Pardon

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Modérateurs : Administration, MJ

Pardon

Message par Laquarius Nix » 05 Mars 2018, 09:07

• Date du RP : 9 août 2192
• Lieu du RP : Oméga
• Type de RP : Solo
• Personnage(s) participant(s) :Laquarius Nix




J’enfile mon manteau et attache ma Veuve Noire par dessus. Un dernier coup d’oeil dans la glace de ma chambre pour ajuster mon col et ma ceinture, ma nouvelle armure scintille presque encore. Je passe le doigt sur les micro-propulseurs du torse, un véritable bijou fruit de mon imagination, probablement trop coûteuse pour être exploitée à son plein potentiel cette protection est au moins la preuve que je sais faire autre chose que me battre. J’ironise en disant cela et, voyant que même l’ombre d’un sourire n’arrive pas à se dessiner sur mes lèvres, je sors de la pièce. Les escaliers de l’antre D’Elisabeth me semblent interminables, peut-être parce que je ne sais pas si je le reverrai. Une fois en bas, je me dirige vers la sortie sans regarder la femme, occupée comme à son habitude. Quand je pose la main sur la poignée, néanmoins, j’entends un datapad se poser derrière moi.

« Tu n’oublies rien ? »

Impassible, je pousse le battant.

« Je sors. »

La porte me semble peser une tonne. J’attends ce jour depuis si longtemps, pourtant, aujourd’hui, je voudrai ne jamais avoir eu ce message, ces informations que j’ai traquées toute ma vie.

« Reviens moi. »

Mon coeur se contracte brutalement en entendant ces deux misérables mots. Pourquoi je ne me sens pas bien ? Je pénètre dans la rue et respire une grande goulée de l’air pestiféré D’Oméga avant de m’engager sur le chemin du non-retour. Tout l’argent et le temps que j’ai investi dans la traque du commanditaire de l’assassinat de ma mère ont enfin payé. Ce matin, un de mes informateurs, enfin un informateur D’Elisabeth à la base, m’a contacté pour m’apprendre qu’il avait retrouvé la trace de mon Turien, m’expliquant que ce dernier avait ses habitudes dans un certain bordel. Je me dirige donc sur les lieux, un sac rempli d’explosifs artisanaux en bandoulière. Si je dois raser le bâtiment pour le tuer, alors ainsi soit-il. L’adresse n’est pas toute proche, mais je prends mon temps pour y aller. Mon paquetage me pesait quand j’étais dans ma chambre, mais à l’heure actuelle je ne le sens même pas. Dans ma tête passent en boucle des images de suppositions, les possibilités de torture que je ferai subir à ce type. L’informateur avait voulu me donner son nom, j’avais refusé, je ne veux pas le savoir, il ne doit pas avoir de nom, pas de lieu où il puisse être comméré, je veux rayer jusqu’à son existence même. De toute façon, je le ferai souffrir au point qu’il en oubliera son propre patronyme.

Après une bonne heure de trajet, j’arrive à destination, j’ai encore une poignée de dizaines de minutes d’avance sur ma cible. La maison close ne paye pas de mine, pas plus que le Butarien qui en tient la réception. Il me toise, méfiant de voir une nouvelle tête. Des bruits peu agréables à mon oreille émanent de toutes parts. J’en fais abstraction et m’avance au guichet en accorant un hochement de tête au type.

« T’es nouveau toi, non ? »

« Oui, un ami m’avait parlé de ton établissement. Sur le coup j’avais rigolé, mais là je reviens de.. ‘voyage’, tu vois ? Et comme j’avais gardé l’adresse je me suis dit que tu pourrais m’aider. »

Le Butarien a un rire guttural, je lui ai servi un classique pour le mettre en confiance et ça marche. Il porte ses doigts à sa bouche et émet un sifflement. Immédiatement, une Asari apparaît de derrière un rideau dans son dos.

« Moi je sais pas si je peux t’aider, mais elle.. Haha. »

Il la saisit par le bras et la bouscule pour qu’elle fasse le tour du comptoir, il projette même à moitié dans les escaliers avant de se tourner vers moi avec un air mielleux. Ses mains s’entre-caressent alors qu’il m’invite à passer un bon moment et à ‘ne pas me soucier des plaintes’ car L’Asari est encore en ‘formation’. Je réponds d’un hochement de tête froid et emboîte le pas de la jeune femme. Elle me guide dans les étages jusqu’à une porte au deuxième. Je sais que ma proie va toujours dans la chambre 5 au premier. Néanmoins je pénètre dans la pièce à la suite de ma prétendue compagne d’un instant. Une fois à l’intérieur, je l’invite à s’asseoir sur le lit. Par réflexe, elle s’y allonge dans une position évocatrice. Gêné, je me tourne en lui demandant de vraiment s’asseoir, dans le respect de la bienséance cette fois.

« Je ne viens pas pour toi, j’ai d’autres chats à fouetter. »

« Je crois que je ne comprends pas. »

Exaspéré, un soupire m’échappe, je n’ai pas envie de rentrer dans un débat avec elle.

« Si je te demande de rester dans cette chambre pour environ une demi heure, tu le fais ? »

« Moyennant finance oui. C’est le deal de toute manière. »

« D’accord. »

Je lui donne donc de l’argent avant de sortir pour me diriger vers la pièce habituelle de ma proie.
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Re: Pardon

Message par Laquarius Nix » 05 Mars 2018, 23:33

Discrètement, je sors dans le couloir. Pour minimiser le bruit que je produis, j’avance au fur et à mesure des mugissements qui résonnent autour de moi. Il me faut descendre un étage, j’ai hésité à passer par la fenêtre, mais le bon sens m’a indiqué que les escaliers sont nettement plus à l’abri des regards. Plus je fais de pas et plus je me dis que les gens sont bien trop occupés pour faire attention à moi. Arrivé dans l’escalier, je me retrouve face à un Krogan visiblement en route pour son affaire. Je baisse la tête pour ne pas croiser son regard et continue mon chemin doucement. Quand j’arrive à sa hauteur, la colosse m’envoie une tape dans l’épaule.

« Ben alors faut pas te cacher, on va pas te juger tu sais. Première fois ici je parie. »

Je feinte une grande gêne en esquivant ses yeux et en affichant un pâle sourire.

« Oui c’est ça. »

Une fois ma réponse donnée, je descend une marche de plus. Mais le Krogan n’en démord pas.

« Ils t’ont filé laquelle ? Parfois ils donnent le bas gamme aux nouveaux, comme vous pouvez pas comparer.. »

« Heu.. Je ne sais pas. »

Le voyant plisser les yeux, je me reprends en toussant un coup.

« C’est-à-dire qu’elle n’a pas vraiment pu se présenter. »

Le bestiau se détend et un petit rire guttural secoue sa gorge massive. Il pointe mon sac.

« Qu’est-ce que t’as là dedans ? »

Il entame un pas pour attraper la lanière sur mon torse. Réfléchissant à toute vitesse, j’évite sa main et m’empresse d’ajouter :

« C’est à nettoyer, vous voyez ? »

Hilare, le Krogan m’envoie une claque dans le dos qui me fait dévaler trois marches avant que je ne me rattrape.

« Hé chacun ses trucs mon pote. Je juge pas, je te jure. Mais pour un premier essai t’y vas fort. J’aime ça, faut leur montrer direct qui dirige, sinon elles se montent la tête. »

Je lui réponds d’un sourire contrit. Cet imbécile me fait perdre du temps. Finalement il se retourne après m’avoir salué. Je lui rends son au revoir et attends qu’il passe au palier suivant pour m’engager dans le couloir du premier étage. Avec précaution, je m’avance, vérifiant les numéros des chambres jusqu’à trouver la cinquième. Du son en sort. Un petit moment de panique s’empare de moi. Et si le Turien était déjà là ? Dans tous les cas l’heure tourne, je n’ai pas le temps de tergiverser. Je dégaine mon pistolet silencieux et ouvre la porte, vidant le chargeur dans le lit. Les deux corps n’ont pas le temps de réagir. Ils gisent inertes sur le matelas. Je me saisi du drap chiffonné au sol et le lance par dessus les cadavres. Deux Humains, rien qui ne m’intéresse.

Le temps presse, alors j’ouvre immédiatement mon sac pour en sortir les explosifs. J’en colle partout autour de la porte, sur le palier et au plafond au dessus de l’entrée. Le lit en reçoit aussi, en particulier dessous, j’en glisse même un sous le drap mortuaire, ces deux-là ne m’en voudront pas. Une fois mon sac vidé, je recharge mon pistolet et m’installe devant le battant, un genou à terre, près à m’élancer grâce à mes micropropulseurs. J’attends patiemment. Les minutes sont longues, très longues même. Tellement que j’en viens à douter de mes informations. Pour ajouter à cela, le matelas est trempé de sang au point qu’il en coule sur le lit et s’effondre, goutte à goutte sur le sol. Cependant, rien ne peux me distraire, je reste les yeux braqués sur la porte. Je ne m’autorise un battement de paupière qu’au moment où des ombres noires commencent à encercler mon champ de vision.

Finalement l’instant que j’attends tant arrive. La porte commence à bouger. Immédiatement, le petit bruit d’allumage des propulseurs de mon dos et la plante de mes pieds se fait entendre. La seconde d’après je suis dans le couloir. Le battant enfoncé d’un coup d’épaule se fracasse au sol. Je relève la tête pour le voir, celui que je traque, accompagné d’une Asari, une Humaine, un Krogan et un Butarien. Les deux premières sont clairement des marchandises du bordel tandis que les deux autres ne peuvent être que les gardes de corps censés éviter que ce genre de chose arrive. Par ce genre de chose j’entends moi. Le Krogan, qui était apparemment celui qui ouvrait la porte, reprend son équilibre en s’appuyant au mur. L’identifiant comme la menace la plus grande, je décide d’en finir avec lui sur le champ. D’une profonde extension, je propulse mon corps contre le sien pour le frapper au visage. À mi-chemin, mon bras reçoit un pic de vitesse quand le propulseur situé derrière mon coude s’active. Le coup touche et envoie la brute directement dans la chambre. Encore déséquilibré et probablement surpris par l’intensité de l’impact, mon adversaire n’arrive pas tenir debout. Moi, si. Le Butarien se lance sur moi, une lueur orangeâtre illuminant son bras. J’ai encore mon pistolet dans ma main gauche. Alors c’est avec un visage impassible que je me laisse éjecter en arrière par les propulseurs disposés sur mon torse. Non seulement j’évite le coup d’OmniLame mais en plus mon assaillant se trouve dans l’ouverture de feu la porte et j’ai un angle sur l’explosif que j’avais mis au sol. Sans hésité, je lève le bras et tire plusieurs balles dans le petit paquet. N’étant pas gaucher, les premiers tirs sont des échecs, ce qui laisse juste assez de temps à mes proies de réaliser ce qu’il va leur arriver.

Un flash de son et lumière m’emporte. Je n’ai que le temps de mettre mes bras devant mon visage que tout s’éteint autour de moi. Une bulle sombre et pourtant oppressante oculairement parlant m’englobe. Je me sens déplacé, jusqu’à percuter quelque chose. Mes poumons manquent un souffle tandis que mon dos m’envoie une immense décharge pour m’avertir que j’y suis peut-être allé un peu fort. J’essaye de me redresser, mais en suis incapable, je ne perçois rien, pas un son, pas une lumière. Pourtant je sais que ce n’est pas fini. Je pousse sur mes jambes mais rien ne se passe. Petit à petit, je me sens m’épuiser. Impossible d’en rester là. Je refuse. Je..
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Re: Pardon

Message par Laquarius Nix » 12 Mars 2018, 11:12

« Reviens moi. »

Ma poitrine se soulève en sursaut. Je m’étouffe à moitié en toussant. Mes articulations me font mal quand j’essaye de bouger, pourtant je dois le faire. Ma vision n’est pas encore nette mais je ne m’en soucie guère, c’est plutôt le sifflement dans mes oreilles qui m’inquiète. À tâtons, je cherche mon pistolet, il est tombé non loin de moi. Toujours assis adossé au mur, je recharge mon arme à l’aveugle. Mon souffle est saccadé et mes mains tremblent, me forçant à m’y prendre à trois fois avant de réussir à insérer la cartouche dans la chambre. Peu à peu, alors que je me débats avec l’arme, des formes plus précises, ou plutôt moins floues, se dessinent devant moi. Une fois paré, je prends une profonde inspiration et plisse les yeux pour constater l’ampleur des dégâts. Le couloir est éventré au niveau de la chambre piégée. Je ne distingue pas le corps du Butarien mais des traces explicites sur le mur en face de l’ex-ouverture me laissent penser que je ne le distinguerai jamais. De la fumée à envahi le bâtiment à cause d’un départ de feu dans la pièce, les flammes lèchent les bords du mur explosé, tentant de pénétrer dans le corridor. Plus loin, de l’autre côté du trou, j’aperçois un corps au sol, L’Humaine qui accompagnait ma proie ne s’en est pas sorti. Au fond de moi, j’émets la supposition que L’Asari s’est défendue à l’aide de sa biotique et que ma cible s’est servie d’elle comme bouclier, ou du cadavre. Je ne me relève pas tout de suite, à la place je bascule à quatre pattes pour progresser sous la fumée jusqu’au bord du trou. Des débris enflammés sont tombés au rez-de-chaussé, j’imagine que le propriétaire doit être quelque part en train de s’armer ou bien d’appeler du renfort.

Je jette un regard de l’autre côté du couloir, en direction des escaliers et je le vois. Ma proie est là-bas, en train de se relever, aidée par L’Asari. Un tourbillon de sentiment monte en moi. Cette traînée l’aide, elle lui prête ses bras pour le remettre debout. Presque inconsciemment, mes mains range mon pistolet à ma ceinture et passe dans mon dos, la gauche attrape mon couteau, la droite saisi la crosse de ma Veuve Noire. Immédiatement, je cale la lame entre mes dents et me mets en joue. Je vais apprendre à cette sale prostituée à rester à sa place. Le coup part. La fumée s’enroule autour du projectile pour lui laisser place. Il n’y a pas de seconde chance. La bleutée se fait exploser le crâne sur la paroi. Une rage viscérale m’emporte. Je range mon arme tout en m’élançant, micro-propulseurs à l’appui, sur ma cible. Après le coup, ce lâche se jette dans l’escalier. Mon poing gauche, vivifié par le même mécanisme que précédemment, s’écrase sur le mur, à l’endroit où se trouvait la poitrine du Turien. Le matériau se fissure sous l’impact et je ressens une vive pointe de douleur dans les phalanges. Bestial, je tourne immédiatement la tête vers les marches, un goût de sang dans la bouche. Je fais passer mon couteau de mes dents à ma main droite et cours dans l’escalier.

Arrivé en bas, je repère le Butarien fermer en vitesse la porte de son arrière-boutique. Je glisse par dessus son comptoir pour atterrir à un mètre de lui.

« Fumier.. »

Il dégaine une arme de poing. Trop tard. Je lui saute dessus, ma lame épouse parfaitement le contour de sa gorge, ne laissant qu’une traînée de sang derrière elle. Son sort m’importe peu. Le temps qu’il tombe au sol, je suis déjà à la porte qu’il vient de quitter. Je l’ouvre à la volée et pénètre dans une pièce obscure. Une odeur nauséabonde m’emplit les narines. Des objets tous plus dérangeants les uns que les autres m’entourent et parmi eux se cachent ma cible. J’en suis sûr, je peux ressentir sa peur. Mes yeux balayent chaque recoin, les pupilles dilatées au maximum. Je fais volte-face à chaque petit bruit, mon couteau dans la main gauche, mon pistolet dans la main droite. Je ne suis plus moi. Je suis juste un tueur et aujourd’hui tout s’achève. Un grondement tambourine dans ma gorge.

« Sors de là ! Tu ne fais que rendre les choses plus compliquées pour toi. »

Soudain un tir fait voler mes boucliers en éclat. Je riposte dans l’instant avant de me jeter à couvert. On va bien s’amuser.
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Re: Pardon

Message par Laquarius Nix » 16 Mars 2018, 16:11

Le tir venait de derrière mon dos. Je me glisse en conséquence derrière une grande étagère qui monte presque jusqu’au plafond, deux mètre quatre-vingt plus haut. Patiemment, j’attends que mes boucliers se rechargent. Malgré son imprudence à tirer, je ne sais toujours pas où est le Turien. J’ai bien une vague idée à cause de la disposition de la pièce. Un empilement de mobilier et les caisses à côté peuvent faire office de couverture. C’est donc là-bas que je dirige mon attention, guettant le moindre mouvement au travers de la faible luminosité. Il ne bougera pas et je ne peux pas sortir au hasard. Je jette un coup d’oeil à mes batteries avant de regarder ce que j’ai à ma disposition autour de moi. Évidemment, on est loin de l’attirail militaire rêvé pour une telle situation. Néanmoins, je repère une barre munie d’attaches aux extrémités. Elle est en face de moi à seulement une longueur de bras. Doucement, je me redresse pour la saisir sans bruit. C’est sans compter sur le bazar ambulant. Quand je tire sur la barre, j’emporte avec un carton qui s’écrase au sol. Immédiatement, j’entends un frottement dans mon dos. En réaction, j’envoie un coup de pied contre mon ancienne couverture derrière moi. Le micropropulseur au niveau de mon genou s’active pour accentuer la frappe. Un peu trop bien en fait. Au lieu de renverser le meuble, c’est la deuxième étagère en partant du bas qui éclate sous l’impulsion déversant son contenu sur celle d’en dessous qui elle-même cède sous le poids nouveau. Je vais d’imprévu en imprévu et je ne peux que regarder les différentes secousses qui remuent les pieds du mobilier. L’ensemble va céder. Visiblement le remue-ménage a le même effet sur mon adversaire, je ne le distingue toujours pas, mais je suppose qu’il est, comme moi, dubitatif quant à la marche à suivre vis-à-vis du mastodonte tanguant. Je me reprends et profite de la micro trêve pour agir.

Lâchant la barre, j’appose mes paumes sur les bords de l’étagère et active les micropulseurs contenus dedans. Normalement, ceux-ci me servent à me réceptionner mais je vais faire une exception. Le petit vrombissement se fait entendre et pousse sèchement le meuble, laissant deux traces de brûlure sur le métal. Dans un vacarme assourdissant, l’étagère s’effondre en direction de mon ennemi et à en juger par le son étouffé derrière, il est pour le moment dessous. Je dois vite décider, droite ou gauche. Ça sera la gauche. J’attrape la barre au sol et glisse de ce côté du meuble qui semble tomber au ralentit dans un même temps. En face, j’aperçois mon adversaire. Ma rage remonte et je me projette en avant, tenant ma lance improvisée devant moi. Les micropropulseurs de mon dos et sous mes pieds s’activent, me transformant en véritable missile. Le Turien est coincé, il essaye de se contorsionner pour éviter l’impact mais n’y arrive pas, bloqué entre l’étagère et moi.

Sauf qu’au moment du choc, il est sauvé par l’attache au bout de la barre. Plutôt que de l’embrocher purement et simplement, l’espèce de cercle métallique ripe sur son ventre. La violence du choc le fait basculer mais ça n’est tout de même pas l’effet escompté. Pour ma part, je fini ma course dans le mur d’en face, les micropropulseurs de mes paumes m’ayant ralenti. Je me cogne tout de même assez sèchement et il me faut un instant pour savoir où je suis. En me relevant, je constate l’ampleur des dégâts. La pièce est ravagée. Tout est au sol. Mais tant pis. Un gémissement se fait entendre et résonne dans mon crâne. Il vient de sous l’étagère. Je me penche et ramasse ma lance, un pointe de colère dans la gorge. Posant le canon de mon pistolet dessus, je fais sauter l’attache. Il ne me reste plus qu’une chose à faire. Je saute, élancé artificiellement, et, une fois au point culminant de ma trajectoire, je lève les bras, la partie amputée de la barre vers le bas. Le propulseur au dessus de ma nuque s’active, me projetant au sol. Mon arme improvisée s’enfonce, aidée de tout mon poids, mes muscles, mes propulseurs et mes oreilles se délectent d’un sublime cri tandis que mes yeux sont aspergés d’éclaboussures bleue. C’est maintenant que j’entre en scène.
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Re: Pardon

Message par Laquarius Nix » 19 Mars 2018, 11:05

À bout de souffle, étonnamment, je tombe à genoux, un sourire sur mes lèvres. Sous les décombres, j’entends le Turien suffoquer, râler, gémir. Je regarde mes mains, presque encore immaculées malgré tout. Des gouttes bleues perlent devant mes yeux. D’un geste tremblant, je les balaye, ou plutôt je les étale sur mon front et ma paume. Petit à petit, l’adrénaline redescend. J’inspire un bon coup et me lève. Mes jambes flageolent un temps avant de se stabiliser. J’enjambe l’étagère tombée pour chercher à voir vraiment ma proie. En me repérant par rapport à la barre plantée dans le sol, j’écarte des objets de formes diverse pour le dévoiler. Il n’est pas beau à voir, coincé sous le meuble, le flanc transpercé, son bras gauche formant un angle impossible. Je m’accroupie près de lui et attends qu’il tourne la tête vers moi. Sa respiration est saccadée, il lutte pour trouver de l’air. Pourtant je ne m’en réjouis pas. La situation est juste.. étrange, je pensais exulter d’avoir ce type à ma merci mais ça n’est pas le cas.

« Mais t’es qui.. ? »

Ma mâchoire se serre alors que ces quelques mots me sortent de ma rêverie. Comment ose-t-il ? Après toutes ces années, il ose me provoquer.

« Tu as fait tuer ma mère. Aujourd’hui, je t’apporte justice, ma justice. »

Un sorte de ricanement se forme dans sa gorge et se mue en reflux de sang qu’il éjecte tant bien que mal de sa bouche.

« Ça m’avance pas à savoir qui t’es. »

Une profonde haine s’éveille en moi. J’enrage, me lève, attrape tout ce qui me passe sous la main et l’envoie valdinguer à l’autre bout de la pièce. Ce faisant, je dégage encore plus l’espace autour du Turien et trouve son arme, un Dertatis. Il a fait feu une fois, il reste donc sept coups dedans. Je ramasse l’arme lentement.

« Toi par contre tu sais pas à qui tu as à faire. »

Mon regard est pointé sur le pistolet. Je suis incapable de cligner des yeux. Mon coeur ne cesse de battre plus vite, j’ai l’impression qu’il ne stabilisera pas, qu’il frappera toujours plus fort jusqu’à exploser. Tous mes muscles sont tendus à leurs extrêmes. Inconsciemment, mon bras se tend en direction du Turien.

« Personne. Tu n’es personne. Tu ne mérite même pas un nom. »

Je tire un première fois dans son flanc. Une deuxième et une troisième fois dans son genoux droit. Deux autres balles dans son autre genoux et une dans son coude droit. Je veux qu'il sache ce que ça fait de se faire perforer la peau à répétition.

« Alors.. ? C'est comment ? »

Chaque fois que mon doigt pressait le détente, un cri émanait de son corps convulsant. Il est de plus en plus faible. La douleur se lit sur son visage et semble insoutenable. Le mien est impassible. Je n’ai plus d’émotions, elles se sont envolées avec les tirs.

« Tue.. moi.. »

Il arrive à peine à articuler ces derniers mots. Lentement, je monte le canon vers sa tête. Mon regard braqué dans le sien. Les muscles de sa bouche n’arrivent même plus à la maintenir fermée. Je le fixe un instant puis tire.

« Fini.. moi.. »

Je lâche l’arme après en avoir fait sauter la cartouche vide et lance cette dernière dans le trou à côté du crâne du Turien.

« Fais le toi-même. »

Je tourne les talons en laissant tomber une cartouche thermique au pied de l’arme vide.
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Re: Pardon

Message par Laquarius Nix » 10 Avril 2018, 23:16

« Pi.. tié.. »

Non, c’est trop tard. Sa demande a 21 ans de retard, il y a bien longtemps que je n’ai plus de pitié. Je ne me retourne pas et poursuis ma route, enjambant le capharnaüm que j’ai pu produire. Arrivé à la porte, le battant me résiste un peu avant de s’ouvrir sur un lourd nuage de fumé. J’inhale une grande bouffée noire à ma surprise et tousse en mettant ma main devant ma bouche et mon nez. Le bâtiment est en train de devenir une véritable fournaise. Je me presse donc vers la sortie, les yeux piquants et la gorge sèche. Le crépitement des flammes est omniprésent et je suis soulagé quand je m’extirpe enfin de là pour respirer de l’air frais. Je ralenti sur quelques pas avant de m’arrêter en posant mes mains sur mes cuisses. Il me faut un instant avant d’arriver à humecter à nouveau gorge. Quand je relève la tête c’est pour constater une rue déserte, les gens ont fui cette source de problème, comme à leur habitude. Sauf que mon ouïe ne coïncide pas avec ma vue. Outre le bâtiment grinçant derrière moi, des voix s’élèvent à ma droite, vers une ruelle à moitié cachée par la fumée. En prêtant attention, je reconnais le Krogan que j’avais croisé tout à l’heure, mais il n’est pas seul, un autre timbre se fait entendre, plus aigu, désespéré, en fait il s’agit plutôt d’un cri que d’une voix.

« .. ois aller ? J’ai payé. Toi c’est par là princesse. »

La détresse de la réponse est flagrante. Elle balaye le nuage qui nous sépare, sillonne la rue à la recherche d’un sauveteur. J’hésite un instant. Puis je détends mes muscles. Non, ça ne me regarde pas, j’ai assez fait de grabuge pour l’heure à venir. D’autant que j’ai encore des affaires à finir. J’inspire, ferme les yeux et entame un pas droit devant moi.

« Monsieur Nix. »

D’un bloc, je me retourne dans une position de combat. La voix venait de ma gauche, elle était calme et pacifique. À l’image du vieil homme aux cheveux grisonnant assis adossé à un mur, une cigarette à la main. Sa peau sombre est clairsemée de petites tâches plus noires encore que le fond. Il est vêtu d’un ensemble noir avec une pointe de blanc au niveau du col. Un choix vestimentaire étrange mais qui semble accentuer l’aura que dégage cet Humain. C’est comme si un halo de compassion, de peine et de paix à la fois l’entourait. Je le regarde sans rien dire, sur la défensive tout de même.

« Je viens souvent ici. Non pas pour assouvir quelques pulsions animales, non. Je viens pour emporter les corps des jeunes demoiselles qui ont réussi à trouver un moyen de se soustraire définitivement à cette vie. »

Je ne suis pas sûr de le suivre et, doucement, je commence à me décaler dans la direction que je prenais il y a quelques secondes, sans pour autant le lâcher du regard.

« Je m’assure qu’elles finissent dans une dignité qu’elles n’ont malheureusement pas connues de leur vivant. Il est pêché de s’ôter ainsi le souffle qu’Il nous a accordé, mais dans leurs cas, j’ose songer que ce ne sont pas vraiment elles qui tiennent la lame qui tranche leurs gorges. »

Les cris sont toujours là derrière moi, quoiqu’un peu étouffé désormais.

« La dernière était il y a trois jours. Elle s’appelait Lena, elle a réussi à se pendre à sa fenêtre. Bien qu’elle n’ait pas les même croyance que nous autres Humains, je crois que Sa clémence saura lui apporter la fin qui lui avait été promis par son peuple. »

Je secoue légèrement la tête, je ne sais même pas pourquoi je l’écoute. Pourtant je reste là, je n’avance qu’à petits, très petits pas. L’homme le voit, mais il n’en fait rien, il me laisse aller, fumant sa cigarette et parlant comme s’il était impératif que j’entende ce qu’il avait à dire, tout en donnant l’impression qu’il aurait tenu son discours peu importe qui passait par là. Soudain, un cri guttural gronde dans mon dos.

« Qu’est-ce que tu fous là ? »

C’est le Krogan, je ne comprends pas, m’arrête et écoute. Des bruits de lutte me parviennent. Quelqu’un s’est interposé. Je réfléchis à toute vitesse. Cette personne n’a aucune chance contre un bestiau pareil. Mes yeux me trahissent en grandissant.

« Monsieur Nix. »

Mon regard se braque à nouveau sur le vieil homme.

« Le Seigneur garde tous ceux qu’il aime auprès de lui. »

Je marque une pause pour analyser ce qu’il vient d’annoncer. Perplexe, je détaille ce bonhomme.

« Vous n’avez pas l’air d’un seigneur à mes yeux. »

Il sourit tendrement.

« C’est parce que je n’en suis pas un, monsieur Nix. Vous et moi ne sommes que des instruments. Mais vous devez savoir qu’Il n’est pas qu’amour. Quand il s’agit des Cruels... Il les détruit. »

Je tourne les talons, impassible.

« Je n’en doute pas une seconde. »

À grandes foulées, je m’élance vers la ruelle. Je déboule sur une scène de combat relativement intense. Un gosse, à en juger par sa taille, fait face au Krogan, un bâton dans chaque main. Il n’y a pas à dire, il a beaucoup de courage sauf que cela suffit rarement. La bête enragée propulse ses poings à la figure de son adversaire, si l’un d’entre eux venait à toucher, il arracherait probablement la tête de sa cible d’un coup. Mais le petit tient bon, il évite les attaques avec une relative aisance. Je doute cependant qu’il puisse tenir le rythme longtemps.
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Re: Pardon

Message par Laquarius Nix » 13 Avril 2018, 10:11

Je ne peux pas me permettre de perdre du temps à réfléchir sur la meilleure marche à suivre. Mes armes à feu sont toutes rangées et mon couteau n’est pas fait pour se genre de combat. Je m’élance donc, dans l’angle mort du Krogan, à mains nues. Un premier coup porte sur sa joue au moment où j’entre dans son champ de vision. Immédiatement un deuxième le frappe au menton, puis un troisième de nouveau sur le côté. Je continue d’enchaîner mais mon poing gauche se fait stopper, saisi par mon adversaire. Sa poigne solide me broie les phalanges. Heureusement, le gosse aux bâtons intervient et projette une de ses armes sur la face du Krogan. La barre métallique me siffle à côté de l’oreille droite et vient percuter la mâchoire de ma cible. Déstabilisé, je sens que sa prise sur moi se détend, j’en profite pour me libérer et m’écarte en entendant un bruit de course derrière moi. Le gamin n’en a pas fini et saute littéralement sur le Krogan pour lui fracasser le visage d’un large coup. Une gerbe de sens et des morceaux de dents s’échappent de sa bouche tandis qu’il fait un pas de côté pour ne pas perdre complètement l’équilibre. Le petit profite de son élan pour rouler au sol et ramasser son arme précédemment lancée. Si j’avais eu du temps devant moi, je me serais écarté pour le voir combattre encore un peu plus. Malgré sa silhouette fine, voire maigrelette, cet étrange personnage avec son chapeau bizarre et sa cagoule d’un autre âge est en mesure de tenir tête à un Krogan au corps-à-corps. J’en serais presque impressionné si je n’avais pas autre chose en tête. Profitant du moment de flottement, je dégaine mon pistolet silencieux et le braque sur la tête de mon adversaire déstabilisé.

« Non ! »

Le cri est humain, il vient de mon allié de l’instant. Il se jette sur moi, bâtons levés. Dans sa course, son manteau s’ouvre, laissant entrevoir un pistolet à sa ceinture, un Prédator. Je comprends aisément son intention et lui laisse croire qu’il a le dessus. Ses bras s’abattent sur le mien, ou plutôt sur mon arme. Le coup est violent et résonne le long de mes os jusqu’à mon épaule, j’en lâche mon pistolet, mais je n’en fais rien. Pendant qu’il était trop occupé à regarder ma main droite, le gosse n’a pas senti ma main gauche saisir l’arme à sa propre ceinture. Il s’arrête d’un coup . Presque aussi brutalement que le claquement qui fait vibrer la ruelle quand j’appuie sur la détente. La balle fait exploser l’oeil gauche du Krogan, il s’effondre sur l’impact. Sans plus attendre, je lâche l’arme pour libérer ma main et attrape le petit humain par le col avant qu’il ne se retourne. Il essaye de m’asséner un coup de bâton, mais je lui attrape le bras de ma main libre. Heureusement d’ailleurs. Un crépitement étrange me parvient et un petit arc bleu parcourt l’arme. Je plisse les yeux alors que je lui tords le coude derrière le dos : de l’électricité. Un mélange de fascination et d’agacement s’élève. Comment un gosse équipé de la sorte peut-il flancher devant le fait de tuer une cible ? Je le soulève sans ménagement, évitant les battements de son bras gauche, et le place face à L’Asari écroulée en sanglots par terre. L’état de ses vêtements laisse peu de doute quant à la scène sur laquelle le petit à débarqué.

« Regarde ! »

Voyant qu’il préfère baisser la tête, je tire sur son bras. Il se redresse de douleur, les pieds à quelques centimètres du sol.

« Vois ! Vois ce qu’il a fait ! Ne détourne pas les yeux et ose me dire qu’il fallait le laisser en vie ! »

Le petit corps est secoué de tremblements. J’y vais fort, peut être, mais ce soir j’ai un peu perdu la notion de limite.

« Monsieur Nix. »

La voix dans mon dos me surprend. Je lâche le gosse avec l’intention de me saisir d’un des pistolets par terre derrière moi.

« Père ! »

À peine les pieds au sol, le gosse me contourne et se précipite sur le vieil homme pour se cacher derrière lui.
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Re: Pardon

Message par Laquarius Nix » 23 Avril 2018, 14:57

Perplexe, j’observe la scène qui se déroule sous mes yeux. Le vieillard a lâché sa cigarette, probablement le mégot qui gît à ses pieds, et reste stoïque tandis que le petit se fond dans son dos. Sans un mot, je m’avance dans sa direction et ramasse mon pistolet. Je me redresse et époussette l’arme avec nonchalance avant de la ranger. L’homme est toujours là, immobile à me regarder. Il reste impassible mais j’ai le sentiment de distinguer une forme de satisfaction qui émane de lui.

« C’est votre fils ? »

Il secoue doucement la tête avec un petit sourire.

« Je n’ai pas d’enfant, Monsieur Nix. Néanmoins, je suis père de qui le veut bien. »

Ses réponses sont aussi évasives qu’incompréhensibles, mais ce qui me tracasse le plus c’est ce ‘Monsieur Nix’ qu’il s’entête à répéter.

« D’où connaissez-vous mon nom et qui êtes-vous ? Je ne me souviens pas vous avoir rencontré. »

« On m’appelle Père Zachary, je vis sur la même station que vous, mais pas dans le même monde. Je me consacre à Ceux-D’En-Bas, j’essaye d’aider en apportant un soutien morale, à défaut de ne pouvoir leur apporter plus. »

Mon intérêt pour ses paroles venait de croître, Ceux-D’En-Bas, c’est un nom que l’on entend parfois si l’on y prête suffisamment attention. Un groupe de reclus, certains les chassent pour s’amuser, d’autres ignorent même jusqu’à leur existence et beaucoup préfèrent fermer les yeux sur la question, tâchant d’oublier ce qui ne les concerne pas. Je fais parti de cette catégorie. On les dit inoffensifs, ils se terrent dans les recoins de la station avec pour seul but de survivre. Ces gens sont presque considérés comme des pestiférés, des échecs à éviter sous peine de les rejoindre. Pour la plupart, ils n’ont pas choisi d’atterrir sur Oméga, mais surtout, pour tous, ils ne pourront pas quitter la station, faute de moyen. Je ne comprends donc pas pourquoi quelqu’un irait volontairement s’enticher d’un tel fardeau.

« Cette vie a tout de même quelques avantages, on entend beaucoup de choses. Plus particulièrement lors de l’assaut de Cerberus. Nous n’avons pas pu fuir, mais nous avons pu nous cacher pour la plupart, comme nous savons le faire d’habitude. Les murs ont des oreilles, Monsieur Nix. Je ne connais pas tous les détails, mais j’ai au moins la majeure partie de l’histoire. En particulier, je sais que vous et une équipe d’étrangers êtes intervenus et avez mis un terme à l’attaque. Comment, je n’en sais rien et ne veux probablement pas le savoir, mais c’est de là que votre nom est apparu à mon attention. Je l’avais entendu auparavant, sauf qu’il était noyé dans la masse, inintéressant pour ainsi dire. »

Je reste impassible en entendant son discours, il ne m’apporte pas grand-chose au final. Certes j’ai la réponse à ma question mais je ne sais toujours pas pourquoi il est venu à ma rencontre.

« Pourquoi avez-vous fait ça ? »

Mon ton est glacial et je porte un regard inquisiteur L’Humain.

« La guerre.. ça change un homme. J’ai vu des choses qu’un être vivant ne devrait pas avoir à supporter. Quand ça s’est fini, j’ai su que je devais changer. J’ai chercher la voie et Il m’a répondu. J’ai changé mon arme contre Ses paroles et je suis venu ici pour apporter mon aide.. »

Je lève le bras pour l’interrompre.

« Ce n’est pas ma question. Pourquoi m’avez-vous interpellé tout à l’heure ? »

Il sourit.

« Quand j’ai vu cet énergumène sortir de la fournaise avec cette pauvre enfant, j’ai su que le petit allait intervenir. Il ne fait pas encore le poids, donc, comme je savais que vous étiez dans le bâtiment, je me suis assuré que vous alliez lui prêter main forte. »

« Qu’est-ce qui vous a fait croire que j’allai m’en mêler ? »

« Ce n’est pas à l’instant même où la paix est revenue que j’ai changé, Monsieur Nix. Même si votre guerre n’est pas finie, elle vous a déjà affecté. »

Un rictus barre mon visage sur ses mots et je sors de la ruelle sans rien ajouter, j’ai mieux à faire que l’écouter.

« Monsieur Nix ! Je me suis assez intéressé à vous pour savoir ce que vous allez faire. Cette voie est sûrement la seule que vous puissiez voir, mais vous devez comprendre qu’il ne s’agit pas d’un cul-de-sac. »

Je ne me retourne même pas, sa voix se perd dans mon dos tandis que mes pas claquent le sol alors que j’accentue la cadence.
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Re: Pardon

Message par Laquarius Nix » 09 Mai 2018, 00:49

La route me paraît interminable. Pourtant ça ne fait guère plus de dix minutes que je marche, mais chaque pas semble s’alourdir. J’ai du mal à avancer. Impossible de dire si ce sont mes jambes qui me font défaut ou bien ce poids qui écrase mes épaules. À la réflexion faite, c’est plutôt ce satané col trop serré qui m’empêche de respirer. Cette pensée me traverse à peine que mes doigts se glissent instinctivement dans l’interstice de mon armure pour tirer dessus et puis cette douleur dans mon dos, je ne me suis pas raté avec cette explosion tout à l’heure. C’était spectaculaire, oui, mais incroyablement risqué, pour pas grand-chose surtout. Le plaisir d’utiliser ses jouets, j’imagine. Un soupire glisse à travers mes lèvres. C’est bien la peine de se voiler la face quand on sait nous même que nous nous cherchons une excuse. Mon dos est oublié depuis longtemps, il ne m’a pas gêné pendant ma petite altercation. Tout comme ma protection me va comme un gant puisqu’elle est faite sur mesure. La seule chose qui m’empêche d’avancer c’est l’envie. À moins que ce ne soit la peur de ce que je trouverai. Non, pas de ce que je trouverai, ça je ne le sais que trop bien, mais plutôt de ce que je ferai.

Une demi heure et deux pauses plus tard, j’arrive enfin, non pas devant le bar D’Elisabeth, mais face à la porte d’un bureau. Le garde à l’entrée du bâtiment a eu beau montrer les crocs, me voilà. Le pauvre a jugé bon de rire quand je lui ai annoncé que je tenais à entrer, interdiction ou pas. En temps normal j’aurai pris le temps de l’achever, mais là je l’avais laissé en plan. Un corps inconscient à la main droite percée et au visage barré d’une unique griffe remontant du coin de ses lèvres à son œil désormais aveugle. Cet incident fut le premier et visiblement le dernier puisque la monté des deux étages qui a suivi s’est déroulée dans un calme olympien. Bonne ou mauvaise nouvelle, je n’en sais rien. Mais cette pensée est loin derrière moi depuis la seconde où mes yeux se sont posés sur cette porte. En fait, tout est loin derrière moi. Il ne me reste que ce poids qui presse mes épaules. Celui-là même qui me plaquait au sol quand je marchais tout à l’heure. Je connais cette sensation. Enfin je crois la connaître. Rien ne me paraît plus évident. C’est presque comme si j’en venais à douter de comment me servir de mes armes. Plus précisément, je doute d’à peu près tout. La seule chose dont je suis sûr c’est que je connais cet endroit, ces murs, cette porte, ces odeurs. Mais pourquoi je me sens oppressé, mon nez agressé par des senteurs abjectes ? Pourquoi des ombres malsaines dansent autour de moi ? Je veux partir, m’enfuir. Il y a quelque chose ici que je ne veux pas affronter. Pourtant j’ai besoin d’aller vers cette porte. C’est même plus qu’un besoin, c’est un devoir. Il faut que je passe ce seuil. C’est plus important que tout. Ensuite ? Advienne que pourra. Je n’ai pas le choix.

Ma respiration se saccade. Un Turien se tient en face de moi. Il est vieux, je le connais. C’est mon père. Tout me revient de plein fouet. Ce pourquoi je suis là. Toute cette rancoeur, la trahison, la vengeance. Je dois en avoir le coeur net. Il lève la tête et n’arrive visiblement pas à cacher sa surprise.

« Laquarius.. ? C’est bien toi ? »

« Oui. »

L’ombre d’un sourire semble se glisser sur ses lèvres avant que son visage ne s’assombrisse brutalement.

« Que fais-tu là ? Je croyais ne jamais te revoir. »

Le sang sur mon armure n’est probablement pas passé inaperçu. Il est aussi au courant de mes activités, alors je préfère mettre les choses au clair.

« C’est purement personnel. »

Un silence s’installe. Intérieurement, une rage profondément ancrée dans mes entrailles commence à remuer.

« Je l’ai fait. Tu n’as pas pu m’en empêcher. »

Je serre les poings.

« Tu n’aurais pas dû m’en empêcher. »

Les petits remous se muent peu à peu en grognements.

« Tu aurais dû m’aider. »

Ma voix vacille légèrement. Je me contiens au prix d’un effort herculéen, mais c’est trop tard, de véritables rugissement résonnent en moi.

« Tu n’as rien fait ! Pire encore ! Tu as essayé de me détourné de cette voie ! »

Le ton de mon père s’accorde au mien.

« Et quelle voie ?! Une vengeance futile ! »

C’est le mot de trop. Je vois rouge. Le monde entier s’embrase autour de moi. Sans même réfléchir, j’attrape le bureau derrière lequel il est assis et lui lance dessus. Le meuble bascule et s’écrase sur mon père. Entraîné par la vitesse et le poids de l’objet, sa chaise se renverse.

« J’AI APPORTÉ LA JUSTICE. »

Au sol, mon père n’en démord pas pour autant.

« Tu as ajouté un cadavre de plus, tu ne l'as pas faite revenir comme ça et tu t’en rends compte maintenant. Voilà pourquoi tu te mets dans cet état. »

Il me toise presque.

« Qu’est-ce que tu viens faire ici ? C’est ma seule question. Nous aurions pu être heureux à deux, reconstruire ce que nous avons perdu. Tu as refusé tout cela, alors que cherches-tu, mon fils ? »

C’est comme s’il a craché ces deux derniers mots. Je le regarde, plein d’émotions, sans pour autant pouvoir mettre un nom sur chacune d’elles. Ce qui est sûr c’est que le doute n’en fait plus parti.

« J’ai pris sa vie, je l’ai laissé mourir comme un chien. Il s’est vidé de son sang jusqu’à la mort. Il a eu une fin des plus douloureuses, je m’en suis assuré. Alors pourquoi je ne suis pas satisfait ? Pourquoi j’ai l’impression que je n’en ai pas fini ? »

Ses yeux trahissent le fait qu’il m’a compris.

« Je suis ton père. »

Ma voix retombe dans un murmure.

« C’est bien ça le problème. »

D’un geste, je dégaine mon pistolet et abats le Turien sans défense. Une balle propre, professionnelle, il meurt sur le coup.

Je lâche mon arme et tombe à genoux. Mes forces me quittent. Mes yeux ne peuvent se détacher de mes mains. Plus particulièrement de tout le sang qui en dégouline. Le liquide rouge glisse entre mes doigts pour se perdre dans le néant. Je reste bloqué un instant sur cette image avant de papillonner des yeux pour les rouvrir sur mes mains normales, crasseuses, certes, mais plus ces fontaines rougeoyantes d’il y a une seconde. Mon souffle se fait plus fort. Je ne sais plus où j’en suis. Ce devrait être la fin, pourtant non, je suis encore en vie. Un élan de rage me saisi à nouveau. Je me redresse d’un coup et frappe le mur le plus proche un première fois. Mes phalanges me pincent. J’arme mon poing et frappe encore, aidé de mon armure cette fois. Les coups pleuvent. Une trace distincte commence à se dessiner devant moi, clairsemée d’éclats cramoisis. Je ne sens plus ma main, mais il m’en reste une deuxième. Sans hésitation, je ramasse le pistolet au sol.

Soudain la porte s’ouvre. Par réflexe, je braque mon arme dans sa direction. Une onde azurée me percute et m’envoie au sol.

« Comment oses-tu pointer cette chose sur moi ? »

Je ne sais pas comment réagir. Élisabeth se tient dans l’ouverture un léger halo aux reflets turquoises s’évapore à la lisière de sa silhouette.

« Je savais que je te trouverai ici. Je vois que j’arrive à temps. »

Elle s’avance vers moi avec sa grâce habituelle. Si je ne percevais pas le subtil claquement de ses talons, je pourrai croire qu’elle survole le sol trop sale pour elle. Les volants de sa longue robe semblent d’ailleurs l’avoir compris, ils sont suspendus à peine à un millimètre du plancher, immobiles ou presque. Son visage est sévère comme à son habitude, mais son ton est doux quand elle s’adresse à moi.

« As-tu obtenu ce que tu voulais ? »

« Je ne sais pas. »

« Tu comprends bien que tu ne pourras pas avoir plus que cela ? »

Je ne réponds pas. Si, je pourrai. En la tuant elle je ferai table rase du passé, une bonne fois pour toute. Mais je n’en suis pas capable. Plutôt que de parler, je la regarde, à moitié effrayé par la pensée qui vient de me traverser l’esprit. Je me redresse doucement et tourne brusquement les talons pour m’élancer contre la fenêtre. Le carreau ne fait pas le poids et cède instantanément. Je ne suis qu’au deuxième étage mais la hauteur est déjà assez conséquente pour faire des dégâts. Tant pis, ça vaut mieux même. L’air frais m'aspire, je reste un instant comme suspendu avant de chuter. Le temps se dilate, le bâtiment se distord. N’ai-je pas monté que deux misérables étages ? Alors pourquoi vois-je une infinité de fenêtres défiler devant moi ? Je ne sais pas comment je me suis débrouillé mais je me retrouve la tête en bas. Après tout, autant y aller franchement. Le sol fini par se rapprocher. Il en aura mis du temps. Trop d’ailleurs. L’image de Miho me revient en tête, puis celle D’Elisabeth. L’une m’avait demandé de promettre de l’accompagner à nouveau à un repas, l’autre simplement dit de lui revenir. Mes dents crissent quand mes mâchoires se serrent avec violence. Les micropropulseurs de mon armures s’activent dans une séquence parfaite. Ma chute est ralentie et mon corps réorienté pour frapper le sol convenablement et non pas de la tête. Je m’écrase et reste à terre un instant. Des larmes ruissellent aux coins de mes yeux. J’ai été faible, je n’ai pas osé aller jusqu’au bout. Une teinte orangée vient faire scintiller mon bras gauche. Je me bouge dans une position assise et ouvre mon OmniTech. Le message D’Elisabeth est bref :

Je sais que tu n’as pas idée de ce que tu peux faire. Sache qu’il y a de cela quelques temps, j’ai lancé la construction d’une station spatiale à l’abri des regards. Je te joins un plan du site.
Reviens et nous pourrons en discuter. Ne crois pas que je te laisse tomber.
Elisabeth


Le document affiche en effet un plan annoté. J’y trouve un hôtel, un casino et un théâtre. Le but D’Elisabeth reste obscur à mes yeux mais ce qui est sûr c’est que je n’apprécie guère les casinos et préfère les ambiances plus détendues aux théâtres formels.

FIN
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