Jessica H. Sanchez

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Jessica H. Sanchez

Message par Jessica H. Sanchez » 28 Avril 2017, 11:20

« FICHE DE JESSICA HELOÏSE SANCHEZ »


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« Identité »

• Nom complet : Jessica Héloïse SANCHEZ
• Sexe : FEMME
• Espèce : HUMAINE
• Âge : 32 ans
• Planète natale : Terre
• Affiliation : Jaeger Corp.
• Profession : Mercenaire
• Vaisseau : Mother of Invention, sous le commandement de Jonathan Sinassas.
• Rang : Rang 3.

« Description physique »

Un coup porté au visage fit basculer la jeune femme, qui s’écroula face contre terre. Son visage tuméfié se reflétait dans une flaque d’un liquide à l’origine douteuse sur le sol. Ses cheveux roux clair étaient en bataille, et sales. Elle soupira. Ses grands yeux bleu marine étaient étrangement vide. Est-ce que c’est bien moi ?, elle pensa. Quelque chose s’était passé dans sa tête et tout était flou. Mais des images lui revenaient, et elle tentait de se reconnaitre sous ces bleus et le sang qui couvrait son front.
Une scène revient. Une femme à la peau laiteuse, un carré parfait qui encadre un regard dur. Une combinaison lourde, elle sent des muscles fins mais forts travailler pour porter cette masse. Elle n’est pas plus grande qu’une autre, pas plus petite. Une cicatrice sur sa joue, souvenir d’une promesse qu’elle n’a pas su tenir. Elle avance d’une démarche déterminée.
Était-ce bien elle ? Les coups déformaient l’harmonie de ses traits, ses cheveux avaient indéniablement poussés, et ils étaient un peu plus ternes maintenant. Pourtant, ce reflet, là, devant-elle, pouvait être celui de son souvenir, avec un peu d’imagination. La vision d’un ange déchu.


« Description psychologique »

Elle secoua la tête. C’était insupportable de se voir comme ça, réduite à n’être qu’un paquet que l’on transporte. Si le souvenir n’était pas tout à fait clair, elle avait tout de même le sentiment d’avoir été quelqu’un d’important. Ou en tout cas, quelqu’un de fort. Une colère sourde bouillonnait en elle, et si elle avait peur, elle ne le laissait pas paraître. La douleur, le froid, la faim. Elle savait comment gérer tout ça, le supporter. Elle était fière, beaucoup trop pour laisser qui que ce soit la voir faiblir. Elle plissa les yeux. Un souvenir lointain lui disait qu’elle avait su être fragile, dans sa vie, au bon moment, avec la bonne personne. Mais la suite s’effaçait dans une brume épaisse. Le néant. Elle était forte, courageuse, et droite dans ses choix ; loyale et tenace. Elle savait ce qu’elle voulait et pourquoi elle se battait. Ou du moins, elle le savait, avant. Ici, prisonnière entre deux matelas sales et une grille rouillée, elle savait surtout qu’elle avait un instinct de survie ultradéveloppé et un sens inné de l’observation. Chaque petit bruit la terrifiait quand elle ne le reconnaissait pas, mais pas un frisson, pas un battement de cil ou de cœur trop rapide n’aurait pu la trahir. Peut-être un peu trop pessimiste, peut-être pas assez crédule, elle ne faisait pas attention aux railleries des mercenaires qui lui disaient que quelqu’un viendrait bientôt pour elle. Pour ce que ça pouvait bien vouloir dire de toute manière… Un léger romantisme bien caché la faisait tout de même espérer. Est-ce qu’ils se moquaient, ou disaient cela de cette manière pour se convaincre eux-mêmes qu’ils ne risquaient rien ? Est-ce qu’un prince charmant volait à son secoure ? Comment le croire, quand le seul souvenir d’un homme dans sa vie remontait à une guerre qui le lui avait arraché ? La mélancolie trainait dans son cœur comme une araignée sur sa toile. Ou se cachaient les éclats de rire de la petite fille dans ses souvenirs ? L’air radieux et fort de la guerrière dans sa lourde armure ? La combativité de l’adolescente aux pouvoirs étonnants ? Elle soupira. Trop de réponses lui échappaient… Elle tentait, pourtant, de rassembler ces éléments manquants. Chaque fois qu’une nouvelle donnée se présentait à elle, elle l’analysait. Déjà, elle avait essayé de se souvenir de chacune des races des mercenaires qu’elle avait croisés. Jusque-là, elle s’en sortait plutôt bien. Et elle avait même réussi à se souvenir de quelques informations en sus. Les extraterrestres, elle n’avait rien contre eux. Elle avait un peu de mal avec les Vortchas, comme tout le monde, parce qu’elle les trouvait arrogants et stupides. Et relativement flippants, même si elle ne l’aurait avoué devant personne. Elle appréciait particulièrement les peuples Elcor et Hanari, dont elle trouvait l’histoire et les coutumes passionnantes. Les autres, ils avaient pour elle le même intérêt qu’un humain lambda.
Une goutte de sang se glissa dans sa bouche entrouverte. Elle grimaça. Elle n’aimait pas le goût du sang. C’était âpre et tiède. Pourtant, elle avait des souvenirs de soldat. C’est qu’elle avait dû l’être, à une époque. Alors le sang, ça n’aurait pas dû lui faire peur. Pourtant elle supportait difficilement la sensation d’en avoir sur la langue. Un peu comme quand elle tentait de manger des sardines. Il y avait un coté terreux qu’elle n’appréciait vraiment pas. C’est humain après tout. Humain ? Peut-être. Mais pour un soldat … Elle respectait l’idée du soldat. Elle trouvait que ça sonnait bien, et ça lui donnait un sentiment de réconfort, de s’imaginer combattre pour le Bien. Ou en tout cas, pour ses idéaux. Ce en quoi elle croyait. Protéger les autres, protéger les siens. Encore aurait-il fallu qu’elle soit capable de se défendre elle-même… Elle avait su se défendre, à une époque. Quelques réflexes de combat lui rappelaient qu’elle aimait bien ça, taper dans des sacs. Se battre, lire un livre, se battre encore. Dans ses temps libres, elle mélangeait shopping et fitness. Lier l’utile à l’agréable, ça elle s’en souvenait.

« Biographie »

An 2192 – Perdue.

Son esprit vogua jusqu’à un souvenir lointain.

Terre, souvenirs d'enfance.

Des couvertures colorées et qui grattent un peu. Elle les a mises par-dessus sa tête pour se cacher. Elle entend des voix qui rient plus loin, puis un éclat un peu plus fort, ne la bousculez pas elle est petite, des bruits de pas, le cœur qui bat vite. Et fermer les yeux. Une lumière aveuglante force la petite à plisser les paupières et lever sa main pour cacher le soleil. Un visage rond couvert de taches de rousseurs se dessine devant elle, un sourire béat étirant ses lèvres.
« Trouvée, choco ! »
La petite fille se balance en arrière en riant. Elle se tient les côtes. Plus loin, des adultes surveillent le jeu avec bienveillance. Les enfants s’entendent bien.
« Leo, fais attention, d’accord ? »
Le garçon tire la petite fille contre lui et la berce doucement en lui caressant les cheveux.
« Tu es forte, choco, je sais que tu peux faire attention à toi toute seule. Tu t’en souviens, dit ? Tu es très forte. »
La petite gazouille.


Retour au présent.

Et le souvenir s’évaporait. Leo, elle se souvenait de lui, mais pas d’elle. Etrange comme concept. Mais après tout, pas impossible. La mémoire faisait souvent de drôles de choses. Elle avait un autre souvenir de ce qu’elle se doutait être son enfance. Elle était plus vieille cette fois, et Leo plus grand. Des cheveux noirs en bataille sur des yeux émeraude, et ces éternelles taches de rousseur en travers des joues. Il était charmant, à treize ans, encore plus qu’à six ans. La fille, elle surement, renommée « choco » par le garçon. Quelle en était la raison ? Le souvenir était trop flou pour le dire clairement. Ils étaient tous les deux assis sur des chaises, posées dans l’herbe. La nuit était calme, le ciel sans étoiles, et un vent léger les avaient rapprochés sous la chaleur d’une couverture, une de celles qui grattent. Main dans la main, les deux enfants fixaient le néant avec un air triste.
« Il est là-haut », avait dit Leo, sans qu’elle ne se souvienne du sujet de la conversation. « Il est là-haut, c’est ce que maman me répète tous les jours. »
« Il te manque ? »
Il avait hoché la tête, gravement. La petite avait hésité, puis finalement, elle avait relevé la tête et déposé un léger baiser sur sa joue rosie par le froid. Il avait souri, elle était heureuse.
« Quand je serais grande, j’irais dans le vaisseau de mon papa, et j’irais le chercher. Je te le ramènerais Leo, promis. » Et puis elle s’était affalée sur lui lourdement, en essayant de le faire rire.
Elle n’était pas certaine que sa tentative ait fonctionné, car elle se souvenait à la fois de son rire chaud, et d’une légère pression pour la repousser avec un regard triste. Quelle était la vérité ? Pourquoi son histoire se dédoublait ? C’était tellement incertain.

An 2183 EC - Eden Prime.

Allongée dans l’herbe. Reposée. Amoureuse. Tout allait au mieux, et comment quoi que ce soit aurait pu briser un moment si parfait ? Leo à ses côtés respirait lourdement dans son sommeil, sourcils froncés. Est-ce qu’il faisait un cauchemar ? Dans le doute, elle estima qu’il valait mieux le réveiller. Elle se redressa souplement, et grimpa sur son petit ami dans un bond presque félin. Il sursauta. Elle lui fit un large sourire, il se laissa retomber en arrière en secouant la tête.
« Tu es… Irrésistible. Merci. Je faisais un mauvais rêve… »
Elle se contenta de répondre par un baiser. Puis elle se tortilla pour poser sa tête sur le torse du jeune homme. Elle l’aimait. Véritablement. Profondément. Comme la plante a besoin de l’eau, et l’oiseau de voler, elle avait besoin de lui. L’éternité passa.

Le bruit déchira le ciel. L’ombre les entoura. Les premiers coups de feu.
Comment comprendre ? Comment accepter ? Ce corps si chaud l’instant d’avant désormais froid à ses pieds. La balle l’avait touché au cou, et lui avait arraché la moitié du visage. Elle était couverte de sang, mais ne pouvait pas crier. Pas bouger. Pas détourner le regard. Deux geths approchaient dangereusement –
pourquoi est-ce qu’ils ne tirent pas ? – et elle restait là, impuissante. Elle sentait les crépitements d’énergie au bout de ses doigts, comme un léger champ électrique. Comment continuer après ça ? Et malgré elle… La boule d’énergie se propulsa de ses mains pour frapper un geth de plein fouet, qui vola sur quelques mètres avant de s’écraser contre une paroi rocheuse. Le second, décontenancé, trébucha. Entre ses larmes qu’elle tentait vainement de contenir, elle forma une seconde sphere noire qui vola s’écraser sur le geth le plus loin d’elle. Il s’envola un peu trop haut un instant. Elle fit légèrement vaciller la sonde, le champ énergétique se brisa, et il retomba abruptement sur un rocher qui le fracassa. L’autre qui s’était redressé entre temps tira un premier coup qui la rata d’un millimètre à peine. Elle se décala sur la gauche, il y eu un second coup de feu. Sa joue se déchira dans un jet de sang. La douleur lui tira un hurlement qu’elle contint presque immédiatement, tant la douleur de bouger la chair meurtrie était plus lancinante que la blessure elle-même. Sa détresse lui donna la force de ne pas sombrer, pas encore. Elle tendit ses deux mains devant elle, dirigées vers le geth qui s’apprêtait à tirer de nouveau. Une barrière biotique se forma autour d’elle sans qu’elle n’y réfléchisse vraiment. Et enfin, elle lança son dernier coup. Ses cours lui avaient appris des choses qu’elle avait hâte d’un jour mettre en pratique. Elle regrettait presque, maintenant, de les avoir apprises. La sphère d’énergie noire retomba en cloche sur le geth abasourdi, qui explosa quand elle le toucha. Ces deux là étaient peut-être stupides, mais quelque chose lui disait qu’ils ne seraient pas seuls à venir. Et qu’elle devrait être en état de se défendre. Son regard se voilât, la douleur était trop grande. Elle perdit connaissance au moment où un éclair bleu jaillit de derrière la roche sur laquelle elle avait fait s’écraser le premier geth.

Elle reprit connaissance dans une sorte de grotte. Une asari à ses côtés se tenait en boule. Elle avait récupéré l’arme du geth qui était restée intacte. Elle tourna un visage inondé de larmes vers elle ; tenta un pauvre sourire, chassant comme elle put quelques échappées de son grand regard bleu dragée.
« Amicale, ne te redresse pas trop vite, tu as pris un coup sur la tête. »
Elle tiqua. Pourquoi cette asari… Parlait comme une elcor ? Avec le bon ton, en plus. Indiquer ses sentiments était inutile. Et puis d’où venait-elle ? Où l’avait-elle emmenée ? Pourquoi pleurait-elle ? … Et Leo ?
« Triste, je n’ai pas pu… Ton ami, j’ai dû le laisser. Désolée, ils arrivaient trop vite et si je voulais te sortir de la… Emue, j’ai dû le laisser, tu comprends ? »
Elle la regarda sans rien dire. Oui, dans un sens, elle comprenait.
« Qu’est-ce qu’il se passe dehors ? », elle tenta difficilement d’articuler.
L’asari détourna le regard vers le boyau qui s’élançait plus loin, surement vers la sortie.
« Effrayée, je ne sais pas. Perdue, j’étais là comme vous pour passer le temps. Ils sont arrivés, et tu as tué les deux… Ce sont des geths. Je ne comprends pas… »
Sa voix retomba. Elle susurra gravement quelque chose à propos de la guerre et d’Eden Prime détruite, puis plus rien. La tête lourde, elle ne posa pas plus de questions à l’asari, et se laissa sombrer à nouveau.

Des cris de terreur et un coup de feu la tirèrent de son sommeil. Elles étaient dehors. L’asari l’avait surement faite voler grâce à champs de force biotique pour la sortir de la grotte. Pourquoi ? Un rapide coup d’œil lui apprit que trois geths les entouraient. Elle jura. Elle se servit du peu d’adrénaline qu’elle trouva en elle pour sauter sur ses pieds, et se battre.

Le combat avait été éreintant, et qu’elles s’en soient ressorties vivantes relevait du miracle. Heureusement, elles avaient une arme. Ces trois-là ne s’étaient pas laissés tués comme les deux débiles qu’elle avait combattu seule. Il leur avait fallu être rusées, et tenaces. D’autant que l’asari était étonnement peu habile avec ses pouvoirs biotiques, et qu’elle avait manqué de les désintégrées au moins deux fois. Assises dans la grotte, elles attendaient. Quoi ? Un miracle peut-être. Ou la mort. Parce que dans ce trou fermé, sans eau ni nourriture, elles mourraient soit de faim, soit trouvée par une escouade geth. Dans tous les cas, elles étaient foutes.
« C’est quoi ton nom ? »
« Nu’no. »
Elle hocha la tête.
« Je me demandais… Pourquoi tu parles comme ça ? »
Nu’no eut un rire cristallin en passant une main sur ses excroissances.
« Gênée, j’ai été élevée comme ça. Mes parents… C’est un elcor qui m’a recueillie alors que je n’étais encore qu’une enfant. Fière, il a bien vécu, et m’a élevée avec tout l’amour qu’un parent peu donner. Respectueuse, c’est devenu une habitude pour moi, de parler comme lui. Nostalgique, il s’appelait Raxel. »
Ça expliquait la façon de parler, et la biotique incertaine. Et les réactions étrangement calmes. Cette fille lui semblait un peu trop naïve et douce pour une asari de son âge. Quel était-il, d’ailleurs ? Deux cent ans ? Trois cent peut-être ? Elle se racla la gorge mais n’ajouta rien. Elle ne voulait pas trop se mêler de ce qui ne la regardait pas.

Le temps passa, tellement lentement que chaque minute se changeait en heure, et chaque heure en jour. Elles avaient largement perdu le décompte quand les premiers bruits de pas virent à leurs oreilles. Elles étaient toutes deux fatiguées de n’avoir pas dormi, mangé ou bu depuis des heures. Et pourtant. Un regard vaillant leur suffit pour se prodiguer du courage, et chacune, lentement, se redressa maladroitement sur ses jambes. Elles chargèrent tant bien que mal des boucliers biotiques, se rendant compte que si une telle banalité leur coutait tant d’efforts, elles ne tiendraient pas plus d’un assaut. Au moins, elles mourraient avec dignité, et en ayant tout fait pour protéger leur vie. Mais au fond, était-elle véritablement prête à mourir ? Si jeune, on ne l’est jamais. Elle ne pouvait pas se sentir prête à laisser derrière elle les souvenirs – quelle ironie – de ses promesses d’avenir.
« Elles sont là ! » 
Quand elles virent arriver l’escouade humaine, elles s’autorisèrent enfin à fondre en larme, toute la pression retombant d’un seul coup.


An 2184 – Jonathan Sinassas.

La suite, ça avait été l’enrôlement dans les forces militaires, la formation, et elle n’avait plus jamais recroisé la route de cette Nu’no. Elle avait eu quelques nouvelles grâce à un ami qui bossait aux renseignements, sans plus. Et dans sa vie, il y avait eu le grand bouleversement. Ce changement, elle s’appelait Shepard. Et bien qu’elle ne l’ait jamais rencontrée, ni même n’aie vu son visage en photo avant des années, elle avait élevé cette femme au rang de sa nouvelle égérie. Son modèle. Le puit sans fond de son courage et son admiration. A chaque pas qu’elle faisait, elle se répétait qu’elle le devait à cette femme, sa nouvelle héroïne. Et elle voulait la rendre fière. Idée stupide, quoi que logique, bien que ladite Shepard mourût sans jamais avoir croisé sa route.
Elle avait très vite pris du galon, étant une recrue avec de l’ambition, et forte détermination. Puis elle avait été promue. Elle se souvenait avec fierté de sa démarche farouche alors qu’elle se rendait au rendez-vous de sa nouvelle vie. Elle était alors au sommet de sa reconstruction. Vingt-quatre ans, sûre d’elle, charmante, pétillante. Forte et droite dans ses bottes. Elle s’était reconstruite, avait oublié Leo. Elle était prête à devenir une nouvelle elle. Ses cheveux chatouillant sa mâchoire, son regard sec, son dos cambré, et devant elle la large porte d’un hangar à vaisseau.

REMEMBER HER

Spoiler : Souvenir effacé :
Cette espèce de taré l’avait faite se battre. Pas vraiment un souci en soi, mais après avoir compris, elle n’avait pas vraiment apprécié la manœuvre. Elle n’appréciait pas ce genre de bizutage gratuit. Mais elle n’avait rien dit. Après tout, elle s’était montrée relativement insolente envers son supérieur, alors elle préférait ne pas en rajouter. Quoi qu’il ne sembla pas lui en tenir vraiment rigueur. Elle avait pris un moment, après, pour l’observer à la dérobée. Alors c’était lui, le caporal Sinassas ? C’était ça sa promotion ? Elle était restée perplexe. Il ne lui avait pas vraiment fait une excellente première impression. Il avait eu cette réaction qu’elle s’autorisa à qualifier d’enfantine. Un combat un peu comme un jeu. N’importe quoi. Est-ce qu’il n’avait pas mieux à faire que de perdre son temps comme ça ? Un « c’est moi » aurait tout de même suffit aux présentations. Dans un soupire, elle se rassura en se disant qu’il avait au moins l’air d’être proche de son équipe. C’est important de se soucier de ses hommes. Elle espéra pouvoir s’intégrer rapidement au groupe.


An 2185 – Terre

Spoiler : Souvenir effacé :
Des vacances bien méritées, une équipe soudée et des sentiments qu’elle pensait éteins qui se réveillaient doucement… Elle était bien, c’était un moment avant Noël. Quelques heures, à vrai dire. Jonathan avait insisté toute la journée pour lui montrer quelque chose. Il ne voulait pas lui dire quoi, juste l’emmener quelque part. Et elle, même si elle préférait ne rien dire, elle avait espéré ça depuis trop longtemps. Un moment tous les deux, juste elle et lui, et du temps à perdre ensemble. Alors, faisant mine d’être réticente, elle avait finalement accepté. Il faisait doux ce soir-là. Une jupe, pour être un peu plus féminine qu’à l’habitude, un bustier clair pour mettre sa poitrine légèrement en avant – elle rougit en se rendant compte que son choix était délibérément osé – et une veste noire, pour cacher ses épaules et casser ce trop grand décolleté. Son cœur allait exploser.

Une barque, Jonathan et elle ? C’était une mauvaise idée.
« Tu ne me feras pas monter là-dedans. Hun, hun, hors de question ! »
Et puis il lui raconta encore une fois qu’il voulait lui montrer quelque chose, que c’était une surprise, qu’elle devait lui faire confiance. Et il avait ce petit sourire tellement… irrésistible ! Elle grimpa maladroitement dans la barque qui tangua dangereusement sous son poids.

Un moment comme ça, elle n’en avait pas vécu depuis… Depuis celui dont elle ne voulait plus prononcer le nom. Elle ne s’était plus autorisée véritablement à s’abandonner à ce genre de bonheur. Elle avait eu l’impression de ne jamais pouvoir passer à autre chose. De ne jamais plus avoir la possibilité de sentir son cœur devenir plus lourd en croisant un regard. Pourtant… Et maintenant qu’elle y était, elle se sentait terrifiée. Comme si elle risquait sa vie à l’avouer. Mais pouvait-elle vraiment se laisser ignorer ce qu’elle ressentait ? Est-ce que c’était vraiment la chose à faire que de s’enfermer dans un souvenir ? Les bières enchaînées lui montèrent rapidement au cerveau, ça plus l’ambiance ultra romantique de cette nuit de décembre perdue dans un ciel étoilé, elle finit par ne plus vraiment faire la différence entre ce qu’elle disait et ce qu’elle pensait. Gauchement, elle se redressa sur la barque et se laissa retomber à côté de Jonathan.
« Heu, Johnny… Je peux te poser une question ? »
Elle laissa tomber un silence. Elle n’était pas certaine de voir encore tout à fait net. Ou d’être tout à fait éveillée, en fait. Son cœur battait trop fort, sa tête tournait trop vite, son souffle se faisait trop court. Elle espéra que Jonathan ne le remarque pas.
« Dit moi ? Cet endroit… Ce lieux… Cette atmosphère… Tu n’es pas amoureux de moi par hasard ? »
Est-ce qu’elle venait bien de dire ça ? C’était vraiment elle qui avait posé cette question ? Elle aurait dû avoir honte, en tout cas si elle avait été dans son état normal, mais là… Elle se surprit à véritablement attendre une réponse, avec attention. Un temps, il sembla ne pas réagir, et dans son ébriété Jessica prit ça pour un oui. Alors elle se pencha dangereusement, tout gloss en avant, et susurra un ridicule « embrasse-moi, idiot » comme sorti tout droit d’un vieux film. Mais le contact espéré ne vint pas, et c’est en rouvrant les yeux qu’elle constata qu’il l’avait délaissée pour zieuter son téléphone. Il ne lui en fallut pas beaucoup plus pour se mettre à chouiner des choses incohérentes, et s’appesantir sur son triste sort...


Je suffoque. Je ne pense pas clairement, et il se passe quelque chose. Je me sens nulle, que vient-il de se passer ? Est-ce que je ne suis pas assez belle ? Et pourquoi pensait-elle cela, d’ailleurs ? Je suis trempée d’un seul coup. Et il y a cette voix… J’entends bien des cris. Ou en tout cas je l’ai cru. Je bascule. Que se passe-t-il ? Oh dieu, c’est FROID ! Je prends une profonde respiration mais ce n’est pas de l’aire qui empli mes poumons. Je sens un liquide glacé pénétrer violemment ma bouche, mes bronches, et bon sang ÇA BRÛLE BRÛLE BRÛLE ! Qu’est-ce qu’il se passe ? J’ai MAL ! Mon air ! Je n’ai pas d’air ! Je ne peux pas respirer. Ouvrir les yeux – au loin il y a … Rien. Je ne vois plus rien. Je sombre dans l’inconscience…

Spoiler : Souvenir effacé :
Jessica avait ouvert les yeux sur la plage. Ou plutôt, sur un Jonathan entrain de l’embrasser, allongée sur la plage. Elle fronça les sourcils. Tout se passa très vite. Elle lui décocha un méchant coup de poing dans les côtes qui le décala sur le côté. Son cœur sembla arrêter tout battements et elle tenta en vain de remettre ses idées en place. Que s’était-il passé ? Elle avait trop bu. Pourquoi l’embrassait-il ? Est-ce qu’elle avait dit ou fait quelque chose… qu’elle allait regretter ? Ne réussissant pas à se calmer, elle bombarda le pauvre Jonathan de questions sans vraiment lui laisser le temps de répondre.
Les explications la laissèrent sans voix. Comment réagir à… ça ?

Ils avaient marché jusqu’à une sorte d’oasis dans la forêt. Un point d’eau clair, le calme. Juste assez de temps pour revenir sur les points gênants de la soirée, finalement.
« Tu es tombée amoureuse de moi depuis le début, non ? »
Une boule se forma presque aussitôt dans sa gorge. L’alcool ne pouvait plus lui porter secours, et maintenant elle se retrouvait dans la position désagréable de celle qui devait donner une réponse. Elle devait… Assumer. Que dire ? Oui. Oui, bien sûr. Comment aurait-il pu en être autrement ? Il était… lui. Elle ne pouvait qu’être terriblement, indiciblement, absolument amoureuse. Alors elle tenta de bafouiller une explication bancale qui ne se forma tout simplement pas. A la place, elle éclata en sanglots, et se laissa aller, serrée dans les bras de l’homme qu’elle aimait.


An 2186 – Terre, les moissonneurs ou un combat contre l’horreur.

Spoiler : Souvenir effacé :
Tout s’était passé très vite. Nous n’avions pas vu venir l’attaque, et de Vancouver nous avions dû fuir avec le mako.

Il y avait ces cris, des détonnassions et des flashs d’explosions qui lui restaient en mémoire, comme des résidus de poussière sur un vieux meuble. Elle tentait d’oublier. Les bras mécaniques, la terreur. Elle voulait ne plus y penser. Pourtant… Que ces choses, ces monstres aident à la reconstruction d’une nouvelle ère… Non. C’était trop lourd à digérer. Jessica était frustrée, parce qu’elle aurait voulu tout simplement éradiquer les moissonneurs de la mémoire du monde. Qu’ils n’aient jamais existé, pour que rien de tout ça ne se soit produit. Pour qu’elle n’ait pas vu tomber tant d’hommes. Pour qu’elle ne ressente pas son estomac se retourner chaque fois que leur nom était mentionné dans une conversation. Oui, la guerre contre les moissonneurs était terminée, la vie reprenait un cours normal. Mais elle, elle en avait toujours peur. Une peur viscérale, de celles qui sont irrationnelles. Comme si elle pressentait qu’un jour, ils recommenceraient. Les moissonneurs… Un bien vaste sujet de conversation qu’elle évitait avec minutie. Elle avait bien trop peur de dire quelque chose qui la trahirait. Elle ne voulait ni paraître faible, ni passer une femme intolérante alors… Elle préférait se taire. C’était plus simple. Parfois, dans son sommeil, elle retournait là-bas. Sur un champ de bataille ravagé, entourée de vies éteintes, de sang. Et la question tournait en elle… Pourquoi ?

Les couloirs défilaient à vive allure alors que nous essayions de rejoindre la sortie. Nous n’avions plus de temps, même pas assez pour fuir, mais nous devions au moins essayer. Tout allait beaucoup trop vite, les Moissonneurs nous chassaient un par un, mais c’était l’assaut final désormais. Nous ne devions plus courir, mais nous battre. Nous devions au moins essayer. Même si maintenant, nous regrettions amèrement de ne pas être loin, très loin. Ou moi, en tout cas. Mais nous devions venir, n’est-ce pas ? Nous devions poser cette bombe, et frapper. Frapper fort. J’avais peur, tellement peur que mes jambes tremblaient dans ma lourde armure. Bien sûr, personne n’en savait rien. Je ne bronchais pas en passant les cadavres et les couloirs éventrés. Et je ne parlais pas beaucoup. Je restais concentrée. Nous passâmes une porte dégondée en sautant presque par-dessus, et enfin s’étendit devant nous le chemin de la liberté : le hangar à vaisseaux. La grande porte devant nous semblait attendre d’être ouverte.
« Plus vite, Sanchez ! » me cria Jonathan.
Je fronçais les sourcils. Je n’aimais pas son ton, mais je ne dis rien, sachant pertinemment à quoi il pensait. Et si nous étions arrivés trop tard ? Avec de grands signes, il indiqua à l’équipe d’aller déverrouiller les leviers qui maintenaient la porte fermée. Chacun couru à son poste ; Michael et Héloïse s’approchaient rapidement de la taule grise. Il marqua une pause. Ses sourcils froncés et un grognement étouffé m’alertèrent. Héloïse avait compris aussi. Au même moment, la voix affolée d’un jeune soldat s’éleva :
« Le levier, il est bloqué ! »
« Moi aussi, ils ont fait péter les boulons ! »

Jonathan poussa un juron, courant vers le soldat. Il vérifia lui-même, et je devinais à son expression horrifiée ce qui se confirmait : nous étions enfermés dans la base. Impossible de s’enfuir. Un frisson de terreur me secoua toute entière. Et ce fut comme si le temps marquait une pause.
« C’est pas possible, ils savaient qu’on venait juste derrière ! » jura Héloïse.
Mes yeux volèrent sur mes équipiers, qui se débattaient avec la porte bloquée. Michael, accroupi, étudiait la porte, cherchant surement un moyen de la détruire. Jonathan, lui, cherchait désespérément à faire fonctionner les leviers détruits. Et moi, les mâchoires serrées, je regardais autour de moi pour une potentielle autre sortie. Mais je savais. J’avais compris avant tout le monde. Nous étions condamnés : le commandant ne pouvait pas attendre après nous. Il devait faire exploser la bombe, pour ne pas risquer plus de vies. Et si nous n’étions pas sortis… J’eus comme l’impression que mon cœur remontait dans ma gorge. Et je la sentis. La déflagration, qui montait directement vers nous. Jonathan hurla quelque chose à l’attention d’Héloïse, qui lui répondit sur le même ton. Nous allions tous mourir ici. Ça y est, Jess, cette fois c’est la bonne, je me disais. Le souvenir de la douce Nu’no d’Eden Prime flotta sans raison particulière jusqu’à mon esprit. – BODOM – Ma tête se tourna doucement. Une sorte de lueur orangée avançait vers nous, vite, beaucoup trop vite. – BODOM – Je savais ce que je devais faire. Bravement, sans me retourner, je me mis à courir vers l’explosion. Derrière moi, une voix rauque m’ordonna de revenir. Je n’écoutais pas. Quand j’estimais la distance suffisante, je m’arrêtais, et encrant mes pieds fermement au sol, je tendis les bras tout droit devant moi. La porte dégondée que nous avions passée, je la redressais du mieux que je pouvais. La lumière était de plus en plus présente; la porte ne tiendrait pas le souffle de l'explosion. Mais peut être... Mon regard se posa sur un vieux vaisseau un peu défoncé à quelques mètres. Si j'arrivais à placer ça entre l'explosion et nous...
« Jessica, qu'est-ce que tu fais ! »
Je tendis un bras en arrière pour les dissuader d'approcher. Puis me reconcentrant sur le vaisseau... Ouf ! La masse était bien trop importante. La bonne nouvelle, c'était qu'il pourrait certainement limiter les dégâts. La mauvaise nouvelle... Si je déplaçais ça, je risquais d'y passer, moi. Réfléchir tout ça avait prit une fraction de seconde, et mon choix fut tout aussi rapide. Ma vie pour les-leurs. Mes muscles se crispèrent alors que l'énorme masse se trainait vers la porte. C'était trop lent. Beaucoup trop lent. Dans un hurlement de rage, je tirais le vaisseau en y mettant toute l'énergie que je possédais.

Au même moment, la vague de chaleur s’écrasa sur le métal, avec une telle puissance qu’il fit éclater la porte, et le vaisseau vola en pièces détachées. Quand Jonathan, découvrant ses yeux de son bras qu'il avait placé là comme un réflexe contre l'explosion, découvrit qu'ils étaient encore en vie, le souffle contenu par le barrage de Jessica, il trouva la jeune femme étalée au sol, inconsciente, un lourd morceau du vaisseau écrasé sur elle.


An 2192 - Perdue.

Ses souvenirs s’étaient transformés en une marée noire dans sa tête. Elle se mélangeait. Qui était elle ? D’où venait-elle ? Des voix se mélangeait sans qu’elle ne les reconnaisse. Son propre visage n’avait pas de nom. Héloïse ? Shepard ? Jessica ? Qethora ?
Un mouvement dans le fond de la salle lui fit tourner les yeux. Elle n’avait plus la force de bouger, ou même de grogner. Pourquoi était-elle là ? Qui la retenait, et depuis quand ? Tout se mélangeait. Elle ferma les yeux.

Une porte claqua. Le bruit métallique suivit d’un pas lourd, avec une jambe qui se traine. Un long frisson la secoua. Elle espérait se tromper, mais le type qu’elle avait blessé semblait être réveillé. Elle n’était pas certaine d’apprécier la confrontation. Un peu comme elle put, elle se redressa sur un coude, tentant de ne pas trop tordre ses poignets attachés. Un souffle rauque s’échappa d’entre ses lèvres. Les pas cessèrent un instant. Elle se redressa en position assise. Chaque cellule dans son corps souffrait. Sa blessure à la tête la lançait, les griffures dans son dos brûlaient, et la coupure sur sa cuisse commençait à s’infecter. Pas très joli tout ça. Le pas boitant reprit son chemin, sans sembler s’approcher de sa cage. Etrange. Elle-même aurait cherché à se venger, après une telle humiliation. Peut-être que son chef le lui avait interdit ? Mais pourquoi l’aurait-il écouté ? Après tout, elle n’avait pas vraiment d’importance pour eux. Il l’avait dit, encore quelques jours, un détail à régler, et elle ne leur serait plus d’une grande utilité. Et ne plus être utile à ce genre de personnes, c’était être condamnée à ne plus voir un autre jour se lever. Alors quoi ? Allait-elle rester là sans rien faire, à attendre lamentablement que le sort s’abatte sur elle, que sa vie se termine dans la saleté et la peur ? Elle voulait ressortir de cette épreuve comme de tout le reste dans sa vie, avec la tête haute et le souvenir marqué de n’avoir jamais baissé les bras. Le souvenir… Ah oui mais voilà, pouvait-elle vraiment se vanter de se souvenir d’une soi-disant bravoure quand la quasi-totalité de sa vie s’était avec brio effacée de sa mémoire. L’ordinateur avait vidé le cache, et toutes ses données en même temps. Elle se racla la gorge. Un sentiment qu’elle n’avait pas ressenti depuis des années ressurgit soudainement. Ce parfait mélange de peur et d’excitation que l’on ressent devant un brusque changement qui s’impose. Ne pas se souvenir, dans un sens, était peut-être libérateur. Finalement, qui disait qu’elle n’avait été une mauvaise personne pour finalement se retrouver attachée dans une cale moisie et brûlante comme l’Enfer ? Elle les avait peut-être cherchés, ces coups. Méritées, ces insultes. Et peut-être, ensuite, s’était-elle repentie, touchée par quelque grâce Divine, qui l’aurait entendue et exhaussée. La voici capable de devenir nouvelle, si c’était ce qu’elle souhaitait. Se donner l’autorisation de tout laisser derrière et repartir de zéro. Devenir qui elle voulait.

Souvenirs d'adolescence.

Elle avait déjà eu cette même sensation près de quinze ans plus tôt. Les couvertures qui entouraient son corps d’adolescente n’étaient plus celles colorées de son enfance, mais de nouvelles en coton blanc qui couvraient les corps de milliers de personnes sur cette même station. Grissom lui donnait un peu le tournis, tout ce savoir qu’elle n’avait qu’à cueillir en tendant la main… Tous ces gens, partout, son identité qui se dessinait peu à peu, et sa confiance en elle grandissante avec son apprentissage de la maitrise de sa « magie » à elle, parce qu’elle était une biotique. C’était une capacité tout ce qu’il y avait de plus scientifique, mais elle aimer se perdre à rêver que la source de son pouvoir était plus romantique qu’un implant au bas de son crâne, et que ses capacités lui venaient d’un sang mystique qui aurait coulé dans ses veines. A moitié encore une enfant, déjà physiquement adulte, elle était à ce moment de la vie où tout prend un sens et où l’on se définit par des choix parfois durs envers nous-même, par des rêves aussi que l’on refuse de faire taire. Elle avait choisi, cette nuit-là, de s’imaginer être une autre, à l’image d’une héroïne de roman qui se serait sacrifiée pour une cause qui la dépassait – Odyssea. Voilà le nom qu’elle se donnait. L’instant d’après, elle devenait une puissante guerrière Asari aux pouvoirs biotiques sans égaux et à la réputation terrifiante. En passant de la fée aux ailes translucides jusqu’à la Quarienne touché par une maladie incurable, elle s’imagina mille et unes vies romancées qu’elle aurait pu avoir. Puis elle commença à être trop fatiguée pour imaginer. Elle retomba doucement dans le corps de l’étudiante de Grissom qui partageait sa chambre avec des filles qui lui ressemblaient dans leur anonymat. N’était-elle pas bien, sa vie à elle ? Elle avait des parents formidables, une ascension scolaire étonnante, et un petit-ami merveilleux. Que demander de plus ? Un peu d’action, voilà ce qui lui manquait. Repartir de zéro… Un jour, elle serait un grand soldat.

Et elle avait poursuivi son chemin, durement gagné la vie dont elle avait rêvé. Celle qu’elle s’était offerte en songe. Dans une promesse. Leo avait suivi son choix. Lui était devenu médecin, et s’était formé aux soins militaires pour pouvoir la suivre dans ses rêves. Elle s’était forgée une image de femme solide, sérieuse et disciplinée. La tête toujours froide, elle avait appris à prendre les choix difficiles qui changeaient le cours d’une histoire. En théorie, du moins. La pratique s’en tenait à quelques bagarres de cantine, des rêves de grandeur et quelques coups donnés dans un sac. Mais elle avançait. A pas de fourmis, mais ça comptait. Et chaque jour elle s’y tenait.

L’armée pourtant n’était pas venue à elle comme la délivrance qu’elle avait attendu, ni provoqué le doux frisson qu’elle imaginait ressentir. Plutôt comme une nécessité, pour ne pas sombrer. Elle était déjà tombée trop bas et ne voulait pas s’autoriser à creuser plus en profondeur sa propre tombe. Et puis il y avait ce nom, désormais, qui ne quitterait plus jamais sa bouche – Shepard. Sa nouvelle Odyssea, sa nouvelle ligne de conduite. Sa nouvelle promesse. Survivre, et devenir grande. Grande pour remercier cette femme de l’avoir sauvée de la mort. C’était comme ça qu’elle voyait les choses, peut-être bêtement, peut-être par idéal. Lui n’était plus. Jamais à l’avenir ne s’autoriserait-elle a prononcer son nom. Et sa douleur s’était lentement changée en amertume. Pourquoi n’avait-il pas été plus fort ? Pourquoi l’avait-il abandonnée ? Alors il ne méritait plus qu’elle regrette. La cicatrice qui déchirait sa joue mit quelques mois à guérir, et malgré la protestation des médecins qui lui affirmaient qu’ils pouvaient lui « redonner ce visage si doux d’angelot », elle refusa toute tentative d’opération qui aurait pu effacer cette trace. Chaque fois qu’elle relevait les yeux vers son miroir, elle se souvenait : je lui avais promis de le lui ramener, j’ai échoué, et je l’ai regardé mourir. Le lui ramener, elle ne se souvenait pas vraiment de quoi il s’agissait maintenant, avec sa mémoire défaillante, mais le goût amer de la défaite, lui, n’avait pas disparu. Elle avait survécu, et combattu avec courage les quelques geths qu’elle avait croisés. Oh, pas grand-chose, peut-être même pas quatre ou cinq, mais suffisamment pour être recrutée sur une vidéo miraculeusement trouvée dans une boite noire de caméra surveillance, elle-même miraculeusement non-détruite par l’assaut mené contre Eden Prime. Dans son malheur, elle avait eu énormément de chance. Commencer en bas de l’échelle, et lentement… L’ascension.

Retour au présent.

« J’ai pas l’intention de…
- N’y pense même pas. Le boss doit encore vérifier des infos. »

Et une porte qui se referme. Etait-elle à nouveau seule ? Elle patienta un moment à guetter le moindre bruit de pas, de respiration qui aurait pu trahir une présence, mais rien d’autre que son propre souffle ne lui parvenait. Elle était presque déçue. Revoir le butarien lui aurait au moins permis de voir – d’entendre – si elle savait toujours former une phrase. Ou un bouclier biotique. Et puis elle se serait sentie moins seule. L’autre type, celui qui l’avait frappée un peu plus tôt, elle préférait ne pas le revoir. Lui était vraiment dingue, du genre à lui faire du mal pour rien. Mais le butarien… Il n’était pas vraiment ce qu’elle aurait qualifié de diplomate, même pas du tout, mais lui au moins, il parlait. Et une voix, un mot, c’était ce dont elle aurait eu besoin, maintenant. Oublier – plus que ce qu’elle avait déjà sorti de sa mémoire – les coups qui brûlaient et la promesse d’une mort prochaine qui lui tordait les tripes. Un battement de cil et une hésitation plus loin, elle baissa les yeux vers ses mains attachés, posées négligemment sur ses cuisses. Avait-elle peur de mourir ? Qu’elle se pose la question l’étonna. Elle ne s’était posé cette question qu’une seule fois, avant, sur Eden Prime. Elle inspira. Expira. Avait-elle peur de mourir ? Elle entrouvrit les lèvres, presque sans le vouloir, et sa bouche forma une phrase silencieuse. Je n’ai pas peur. Un soldat n’a pas peur. Elle avait été soldat, elle en avait la certitude maintenant. Nouveau grincement au-dessus, la taule pliait légèrement. Puis sans qu’elle ne l’aie entendu arriver, soudainement, le butarien. Il se tenait droit devant elle, les bras le long du corps, sa jambe enroulée dans des tissus rougis. Il la toisait de ses quatre yeux noirs brillants. Elle se contenta de lui rendre son regard. Essaya, plutôt… elle passait alternativement son regard d’une paire d’yeux à une autre sans savoir sur laquelle se fixer. Le butarien finit par s’accroupir. Ce n’est qu’à ce moment-là qu’elle remarqua le revolver.

Il n’avait pas bougé. Pas prononcé une syllabe. Il semblait comme plongé dans une intense réflexion. Et lorsqu’il ouvrit la bouche, ce fut pour dire une chose à laquelle elle ne s’attendait pas du tout.
« Je m’appelle Rinko. »
Un ange passe. D’accord. Mais pourquoi est-ce qu’il lui disait ça, en fait ? Le revolver. Le butarien. Un prénom. Son sang tourna subitement dans ses veines. Cette fois elle le sentait, elle allait mourir. Il venait pour la tuer. Alors en soldat, elle ne broncha pas, ne bougea pas, n’émit pas même un soupir. Elle se contenta de le fixer inflexiblement. Son combat intérieur prenait des airs de guerre civile quand il ajouta :
« Je vais te dire pourquoi tu es là. »
Lui dire… Lui rendre sa mémoire. Lui rappeler son identité. Un éclair d’espoir s’alluma au fond de son regard vide sans qu’elle ne puisse vraiment le retenir. Ce type… Pourquoi est-ce qu’il faisait ça ? Est-ce qu’il avait été touché par la grâce divine et voulait d’un seul coup redevenir un bon citoyen ? Il poussa un soupire, visiblement profondément embêté.
« J’aurais dû te tuer depuis longtemps, » il lança en regardant son arme, « mais je n’avais pas le droit. Finalement, c’est toi qui m’a fait… ça. Je crois que… Que je te respecte, un peu, pour ça. Tu as du cran, après tout ce qu’on t’a fait, de te débattre. Ça, ou alors tu es stupide. »
L’insulte cachait un beau compliment, qui ne manqua pas de la perdre encore plus. Alors c’était cela ? Du respect, tout bêtement. Parce que ce type, là devant, avait vraisemblablement un code d’honneur. Pour un butarien mercenaire, c’était pour le moins comique. D’autant que son attitude était radicalement opposée à celle qu’il avait adoptée plus tôt.
« Comment tu te sens ? »
La question était si inattendue qu’elle ne comprit pas tout de suite qu’elle lui était véritablement adressée. Elle ouvrit et ferma la bouche plusieurs fois avant de se décider sur ce qu’elle allait dire.
« Je ne me souviens de rien. » elle lâcha seulement.
Rinko sembla prendre le temps de digérer et classer l’information. Puis il se releva. Il lui demanda si elle se souvenait de son prénom, ou d’où elle venait. Elle parla de la Terre, mais ne put rien dire de plus. Visiblement, il était lui aussi très étonné. Et sans que rien ne le prévoie, ils engagèrent une conversation sur ce dont ou non elle pouvait bien se souvenir. Tant et si bien que quand l’autre arriva, ils ne l’entendirent pas arriver. Et elle ne remarqua pas qu’il était là, à les observer, avant qu’il ne tire son arme de son holster, et ne loge trois balles dans la tête du butarien, la couvrant de sang, et de cervelle. Elle sursauta à peine. Le cadavre explosé à ses pieds lui rappela brutalement celui de Leo, puis elle oublia.
« Fini les bavardages, » laissa-t-il tomber froidement.
Et il s’avança pour l’attraper par les cheveux, et la trainer jusqu’à la mangeoire remplie d’eau. Comme chaque fois qu’il lui rendait visite, il la bascula sur le rebord en métal, et avant qu’elle n’ait pu prendre sa respiration, lui plongea le visage dans l’eau sale.

Le dégénéré ressorti sa tête de l’eau juste au moment où elle allait craquer. Il siffla. Ce salaud avait l’air de bien s’amuser. Elle crut l’entendre marmonner quelque chose, mais était trop concentrée à chercher de l’air pour y prêter attention. Elle le haïssait. Ce type était détestable, et, que quelqu’un l’entende, elle lui souhaitait la plus affreuse des souffrances avant de mourir. Ses yeux glissèrent malgré elle vers le corps inanimé de Rinko. Ce taré avait flingué son collègue pour lui avoir adressé la parole, à elle. Alors que comptait il faire maintenant ? Leur était-elle toujours utile ? Sa respiration se calma et ses poumons meurtris commencèrent à lui faire moins mal. Au-dessus, des coups de feu retentirent. Le type perdit instantanément son sourire, et fronça gravement les sourcils.
« Merde. »
Elle sentit un coup sur sa nuque, puis plus rien. L’inconscience la gagnait de nouveau.

« Talents et pouvoirs »

• Aptitudes : 

¬ AGILITÉ : Rang 3
¬ ART : Rang 2
¬ CHARISME : Rang 3
¬ CONNAISSANCE : Rang 1
¬ CONSTITUTION : Rang 3
¬ CUISINE : Rang 2
¬ DISCRÉTION : Rang 1
¬ FABRICATION : Rang 1
¬ TECHNOLOGIE : Rang 1
¬ VOLONTÉ : Rang 1

• Compétences de combat : 

¬ ARME BLANCHE : Rang 2
¬ ARMURE : Rang 2
¬ EXPLOSIF : ø
¬ FUSIL A POMPE : Rang 1
¬ FUSIL D’ASSAUT : ø
¬ FUSIL DE PRÉCISION : Rang 1
¬ MITRAILLETTE : Rang 1
¬ PISTOLET : ø
¬ CORPS A CORPS : Rang 2
¬ IMMUNITÉ : Rang 3
¬ MONTÉE D’ADRÉNALINE : Rang 1
† DISTORTION : Rang 1
† FRAPPE CINÉTIQUE : Rang 3
† TÉLÉKINÉSIE : Rang 3
¬ OMNIÉLABORATION : Rang 1
¬ THERMIQUE : ø
¬ ÉLECTROHAPTIQUE : ø

• Pouvoirs : 

† DISTORTION : Rang 1 ¬ BARRIÈRE
† TÉLÉKINÉSIE : Rang 1 ¬ LÉVITATION
† TÉLÉKINÉSIE : Rang 1 ¬ IMPULSION
† TÉLÉKINÉSIE : Rang 2 ¬ RUÉE
† TÉLÉKINÉSIE : Rang 2 ¬ RÉCEPTION*
† TÉLÉKINÉSIE : Rang 3 ¬ TÉLÉKINÉSIE
† TÉLÉKINÉSIE : Rang 3 ¬ ATTRACTION*
† FRAPPE CINÉTIQUE : Rang 1 ¬ PROJECTION
† FRAPPE CINÉTIQUE : Rang 2 ¬ ONDE DE CHOC
† FRAPPE CINÉTIQUE : Rang 2 ¬ FRAPPE VENGERESSE
† FRAPPE CINÉTIQUE : Rang 2 ¬ BOMBARDEMENT*
† FRAPPE CINÉTIQUE : Rang 3 ¬ TAILLADE
† FRAPPE CINÉTIQUE : Rang 3 ¬ CHARGE
† FRAPPE CINÉTIQUE : Rang 3 ¬ NOVA
† OMNIÉLABORATION : Rang 1 ¬ OMNIARME

• Inventaire :

Rien d’autre que les vêtements crasseux qu’elle porte et une chaîne en métal argenté qu’elle a autour du cou. Si ils sont à compter, son implant L3 à la base du crâne et sa puce OmniTech Logic Arrest implantée dans son bras droit.
Est-ce que c’est une carte qu’elle sent dans sa poche arrière ? 

« Hors Role Play »

• Parrainage : Jonathan Sinassas  
• Disponibilité : Je réponds généralement dans la semaine à un post. Si je met plus de temps, je préviens ! 
• Connaissance de l’univers : Nulle ! Mais j’apprends vite ! 
• Comment avez-vous connu ME : Legacy ? : Capitaine Jaeger ! 
• Un petit mot ? : Miaou.
Dernière édition par Jessica H. Sanchez le 25 Novembre 2017, 17:23, édité 11 fois.

« J'ai la main sur le coeur, mais elle peut très vite t'arriver dans la gueule... »
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Jessica H. Sanchez
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Re: Jessica H. Sanchez

Message par Layla Archer » 03 Mai 2017, 11:37

Hello Leilia... euh je veux dire Jessica

Alors alors comment s'en sort cette fiche amnésique

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La taille des avatars sur le forum est de 200*400 pas plus pas moins ;)

Psychologie
Rien à redire, mais peut être étoffée un peu en décrivant par exemple son ressenti envers les extraterrestres ou les Moissonneurs ou expliquer ses hobbies 'o'

Biographie

Il y a un petit souci de timeline, je veux dire on ne sait pas vraiment ce qui fait parti de son passé lointain et de ce qui est plus contemporain, les deux sont assez mélangé.
Ensuite, amnésie ou pas, il manque quand même les 10 dernières années à la biographie du personnage. Comment elle rencontre Jonathan ? Qu'est ce qu'elle fait durant la Guerre contre les Moissonneurs ? Et après ?. Il y a un gros trou à combler


Grimson lui donnait un peu le tournis, tout ce savoir qu’elle n’avait qu’à cueillir en tendant la main…

L'académie s'appelle Grissom, pas Grimson (la faute est aussi ailleurs ;) )

C’était une capacité tout ce qu’il y avait de plus scientifique, mais elle aimer se perdre à rêver que la source de son pouvoir était plus romantique qu’un implant au bas de son crâne, et que ses capacités lui venaient d’un sang mystique qui aurait coulé dans ses veines.

La biotique est un poil plus compliqué que ça. En fait, elle apparait quand il y a des nodules d'éléments zéro à travers le système nerveux, élément zéro qui s'incruste là durant le développement prénatale soit par accident (genre une fuite d'ézo d'un réacteur à côté d'une femme enceinte et paf t'as une chance que le gosse soit biotique) soit volontairement (avec une exposition volontaire et contrôlée pour avoir une chance d'avoir un gosse biotique). Ensuite il faut qu'il y ait pile la bonne quantité d'ézo, pas assez et t'as rien, trop et c'est cancer, retard mental et autre joyeuseté du genre.
Et c'est pas finit. Après ça vient le fameux implant, greffé dans le corps en bas âge qui permet d'exploiter le potentiel biotique.
Après faut un amplificateur ou ampli qui lui sert à canaliser ce potentiel pour en faire quelque chose d'utile (sinon c'est à peine si t'arriverai à faire trembler une cuillère)
Et enfin, il faut un entraînement spécialisée pour apprendre à exploiter cette capacité
Et quand tout ça c'est fait bravo t'es une biotique :super:

Le butarien n’avait pas bougé. Pas prononcé une syllabe.

À l'époque, les Butariens hors de l'Hégémonie sont rare et ceux vivant dans l'espace de l'Alliance extrêmement improbable. Les deux espèces étant en froid glacial à l'époque (en gros : les Butariens sont vue comme des fascistes esclavagiste et les Humains comme des opportunistes qui usent de leur influence au Conseil pour leur piquer leur territoire.)



Voila voila, une fiche sympathique. Quelques incohérences mais logique quand on ne connait pas grand chose à l'univers, mais rien d'insurmontable ;)

si t'as des questions hésite pas ;)
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Re: Jessica H. Sanchez

Message par Layla Archer » 24 Novembre 2017, 17:20

Alors alors

Ce fut long mais ça valait le coup

Je valide :)

Il ne manque plus qu'à remplir ton journal de bord ici et, si tu as le temps et l'envie ton datapad

Si t'as besoin d'aide hésite pas ;)
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Layla Archer
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