque membre de cet équipage. A ce titre, il savait tout du peu d’intérêt de Miho pour l’art, ce qui justifiait facilement ses propos. Elle en rit d’ailleurs, une main devant ses filtres comme si elle craignait de trop nuire au silence surréaliste qui les entourait.

 « Pourquoi avoir validé mon invitation dans ce cas ? »
 « Comme vous faisiez parti des possibles choix sélectionnés par Jewliar’s Auction, je me suis dit qu’il s’agissait d’une bonne occasion de nous revoir. »

La quarienne secoua légèrement la tête. Cette raison lui paraissait étrangement faible. Même si elle avait conservé une certaine correspondance avec le marchand d’art, elle aurait trouvé plus judicieux qu’il invite quelqu’un de plus susceptible de faire grimper les enchères. Rugois s’en rendit visiblement compte. Il croisa les mains dans le dos et se pencha sur l’urne qu’il observait en poursuivant.

 « Et puis… Une partie de moi espérait sans doute que vous vous seriez trouvé une nouvelle passion pour la beauté. Peut-être ne me suis-je pas trompé. Votre tenue vient de ce créateur geth, n’est-ce pas ? »

Le mouvement pourtant subtil de Miho trahit sa surprise.

 « Vous avez l’œil ! »
 « J’aime les belles choses, ma chère. Et surtout j’ai une compagne quarienne qui a craqué sur le même modèle que vous. »

Il tourna à nouveau son visage vers la quarienne. Malgré ses traits tirés, son sourire et le pétillement dans son regard illustrèrent merveilleusement bien son auto-dérision qui paraissait totalement décalé sur son attitude générale un peu guindée.

 « Je comprends mieux… »
 « J’admets que la mode soit un art, mais elle continue de m’échapper, je l’avoue. Enfin… Avez-vous trouvé quelque chose qui vous plaise parmi les œuvres de Gahoras ? »

Miho hocha lentement la tête, alors que des bruits de pas se faisaient entendre dans le même espace qu’eux.
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Re: L'art et la manière

Message par Miho'Shakti Vas Erakis » 10 Décembre 2018, 19:58

Rugois A. Leopold : propriétaire des Galeries Rugois, humain.


________________________________________________________________________________________



Un turien, plateau en main surmonté de quelques verres pleins, entra tranquillement dans la zone, son regard ignorant totalement les œuvres exposées. Il fallait dire qu’il n’était pas là pour faire du shopping. Malgré la mesure de ses pas, savamment dosés pour conserver une certaine furtivité parmi les convives, il ne pu passer inaperçu dans le silence qui régnait là. Son regard se posa rapidement sur les deux personnes présentes, vers lesquelles il se dirigea en constatant la flûte vide de la quarienne. Il lui tendit son plateau, l’invitant à l’y abandonner.

 « Oh, merci ! »

Miho lui laissa donc son verre, alors que, profitant du service, Rugois en saisit un plein en contrepartie.

 « Merci jeune homme. »

Le turien hocha poliment la tête et poursuivit sa route, afin d’échanger ses autres verres pleins contre des vides. L’humain le suivit des yeux, avec son air toujours illusoirement distant, avant de revenir à la quarienne, reprenant une attitude interrogatrice. Elle n’avait toujours pas répondu à sa question.

 « Et bien… Je trouve certaines de ces œuvres très belles. »
 « Mais aucune ne vous a happée. »
 « Je vous demande pardon ? »

L’expression neutre de l’humain devint étrangement paternaliste alors qu’il répondait.

 « Il existe beaucoup d’œuvres d’art. Certaines sont très conceptuelles, d’autres d’une beauté indéfinissable, parfois d’une sophistication complexe… Mais peu importe leur valeur, ou leur symbolique, une œuvre qui est faite pour vous, vous happe littéralement. C’est un sentiment étrange, qui ne s’explique pas vraiment mais qui, une fois ressenti, vous fait comprendre ce que le mot « art » veut dire. Ma Philae dit qu’on n’apprécie pas une œuvre avec les yeux, mais avec le cœur. Je crois que cela illustre bien la chose.»

La quarienne fut soulagée que l’opacité de sa visière dissimule son expression légèrement ahurie. La théorie de Rugois faisait sens, oui. Elle comprenait ce ressenti, dans le cadre d’une relation avec une autre personne, organique ou synthétique, Mais la possibilité qu’elle puisse éprouver quelque chose d’aussi vivant pour un objet lui paraissait étrangement improbable.

 « Je vois… Alors non, en effet, rien ne m’a happée. »

Derrière elle, un léger mouvement venant de la salle précédente attira le regard de l’humain. Sa main étrangement légère, malgré le fait que celle-ci s’avérait presque deux fois plus large que l’épaule de la quarienne sur laquelle elle se posa aprut bien délicate alors qu’il se penchait légèrement en avant pour lui murmurer quelques mots, sur un ton taquin presque gamin.

 « Gardez l’esprit ouvert. »

El il s’excusa d’une faible inclinaison du torse avant de s’éloigner, repartant par là où Miho était arrivée, laissant à nouveau cette dernière seule.
Dernière édition par Miho'Shakti Vas Erakis le 10 Décembre 2018, 20:10, édité 1 fois.
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Re: L'art et la manière

Message par Miho'Shakti Vas Erakis » 10 Décembre 2018, 20:10

Ganthor Raxx : co-directeur de Xtrem Surv’, krogan.
Cab Laizon : co-directeur de Xtrem Surv’, galarien.


________________________________________________________________________________________


Haussant les épaules, Miho posa autour d’elle un regard critique sur les petites sculptures qui décoraient la pièce. Elle ne comprenait pas vraiment cet engouement pour une émotion provoquée par un objet. Un décor brut, ou une personne pouvait soulever en elle beaucoup d’émotions. Mais un objet, même reproduisant quelque chose qui lui provoquait un ressenti, la laissait de marbre. Renonçant à éprouver quoi que ce soit ici, elle passa à l’espace suivant.

Pendant un instant, elle cru que la gravité de la Citadelle s’était emballée. Une imposante pièce de métal et pierre entremêlée paraissait comme flotter, à plus d’un bon mètre du sol. L’air aussi incrédule qu’elle, un krogan très élégamment vêtu s’était reculé contre une paroi pour fixer l’objet. La stupeur passée, Miho se concentra plutôt sur ce dernier qui ne semblait pas avoir remarqué sa présence. Etait-il « happé », comme l’avait décrit Rugois précédemment ? Silencieuse, elle se glissa à côté de lui, et tâcha de détailler l’œuvre sous l’angle de vue du krogan. Du moins autant que faire se pouvait. Pensive, elle attendit, en se concentrant sur ce qu’elle ressentait. Mais à hormis une étrange incompréhension et une sensation déstabilisante de vertige, rien ne paru naître en elle. Comme un lointain écho à ses pensées, la voix gutturale du krogan se fit entendre.

 « L’artiste a dû boire du rincol… »
 « Pardon ? »

Le krogan se pencha légèrement sur la quarienne, indiquant d’un geste du bras l’imposante sculpture face à eux.

 « Pour faire un truc aussi perché, il faut en tenir une bonne couche, vous croyez pas ? »

La quarienne n’aurait su dire si elle était stupéfaite par le franc parlé dont il faisait preuve, ou juste soulagée de voir que quelqu’un d’autre qu’elle avait un avis assez proche du sien sur ce sujet.

 « Keelah… Merci ! Pendant un moment j’ai cru être la seule personne ici à ne pas avoir la fibre artistique. »

Un rire gras et sonore troubla méchamment le calme, et pendant un court instant, Miho eu l’étrange impression de voir l’œuvre flottante vibrer sous le son.

 « La fibre artistique… Mouahaha ! Les gens ici sont là pour montrer la taille de leur… Hem… Compte en banque. Personnellement j’ai prévu d’acheter la pièce la plus chère. La déco ou l’art, c’est pas mon style. Vous aussi ?»

Tant d’honnêteté apportait un peu de fraîcheur bienvenue dans cette soirée où les apparences étaient les seules œuvres dont il fallait se soucier.

 « Je n’y connais rien à l’art. Je suis là pour les rencontres économiquement florissantes. Miho’Shakti, enchantée.»

Elle tendit une main qui reçu une poignée bien ferme, presque douloureuse pour ses frêles doigts quariens.

 « Ganthor Raxx, ravi. »
 « Raxx ? Comme le chef du clan Ganthor ? »
 « En fait non. Le chef, c’est Ganthor Rhaks. Mais on on confond souvent. Je suis dans la fabrication de matériel et équipement de survie, puisque vous êtes là pour l’économiquement florissant. Ça vous intéresse ?»
 « Haha ! Ça se pourrait bien. Vous faîtes dans l’équipement individuels pour milieux hostiles ? »
 « Oui, mais pas que. Actuellement, je travaille sur l’optimisation de capsules de survie, par exemple. »

Vraisemblablement passionné par son sujet, le krogan rapprocha ses imposantes mains pour mimer la forme d’une capsule, même s’il fallait suivre la conversation pour le deviner. L’intérêt de Miho fut piqué au vif.

 « Vous les concevez indépendamment de la structure des vaisseaux ? »
 « Pas du tout. C’est du sur mesure au cas par cas. D’ailleurs, mon partenaire et moi-même collaborons avec un chantier sur ce sujet et… »
 « Raxx, mon chou, j’ai trouvé ton bonheur dans le dernier espace. »

La discussion fut stoppée net quand une silhouette maigrelette se penchant par l’ouverture suivante, alpagua le krogan.

 « Ah, quand on parle du galarien ! »
 « Raaaaaxx, bouges tes grosses plaques et viens voir ! »

Aussi rapidement qu’il était apparu, le galarien avait disparu. Le krogan poussa un grognement excédé.

 « Accepteriez-vous que je vous transmette mes coordonnées ? Il y a un projet qui pourrait peut-être vous intéresser, vous et votre collaborateur. Nous pourrions ainsi convenir d’un rendez-vous. »
 « Très volontiers. Et veuillez m’excuser de m’éloigner si vite. »

L’un comme l’autre allumèrent leur OmniTech quelques secondes, avant que Ganthor Raxx ne s’éloigne rapidement, non sans avoir accordé un dernier salut de la tête à la quarienne.
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Re: L'art et la manière

Message par Miho'Shakti Vas Erakis » 11 Décembre 2018, 20:19

...


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D’autres personnes pénétrèrent dans la pièce à leur tour. Un couple d’asaris s’extasia sur l’œuvre flottante, puis un hanari, suivit d’un drell. Ne voyant pas plus de raisons de contempler la chose, Miho s’éclipsa à son tour dans l’espace suivant. Bien loin de la clarté des zones précédentes, celle-ci était surmontée d’un dôme, et ses parois peintes en noir permettait de voir toute la luminosité et le relief des teintes se révélant sous des lampes à UV. A même le sol, l’œuvre était protégée par une plaque transparente, créant l’illusion de flotter au-dessus d’un monde impossible à cerner. A défaut de la saisir, l’œuvre déclencha un certain amusement chez Miho qui se surprit à retenir sa robe d’une main et marcher le plus calmement possible, redoutant d’une certaine manière d’abimer quelque chose si ses pas heurtaient trop lourdement le sol. Bien entendu, l’installation était tout à fait résistante. Elle releva les yeux pour constater que le couple de turiens déjà là avaient sur le visage une expression presqu’enfantine en marchant en rond, le regard fixé au sol. Apparemment elle n’était pas la seule qui trouvait le concept divertissant.

Elle s’écarta un peu, en voyant le hanari entrer à sa suite, qui la devança de quelques pas, avant de lui aussi effectuer un étrange arc de cercle dans son déplacement. Il s’arrêta finalement et parut plus détailler Miho que le sol. Mise mal à l’aise par cette attention silencieuse, la quarienne passa son chemin en poursuivant le parcours. L’art lui restant abstrait, elle traversa trois espaces de plus, avant de s’arrêter dans une zone moins riche. En effet, une seule pièce trônait, et elle n’était de loin pas la plus impressionnante ou la plus imposante du lot. Et pourtant, pour la toute première fois, quelque chose d’inattendu se produisit.

Il s’agissait d’une peinture, dont le cadre possédait une forme étrange. Tel un trapèze isocèle inversé, les diagonales offraient des ondulations fixes qui n’étaient pas sans rappeler les ailes colorées d’un insecte terrestre. La quarienne se rapprocha, guettant le titre de l’œuvre, qui n’en avait aucun pour la peine. La date de conception elle-même était incertaine, mais s’estimaient à près de quatre siècles. Et par-delà le mystère de l’origine de l’œuvre, une évidence frappa Miho : ce qu’elle représentait ne lui était pas étranger.

Lentement, elle recula. Son regard parcourait la toile de bonne taille, un bon mètre cinquante de haut pour trois de large à sa partie haute. Les couleurs la perdirent pendant de longues secondes. Des nuances d’or et d’ocre se bataillaient l’espace du bas, sous un ciel d’un bleu violacé presqu’irréel. La peinture utilisée, réagissait aux lampes à UV, comme pour la sculpture de l’entrée, paraissaient comme respirer, lentement, donnant vie à l’étrange désert qui était là représenté. Il n’y avait rien de bien extraordinaire au regard de certaines œuvres vues plus tôt, et pourtant, Miho se perdit dans sa contemplation, avec une force telle qu’elle manqua de sursauter quand l’arrière de son genou effleura le banc neutre installé contre la paroi en face, offrant aux futures acheteurs un peu de répit. Dans un silence presque religieux, la quarienne s’assit, posant ses mains sur ses genoux joints. Son attention se focalisa malgré elle encore sur la toile, comme si un aimant invisible s’amusait à lui voler son regard. Le désert peint était semblable aux milliers existants à travers la galaxie, mais sans qu’elle ne sache trop pourquoi, celui-ci lui insinuait en elle une étrange sérénité que l’arrivée du couple turien qu’elle avait dépassé précédemment ne troubla pas alors qu’ils passèrent devant elle sans s’attarder sur cette pièce si peu fournie. Intégralement et entièrement engloutie dans ce monde en deux dimensions, Miho n’avait plus pieds dans la réalité.

Sous les lumières dansantes de la pièce, elle plissa les yeux, réalisant alors que le souffle dont semblait illusoirement vivre la toile se brouilla sensiblement, révélant un jeu de couleur subtilement dissimulé pour créer une impression de mirages. Au détail près que l’un d’entre eux, dans le cadran supérieur gauche, se révélait totalement pendant les quelques secondes où le bon arrangement de lumières était braqué dessus. Et par-delà la simple contemplation, Miho fut attirée loin, très loin de la pièce. Un vrombissement sourd lui revint en mémoire, celui de la structure vieille et difficilement entretenue du Qwib Qwib. Et par-dessus lui, la voix étrangement douce de Vaar’Shakti, qui racontait des contes de leur peuple. Il lui paraissait presque ressentir la présence de son frère à ses côtés, guettant les paroles mesurées et délibérément ralenties de leur père qui savait comment raconter une histoire.

Celle de d’un temple oublié, avait compté parmi les préférées de la fratrie. Huit colonnes d’or enroulées se rejoignaient pour former une protection contre les vents sur une entrée qui s’enfonçait en spirale dans le sol. Une lente descente dont les murs iridescents pulsaient d’une lumière rassurantes, semblables aux battements d’un cœur. Et sur toute sa surface, des noms quariens se succédaient, gravés au gré des légendes locales. Leur père connaissait plus d’une cinquantaine de ces noms, tous issus de la terre qui avaient vu naitre leurs ancêtres, et dont la trace de leur passage en cette vie restait à jamais là. À quelques kilomètres seulement de ce qui était aujourd’hui Nady’Zah.

Une bien belle légende, qui s’était avérée n’être qu’un mythe, quand Los et Miho, après la guerre et en quête d’un besoin de laisser la trace de leurs parents sur Rannoch, avaient cherché en vain. Une simple légende que Vaar’Shakti racontaient à ses enfants à cette époque où il ne croyait même pas qu’un jour son peuple reviendrait fouler le sol de leur monde. Une perte douloureuse de plus pour Los et elle. Et pourtant, sur cette toile, apparaissant quelques secondes sous ces pulsations lumineuses, huit colonnes d’or se rejoignaient, au-dessus de ce qui paraissait être une ouverture de laquelle on pouvait aisément s’imaginer pulser une lueur.

Sans qu’elle ne comprenne trop pourquoi, Miho sentit son regard s’embuer légèrement, mais cette sensation fugace et vivement combattue par la quarienne s’estompa pour ne laisser derrière elle qu’un étrange essoufflement. Combien de personnes avaient traversé la salle sans même un regard ? Quelques unes. Mais là où tout le monde n’affichait qu’un intérêt quasi inexistant pour cette toile, Miho y retrouvait tout ce qui avait fait sa vie d’autrefois, bercée de rêves soigneusement créés par les récits paternels qu’elle n’aurait plus jamais l’opportunité de mémoriser.
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