That time we meet again

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Modérateurs : Administration, MJ

That time we meet again

Message par Miho'Shakti Vas Erakis » 13 Juin 2018, 12:41

• Date du RP : 12 avril 2193
• Lieu du RP : station spatiale de recherche / Sarait / Système Thal / Abysses Gritchtèques / Systèmes Terminus
• Type de RP : RP fermé
• Personnage(s) participant(s) : Laquarius Nix et Miho'Shakti Vas Maefis


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Deux heures auparavant a écrit :Dans son bureau privé, Siltoria Camdas, scientifique en chef des stations de Sarait, tournait le dos à son bureau, observant la planète tellurique depuis son étroite fenêtre.

"Et vos sources sont fiables?"

Assise dans le siège réservé aux visiteurs, une quarienne s'appuya contre le dossier. Alors qu'elle apportait des matériaux d'analyses biomédicales, ainsi que quelques accessoires et pièces de rechange pour la station, un message venu de la station Daghemïr l'avait inquiété. Une alerte avait été lancée, comme quoi un réseau d'esclavagiste des Systèmes Terminus prévoyait un raid afin de capturer des civils, de préférence scientifique. Il fallait dire que les esprits leur manquaient pour un projet dont elle ignorait encore l'envergure. Les déplacements du dit groupe prévoyaient un passage par le système Thal, information récupérée auprès d'un membre d'équipage un peu bourré sur Joab. Miho ne remettait pas en doute les informations d'ordre prioritaire transitant par Daghemïr. Chacune d'entre elles était soigneusement vérifiée. Et le fait était qu'ils étaient les seuls à proximité de la cible la plus logique car la plus accessible du système.

"Elles le sont, à mon plus grand regret."

La turienne se retourna et s'approcha de son bureau. Ses doigts s'activèrent sur le clavier de son terminal.

"Il faut en informer Altakiril au plus vite. Ils nous enverrons des renforts pour repousser d'éventuels assailants."
"Sauf votre respect, professeure Camdas, je doute que cela soit suffisant."
"Précisez."

La quarienne se redressa légèrement en avançant son siège.

"Le temps que l'information atteigne le bon bureau, qu'une personne suffisamment haut placée envoie du secours, vous serez probablement déjà attaqués. Ou si tel n'est pas encore le cas, vous et vos collaborateurs risquez de vous retrouvés pris entre deux feux."
"Vous avez une meilleure solution peut-être?"

Miho se releva, repoussant le siège contre le bureau. Des solutions, il n'en existait pas des tonnes. Ecs avait déjà fait un repérage, et compte tenu des calculs, aucun vaisseau de la SCTI n'arrivera à temps pour contrer une attaque avant que celle-ci n'atteigne la première station.

"Oui. Envoyez le message, peut-être arriveront-ils à faire protéger les infrastructures. Ceci étant, je vous propose de rapatrier tout le personnel sur cette station et de les embarquer à bord de l'Erakis. Ils s'agit d'esclavagistes, ce qui les intéresse, ce sont vos collaborateurs. Mettons-les en sécurité sur Altakiril, le temps de sécuriser la zone. Leur vie importe plus que quelques matériaux scientifiques qui ne seront peut-être même pas volés."


A l'entrée du sas menant à l'Erakis, Mithra et Mun faisaient passer un à un les différents employés rapatriés sur la station. Ils n'avaient eu que quelques minutes pour réunir quelques effets personnels avant de se voir contraint de partir. A côté du geth, en armure et armée, Miho jeta un coup d'œil sur le datapad que ce dernier avait en main.

"On en est où?"
"Quarante-huit sur soixante. La Professeur Camdas est déjà à bord et sa liste du personnel est complète."

Miho se retourna, comptant les personnes restantes dans la pièces, appelées l'une après l'autre. Il en restait douze, le compte y était.

"Le compte y est alors. Ce n'est plus qu'une question de minutes."
"Non!! Non, pitié! Attendez!"

Une turienne refusa de monter à bord. Face à Mun qui, les mains levées essayait de la calmer, elle ne paraissait pas réussir à se reprendre. Miho se faufila à nouveau en direction du sas jusqu'au binôme.

"On ne peut pas attendre madame. Il faut vous mettre en sécurité, s'il vous plait…"
"Non! Je refuse de monter à bord sans lui!"
"Qui ça lui?"
"Mon fils! Fabius Abinis! Je suis sa mère, Flosia Abinis."

Mun baissa les yeux sur le datapad.

"Il y a un problème?"
"Oui, il manque un passager. Fabius Abinis. Madame Abinis apparaît bien sur la liste, mais lui…"
"C'est normal, ce n'est pas un membre du personnel. Fabius n'a que douze ans, il devait repartir hier, mais finalement il a passé une journée de plus avec moi. Mais Madame Camdas n'est pas au courant. Oh s'il vous plait ne lui dîtes pas…"

Face à l'agitation de la turienne qui regardait frénétiquement autour d'elle, Miho lui attrapa les mains pour captiver son attention.

"Calmez vous s'il vous plait. Personne ne va abandonner votre fils. Où est-il?"
"Je ne sais pas! Il était avec moi il y a quelques instants, puis quelque chose lui a fait peur et… Je ne sais pas… Oh, Fabius!!"
"D'accord. Je vais aller le chercher. En attendant…"

La voix synthétique d'Ecs retentit dans les communicateurs de Mun, Mithra et Miho, audible pour les personnes les plus proches.

"Vaisseau hostile en approche. Je répète. Vaisseau hostile en approche."
"Non!!"

Miho tira plus fermement sur les mains de la turienne, l'obligeant presque à se pencher.

"Ecoutez-moi! Je veux que vous montiez à bord…"
"Non!!"
"Assez! Vous allez montez à bord de ce vaisseau et vous y calmer. Je ne peux pas aller chercher votre fils et vous prendre en charge en même temps!"

Deux autres turiens firent vérifier leur identité auprès de Mithra et montèrent à bord, jetant un regard compatissant et angoissé à la mère.

"Vous ne lui servirez à rien si vous restez ici vous faire capturer. Alors montez à bord pendant que je vais le chercher."
"Pitié, ramenez-le moi, il est tout ce qu'il me reste…"

Relâchant les mains de la turienne, la quarienne recula de quelques pas.

"Miho…?"
"Achevez l'évacuation et tenez-vous prêt au départ. Dis à Sogan de prendre les commandes. Ça ne devrait pas être trop long."

Un turien sur le point d'embarquer tapota l'épaule de la pilote.

"Je l'ai vu partir par le couloir de droite. Je vous l'aurais bien dit plus tôt, mais la mère…"
"Merci! Merci beaucoup!"

Sans un mot de plus, Miho se précipita dans le hall d'attente qu'elle traversa avant de prendre le couloir de droite et disparaître hors de la vue de ses collègues.
Dernière édition par Miho'Shakti Vas Erakis le 16 Juin 2018, 16:46, édité 1 fois.
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Re: That time we met again

Message par Laquarius Nix » 15 Juin 2018, 22:19

La veille en début d'après-midi
Comme à mon habitude, je suis assis à mon bureau à faire défiler les dossier que Morpho m’a fait transmettre. Ce n’est pas la meilleure partie de la journée et aujourd’hui en particulier je le fais en traînant les pieds. Je fais passer les documents avec lassitude jusqu’à arriver à la partie confidentielle. Avec un bâillement, je demande, comme à chaque fois, à l’IA de fermer la porte de mon bureau et, comme à chaque fois, il me répond immédiatement qu’il l’a déjà fait. La premier dossier concerne l’Erakis, enfin la feuille de route du vaisseau d’une ancienne amie Quarienne. Morpho me notifie quand le trajet annoncé passe par les systèmes Terminus. Je porte un peu plus d’intérêt à ce cas qu’à la demande de drap de l’hôtel mais en m’y penchant brièvement, je constate qu’il ne s’agit que d’un centre de recherche. Peut-être Miho a-t-elle été commissionnée pour acheminer des ressources ou bien un transport de scientifique, elle n’en est pas à son coup d’essai dans tous les cas. Inutile de m’attarder plus longtemps, je balaye le dossier et ouvre le suivant. Dès les premières lignes, je me redresse dans mon fauteuil avec un grognement réprobateur :

« Encore ? »

« Le dernier raid d’esclavagiste remonte à plus d’un mois et demi, monsieur. »

Une simple onomatopée m’échappe. Le temps passe vite, j’ai l’impression que c’était juste quelques jours auparavant, à moins que ça soit le fait qu’on ne s’habitue pas à ce genre d’animaux. Je me repousse du bureau et me lève.

« Qui avons-nous de disponible ? »

« Les Park sont sur Oméga, Kin’Lunis est dans.. »

« Morpho, Morpho ! Je sais que tu fais défiler la liste des membres et évalue leur statut, mais s’il te plaît, contente toi d’annoncer ceux qui sont notés comme disponibles. »

« Bien, M. Nix. Tous les membres présents sur la station sont disponibles, ainsi que messieurs Toun et Rauk. »

« Préviens les Drells alors, ils partent demain matin. Pour ma part j’irai faire un tour du côté de Sarait. »

« Bien M. Nix. »

« Merci, Morpho. »

Je contourne mon bureau et m’avance vers la porte pour sortir prendre l’air et prévenir Gyzarus de mon absence. Le problème c’est que le verrou ne s’est toujours pas dégagé. À mi-chemin, je m’arrête en attendant une réaction de l’IA. Je pourrai by-pass son cadenas mais ce serait prendre le risque de froisser son ego s’il a simplement oublié.

« M. Nix ? Vous devriez peut-être regarder un peu plus en détail le dossier. »

Levant une arcade circonspecte, je me retourne et vais m’appuyer sur le bord du bureau pour faire défiler le texte. Ma bouche se tord et je reviens brusquement sur la feuille de route de l’Erakis. Sous mes yeux, les deux destinations correspondent. Les muscles de ma mâchoire se contractent.

« Où est Jaipha ? »

« Mme. Iejin est planifiée pour revenir de mission dans la journée. Elle est censée se reposer demain. »

« Hé bien elle se reposera après demain. Dis à Luyon et Reno que je viens avec eux, on embarque Gyzarus aussi et c’est Jaipha qui nous emmène. On part demain à l’aube. »

« Elle risque d’être mécontente, M. Nix. »

Ma réponse est soufflée entre mes dents serrées :

« Rien à foutre. »

Les nerfs à fleur de peau, je quitte mon bureau pour aller faire un tour d’inspection dans les parties ouvertes aux invités.


Présent
Le groupe était arrivé dans la matinée en se faisant passer pour des inspecteurs en sécurité, un laissez-passer fourni par un des nombreux bras de l’IA de Razum’Dar. La pilote les avaient déposés dans la partie de vie de l’archipel de stations. Gyzarus et Laquarius avaient fait le plus gros de la parlote, des échanges durant lesquels ce dernier avait plus ou moins subtilement glissé des demandes quand aux visites à venir. Il avait ainsi pu apprendre où allait amarrer l’Erakis. Dès l’information en sa possession, Jaipha avait été prestement sollicitée pour amener le Turien à bon port avant de rejoindre les autres membres. C’est du côté de la partie habitable qu’ils comptaient organiser leur rempart. Gyzarus était un expert en stratégie et Luyon un grand habitué des combats en milieu urbain, mais si pour le coup il s’agissait plus simplement de combat en milieu clos. Quant aux deux autres, ils étaient entraînés et parfaitement en mesure de se défendre seuls, donnez leur un plan clairs et tous les quatre devenaient un véritable croque-mitaine pour esclavagistes. Pour l’instant, Gyzarus se penchait sur les plans de la station et Luyon examinait l’air d’atterrissage pendant que Jaipha et Reno s’imprégnait du terrain.

De mon côté, je n’avais pas eu à attendre longtemps avant que Miho ne débarque. M’assurant de toujours laisser deux couloirs ou une pièce entière entre nous, je fais mine de vérifier les caméras de sécurité, certaines ont le pivot grippé ou simplement le servomoteur cassé mais je n’y prête pas grande attention au final, j’espère juste que la Quarienne et son équipage fichera le camp avant qu’il ne soit trop tard.

Un espoir assez rapidement balayé quand un message invitant les membres de la station à se rendre au quai pour une évacuation rapide retenti. Je ne crois pas aux coïncidences encore moins quand je fais parti de l’affaire. Miho a eu vent de l’attaque et ne peut pas partir sans porter secours à ces gens. Au final on fait la même chose, juste d’une façon différente. Profitant du mouvement de foule, je me glisse parmi mes congénères pour observer l’embarquement de plus près.

Vérifiant de ne jamais croiser le regard de la Quarienne ou de son second, je contemple la scène avec un œil sur mon OmniTech au cas où ma propre équipe m’appelle d’un coup. J’assiste au déboire de la mère ayant perdu son fils dans la précipitation. Une part de moi a presque envie d’aller lui assurer qu’aucun hostile ne fera plus de deux pas dans la station, mais je reste raisonnable et me contente de baisser la tête. Un visage que je relève bien vite quand j’entends que Miho part à la recherche de cet enfant. Reculant d’un pas, je suis la trajectoire de la Quarienne du regard et active mon Camouflage pour la suivre dès qu’elle a passé le premier virage. Une fois dans le couvert des couloirs, je désactive mon programme et me lance derrière Miho en me fiant au bruit de course.
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Re: That time we meet again

Message par Miho'Shakti Vas Erakis » 16 Juin 2018, 18:00

Le pas de course régulier, la quarienne en armure traversa le couloir sur toute sa longueur. De part et d'autre, des portes se succédaient, toutes verrouillées, donnant certainement sur des laboratoires. Le genre de portes qu'un enfant ne pourrait pas ouvrir, réduisant considérablement le champ de recherche. Combien de secondes, ou plutôt de minutes, le gamin avait-il d'avance? Sans cette donnée, difficile pour elle d'estimer jusqu'où il aurait pu aller, d'autant plus qu'elle ne connaissait pas l'agencement détaillé de la station. Face à un ascenseur lui aussi verrouillé, Miho observa les escaliers. Elle avait le choix entre la montée et la descente, et très franchement, elle ne savait pas quel choix aurait fait le petit turien. Elle recula, contemplant l'affichage des étages et leur correspondance, cherchant un indice quelconque. Mais avant qu'elle n'ait terminé de lire l'ensemble, un bruit inattendu la fit subitement se retourner.

Dos à l'ascenseur, la pilote contempla le couloir, à moitié plongé dans l'obscurité. Silencieuse, elle plissa les yeux, espérant de tout coeur que la mère ne s'était pas échappée de l'Erakis pour se lancer elle aussi à la poursuite de son fils. Cinq secondes s'écoulèrent. Elle avait dû rêver. Savoir que le vaisseau esclavagiste était en approche jouait avec ses nerfs. Ils auraient déjà dû décrocher depuis un bout de temps. Ils auraient déjà décroché depuis un bout de temps si les informations avaient été complètes. Le gosse aurait compté dans les priorités et il serait déjà à bord. Jurant entre ses dents, Miho se retourna face au panneau quand une voix lui parvint.

"J'ai une une mauvaise nouvelle."
"J'écoute."
"On a pas un, mais trois vaisseaux à proximité, et le premier nous a repéré."

Évidemment, ce serait trop marrant. La main sur le panneau, Miho essaya de réfléchir en simultané sur la marche à suivre, l'ordre des priorités, et où un gosse aurait-il la bonne idée d'aller se cacher s'il était effrayé. La voix proche de Sogan lui indiqua que Mun et lui se trouvaient visiblement dans le cockpit.

"A priori on est mieux armé. Les tenir en respect le temps que tu reviennes ne devrait..."
"Non!"
"Non!"

Les voix conjuguées des deux quariens interrompirent l'envie du jeune co-pilote d'en découdre.

"Sogan, tu es responsables des soixante vies supplémentaires à bord. Mun..."
"Compris, j'enclanche la fermeture des sas. Et toi?"

La main de Miho se figea en arrivant vers le dernier niveau indiqué. Il s'agissait de hangar de stockage et également d'amarrage pour les navettes. Compte tenu du nombre de stations, et du fait que tous les employés avaient été rapatriés ici, il devait forcément y en avoir plusieurs à disposition. Ainsi que tout un espace bardé de caisses, d'étagères, et autres dédales de matériel idéal pour se planquer quand on était un môme.

"Je récupère le petit et je prendrai une navette de la station. Les émissions de la structure devraient couvrir celles d'un petit véhicule si je reste assez proche du blindage extérieur. Tout ira bien."

Miho s'élança dans les escaliers, direction le niveau le plus bas de la station quand la voix lointaine de Camdas, la responsable en chef, se fit entendre, mais la quarienne ne comprit pas exactement.

"Qu'est-ce qui se passe?"
"Il parait qu'un groupe d'inspection de sécurité arrivé avant nous s'ajoute aux employés, mais Camdas leur a envoyé un message. Ils sont armés et ont leur propre moyen de transport, donc... Ça devrait aller de ce côté-là."
"Heu... M'sieur Zanna? Les capteurs indiquent que le canon principal du premier vaisseau ennemi est en train de chauffer..."
"On dégage! Miho, sois..."

Une détonation fit sauter la communication. Dévalant les marches à toute vitesse, la main agrippée à la rambarde pour limiter l'écart à chaque niveau passé, Miho grinça des dents, mais refusa de faire demi-tour. Le système de défense de l'Erakis pouvait encaisser le temps qu'ils fuient, donc tout devrait se passer relativement bien de ce côté-là. Néanmoins, elle trouva le timing de la sécurité bien tombé. Sans doute protégeront-ils les infrastructures. Ils étaient théoriquement avertis, et surtout, c'était leur boulot. Mais le fait de tout de même risquer des vies supplémentaires ne lui plaisait pas. Seulement le choix ne lui appartenait plus à ce stade. Elle avait un gamin à retrouver et mettre en sécurité. Lui ne pourrait pas se défendre seul face à des esclavagistes, contrairement à du personnel entraîné. Arrivée tout en bas, la quarienne défonça la porte plus qu'elle ne l'ouvrit. De l'autre côté, une sorte de rambarde longeant le mur à droite et à gauche donnait une vue imprenable sur un hangar gigantesque. Se penchant par-dessus la barrière, elle activa ses capteurs. Devant-elle, l'immense espace pouvait se délimiter en trois parties. La première constitués de grandes étagères industrielles avec des élévateurs, plus loin un espace de stockage de caisses de matériel divers pas encore traité, et enfin, beaucoup plus loin, trois navettes se trouvant devant un énorme sas leur permettant d'entrer et de sortir. Une petite alarme retentit quand le mouvement d'un être vivant de petite taille fut capté plus bas. En se penchant plus, elle vit une ombre se faufiler entre les imposantes étagères en direction des caisses.

"FABIUS!!"

L'ombre se figea une seconde, et reparti de plus belle. Abandonnant son point d'observation, Miho bondit par-dessus la rambarde, activant ses micripropulseurs pour se retrouvée perchée au sommet de l'une des colonnes d'étagères sur laquelle elle se mit à courir pour essayer de rejoindre le fuyard. Mine de rien, il filait vite le bougre! Arrivée au bout, elle réitéra son saut en se laissant à nouveau tomber du haut des étagères jusqu'au sol. Une fois au niveau des caisses, le bruit de pas précipités lui indiqua la direction à suivre.

"Attend!"

Elle continua, tournant à gauche, à droite, de nouveau à gauche entre les caisses. Le bruit de pas cessa brusquement, signe que l'enfant s'était arrêté. Poussant un soupire de soulagement, elle ralenti sa course, pour éviter qu'il ne reparte de plus belle.

"N'aies pas peur, s'il te... WOW!!!"

Miho releva brusquement les mains. Devant-elle, bondissant de derrière une caisse comme un diable hors de sa boîte, un petit turien brandissait un M-3 Prédateur. Les deux mains sur le pistolet, l'enfant visait la tête de la quarienne avec une étrange assurance, comme s'il s'était entraîné.

"Doucement... Je ne te veux aucun mal."
"Je sais."

Malgré la détermination que le petit Fabius affichait, sa voix juvénile tremblait. Il affirma sa prise sur le pistolet, le doigt déjà posé sur la gâchette. Miho prit une lente inspiration. Son armure la protégeait, normalement. A moins que le gosse fasse un headshot de compète, elle devrait s'en sortir sans trop de mal, mais au fond, elle préférait nettement qu'il ne fasse pas du tout feu. Elle envisagea un instant l'usage des micropropulseurs mais aussi vite qu'elle y avait songé, elle renonça, de peur de blessé gravement l'enfant dans le pocessus. Elle poursuivit donc, sur un ton très calme.

"On doit se mettre à l'abri. Alors je voudrais que du dépose ton arme."
"Je ne peux pas faire ça."

Les prunelles luminescentes affichèrent une certaine incompréhension en passant du canon au visage de l'enfant. Son regard dur trahissait une certaine peur, ou plus une angoisse.

"C'est pas vous que je veux tuer, mais lui, je ne peux pas l'atteindre, alors... Alors je n'ai pas le choix."

Le ton était précipité, définitivement nerveux. Les traits du visage de l'enfant se crispèrent, ses mains aussi.

"Hey! Doucement. Je ne comprends rien."

Tendant une de ses mains en avant, laissant toujours l'autre bien en évidence, Miho se baissa prudemment, pour se mettre à la hauteur de l'enfant qui recula d'un pas, en suivant le mouvement avec son pistolet. Un genou au sol, la quarienne poursuivit.

"Et si tu posais ça pour m'expliquer?"
"Non! Je vous ai vue sur Oméga! Quand Cerbérus a attaqué, vous travailliez avec lui! Vous étiez avec le turien qui a tué mon père!"

Les yeux de Miho s'écarquillèrent alors qu'elle commençait enfin à faire le lien.
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Re: That time we met again

Message par Laquarius Nix » 17 Juin 2018, 20:21

La pilote courait vite, très vite. Si bien que j’ai du mal à suivre. Je presse le pas pour ne pas me laisser distancer, au risque de faire un peu de bruit. Au détour d’un couloir, je constate que Miho s’est arrêtée, pris de court et craignant qu’elle ne se retourne sans prévenir, j’active les micro-propulseurs de mon torse pour couper ma course et me forcer à parcourir quelques mètres en arrière. Calé dans l’angle, je tends l’oreille, attendant d’entendre de nouveaux bruits de pas. Je ne saisi pas grand-chose, voire rien de la conversation de Miho, si ce n’est le fait qu’elle est effectivement en train de parler. Finalement, après ce qui m’a semblé être une éternité, elle repart en prenant les escaliers. Je souffle brutalement par les narines, ce n’est pas un itinéraire qui m’enchante beaucoup. Certes, il sera facile de garder une idée de l’emplacement de la Quarienne mais il sera plus dur de rester discret.

Laissant les spéculations sur mon taux de discrétion de côté, je me lance à mon tour. Arrivé au niveau de la cage d’escalier, une explosion retenti au loin, mais pas assez loin pour être à ma convenance. J’ouvre mon OmniTech en même temps que la porte, la retenant pour qu’elle ne claque pas derrière moi. Sous moi, j’entends les tapements des pieds de Miho et commence à descendre également, de manière plus mesurée que celle que je suis, tout en pianotant pour communiquer avec mon équipe. À vue d’oreille, elle doit avoir deux étages d’avance, rien d’extraordinaire tant que je m’assure que l’écart ne grandisse pas. Gyzarus me répond en quelques secondes pour m’avertir que les esclavagistes sont répartis dans trois vaisseaux et qu’ils sont ceux qui viennent de tirer depuis les airs. Ma bouche se tord en lisant cette information, ce n’est pas normal. Les esclavagistes n’ouvrent que très rarement le feu, c’est prendre le risque d’abîmer la marchandise. Je mets cette note de côté et reporte toute mon attention sur mes pieds pour ne surtout pas glisser. Au bout de plusieurs dizaines de marches, j’entends une porte s’arracher bruyamment de sa serrure. Je descends d’un étage supplémentaire et écoute vite à la porte pour savoir si je dois sortir là ou pas, mais un cri venant d’en bas me fais faire volte-face pour aller plus bas encore. Tout en bas pour être exact. Un nouveau cri me parvient à travers la porte. Lâchant un juron entre mes dents, j’ouvre la porte à la volée et cours une courte distance sur la passerelle avant de m’accrocher à la rambarde pour balayer le hangar du regard.

Je ne mets pas longtemps à trouver les individus face-à-face. Incertain de la scène qui déroule sous mes yeux, je les plisse pour m’assurer de ne pas rêver. Mon sang ne fait qu’un tour.

« Fils de.. »

Ma main se bloque dans les airs alors qu’elle s’envolait déjà vers la crosse de ma Veuve Noire. Mes dents s’entrechoquent et je m’écarte de la rambarde pour m’élancer le long de la passerelle. C’est juste un gosse, juste un gosse, il a peur. C’est compréhensible. Il ne sait pas ce qu’il fait. Je déglutis difficilement pendant ma course. Mon regard reste braqué sur l’enfant et l’adulte là-bas. Une fois que je les ai dépassés de trois bons mètres, je saute au sol, amorti par mes micro-propulseurs. La logique aurait voulu que j’atterrisse d’une roulade pour répartir l’impact sur tout mon corps et ne pas perdre toute ma vitesse mais j’ai déjà du mal à me contenir donc je ne réfléchis aucunement à ces mécanismes que je devrai avoir. Je me lance vers le dédale de caisses où se trouve les deux protagonistes que je cherche à rejoindre. Arrivé au premier conteneur, je l’escalade et progresse en sautant de structure en structure. Ma course est orientée de sorte à arriver dans l’angle mort du gamin armé, tant pis si Miho me voit. Je l’ai vue s’accroupir, probablement pour raisonner le petit, je compte donc là dessus pour qu’elle ne pense pas à regarder en l’air.

Une fois en vue du lieu de tension, je saute en longueur vers la position, m’aidant de mes propulseurs pour gagner en distance puis active ceux au niveau de ma nuque pour m’éjecter vers le sol. J’atterris lourdement entre la Quarienne et le Turien en activant juste avant l’impact ma Protection. Un mur orangé se hérisse entre le gamin et moi pendant que je me relève. Tournant le dos à Miho, je préfère l’ignorer pour éviter toute explication gênante et m’adresse à mon congénère sur un ton neutre mais sans appel :

« Tu as eu droit au flic sympa, maintenant on passe à l’autre côté de la pièce. Dans quelques instants, cette barrière va se désactiver. Si tes réflexes sont assez affûtés, tu auras le temps de tirer une fois, peut être deux si tu es rapide sur la gâchette. Vu le calibre de ton arme tu briseras peut-être mes boucliers, voire même tu chatouilleras mon armure au mieux et si tu vises bien tu arriveras certainement à abîmer un de mes micro-propulseurs. »

Vu la différence de taille, le temps qu’il me vise la tête je l’aurai déjà attrapé.

« À la suite de ça tu auras intérêt à lâcher la détente. Je vais commencer par te briser le poignet et tu casseras ton coude tout seul si tu te débats. En un battement de paupière, le canon de ton arme sera dirigé vers ton crâne, c’est pour ça qu’il vaut mieux que tu lâches la détente si jamais tu n’as pas saisi. »

Je prends une respiration pour laisser mes mots s’imprégner. Bien entendu, je bluff, je ne pointerai pas son arme contre lui, pour le reste c’est moins sûr cela dit.

« C’est la manière forte évidemment mais comme c’est toujours celle qui arrive à la fin, je préfère commencer par elle. Sinon, tu peux poser ton arme, reculer de trois pas et on repart gentiment. »
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Re: That time we meet again

Message par Miho'Shakti Vas Erakis » 18 Juin 2018, 00:06

Le gosse face à elle affichait toujours sa détermination sur ses traits, mais sa voix s'était brisé sur les derniers mots. Il jetait toutes ses forces pour sauver les apparences, avec un succès un peu trop modéré. Agenouillée au sol, Miho faisait le lien entre Oméga, un gosse perdu au sens figuré, un turien... Et si le gamin se trompait? La logique lui disait que dans le capharnaüm qui avait régné sur la station pendant l'assaut de Cerberus, comment pouvait-on avoir les idées suffisamment claires pour observer quelque chose, reconnaître une personne qu'on ne fréquentait pas, et analyser assez la ou les personnes qui l'accompagnaient? Oui, sauf que la logique était salement remise en cause quand il s'agissait du traumatisme d'un enfant ayant perdu un parent, et que, malheureusement pour Miho, son style jouait contre elle.

Elle connaissait les méthodes de Laquarius. Une cible, un truc entre deux, tant pis pour le truc, la cible devait être éliminée, point. Le père de ce gamin était-il un criminel notoire où juste un type qui avait eu la malchance de se trouver au mauvais moment au mauvais endroit? Est-ce que ça avait de l'importance au fond? Le dommage collatéral, ici et maintenant, c'était un enfant turien rongé par l'envie de venger son paternel, et qui n'avait comme seul défouloir qu'un moyen indirecte pour s'en prendre à sa cible première. Si tant était que Miho puisse être considérée comme ayant suffisamment d'importance pour que sa disparition nuise réellement à Laquarius. Lentement, ses mains se baissèrent alors qu'elle considérait l'enfant pour ce qu'il était. Sa détermination, son air qui se voulait si dur, l'arme qu'il tenait fermement, tout cela avait du sens, aussi cruel que ça puisse paraître. Que devait-elle faire? Le convaincre que ce n'était pas une solution? Pour le petit, elle ne parlerait que pour protéger son intégrité physique. Qui pouvait-elle être pour le convaincre, alors qu'effectivement, elle avait travaillé avec le turien et lui avait fait confiance en pleine bataille? Sa voix ne vaudrait plus rien à présent. Et le pire dans tout ça, c'était qu'au fond, elle trouvait ça juste... Affreusement normal. Un cercle vicieux de plus s'était formé.

Et l'improbable se produisit. Surprise par la chute de la seule personne qu'elle pensait définitivement à des années-lumière de cet endroit se trouvait là, entre elle et un gamin armé, bouclier à l'appui et menaces verbales assumées, Miho chancela et se rattrapa d'une main au sol. Légèrement penchée, elle vit Fabius aussi surpris qu'elle reculer d'un pas, et son masque de détermination s'effriter alors que le croque-mitaine qui avait hanté ses cauchemars se tenait là devant lui, le menaçant de lui briser les os et de l'abattre avec sa propre arme. Laquarius n'aurait clairement pas besoin d'en venir à sortir son arme. Sa stature seule associée à ses faits d'armes était radicalement plus efficace qu'un canon moissonneur sur l'enfant.

Comment était-il arrivé là et pourquoi? Elle s'en fichait au fond. La seule chose qu'elle voyait, c'était la terreur que le petit turien n'arrivait plus à dissimuler, et sa main qui commençait à trembler en tenant le pistolet, gardant difficilement sa place sur la gâchette. Laquarius lui, ne prit même pas la peine de se retourner pour lui jeter un regard. Pourquoi? Et pourquoi se dressait-il tel le sauveur alors qu'il était entièrement responsable d'une telle situation? En avait-il seulement conscience? Pas sûr. Son intervention ne voulait pas dire qu'il avait entendu quoi que ce soit. Une colère sourde envahit la quarienne. Comment osait-il apparaître ainsi et tenir des propos aussi menaçants? Comment pouvait-il intimider un enfant sans même essayer de le comprendre? Avait-il passé tellement de temps au milieu de criminels qu'il ne savait même plus faire la différence entre un adulte et un gamin? Il était pourtant censé travaillé entouré de jeunes.

"Arrêtez!"

Fabius sursauta de plus belle, sans que le coup ne parte et pour cause, son doigt n'était déjà plus sur la détente. Il tremblait comme une feuille, incapable de fuir comme un animal sauvage pris dans les phares d'un véhicule quelconque. Miho ne se gêna pas, elle posa une main décidée sur l'épaule de Laquarius et le bouscula légèrement. Elle était en colère, mais devait se calmer. Il ne s'agissait pas de lui, mais d'un enfant. Bien que ça la chatouillait méchamment de signaler à celui qu'elle avait considéré comme un ami qu'il était face à l'un de ses foutus dommages collatéraux, elle n'en fit rien. Ce serait mesquin, et surtout, c'était perdre de vue ce qui comptait réellement, là, tout de suite. Miho savait pertinemment qu'il ne ferait pas volontairement de mal physique à un enfant, ou tout du moins qu'il ne le tuerait pas. Elle l'avait vu retourner sa veste face à une mère parce que son fils était présent. En quoi ce serait si différent maintenant? Mais ça ne rendait pas son attitude plus tolérable pour autant.

"Ne l'écoute pas. Il ne te fera jamais ça."

Comment ça, elle sapait le bluff de Laqua? Arrondir les angles, rattraper le coup, éviter que le gosse ne s'égare définitivement entre la peur et la haine, c'était tout ce qu'elle voulait faire pour le moment. Le regard affolé du gamin fixait pourtant Laquarius sans s'en détacher, comme si il s'était arrêté aux propos qu'il lui avait tenus.

"Fabius! Regarde-moi."

La tête juvénile se tourna vers la quarienne. Il parut enfin percuter. Affolé, il haussa le ton, criant presque ses paroles.

"Bien sûr qu'il le fera! Il le fait tout le temps! Il l'a fait avec mon père!"
"Si c'est vraiment ce que tu penses, alors tu es prêt à mourir et laisser ta maman toute seule?"

Ah, enfin quelque chose qui atteignit l'enfant sur un autre plan. Son arme se baissa imperceptiblement alors que le rappel de sa mère semblait lui faire l'effet d'une gifle. Profitant de l'occasion, Miho s'engouffra dans la brèche.

"Ça n'en vaut pas la peine Fabius. Mais protéger ta maman, ça, c'est important pour toi, non? Alors on devrait plutôt faire tout ce qu'il faut pour que tu puisse la rejoindre, tu ne crois pas?"

Le regard embué, il en revint à Laquarius, relevant son arme avec une crédibilité proche du zéro absolu tant ses bras, épuisés par la peur et la fatigue, faisaient valser le canon dans tous les sens. Entre leurs armures et boucliers, ni le turien ni la quarienne ne risquait réellement quoi que ce soit.
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Re: That time we met again

Message par Laquarius Nix » 18 Juin 2018, 17:54

Je sens la main de Miho se poser sur mon épaule. Sa poigne est autoritaire mais quiconque observe la scène peut facilement voir que je ne lui résiste pas. C’est assez évident vu la différence de gabarit. Lui laisser reprendre la parole est la meilleure chose, j’ai eu mon petit effet sur le gosse, plus qu’escompté à vrai dire. Je pensais lui mettre un petit coup de pression, au final je l’ai purement terrorisé. La situation m’échappe un peu, pas physiquement, la Protection est toujours bien dressée entre nous et lui, de même que je pourrai le maitriser en un rien de temps, mais j’ai le sentiment qu’une donnée m’échappe. Observant les mouvements du jeune Turien, j’écoute la courte conversation avec une petite pointe de curiosité. Ce petit me rappel vaguement Alice à l’époque où je l’avais rencontrée, à un détail près : Alice aurait tiré depuis longtemps. Fabius n’a rien d’un gamin lancé sur une quête personnelle, je ne le sais que trop bien. Il est trop hésitant, trop incertain dans ses mouvements. Certes, il sait tenir une arme, je ne remets pas cela en cause, mais son attitude démontre de son manque de volonté.

Son père ? Qu’est-ce que j’ai fait à son père ? J’imagine sans mal qu’il s’agit d’une de mes victimes mais comment ce gosse pourrait savoir ce que je lui ai fait sachant que je n’agis jamais devant des enfants ? C’est évident, on lui a raconté les faits, si seulement faits il y a vraiment eu : difficile de me rappeler de toutes mes victimes, même si l’on me donne un nom et une description. Je me vois mal lui demander de rentrer dans les détails sur ce point, il a l’air assez secoué comme ça. Enfin, les gamins ont de l’imagination et exagèrent souvent les choses mais delà à dire que « je "le" fais tout le temps. », je trouve cela un peu gros. De sérieux doutes quant à la provenance de ses informations germent dans mon esprit. Aussi, quand Miho se coupe, je m’avance d’un pas pour reprendre la parole sous le regard apeuré et le canon tremblant du petit :

« Si c’est moi que tu veux, pourquoi venir ici ? Mon lieu de résidence n’est un mystère pour personne. »

Il recule d’un pas au son de ma voix, les pupilles écartelées, il est pris d’un spasme et peine à trouver les mots :

« Parce qu’il faut que vous sachiez ce que ça fait. On vous a vu la suivre chaque fois qu’elle vient dans le secteur. »

C’en est assez. D’un geste, je désactive la Protection et me projette, micro-propulseurs à l’appui, en direction de Fabius. D’une main ferme, j’attrape le canon de son arme et le pointe vers le sol immédiatement. Dans la précipitation et la panique, un coup part stoppé net par le bouclier cinétique protégeant mon flanc. La chaleur envahit ma paume mais je n’en fais rien. Un instant durant, le petit et moi nous retrouvons les yeux dans ceux de l’autre. Sur le ton le plus neutre possible, je lui murmure :

« Tu ne sauras jamais autant ce que ça fait que moi. »

Le regard fuyant, le jeune Turien lâche soudainement son arme et entame une retraite. D’une allonge de bras, je le saisi par le col pour le stopper et me place devant lui, le mettant entre Miho et moi. Regardant la pilote dans le reflet de la visière pour la première fois depuis des mois, je lui articule une salade de mot incompréhensible :

« Où est la mère ? »

Rapidement, sans attendre de réponse, je porte une main à mon OmniTech pour activer la communication avec ma pilote.

« Jaipha, situation. »

En attendant la réponse, je fais sauter la cartouche thermique du pistolet et enclenche le cran de sécurité.

« Je suppose que tu as entendu le tir, le vaisseau pirate dont il provenait est parti derrière celui de ta Quarienne. Rassure toi, aucune chance qu’ils ne les rattrapent. Le deuxième vaisseau s’est posé là où on l’attendait. »

Derrière elle, des bruits de tirs se font entendre.

« Combien étaient-ils ? »

« Environ une vingtaine, on en a eu la moitié avec l’effet de surprise, le reste est plus réticent, on leur coupe la retraite pour le moment. »

Je ne me fais aucun soucis pour mes alliés, ils en auront bientôt fini.

« Par contre je n’ai aucune idée d’où est passé le dernier vaisseau, tu devrais faire attention. »

« Merci, Jaipha. »

La communication s’interrompt et je jette un regard peu rassuré derrière moi, vers le gros sas. Nous ne sommes absolument pas en position d’affronter une grande quantité d’esclavagistes encore moins si je dois me battre en protégeant le petit. Déglutissant, je m’avance et attrape le bras du gosse, le poussant en direction de Miho.

« Il faut qu’on bouge, on est beaucoup trop exposés ici. Dîtes moi où est sa mère, il ne me hait pas, il a peur de moi. Ses idées de vengeance ne viennent pas de lui, je sais de quoi je parle. »

Arrivé à sa hauteur, je tends le pistolet de Fabius à la Quarienne, ne sachant quoi en faire moi même.
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Re: That time we meet again

Message par Miho'Shakti Vas Erakis » 19 Juin 2018, 21:20

La question de Laquarius fit lever les yeux au ciel à Miho. Pourquoi ne pas trouver directement le turien? Simple. Parce que c'était un gosse. Miho doutait vu son jeune âge qu'il ait un brevet de pilotage. Et difficile de se taper l'incruste à bord d'un vaisseau sans un adulte avec lui. Encore plus compliquer de tenter le voyage en clandestin puisqu'au moindre problème il se ferait prendre et que, selon le vaisseau, une mort lente et douloureuse aurait été l'option la plus appréciable en représailles. Parce qu'il avait une mère qui se rendrait compte de sa disparition aussi, et qui elle serait certainement moyennement chaude pour foncer avec son gamin chez le meurtrier de son mari. Et il ne s'agissait là que des premières possibilités évoquées. Si ce gamin venait bien d'Oméga, partir clandestinement d'un tel endroit était du pur suicide vu le style de vaisseau qui y accostait, et bien qu'elle n'y ait jamais vécu, Miho savait très bien quels genres d'équipages pouvaient se rendre là-bas. Le Maefis faisait office d'exception en son genre, et encore, il avais s'agit d'une mission commandité par un spectre, pas d'une livraison de zhuat!

Mais le plus intéressant dans tout ça, c'est la réponse du gamin, qui fit l'effet d'une baffe à la quarienne, mais qui avait au moins le mérite d'expliquer au moins en partie la présence de Laquarius sur cette foutue station. Elle n'aurait pas cru à la reconversion en agent de sécurité. Fallait pas déconner non plus. Mais en celui de stalker, elle ne s'y serait pas attendue non plus. C'était limite obsessionnelle comme attitude. Pensait-il vraiment qu'après son départ de Razum'Dar elle allait chercher d'une manière ou d'une autre à nuire à la station? Elle tourna les paumes vers le haut, en totale signe d'incompréhension purement inutile puisque le turien n'était décidément pas prêt à assumer la conséquence de ses actes, cette fois encore. Pire, il se projeta sur le gosse en se servant de ses propulseur, attitude dangereuse pour la santé de l'enfant, en mode "je sais mieux que toi la souffrance", ce qui ne manqua pas de déclencher une détonation. La quarienne fut un brusque saut sur le côté, s'assurant que l'enfant n'avait pas été blessé. Car oui, il restait sa priorité, contrairement à Laquarius qui, non content d'avoir effleuré le fond dans l'estime de Miho s'amusait maintenant à creuser encore.


Non content de poursuivre sur sa lancée, il ramena le gamin et posa une question dont la réponse n'avait visiblement pas la plus petite importance. Il devait être en mission très certainement. Furieuse, la quarienne secoua la tête, snobbant complètement la réponse, se se baissa pour observer le gamin. Du bout des doigts, elle lui fit relever la tête et s'assurer qu'il n'avait aucune égratignure. Miho poussa un soupire en ne remarquant rien et posa ses mains sur les épaules du gamin. Le regard fuyant, il semblait chercher une échappatoire, sans le moindre espoir d'en trouver d'ailleurs. Elle le sentait toujours trembler sous ses doigts.

"Hey, regarde-moi s'il te plait. Aucun de nous ne veut te faire du mal, tu comprends?"

Le petit turien revint la fixer, cherchant ses yeux derrière la visière sombre. Laquarius était trop occuper à papoter certainement avec des collègues pour s'en soucier.

"Il y a des esclavagistes qui sont ici. Malheureusement, mon vaisseau est déjà parti, avec ta maman à bord. Moi, ce que je veux, c'est faire tout mon possible pour que tu puisses aller la rejoindre. Ça ne va pas être facile, mais pour ça, je vais avoir besoin que tu fasses tout ce que je dis. Est-ce que tu m'a compris?"

Le gamin jeta un coup d'oeil derrière lui, toujours trop peu confiant. Une main ferme quitta son épaule pour se poser sur sa joue et le rappeler à la conversation.

"Fabius, c'est important. Est-ce que je peux compter sur toi pour faire ce que je te dis?"

Il hocha nerveusement la tête, le souffle court. Miho se redressa, notant le regard visiblement peu rassuré que Laquarius porta vers le sas d'accès. Elle plissa les yeux un instant. C'était une entrée potentielle comme une autre. Pas la plus optimale, mais quand on avait trois vaisseau pour prendre d'assaut une station scientifique, toutes les possibilités pouvaient rester envisageable, surtout s'ils craignaient que leur future marchandise n'essaie de se faire la malle par là. Le gamin se fait bousculer contre elle, et par réflexe, la quarienne passe ses bras autour de l'enfant, en jetant un regard noir à Laquarius. Etait-ce bien nécessaire? Elle baissa les yeux sur l'enfant, considérant les propos tenus. Oui, il était terrorisé, et bien entraîné à essayer d'assouvir une vengeance. Sur ce point, il n'avait peut-être pas tort, la mère pouvait y être pour quelque chose. Mais ça ne changeait rien à la situation. Que je gosse prenne l'initiative ou qu'une mère décide de sacrifier son enfant sur l'autel de la vengeance, l'un comme l'autre n'était qu'une conséquence de plus. Le père était-il quelqu'un de si horrible? Si oui, passait-il pour un homme exemplaire au regard de sa famille? Ou bossait-il simplement pour le mauvais type dans l'espoir que sa famille ne manque de rien? Pas sûr que pour Laquarius ça puisse avoir une quelconque importance. Il l'avait dit lui-même, il ne regrettait rien. Miho grinça des dents et arracha l'arme plus qu'elle ne la récupéra de la main de Laquarius. Il lui restait une attache magnétique non utilisée et s'empressa d'y fixer le pistolet à la base de son dos, le sien étant à portée contre sa hanche tandis que son fusil d'assaut était accessible derrière une épaule.

"Du calme, ce genre de sas n'est conçu que pour les navettes. S'ils passent par là, ce sera par petite équipe et impossible d'y connecter un bras d'accès pour un vaisseau."

Son regard balaya l'espace autour d'elle. La rambarde métallique d'où elle avait sauté faisait tout le tour du hangar et en cours de route, un poste de contrôle en veille restait accessible. Miho tandis un doigt en direction de celui-ci.

"Depuis-là, je peux pirater la gestion de la pièce. On peut soit verrouiller le sas en déclenchant un système de sécurité, soit, si c'est l'option qui vous plait le mieux, et ce sera certainement le cas, on s'y isole, on laisse la première navette entrer, on les laisse progesser un peu, et on ouvre tout pour les projeter dans l'espace."

Pas sûr que le labo propriétaire de la station apprécie, ça risquait de leur faire perdre une partie de la marchandise. Mais ça ou laisser la zone à des esclavagistes, le calcul était vite fait.

" La mère est à bord de l'Erakis. Et vu sa prestation, mon équipage ne la laissera jamais sans surveillance. Il n'y a pas plus dangereux et imprévisible qu'une mère en panique. Son talent d'actrice s'est retourné contre elle."

Impossible cependant de faire part des détails à son vaisseau depuis ici. Mais elle ne doutait pas des compétences de son équipage, ça et le fait que le vaisseau était un poil chargé en personnel. Même si la mère essayait de tenter quoi que ce soit à l'encontre de la frégate, elle aurait beaucoup de peine à trouver suffisamment de calme et d'intimité pour ça. Et Mun avait refermé le sas quand il l'avait appelé. Si elle avait essayé de s'enfuir, cela aurait déclenché des alarmes jusque dans le cockpit. Enfin tout ça en partant du principe que la mère était le mal incarné. Chose dont Miho doutait tout de même. Elle devait tenir à son fils, du moins un minimum, sinon elle l'aurait conduit à Laquarius et pas à elle.

"Et après ça, on aura une petite conversation, si vous êtes capable de me regarder en face plus de quelques secondes."

Pour ce dernier détail, c'était loin d'être gagné. Prenant l'enfant par la main, elle l'entraîna avec elle jusqu'à des caisses montant à une hauteur suffisante pour elle. Le temps jouait contre eux, elle ne voulait pas en perdre en faisant le tour jusqu'aux escaliers les plus proches. Au lieu de ça, elle prit l'enfant et le souleva pour l'aider à monter les caisses. Après, il ne lui suffirait que d'un saut pour atteindre la passerelle à proximité du poste de contrôle. La distance n'était pas énorme et malgré la charge supplémentaire d'un enfant, elle n'aurait pas trop de mal à y accéder.
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Re: That time we met again

Message par Laquarius Nix » 19 Juin 2018, 23:38

La remarque de Miho ne me rassure qu’à moitié. Petite équipe ou pas, se retrouver pris dans une fusillade avec le gosse à côté de nous n’est pas une option, pas dans un espace aussi ouvert du moins. Je suis du regard la direction pointée par la Quarienne. Si elle peut gérer l’ouverture des portes depuis cette pièce, autant y aller tout de suite et réfléchir sur place. Au moins la bonne nouvelle vient du fait que l’équipage de l’Erakis va garder la mère du petit à l’oeil, je ne dis pas qu’elle va tenter quoi que ce soit ou même qu’elle soit assurément l’instigatrice de ce petit numéro, mais on n’est jamais trop prudent. Pour ce qui est d’avoir une conversation..

« On pourra négocier ça, j’imagine. Une fois que le petit sera en sécurité. »

En parlant du petit, je vois Miho le hisser au sommet d’une caisse dans le but de passer à nouveau sur la rambarde. Il ne s’agissait pas d’égaliser le record du monde de saut en longueur, mais il est évident que je suis plus à même de transporter l’enfant d’un côté à l’autre. Bien que ça ne plaise sans doute ni à l’un ni à l’autre, je passe devant Miho en escaladant une autre caisse et attrape Fabius par la taille pour m’élancer du rebord et atterrir tranquillement de l’autre côté à l’aide d’un petit coup de micro-propulseur. Je m’écarte ensuite du chemin et me retourne pour tendre une main à la pilote, tout en gardant accrochée à l’épaule de l’enfant, au cas où il lui prendrait l’envie de partir en courant. Miho saisi mon aide et je la tire à notre niveau. Nous partons ensuite tout trois vers le poste de contrôle.

En chemin, Fabius s’écarte pour se placer près de Miho, du côté que je ne partage pas. Une réaction logique vu la hantise que je semble lui inspirer. Enfin.. Je préfère réfléchir aux propositions faites par Miho toute à l’heure : verrouiller le tout semble être le choix le plus stable mais nous débarrasser d’une partie des esclavagistes nous enlève une sacré épine du pied. Ne sachant que choisir, j’essaye de réfléchir plus loin que le bout de mon nez, pour une fois. Faire aspirer le contenu du hangar par le vide interstellaire est, certes, impressionnant et efficace mais soulève aussi deux gros problèmes : une fois la manœuvre effectuée, il faudra attendre que la pression soit à nouveau assurée dans l’étage avant de sortir et qu’est-ce qu’on fait ensuite ? Nous n’aurons plus à nous soucier d’une partie des esclavagistes, disons la moitié au grand maximum, mais le reste connaîtra notre position.

« Combien de temps avant que le hangar soit de nouveau pressurisé si vous ouvrez le sas ? »

« Quelques minutes. »

Je reste pensif après cette réponse. Machinalement, ma bouche se tord pendant que j’essaye de compiler toutes les informations. Le laps de temps donné est long, trop long en fait. C’est largement suffisant pour que le reste de l’équipe se mette en position et nous attende juste à l’extérieur pour nous faire un beau comité d’accueil à la sortie. Un soupire m’échappe alors que nous arrivons devant la porte de la pièce convoitée. Miho l’ouvre directement et nous pénétrons dans le poste de contrôle. L’espace me fait penser à un bureau de taille moyenne, environ huit mètres carrés au sol, un grand panneau de commande aux multiples boutons dont la fonction me semble toujours plus obscure à mesure que mon regard en parcours la largeur. Et dire qu’il existe au moins une personne qui pourrait me citer ce que chacun de ces trucs fait, pas sûr que j’en retienne la moitié même si l’on me le répétait plusieurs fois. L’éclairage laisse un peu à désirer par contre, un des spots clignote inlassablement, me tapant sur le système par la même occasion. Il n’y a plus qu’à espérer que le petit n’est pas sujet aux crises d’épilepsies, ça serait la totale pour le coup. Le temps que j’observe la salle, Miho avait déjà commencé à pianoter sur son OmniTech, m’approchant dans son dos je lui présente le fruit de ma pensée :

« Je serai plutôt d’avis de verrouiller le sas. Autant forcer le vaisseau à chercher un autre endroit pour accoster et gagner du temps qu’indiquer où nous sommes et que nous y serons coincés pour un moment. Pour notre sortie, on peut toujours tenter de retourner là où était l’Erakis et je demande à ma pilote de nous y retrouver, c’est risqué niveau timing, d’autant plus si les esclavagistes décident d’en faire leur point de transition. Sinon, vous vous enfermez ici avec le petit et je pars jouer au chat et à la souris avec eux. J’attirerai l’attention sur moi le temps que vous trouviez une solution. »

En plus de gagner du temps pour Miho, j’espère en gagner pour mes alliés afin qu’ils me rejoignent, le patrouilleur de Jaipha offrira une échappatoire viable à tout le monde.
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Re: That time we meet again

Message par Miho'Shakti Vas Erakis » 20 Juin 2018, 21:57

Un regard incrédule accompagna sa première remarque. Parce qu'il croyait que c'était une négociation, sérieusement? Ou c'était juste pour faire dans l'effet de style? Peu importait, il serait toujours temps de remettre les points sir les "i" plus tard. Pour l'instant, le plus important était de mettre le gamin en sécurité, et ses sentiments personnels n'entraient pas en ligne de compte. Le passage de la rambarde se fait rapidement et avec efficacité. Miho n'envisagea même pas d'intervenir quand Laquarius récupéra l'enfant, pas plus qu'elle n'avait envie de faire sa gamine immature en dénigrant un coup de main pour passer à son tour. De l'autre côté, elle constata le déplacement de Fabius et, par réflexe peut-être, elle lui posa une main entre les omoplates, non pas pour le rassurer, mais pour l'empêcher de reculer. Affronter ses peurs faisait aussi parti du processus de maturité. Elle l'incita à passer devant alors qu'ils se dirigeaient rapidement vers le poste de contrôle. Son regard s'échappa un instant du côté du sas d'entrée, redoutant qu'ils ne prennent trop de retard, mais rien n'indiquait du mauvais de ce côté-là pour l'instant.

La perspective d'effectuer un nettoyage par le vide inspire nettement moins le turien qu'escompter. Cela ne signifiait qu'une chose, il avait des informations qu'elle ne possédait pas. Sans son équipage et ses hommes, Miho avançait à l'aveugle, et le peu de détails qu'il daignait bien lui lâcher au compte-goutte n'aidait en rien. Elle secoua la tête, navrée de constater que décidément, bosser en solo, même avec des collègues, restait une sale manie dont il avait de la peine à se départir. A peine dans le poste de contrôle, la quarienne se dirigea naturellement vers l'imposant terminal. Elle n'était pas assez expérimentée en la matière pour savoir à quoi tout pouvait servir, mais cela lui suffit bien pour sortir la machine de sa veille en pianotant sur quelques touches. Le système de sécurité isolerait tout le bloc si elle venait à fermer les sas en urgence. C'était donc là que ses compétences en piratage allaient servir. Elle alluma prestement son OmniTech et connecta l'ensemble Un programme lui permis d'infiltrer et déstructurer le système de sécurité gênant. Alors qu'elle écoutait d'une oreille paradoxalement attentive, ses mains naviguaient entre son OmniTech et le poste de contrôle.

Verrouiller le sas avant l'entrée des assaillants était effectivement l'option la plus sûre et la plus rapide. Ça n'écrémait cependant pas les rangs ennemis et limitait du coup leur champ de retraite ainsi que le temps qu'ils avaient à disposition. Enfin ça, c'était relatif. Il devait exister pas mal d'autres possibilités, surtout si il leur était possible de prendre le plein contrôle de la station. Hélas Miho n'avait aucun accès et pirater tout ça lui prendrait un temps qu'elle n'aurait pas si elle se retrouvait seule avec un enfant à protéger. Elle écarta cette idée. L'autre option était simplement de s'isoler et attendre les secours. L'information que l'Erakis avait reçu ne leur était pas destiné particulièrement. D'autres vaisseaux étaient au courant. La différence était que seuls eux étaient sur place assez tôt pour entamer une évacuation. Mais des vaisseaux armés de la SCTI étaient certainement en route. Si elle pouvait le vérifier avec une communication cryptée, il y aurait largement de quoi coordonnée une arrivée en masse et forcer les esclavagistes à battre en retraite. L'autre secours étant Altakiril. Les turiens ne laisseraient pas leurs infrastructures à la merci d'esclavagistes. Sitôt l'Erakis arrivé, des vaisseaux de la colonie seraient forcément envoyés. La fuite n'était pas leur seule option. C'était la plus rapide, mais pas la seule. Elle trouva enfin tout ce qu'elle cherchait.

"Commençons par verrouiller le sas alors."

Elle donna un petit coup ferme sur le bouton de secours. Une alarme désagréable aurait dû se faire entendre mais par soucis de discrétion. Miho avait pris soin de la déconnecter. Un système d'éclairage annonçant une alerte s'enclencha, baignant quelques secondes le hangar de lumières rouges vacillantes, avant qu'une épaisse porte blindée ne s'abatte isolant définitivement le sas. Ou du moins, l'isolant pour un bon nombre d'heures, à supposer que les esclavagistes aient un excellent hacker de leur côté. Mais même si c'était le cas, pas sûr qu'ils perdent du temps ici alors qu'ils avaient d'autres moyens d'accès.
Lentement, Miho se recula de quelques pas, OmniTech toujours allumé. Son affichage indiqua successivement les différentes parties de la station.

"Ce ne sont pas les possibilités qui manquent. Si on pouvait rejoindre le centre de sécurité de la station, il serait possible d'isoler et piéger les assaillants, voire même de les diriges jusqu'à des zones où il serait facile de les neutraliser."

Elle pointa successivement du doigt différents endroits. Un labo surplombé d'une pièce vitrée permettant l'observation, offrant un poste de tir privilégié pour descendre tout ce qui se trouvait en dessous, un autre laboratoire comprenant un espace de décontamination où enfermer des gens serait simple, tout en ayant un accès à la gestion de l'air pour les y étouffer, ou encore un dernier espace en fraîchement relié mais pas encore aménagé et pour cause, le système de liaison n'était pas complet et il était possible d'envoyer tout un bloc, avec ou sans personne à l'intérieur, au bons caprices de l'espace.

"Altakiril devrait aussi rapidement envoyer des renforts pour récupérer la station. Idem pour la SCTI. L'alerte concernant les esclavagistes a été diffusée sur l'entièreté de notre réseau et je serais surprise de ne pas voir débarquer quelques vaisseaux supplémentaires. Mais bon, tout cela implique que le chemin jusqu'au poste de sécurité soit accessible et qu'aucune fusillade n'ait été déclenchées à bord, et que nous ayons du temps devant nous."

Ce qui était moins sûr. Une bataille déjà lancée, c'était l'assurance que les esclavagistes allaient accélérer les choses et donc limiter d'autant plus leur timing.

"Vous pouvez toujours essayer d'y aller en solo, avec un peu de chance, ça vous offrira l'opportunité d'esquiver une conversation. Mais je pense que pour commencer, ce serait déjà bien de partager nos informations. Combien d'hommes avez-vous, et où se trouvent-ils dans l'immédiat? Ont-ils une possibilité de prendre le contrôle de la station où y a-t-il déjà eu contact? Si la seconde option est valable, quelle zone est concernée? Il reste encore deux autres vaisseaux du coup. Celui qui aurait pu entrer par ici, et celui qui va vite comprendre qu'il n'a pas le niveau pour pourchasser l'Erakis. Donc, deux autres accès vont être tentés. Probablement un à proximité de vos collègues s'ils savent où les trouver, et l'autre... Il y a trop de possibilités. Il nous faudrait un regard à l'extérieur."

Miho observa le plan. Ce n'était pas les points d'attaches potentiels qui manquaient. Il y avait bien entendu celui laissé vacant par l'Erakis, tout en haut, mais d'autres à mi-chemin pouvaient tout aussi bien les bloquer dans leur avancée. En tous les cas, elle ne voulait pas miser sur un jeu du chat et de la souris. Ils n'enverraient peut-être pas tous leurs effectifs restants à la poursuite d'un seul homme sans essayer de fouiller pour choper des civils. Après tout ils ignoraient si tous avaient eu le temps de fuir. S'ils se séparaient en divers groupes, Miho aurait autant de chance de se retrouver face à eux que Laquarius. A la différence près qu'elle aurait l'enfant avec elle. Pensive, la quarienne observa Fabius. était plus judicieux de l'emmener avec elle où d'essayer de le planquer quelque part? Genre un système d'aération, sous une plaque isolante parmi le câblage... La station était grande et la présence d'un enfant à bord n'était pas nécessairement connue. Ils cherchaient des scientifiques adultes après tout.
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Re: That time we meet again

Message par Laquarius Nix » 21 Juin 2018, 22:48

Les réflexions de Miho me font hausser une arcade. Pourquoi pas piéger les esclavagistes mais je vois mal comment les enfermer tous d’un coup dans un sas de décontamination ou une zone encore en travaux et une fois le premier activé, les survivants se méfieront trop pour tomber dans le suivant. Pour ce qu’il en est de la pièce d’observation..

« Je ne jouerai pas au tir au pigeon avec le môme dans les parages. Je n’ai pas d’atténuateur à lui prêter et je pense que nous sommes tout deux d’accord, et sa mère aussi j’imagine, sur le fait que le rendre sourd est à éviter. »

Le centre de sécurité est jouable même s’il sera une cible évidente pour les esclavagistes. Il n’y a plus qu’à espérer qu’ils n’aient pas eu accès à un plan de la station, chose que j’ai pu voir en revanche. Quelques heures auparavant, j’ai pu observer chaque étage de chaque partie de ce gros amas de petites stations. Creusant dans ma mémoire, je me souviens sans mal que le point de convergence des données est dans cette aile, logique puisque c’est la principale. Si je me rappelle bien, nous avons trois étages à remonter pour nous y trouver. En soit une formalité en temps normal, mais avec le gosse c’est une autre paire de manches. Je ne dis rien quand Miho me parle de forces extérieures en passe d’intervenir. Sa foi en son organisation est louable, mais j’espère sincèrement que nous en aurons fini d’ici là.

Puis vint le déluge. La pilote a mis du temps à commencer à parler mais j’ai l’impression qu’elle est désormais impossible à arrêter. Enchaînant question sur question, la Quarienne semble intarissable et je fini par m’adosser au mur en croisant les bras à ma ceinture pour me donner une contenance.

« Alors.. Je n’ai pas d’hommes, ce sont des coéquipiers, ils n’ont en aucun une obligation à suivre mes ordres. Ils sont au nombre de quatre et se trouvent, aux dernières nouvelles, dans l’aile résidence. Ils n’ont pas la possibilité de prendre la contrôle de la station en entier car le tout est supervisé depuis notre aile, si vous me laissez un peu de temps, je vous sors les plans que j’ai pu étudier tout à l’heure et vous comprendrez si je ne suis pas assez clair. Néanmoins, ils ont toujours la possibilité de prendre le contrôle de leur aile, du moins tant que leur prise ne se fait pas override par les commandes d’ici.
Niveau contact, oui il a eu lieu, ce qui réduit effectivement le nombre de vaisseaux esclavagistes à deux, comme vous l’avez pressenti. Je n’ai pas la précision d’où exactement mais mon équipe a pris les hostiles en embuscade dans la partie nuit. Ils utilisent un système de brouillage donc l’alerte n’a pas pu être donnée, ce qui repousse l’échéance. On peut donc fortement supposer que le vaisseau qui a tenté de suivre l’Erakis ira s’enquérir de l’état de ses collègues sur le terrain. Ce qui réduit ainsi l’effectif potentiel à un vaisseau face à nous.
Si vous voulez votre regard extérieur, il faudra aller le chercher au poste de sécurité. Ma pilote est compétente mais je ne lui demanderai pas de faire un tour d’horizon dans son patrouilleur. Surtout pas avec le risque de voir débarquer le dernier vaisseau à l’improviste. Si c’est pour un trajet court, par exemple pour nous rejoindre, pourquoi pas, mais ils prendront une navette dans ce cas. Ils peuvent toujours essayer de regarder du côté de leur propre poste de sécurité mais il aura bien moins d’accès que le nôtre d’après ce que j’ai pu comprendre. D’ailleurs.. »


M’interrompant, j’ouvre mon OmniTech pour projeter le plan de circulation d’information à nos pieds. Le schéma est on ne peut plus clair, le noyau central situé au dessus de nos têtes communique, par un bus maître/esclave, avec chaque centre des autres ailes qui eux-mêmes communiquent avec les dispositifs de leurs ailes par les mêmes bus. D’autres petits liens sont indiqués, comme par exemple celui entre la salle où nous sommes actuellement et le poste de sécurité.

« J’imagine que vous saisirez mieux que moi, même si cela me semble assez clair. »

Il n’y a pas un milliard de façons de prendre le contrôle complet : c’est monter de trois étages, un point c’est tout. Je suis prêt à prendre le risque, le problème étant que la personne avec les connaissances en informatique ici est Miho, d’autant qu’on doit aussi veiller sur le gosse. Pas question de le laisser sans surveillance dans un coin, même bien caché. Un petit crépitement dans mon oreille vient interrompre ma pensée :

« Laquarius ? On a fini ici. Situation de ton côté. »

Enclenchant mon propre micro, je réponds en fixant la Quarienne :

« Il y a eu un imprévu, un gosse n’est pas monté avec les autres. Je suis avec lui et la pilote. On a verrouillé le sas du hangar dans lequel on se trouve et on réfléchi au plan à suivre. »

J’interroge Miho du regard pour savoir si elle souhaite que je rajoute quelque chose, à mon sens ça ne valait pas la peine d’expliquer le pourquoi du comment et Jaipha n’en demande pas plus à ce sujet, elle connaît la situation, c’est ce qui importe.

« Bon, le premier vaisseau va revenir au bout d’un moment, sûrement sur nous. Ce que je propose.. »

« Attends, une seconde. »

Je coupe l’Asari pour la passer en haut-parleur.

« Vas-y, tu peux reprendre. »

« Hmm, j’imagine que je dois dire "Bonjour consœur". Bref, je propose de prendre le vaisseau laissé vacant, je ne dis pas que je pourrai participer à une course avec ce truc mais je devrai pouvoir le faire voler. Ça nous laissera le bénéfice du doute au moins le temps de venir vous récupérer. Ensuite on dégage histoire de mettre les civils en sécurité et on revient pour reprendre mon vaisseau. »
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