That time we meet again

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Re: That time we meet again

Message par Miho'Shakti Vas Erakis » 15 Août 2018, 19:42

La perspective d'essayer de contacter les collègues de Laquarius était à écarter selon la quarienne. Inutile de les déranger en pleine action, ou pire, de les distraire. Il y avait bien assez à faire. Seuls dans un cockpit vidé d'adversaires, du moins au sens purement vivant du terme, Miho ne peut s'empêcher de râler intérieurement. Faire voler un truc pareil était plus ou moins dans ces cordes. En fait, ce n'était pas très compliqué. Ce qui était nettement plus improbable selon elle, c'était les capacités de déplacement d'un tel appareil. Rien n'était pensé pour faciliter le travail d'un pilote. Elle jeta un regard sur les cadavres encore présents, pendant que le turien lui offrait un fond sonore pas très parlant. Ceux qui pilotaient de tels engins devaient être brillants. Ou fou, c'était selon. Jamais Miho n'aurait accepter de travailler sans avoir tout remanier. Ce qui en un sens la rassura sur le sort de l'Erakis. Une telle poubelle, même manoeuvrée par un génie, n'avait pas la technologie nécessaire pour mettre à mal sa frégate taillée pour le combat, quand bien même Sogan était encore en formation.

Le choc léger contre la radio lui confirma bien vite qu'il n'y avait plus rien à tirer de cet appareil. Dommage, il aurait été pratique de pouvoir écouter la fréquence des esclavagistes et de connaître leurs mouvements. Il allait falloir y aller en aveugle sur ce coup. Fallait-il empêcher à tout prix le vaisseau de bouger pour pouvoir faire tranquillement le ménage? Miho n'en était pas certaine en s'entendant le suggérer, et Laquarius était clairement pour une isolation complète. Une option qui allait leur faciliter la tâche puisqu'elle empêchait leurs adversaire d'obtenir des renforts, mais qui pourrait nuire au dernier collègue de Laquarius s'il allait se fritter sept ennemis, peut-être même douze, à lui tout seul. Elle part hésitante, puis choisi de pencher pour l'option du turien. Ce Reno avait toujours Jaipha et son patrouilleur pour battre en retraite, eux avaient des prisonniers à mettre en sécurité et en plus, il restait toujours ce troisième vaisseau.

Trouvant que le siège en miette était plus une gêne qu'un outil exploitable, Miho se pressa de décaler ce qu'il en restait grâce aux fonctions de réglages, histoire de gagner un peu plus d'espace pour manoeuvrer debout. Le sas était bouclé, la porte latérale hermétiquement fermée, il ne restait plus qu'à activer le détachement de la station et déplacer le vaisseau. Commandes qu'elle mit quelques secondes à trouver, ce qui était beaucoup de temps perdu pour elle. Hormis la radio, tout était opérationnel, et elle commença à lancer le démarrage des réacteurs, qui allaient prendre leur temps. Avec une extrême lenteur, le vaisseau se détacha et fit un lent écart sur le côté. L'avantage étant qu'à une telle vitesse, le mouvement général n'était pas perceptible. En revanche, ceux près des soutes allaient sentir la vibration caractéristique des réacteurs en marche. Concentrée sur ce qu'elle faisait, la quarienne ne jeta qu'un rapide regard à Laquarius en train de déplacer les cadavres, améliorant aussi du même coup ses manoeuvres. Sans les corps de l'humaine et la butarienne, elle arrivait à prendre plus facilement ses marques et ne se détourna des commandes qu'en entendant le fracassement d'un écran derrière elle. Un outil qui ne lui servait pas de toute manière, donc elle s'en moquait. En revanche, elle se souciait plus de ce qui avait pu faire craquer le turien. Malheureusement, elle n'avait pas trop le temps de se pencher sur la question.

Alors que le vaisseau prenait une distance raisonnable avec la station, Miho entreprit de le faire pivoter, afin de faciliter une fuite au cas où le troisième réapparaîtrait subitement. D'ailleurs, elle scrutait les instruments de détection ainsi que le vide qui s'offrait à elle. Un voyant se mit à clignoter frénétiquement, attirant son attention. Activant un visuel radar, elle vit un point apparaître, puis deux, trois... Son regard se reporta immédiatement devant elle. Soit le troisième vaisseau revenait avec des renforts, soit...
Un soupire de soulagement lui échappa tandis qu'elle apercevait les courbes d'une frégate turienne connue. Elle se retourna en sentant la présence de Laquarius à ses côtés.

"Les renforts arrivent."

Jusqu'à-ce qu'un léger détail lui revienne en tête. Elle était dans un vaisseau ennemi, faisant face à ses collègue armés et clairement en position de leur tirer dessus, et la radio hors service ne pouvait pas leur transmettre une sommation de la part de la SCTI comme voulu dans leurs protocoles. En l'absence de réponse, il était possible qu'ils soient attaqués, ou au moins neutralisés pource qui était des déplacements. Une action qui pourrait sérieusement nuire à l'intégrité physique des personnes à bord. Si elle se doutait qu'ils y réfléchiraient à deux fois avant de tirer sur un potentiel transport d'esclaves, Miho n'était pas prête à y risquer sa peau, surtout que les informations de bases reçues ne parlaient que d'une attaque, et que l'Erakis avait annoncé évacuer la station. Elle activa son OmniTech prestement, lançant un message d'identification crypté à l'attention du vaisseau de tête. Son appareil allumé émit une série de bips avant de rester silencieux quelques secondes et finalement, alors qu'elle mettait sa propre radio sur haut-parleur, une voix féminine se fit entendre.

"Code d'identification décryptée. Miho, dis-moi que tu vas bien..."
"Je suis toujours aussi contente de t'entendre, Suad'. Je suis à bord du vaisseau qui te fait face."
"Bien reçu. Ton rapport?"
"Sarait n'était pas leur premier arrêt. Il y a des civils à bord. Nous sommes quatre et nous occupons de neutraliser les esclavagistes. Le second vaisseau a déjà été repris. Il y a un patrouilleur dans la zone, c'est un allié. A bord, trois personnes dont un enfant. Je vous laisse le contacter. Il reste au moins sept combattants ennemis sur la station. Peut-être douze, nous n'en sommes pas certains."
"Mon commando est prêt. Dégage-moi la voie, on va se lier à la station et y finir le ménage. Les voies d'accès seront bloquées par nos collègues. Je coordonne l'assaut. Autre chose?"
"Des nouvelles de l'Erakis?"

Un léger silence suivit, pendant lequel la frégate turienne passa lentement à côté d'eux. Miho augmenta la puissance des propulseurs secondaires pour écarter d'avantage leur poubelle et laisser la place au Tennah de manoeuvrer.

"Sur le réseau, l'Erakis a signalé avoir été intercepté par les forces armées d'Altakiril qui ont pris le contrôle de leurs poursuivants. Les civils de la station sont en train de débarquer dans la colonie. Aucun blessé recensé."

Les choses s'arrangeaient enfin. La station n'était plus leur problème premier. Miho jeta un coup d'oeil à Laquarius. Il pourrait prévenir Jaipha qu'un contact allait être établi pour leur permettre de se coordonner, et mettre le gosse en sécurité définitive si elle le souhaitait, histoire de pouvoir manoeuvrer son patrouilleur où et comme elle le voulait.

"Merci."
"Nous sommes en train de nous fixer. Il est temps d'y aller. On reste en contact. Bonne chasse!"
"Bonne chasse, Suad'."

La voix féminine trahissait un étrange enthousiasme, trucider de l'esclavagiste devait certainement faire parti de ses petits plaisirs coupables. Le silence revint dans le cockpit alors que, d'un geste assuré, Miho immobilisa l'appareil avait de couper tous les réacteurs. Ils étaient à présents tous piégés dans la même boîte de conserve et la quarienne se dit que c'était certainement une bien plus mauvaise situation pour les esclavagistes qu'eux. Elle recula, sorti son fusil d'assaut pour en vérifier les munitions. Elle allait devoir limiter ses tirs à partir de maintenant, même en récupérant ce qu'il restait de réserve exploitable sur les cadavres. Heureusement, il elle avait encore le phalanx confisqué au gamin plus tôt, mais ça risquait de faire juste. Elle allait devoir se concentrer d'avantage sur du corps à corps.

"Bien. Au moins on a plus qu'à s'occuper de ce vaisseau. Ça ira pour vous?"

Il fallait dire qu'il s'en était pris pas mal de son côté. Et c'était sans compter sur ses déplacements de cadavres. Il allait falloir vérifier chaque pièce, chaque planque potentielle d'ici jusqu'à retrouver les collègues.
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Re: That time we meet again

Message par Laquarius Nix » 18 Août 2018, 14:01

Alors il s’agit donc des collègues de Miho ? Intéressant, voilà qui va nous faciliter la tâche. J’écoute la conversation en silence et allume mon OmniTech dans le même temps, il faut que je prévienne Jaipha de l’avancée des choses. En entendant que l’ombre du dernier vaisseau est écartée je ne peux m’empêcher d’afficher un petit sourire de satisfaction. Avec cet élément hors de l’équation, il ne nous reste qu’à vider ce vaisseau et il semble que l’équipe d’intervention s’occupera de nettoyer la station. Le temps que Miho finisse, j’établis le lien avec Jaipha.

« Un problème ? »

« Au contraire. Reno est avec toi ? »

« Parfaitement, on se dirige vers ton aile mais je détecte plusieurs vaisseaux sur mon radar. »

« Ils sont alliés, le dernier vaisseau esclavagiste est tombé, ces trois frégates appartiennent à la SCTI et vont essayer de te contacter. Arrange toi avec elles pour leurs remettre Fabius et ne débarque pas Reno. »

« On voit le bout du tunnel donc ? Je m’occupe du reste, vous êtes où vous ? »

« Nous allons finir le nettoyage sur le vaisseau, si Gyzarus et Luyon nous en ont laissé. On reste en contact »

Le canal redevient silencieux et je me tourne sur la pilote en train de faire l’état des lieux de ses réserves. Un coup d’oeil indiscret m’apprend qu’elle commence à être sur la fin. L’imitant, je réalise à quel point j’ai peu tiré. Paradoxalement, plus Miho consomme de balles, plus mon armure -en particulier mes bras – devient rougeoyante et poisseuse. Le problème c’est que mon corps se décide de me le faire ressentir. Les muscles de mes bras chauffent doucement et mes cuisses sont durcies par l’effort, sans compter la surcharge qui a du mal à passer malgré tout. Donc quand la pilote me demande si ça va aller, c’est en tendant une poignée de cartouche que je lui réponds :

« Ne vous inquiétez pas pour moi. Prenez plutôt ça, vous en aurez peut être besoin, sûrement plus que moi en tout cas. »

Dans le fond, je ne lui ai pas menti. Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai avalé de la salive ensanglantée depuis tout à l’heure, au point d’avoir un goût de fer persistant dans la bouche. Quand je me mords la langue, je me mords vraiment la langue. Pour cette fois, je dégaine ma mitraillette, mieux vaut éviter de pousser mon corps jusqu’à sa limite. Miho ouvre le sas et nous nous dirigeons vers la sortie. Avec leur pilote dans un état ne lui permettant pas faire bouger l’appareil et un poste de pilotage chaotique, l’idée que les esclavagistes viennent faire bouger le vaisseau est impensable. D’autant que les collègues de Miho vont prendre la place qui était la nôtre, forçant donc le pilote improvisé à devoir manoeuvrer d’autant plus et donc prendre plus de risques.

De retour dans l’atrium, je me dirige instinctivement vers la porte d’où nous étions sortis puis me tourne vers ma partenaire. Mon corps bougeait sans penser au fait que je travaille encore en équipe, une habitude encore difficile à prendre même si je finissais par mettre mes communication sur haut-parleur sans me faire la réflexion.

« Je propose que nous partions en direction des soutes. En chemin nous pourrons peut-être couper des renforts venus prêter main-forte contre Gyzarus et Luyon ou alors simplement les aider directement là-bas. En toute logique, les forces restantes seront soit dans la soute, soit en train d’y aller, soit en convergence vers la cabine de pilotage. Qu’en dites-vous et pensez-vous pouvoir nous conduire là-bas ? »

Pour le moment, il suffit de retourner sur nos pas jusqu’à l’endroit où nous nous sommes séparés. Du moins c’est ce que je ferais si j’étais seul. Mais Miho a peut-être un idée d’une route alternative, plus rapide ou plus intelligente.
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Re: That time we meet again

Message par Miho'Shakti Vas Erakis » 19 Août 2018, 15:32

Si la quarienne posa un regard rapide sur les munitions proposées, elle n'en demeurait pas moins sceptique à la réponse de Laquarius. Il s'était clairement nettement plus dépensé qu'elle jusqu'ici. A ce niveau-là, leurs méthodes étaient très différentes. Il fallait dire que malgré sa formation pour le combat au corps à corps, Miho évitait autant que possible de se retrouver trop au contact. Une vieille manie issue de son instinct de survie. Une coupure pour un combattant, ce n'était pas grand chose. Une simple égratignure chez un quarien pouvait signifier une mort inéluctable par infection ou autre contamination. Même si les temps avaient changés, et qu'elle bénéficiait d'un système immunitaire plus costaud, le risque restait bien plus présent pour elle que pour le turien. Cependant, ils arrivaient au bout, et Miho se dit qu'à ce stade, avec des collègues dans le coin, elle ne risquait plus grand chose à se faire légèrement blessée. C'est pourquoi quand elle se reporta sur les munitions tendues, elle marqua clairement une hésitation. Pourtant, elle finit quand même par les prendre, avant de détacher le pistolet confisqué plus tôt à Fabius.

"Alors je vous les échange contre ça. Je ne suis pas très douée avec les pistolets de toute manière."

Ceci fait, et quand Laquarius reparti, elle jeta un dernier coup d'oeil au cockpit, plus par une vieille habitude inutile que pour une quelconque utilité. Le petit couloir fut vite parcouru jusqu'à l'atrium que le turien traversa immédiatement pour revenir sur leur pas. Un déplacement que Miho ne suivit pas pour sa part. Quand il se retourna, elle lui fit signe de ralentir. Il y avait d'autres portes après tout, et elle ne voulait pas prendre le risque de se faire bêtement prendre en tenaille. Par précaution, elle jeta un rapide coup d'oeil par chacun des hublots. Il restait trois portes inexplorées. La première cachait une salle de navigation tellement rudimentaire que son espace épuré ne pouvait caché personne. Constatant qu'elle était vide, Miho fit quelques pas pour vérifier la seconde. Une sorte de salle de travail, avec trois terminaux clairement datés qui formaient un petit îlot au centre. La quarienne activa la porte et, fusil en main, fit rapidement le tour des machines. Personne non plus. Elle referma en sortant et passa à la dernière porte. Des couchettes, pour ne pas dire des matelas jetés au sol, offraient un petit coin de repos pour les pilotes et d'autres membres d'équipage. Il n'y avait pas assez de place pour loger tout le monde, mais vu le nombre de combattants qu'ils avaient eu, et que le maximum d'espace était consacré à des cellules, il était normale que le vaisseau possède plusieurs zones de repos. Surtout si ils enchainaient de longs déplacements et que le personnel se relayait aux différents postes d'activité. Mais là encore, pas âme qui vive. Elle revint donc vers Laquarius, en hochant la tête.

"je ne voulais pas prendre de risque. Mais oui, c'est le plus plausible. Ils viendront normalement à nous ou droit vers vos collègues."

Il restait une troisième possibilité et, après réflexion, elle la partagea tout de même.

"Dans la mesure du possible, je serais pour tout de même jeter un coup d'oeil dans les pièces à côté desquelles on peut passer. Vu que ce n'est pas leur premier raid, ils ont peut-être des camarades blessés planqués dans d'autres coins, ou du personnel d'entretien qui pourraient nous prendre à revers. En temps normal je ne m'inquiéterai pas spécialement pour ça, mais la fatigue et les coups étant ce qu'ils sont, nous sommes moins performants et alertes qu'au début des hostilités."

Ce serait quand même con de se faire mettre KO par un coup de clé à molette derrière la nuque. Mais elle ne comptait pas non plus explorer tout le vaisseau. Aussi elle se lança assez rapidement par le chemin qu'ils avaient pris pour arriver jusque-là, repassant à côté des toilettes dans lesquels ils avaient pu se planquer un peu plus tôt. Ils atteignirent rapidement le niveau inférieur et, au bas de la rampe, la quarienne jeta rapidement un coup d'oeil vers l'arrière de celle-ci pour s'assurer que l'endroit restait désert avant de poursuivre jusque là où ils s'étaient séparés de Luyon et Gyzarus. Sachant leur première direction, il n'était pas compliqué de faire un peu d'avance, mais à l'embranchement suivant, Miho fut quelque peu perplexe. Elle prit quelques secondes pour reconsidérer le chemin fait à partir du sas et la forme globale du vaisseau, et fit signe qu'il serait plus logique de partir sur la gauche. Quelques mètres plus tard, une coudée repartait sur la droite, menant droit à un espace ouvert où un escalier menant vers les étages inférieurs était d'ors et déjà visible. Soulagée, Miho pressa le pas en avant et... S'arrêta une seconde en passant devant une porte close, dénuée de hublot. Inutile de voir pour réaliser qu'il y avait quelqu'un derrière, vu qu'un bruit sourd assorti d'une vibration lourde parvint sans peine au duo. La quarienne bondit en avant au moment où l'ouverture de fit, de sorte que ce qui en sortirait se retrouverait piégé entre eux deux. Elle ne s'attendait cependant pas à voir un elcor arriver dans le couloir, suivit de deux humains armés. Laquarius avait encore l'avantage d'avoir le coude du couloir pour se mettre à couvert, contrairement à Miho qui avait encore pas mal de mètres avant d'avoir la cage d'escalier. Tout se passa en une fraction de seconde. L'un des humain beugla un ordre et l'elcor lui fonça dessus.

Laissant les deux esclavagistes au turien, elle fit feu, perçant le cuir épais de la créature d'une bonne demi-tonne sans réussir à l'achever. La pilote tenta de se plaquer sur le côté mais la main imposante balaya le couloir pour la renverser avec une facilité désarmante avant de se poser sur le poitrail de son armure pour la plaquer au sol. Dans la chute, elle retint son fusil de justesse et en braqua le canon droit sur la gueule de l'elcor, sans faire feu. Les multiples cicatrices, l'absence d'armement, un oeil absent... Il parut évident à la quarienne qu'elle ne faisait pas face à un criminel mais à un esclave durement "formé" à être un bon rouleau compresseur ou transport de matériel. Un grincement désagréable l'empêcha de pousser plus loin sa réflexion. Son armure était en train de salement encaisser et elle ressentait maintenant la pression.

"Arrêtez ça!"

L'elcor mis plus de poids sur sa proie, avançant sa tête jusqu'à appuyer son front contre le canon du fusil. Plus loin, le bruit caractéristique du combat lui indiqua que Laquarius n'en avait pas encore fini avec ses adversaires. Le doigt de Miho se crispa légèrement sur la gâchette. Elle allait se faire broyer, le calcul devait être vite fait, mais elle ne faisait pas face à un ennemi et elle le savait. Un grincement de plus, et elle n'arrivait presque plus à inspirer. Un léger murmure lui parvint, effaçant les bruits du combat plus loin. Elle perçut des mots, et son regard s'écarquilla alors qu'elle n'arrivait plus à respirer. Ses yeux fixèrent celui encore valide de l'elcor, cherchant une expression impossible à définir chez cette espèce, sachant qu'elle ne pouvait pas traîner, et que de toute manière il restait un ennemi certainement encore debout - tout ne se déroulait qu'en quelques secondes après tout - puis elle fit feu, explosant d'une salve la boîte crânienne de l'elcor, envoyant des restes d'os et de matière grise sur sa visière. Elle détourna la tête, et se tortilla pour se libérer du poids de la main de l'esclave quand son imposant corps chuta lourdement sur le côté. Elle pu prendre une grande inspiration, et se redressa en position assise, protégée par le couvert du corps, avec encore le bras en travers de ses jambes, pour faire feu sur ce qu'il restait d'esclavagiste, en évitant soigneusement que Laquarius puisse se trouver dans la ligne de tir. Elle n'avait pas la prétention de faire mouche, mais au moins d'offrir un divertissement exploitable pour son partenaire du moment.

Le combat terminé, elle repoussa le bras qui la coinçait encore et se releva lentement, le souffle court, indemne physiquement, à en croire la marque de main elcor sur son armure, et le fait qu'elle arrivait à garder l'amplitude nécessaire pour bien respirer. Pour le moral c'était autre chose. Elle releva rapidement les yeux sur Laquarius pour voir dans quel état se trouvait se dernier alors que, de sa main libre, elle essuya les restes de sang et de morceaux de chaire sur sa visière. Elle avait mal, mais pas physiquement. Malgré elle, son attention fut à nouveau attirée par le cadavre défiguré de l'elcor, alors que les propos qu'il avait murmuré risquaient bien de la hanter pour quelques temps: "suppliant, tirez".
Reprenant son fusil à deux mains, elle se contenta simplement de prendre une grande inspiration bienvenue, remettant ses remords pour plus tard. Ils n'en avaient pas encore terminé.

"Ne traînons pas."

Derrère elle, les escaliers menant à la soute étaient dénués du moindre obstacle.
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Re: That time we meet again

Message par Laquarius Nix » 21 Août 2018, 20:27

Après avoir suivi le manège de Miho du regard, je lui emboîte le pas dans le remontage de notre propre piste qui s’ensuit. Prédateur fraîchement rechargé en main, je colle au train de la pilote en jetant par moment un regard par dessus mon épaule. Je me stoppe brutalement quand elle cesse d’avancer. Il serait dommage de nous percuter et tomber au sol, surtout maintenant que je perçois pourquoi Miho a eu un tel mouvement d’arrêt. Quand elle bondit en avant, je l’imite à la symétrie près. L’attention des trois nouveaux arrivants est monopolisée par la Quarienne, c’est censé me donner un avantage, moi qui suis en plus au couvert de l’angle du mur, mais je n’en profite pas. Ma main libre vole saisir le canon de l’humain le plus proche et plaque l’arme contre la paroi avant de tirer dessus. Sous l’effet de la surprise, l’esclavagiste crispe sa prise et se fait emporter avec le fusil. Je le réceptionne avec un genoux dans le bassin, suivi d’un coude sur l’arrière de son crâne. Ça ne suffira pas à me débarrasser de lui pour de bon, mais au moins ça le calmera pour quelques secondes.

Au moins j’ai bien attiré l’attention des deux Humains, j’en suis persuadé quand je reçois un coup de crosse au visage, m’arrachant un crachat sanglant. L’enfoiré a eu la main leste mais vu qu’il n’avait pas la place de me mettre en joue, c’est une action logique. Me rattrapant au mur, j’active directement ma Protection, qui se prend instantanément une rafale puissante. L’esclavagiste affiche un sourire mauvais, il sait que ma défense n’est que temporaire et qu’il n’a pas à gâcher de balles dedans, mais bien juste à attendre qu’elle retombe. La situation est assez cocasse pour que je me mette à sourire à mon tour, prisonnier de ma propre barrière, il fallait le faire. Les bras le long du corps, j’attends, repoussant l’inévitable, et tente d’analyser mes options. Dans tous les cas je vais devoir encaisser des tirs, il s’agit donc de faire en sorte de ne pas prendre de coup mortel ou trop handicapant, mes boucliers cinétiques pourront certainement me protéger des première balles mais pas d’un chargeur entier, après ça j’ai mon armure, mais c’est pareil, elle ne supportera pas le choc.

Heureusement, je n’ai pas besoin de m’épancher plus sur le sujet. Une salve plus qu’approximative vient frapper mon adversaire dans le dos. Déstabilisé et surpris, il se penche en avant et brise sa ligne de tir. J’en profite pour me propulser sur lui, le saisissant d’une main à la gorge, je colle le canon de mon pistolet sur son ventre et ouvre le feu. Son armure tient le coup au début mais craque à la quatrième balle, j’en tire encore deux autres avant de plaquer l’arme sous le menton de l’homme pour finir le travail avec trois derniers tirs. Une fois cela fait, je me retourne en me frottant la mâchoire, il ne m’a pas raté, et abats le dernier esclavagiste, encore sonné au sol, d’une balle dans la nuque.

Je me redresse à l’invective de Miho, non ne traînons pas en effet. D’une enjambée, je passe par dessus le corps de l’elcor et suis la pilote dans les escaliers. Au fil des marches, je commence à m’inquiéter quand je n’entends pas de bruit de combat, à moins que ça ne soit le signe de l’efficacité de Gyzarus et Luyon. Pourtant les corps que nous devons parfois enjamber prouve qu’ils sont passés là. Peu à peu, une rumeur me parvient, des voix chuchotantes. Je ne comprends pas à quoi cela rime. Proche de la fin de l’escalier, c’est la voix de mon collègue Drell qui fait écho dans mes oreilles :

« S’il vous plaît, comme les autres, sortez calmement et rejoignez le groupe, ne vous bousculez pas et ne vous éparpillez pas. »

Mon coeur s’allège, je comprends très clairement entre les lignes que la situation est sous contrôle. En débarquant dans la soute, j’embrasse du regard la réussite surprenante. Luyon s’affaire auprès des cellules tandis que Gyzarus tient trois esclavagistes en joue. À genoux, les mains derrière la tête, leurs armes poussées à l’autre bout de la salle, il n’y a plus grand-chose de craindre d’eux. Au sol gisent deux cadavres entourés d’une flaque de sang, sûrement la raison de la capitulation des autres ou bien des esclavagistes récalcitrants. Toujours est-il que la soute est sécurisée et les civils en train d’être libérés. Luyon se penche déjà vers la dernière encore occupée pour en pirater le verrou. Les anciens prisonniers ont un mouvement de recul quand nous arrivons mais se calment en voyant que Gyzarus ne réagit pas à notre approche, malgré son regard braqué sur nous. Pendant que le Drell finit, cependant, je remarque qu’un des individus qu’il vient de libérer a un comportement suspect. Ses yeux sont fuyants et accroche souvent les armes des esclavagistes, abandonnées contre un mur. Instinctivement, je m’avance pour me placer entre lui et les fusils. Repérant mon mouvement, le Galarien, un scientifique probablement, entame une petite course vers ses objets de convoitise, bien vite pris de vitesse par mes micro-propulseurs. Son bras fermement empoigné, je le stoppe sur place. Il ne se débat même pas et se contente de justifier son geste, d’une voix presque suppliante :

« Ils ne peuvent pas s’en sortir comme ça. On doit se faire justice. »

Ce discours, je l’ai déjà entendu, c’est d’ailleurs le mien à peu de chose près. Ma poigne reste la même.

« Quelles sont vos qualifications, monsieur ? »

« Mes.. qualifications.. ? »

« J’en déduis que vous n’en avez pas. Retournez dans le rang, s’il vous plaît. »

« Mais.. »

« La justice, ici, c’est moi, monsieur. Retournez dans le rang, s’il vous plaît. »

Dans le fond, je n’ai probablement pas plus de qualifications que lui. Je lâche le scientifique qui s’en va, la tête baissée. C’était arrogant de ma part, mais on se doit de l’être dans les Terminus, pisser dans les angles est de coutume. Gyzarus et Luyon ont appliqué les consignes, un minimum de sang devant des civils, ce n’est pas pour les laisser le verser eux-mêmes. Nous, nous n’en sommes plus à un cadavre sur la conscience, eux, c’est peut-être la première vie qu’ils prendraient.

Le combattant Drell en a enfin fini et accompagne les derniers prisonniers vers le groupe déjà formé. Ils avaient probablement été triés par espèce ou compétence, Luyon pourrait nous le dire si on lui demandait mais je ne pense pas qu’aborder le sujet maintenant soit judicieux.

« Heu.. Miho, vous voulez bien m’aider à ouvrir la marche ? »

Dans tous les cas, Gyzarus et moi allons rester en retrait pour achever les esclavagistes, à moins que la pilote ait quelque chose à redire là dessus.
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Re: That time we meet again

Message par Miho'Shakti Vas Erakis » 23 Août 2018, 20:38

Le dernier combat laissait des traces supplémentaires. Laquarius s'en était encore pris dans la figure, de ce qu'elle en avait vu. Et elle aussi, plus sur le plan moral, même si son armure abimée et l'étrange impression de pression résiduelle commençaient à lui faire comprendre qu'il valait mieux qu'il n'y ait pas trop d'ennemis non plus. Elle se remis en marche, le turien sur les talons, et s'engouffra dans la cage d'escaliers pour descendre rapidement. Un étrange calme y régnait. Pas de coup de feu, pas de cris ou de râles, le combat était terminé. La quarienne espérait juste que ce soit plus en leur faveur. Au fur et à mesure de leur avancée, des cadavres jonchaient le sol, signe qu'en tout cas jusque-là, les collègues avaient plutôt été victorieux. en arrivant presqu'au niveau le plus bas, les premiers sons se firent enfin entendre. Bruits de paroles, discussions sans hurlements... Tout semblait bel et bien finit quand elle reconnu à son tour la voix du drell. Par principe, elle s'écarta légèrement pour laisser Laquarius passer devant. Après tout, c'était ses collègues. En retrait, elle se contenta de détailler le tableau.

Trois esclavagistes étaient agenouillés, à la merci de Gyzarus, affichant sa mine peu avenante habituelle. Luyon achevait de libérer les otages pour les réunir, avec des manières calmes et polies qui devaient certainement aider à apaiser la peur des victimes. Son regard passa sur les visages épuisés par les menaces et la certitude d'une longue et lente agonie à venir. Les choses changeaient pour eux, mais le traumatisme resterait là. L'attitude du galarien en fut la preuve et Miho fut presqu'étonnée de voir Laquarius s'en mêler, lui qui dans la même situation aurait certainement fait exactement la même chose. Le ton employé ne lui fait ni chaud ni froid. Se faire justice... Tout le monde voulait la même chose que le galarien, à différents degrés. Mais la quarienne s'en foutait pas mal. Les émotions à chaud de victimes étaient dangereuses et par principe, elle n'y accordait de l'importance que pour les atténuer. Mais ici, elle n'eut pas besoin de le faire.

Les cellules étaient toutes vidées à présent. Il ne restaient plus qu'à évacuer les civils. La quarienne estima déjà comment les répartir, sur les différents vaisseaux de la SCTI présents. Tous auraient besoin de passer entre les mains des médecins de bord et de recevoir un bon repas. En répartissant équitablement les groupes, chacun pourrait avoir le maximum possible, avant que leurs gouvernements respectifs ne les récupère et mette en place un système longue durée d'aide aux victimes. Quand Luyon s'adressa à elle, elle eut un instant de flottement. Ouvrir la marche, passer devant, surtout ne pas rester en arrière oui. Son regard glissa sur Laquarius quelques seconde, puis surtout sur Gyzarus. Puis elle en revint au drell, avec un sourire avenant, quasiment invisible derrière sa visière sombre.

"Non."

Ce n'était certainement pas la réponse attendue. Mais la manière de le lui demander, presque prise avec des pincettes, signifiait clairement qu'ils voulaient qu'elle ne traîne pas dans la soute, là où il restait du ménage très théorique à faire.

"On va avoir besoin de ces trois-là. En vie. Malgré les désirs de justice de toutes ces personnes."

Elle n'avait visiblement aucune honte à le dire devant les dites victimes d'ailleurs. Elle fit quelques pas pour passer devant eux, en fixant son fusil dans son dos. Elle ne voulait pas lancer la moindre hostilité et veillait à ce que cela soit parfaitement visible dans son attitude. Elle jeta un regard sur Gyzarus. A vrai dire, elle ne le connaissait pas, et n'avait pas la moindre idée de ce qui pouvait lui passer derrière la tête. C'était légèrement différent avec Laquarius. Elle ne chercha pas à être discrète, car elle tenait à ce que les collègues du turien l'entende également.

"Quand je suis venue sur cette station, c'était dans l'optique d'éviter un raid, et un seul. Au lieu de quoi, nous sommes tous tombés sur trois vaisseaux conséquents, avec déjà des personnes enlevées. Il est plus qu'évident que nos sources étaient incomplètes. Nous ignorons donc combien de vaisseaux il y a, combien de raids sont peut-être en cours ailleurs en ce moment-même et combien de personnes, comme celles-ci, sont en train de croupir dans une soute parce qu'elles n'ont pas croisé notre chemin. Alors non, ces hommes-là, je les veux vivants et en bon état. Je ne sais pas ce que vous comptez faire après aujourd'hui, mais nous autres de la coopérative, on va soigneusement pirater tous les terminaux à portée dans ces trois vaisseaux, et interroger ces criminels pourraient bien nous faire gagner des heures, voir des jours. Des jours de souffrance en moins pour des victimes déjà faites ou à venir."

Elle jeta un regard en coin aux personnes enlevées, et s'arrêta plus longuement sur le galarien.

"La justice, c'est s'assurer de ne pas oublier ceux qui l'attendent toujours et qui en ont bien plus besoin que nous. C'est ce qui la différencie de la vengeance."

Elle se reporta une nouvelle fois sur Laquarius.

"Ces gens n'ont aucun respect pour la vie, je n'ai pas l'intention de respecter la leur. Mais il nous faut envisager qu'il reste d'autres personnes à sauver, voire tout un réseau à anéantir dans la foulée. Alors je ne tiens pas à ce que vous bousillez cette opportunité sans avoir au moins essayé de la saisir."

Elle se tut finalement, mais n'avait clairement pas l'intention d'ouvrir la marche. Voilà qui allait certainement foutre la merde, mais si Laquarius et ses collègues choisissaient de l'ignorer, il était clair pour elle qu'ils allaient devoir lui mettre une balle dans la tête comme pour les trois autres.
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Re: That time we meet again

Message par Laquarius Nix » 07 Octobre 2018, 01:00

Un court silence, installé après la tirade de Miho, est vite brisé par Luyon. Loin d’être décontenancé par le refus qu’il vient d’essuyer, le Drell ne perd pas son sourire et hausse les épaules.

« Bon du coup, Gyzarus ou Laquarius avec moi ? »

Au moins il n’a pas perdu le nord. D’un signe de tête, j’indique à l’autre Turien de prendre la tête de la marche avec notre collègue. Avec un soupir à peine caché, le chef de la sécurité casse sa ligne de tir et part en direction du cortège. Arrivé à ma hauteur, il signe rapidement quelques paroles à mon intention. Dans mon dos, Luyon s’empresse de se proposer à la traduction :

« Il a dit.. »

« Je sais ce qu’il a dit. Merci. »

Ces gestes, je ne les connais que trop bien. Gyzarus se fatigue à les répéter en boucle à chaque fois qu’Alice se lance dans un de ses caprices interminables. Je n’ai jamais vraiment compris la signification exacte mais les mois passés à côtoyer l’ancien soldat suffisent à savoir qu’il s’agit d’une sorte d’invitation exaspérée à ne pas céder. Autant, quand il est question de l’adolescente, je peux comprendre qu’il se sente impliqué, mais là je suis un peu piqué par sa remarque. Je suis sa marche du regard jusqu’à ce qu’il rejoigne le côté de Luyon. Ce dernier n’a toujours pas perdu son air presque joyeux. Il fait bonne figure pour donner espoir aux ex-captifs, mais nous savons tous très bien qu’ils ne sont pas encore tirés d’affaire.

« Allez, en marche. Mettez-vous en file, tenez votre droite pour laisser de la place, au cas où l’un d’entre nous doit passer à l’avant ou à l’arrière rapidement, ne vous bousculez pas et ne faites pas trop de bruit. Ça devrait le faire. Laquarius, pense à t’essuyer la joue. »

Le Drell ponctue sa phrase d’une petite démonstration. L’imitant, je porte les doigts fraîchement bleutés de ma main gauche devant mes yeux. Ainsi le coup de crosse avait été assez fort pour ouvrir ma fine carapace et laisser un flot sanguin s’écouler. À la réflexion, le coup avait également été asez puissant pour me laisser la joue en feu depuis tout à l’heure, si bien que je n’avais pas senti le liquide, comme quoi ça avait ces avantages. Une fois les civils tous sortis de la soute, je penche la tête vers Miho, une partie de mon attention toujours portée sur les trois esclavagistes derrière moi. Balayant sa visière opaque du regard, je cherche par où commencer avant de soupirer en passant un revers de main pour étaler plus qu’essuyer le sang de mon visage.

« Je me moque pas mal de savoir si vous leur portez du respect ou pas, en les gardant en vie, ce sont celles de ceux dans l’escalier que vous ne respectez pas. En toute franchise, j’ai eu largement ma dose pour aujourd’hui. Libre à vous de croire que ça m’amuse d’exécuter et torturer, moi j’en ai ma claque de ce vaisseau à la con et ses propriétaires. Vous les voulez ? Prenez-les, moi j’ai une dizaine d’otages à escorter à bon port. Si vous les faites passer en second sur votre liste de priorité, c’est votre affaire, mais comme nous ne pouvons pas assurer que le vaisseau a été sécurisé, je ne peux pas me permettre de perdre mon temps ici. »

Sur ces mots, je passe à côté de la pilote et pars rejoindre l’escalier. Vu la taille du cortège, il y a fort à parier que la queue est encore dans les marches. Avant de commencer mon ascension, je me tourne une dernière fois vers Miho :

« Qu’on soit bien clair, si le moindre d’entre eux pose le pied sur ces marches, je lui fais subir des souffrances que même la guerre ne pourrait vous faire imaginer, jusqu’à ce que mort s’en suive et je vous défie de m’en empêcher. Il est hors de question que je me retrouve avec ceux-là derrière les victimes. »

Je monte les escaliers deux par deux, je veux rattraper Luyon en vitesse et diriger toute la troupe vers l’espèce d’atrium près de la salle de pilotage, là ils auront assez d’espace pour respirer et on pourra voir venir de potentiels assaillants.
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Re: That time we meet again

Message par Miho'Shakti Vas Erakis » 07 Octobre 2018, 20:14

Ce fut le drell qui parut le mieux prendre l'opposition de Miho. Pas très étonnant pour elle. Entre la mine patibulaire de Gyzarus et le fait qu'elle connaissait suffisamment Laquarius pour savoir pertinemment que sa grande tirade l'avait exaspéré, le calcul était vie fait. Les otages? Ils n'avaient pas le recul ni la motivation nécessaire pour intervenir. Et puis il fallait bien avouer une chose, eux avait eu la chance de n'avoir fait qu'effleurer l'horreur. Ce ne serait pas e cas d'autres victimes déjà faîtes ou à venir si ce groupe n'était pas consciencieusement démantelé, et de préférence pas après une enquête interminable parce que tous les langues potentielles avaient été abattues par principe. Il y avait probablement d'autres pirates, mais vu le nombre supprimé, si résistance il restait encore, elle serait vaine face à des combattant de la trempe des deux turiens et du drell. Les ex-otages se mettent en marche, et elle ne s'étonna pas non plus de voir Laquarius à la traîne, chercher à la voir sans perdre de vue les esclavagistes. Elle non plus ne relâchait pas pour autant sa vigilance, au point que le turien en avait presque terminé sa première phrase quand elle s'était reportée sur lui, son fusil sorti braqué sur les criminels.

Si elle avait eu de l'énergie à sacrifier pour ça, elle aurait sans doute hésité entre pleurer de rire ou éclater en sanglots. Après tout à quoi aurait-elle dû bien s'attendre? A de l'acceptation simple? Ça aurait été bien trop facile. Pour le reste... Le regard qu'elle porta sur le turien fut aussi vide que las. Depuis le temps qu'elle avait saisit que vengeance et justice étaient des synonyme pour ce genre de personne, elle se doutait bien que la notion de respect devait très certainement être tout aussi discutable que le pseudo sens qu'il espérait donner à ses actes. A dire vrai, une partie même des mots lui passa largement au-desssus de la tête. Oui, du respect... Pauvres otages... Il était vrai que poursuivre le bain de sang sans même se soucier d'autres victimes était très respectueux. On en parlait du respect pour ceux qui pourraient être déjà piégés et oublier? Ou de ce respect qui avait fait qu'un gosse s'était retrouvé un phalanx entre les mains pour venger un père au passif probablement tout aussi douteux que celui de Laquarius? Le respect... Une notion aussi abstraite que celle de la justice selon toute vraisemblance.

Il voulait se la jouer ainsi? Aucun problème. Alors qu'il s'était éloigné, Miho s'approcha des esclavagistes agenouillés. Laquarius lança une nouvelle diatribe qu'elle ignora royalement, n'y apportant pour toute réponse qu'une rafale de son fusil d'assaut qui fit sursauter deux des esclavagistes dans un hurlement alors que le troisième s'effondrait, le torse déchiré de part en part.

"La ferme et gardez les mains toujours derrière la tête."

Le silence revint. Les otages avaient-ils entendu? Possible. Mais elle s'en foutait autant que du subit élan de pseudo bon sens du turien. Aujourd'hui elle avait vu un gosse vouloir la flinguer à cause de ses erreurs. Alors son avis sur des risques potentiels, elle s'en fichait pour le moment. Elle remercia intérieurement le bon travail de Gyzarus et Luyon qui avaient laissé trois vivants, loin de leurs armes. Ne restaient maintenant plus que deux tortionnaires et une quarienne qui balançait entre la lassitude et un début d'énervement qu'elle ne voulait pas ressentir. Le souffle court, et le regard aussi haineux qu'affolé, les deux survivants s'exécutèrent.

"Voilà comment les choses vont se passer..."

A distance de sécurité, entre eux et les armes, elle pianota tranquillement sur son OmniTech. Dans le lot, il devait bien y en avoir un qui connaissait un minimum la manière de fonctionner de leur groupe. Si tel n'était pas la cas, elle s'en rendrait vite compte et l'interrogatoire serait écourté. Dans le cas contraire, tout ce qu'elle pourrait apprendre - méthode de communications, nombre de vaisseaux, raids en cours ou originellement prévus, cibles, lieux de rendez-vous et de vente...- serait soigneusement enregistré. Pas de la manière la plus propre et élégante qui soit cependant. Mais elle ne cherchait pas à faire dans la dentelle. Et puisqu'elle ne pouvait compter que sur elle-même, se salir les mains devenait une option aussi valable que n'importe quelle autre.

Plus tard...

Miho fit sauter la cartouche thermique de son fusil d'assaut. A ses pieds, le dernier corps criblé de quelques projectiles diffusait également une odeur nauséabonde de vieux barbecue attestant de quelques secousses fournies pour obtenir plus d'informations. Un silence à peine troublé par la vibration des moteurs se répercutait à la carlingue, brusquement coupé par l'ajout d'une nouvelle cartouche à son arme. Son fusil toujours en main, elle contempla les deux corps de droite, l'un mort par balle, l'autre achevé après sa séance de torture. Celui de gauche gisait, le cou entouré des morceaux glacés de son crâne explosé au sol après un souffle cryo bien dirigé. Jamais elle n'avait promis de les épargner, eux ne l'auraient pas fait dans le cas contraire. Ou sans doute auraient-il fit pire. La quarienne se sentait atrocement mal, mais certainement pas autant que la douleur qu'elle avait perçu dans la voix de l'elcor quand ils s'étaient dirigés vers les soutes. Est-ce que ça se passait bien pour les autres? En temps normal elle aurait sauté sur le communicateur pour avoir des détails, mais elle n'avait pas particulièrement la force d'aller parler à Laquarius ou l'un de ses hommes. Le gosse était en sécurité, et Suadela finissait de nettoyer la station. Globalement, la situation était suffisamment en leur faveur pour qu'elle puisse s'offrir le luxe de ne pas exiger des rapports de tout le monde. Cependant, elle alluma son OmniTech. L'appareil indiqua une nécessité de recharge prochaine qu'elle ignora pour se connecter au Tennah et réciter sur un ton monocorde.

"Aux personnes en charge du Tennah: voici des informations à diffuser en priorité haute sur notre réseau interne, raids à venir le système Aroania, vaisseau chargé en escale prévu sur Ventega, dans le système Odah. Faîtes suivre et prévenir qui de droit pour interception. Groupe d'esclavagiste répertorié. Voici les accès rapides aux données sensibles de leurs différents vaisseaux. Ceux qui on accès à un terminal peuvent commencer la collecte."

Sans attendre de réponse, elle éteignit son appareil et se laissa glisser au sol contre une paroi. Du revers de la main, elle chassa quelques cristaux de glace rougeoyants qui s'étaient pris dans les plus du peu de tissu décoratif de son armure esquintée par la bataille. Laissant sa tête aller en arrière, un "poc" métallique fut le dernier son qui se fit entendre dans la pièce pendant de longues secondes. Du coin de l'oeil, elle observa une nouvelle fois les corps, et se félicita d'avoir des filtres lui épargnant des relans assurément écoeurants de viande cuite, de sang et autres matières douteuses. Finalement, elle baissa les yeux sur ses genoux où reposait son fusil, toujours à portée, et ses mains, dont elle contempla la paume. Ce n'était pas la première fois qu'elle agissait ainsi, et certainement pas la dernière. Mais à chaque fois, le même dégoût d'elle-même revenait avec autant de force qu'à la toute première fois.
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Re: That time we met again

Message par Laquarius Nix » 12 Octobre 2018, 23:11

Il ne me faut pas longtemps pour rattraper le peloton, comme prévu il en restait encore dans les marches, deux pour être précis. J’imagine qu’enjamber les cadavres, que ce soit dans les marches ou celui de l’Elcor, devait ralentir la progression. Rapidement, je remonte la file et rejoins Luyon. Sans avoir besoin d’aucune indication, Gyzarus ralenti et se retourne pour aller voir comment vont les derniers de la marche. Le Drell me laisse prendre un pas d’avance sur lui pour me permettre de guider le groupe. Il ne nous faut pas extrêmement longtemps pour atteindre l’atrium sans encombre.

Une fois à l’intérieur, les gens se répartissent dans l’espace. Une sorte de soulagement se fait ressentir au sein de la pièce. Néanmoins, mes collègues et moi ne perdons pas le nord. Gyzarus entame une ronde, jetant un regard au hublot de chaque porte desservant le polygone tandis que Luyon s’enquiert de l’état de chacun. Pour ma part, je vais m’adosser à la porte menant à la cabine de pilotage pour éviter que des regards perdus ne viennent tomber sur le spectacle à peine caché par la vitre. Avec une pointe de nervosité, je vérifie fréquemment de possibles nouvelles en provenance de Miho, mais rien n’arrive. Finalement, c’est Luyon qui s’avance vers moi pour me tirer de mes songes :

« Viens par là toi aussi, il va me falloir de la lumière. »

Je le regarde d’un air pour le moins étonné, ne comprenant réellement pas où il souhaitait en venir.

« Apparemment on a un peu de temps d’après ce que j’ai compris, autant que je regarde où ça en est au niveau de ta joue, si jamais je peux y faire quelque chose. Limiter l’enflement serait une bonne chose pour toi. »

Sans résister, je suis sa directive et vais m’asseoir sur la table trônant au centre de la pièce, posée juste sous l’éclairage principal. Avec des mains habituées, il attrape mon menton, m’imposant de tourner le visage selon sa guise. Du bout des doigts, il tâte les bords de la plaie, lançant de petites décharges à chaque appui. Il fini par me lâcher et grommelle seul un instant, avant de me regarder dans les yeux à nouveau :

« C’était quoi ? »

« Coup de crosse. »

Luyon hausse une arcade à ma réponse et saisi encore mon menton pour y regarder de plus près.

« C’est marrant.. Je crois que c’est la première fois que je te vois saigner.. »

Sa remarque me fait me demander si son observation est vraiment à but « médicale » ou bien s’il se délecte simplement de la vue. Pour lui apporter un degré de satisfaction supplémentaire, j’ouvre ma bouche, dévoilant, je pense, mes dents teintées de bleu et ma salive indistinguable de mon sang. Mon collègue se fend d’un sourire presque moqueur et se recule pour fouiller dans son sac à ses pieds :

« On dirait que tu t’aies pris un coup de couteau plus qu’un coup de crosse. Par contre pour la langue je ne peux rien y faire. »

Il se relève avec un petit sac hermétique qu’il pose à côté de moi.

« Je vais essayer de recoudre un minimum après m’être assuré que c’est tranquille niveau bactérie et tout le tralala. »

Directement, il sort du sac une petite lingette à alcool qu’il colle sur ma peau. Une vive brûlure se fait ressentir, me faisant serrer les dents. Quelques secondes plus tard, Luyon repose le tissu désormais bleu et attrape fil et aiguille. Je regarde avec appréhension ses mains tremblantes s’approcher de mon visage.

« Tu es sûr de toi ? »

« Pas du tout, je ne l’ai jamais fait pour être franc. »

« Tu n’as pas plutôt des bandes adhésives ou un truc du genre qui ne nécessite pas que tu charcutes ma joue ? »

Un large sourire se dessine sur ses lèvres alors qu’il se retient d’exploser de rire. Reposant son matériel, il sort du sac un rouleau duquel il prélève trois petits morceaux et les colle sur la plaie.

« Ça marche à tous les coups et c’est toujours aussi drôle. »

Je ne trouve pas cela spécialement drôle mais je peux voir en quoi Luyon est amusé.
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Re: That time we meet again

Message par Miho'Shakti Vas Erakis » 13 Octobre 2018, 18:04

Le calme qui régnait en soute avait un petit quelque chose d'agréable. En fait, Miho s'était presque attendue à ce qu'un quelconque pirate, bien planqué, ne profite de ce genre d'instant pour sortir de sa cachette, mais ce ne fut pas le cas. Est-ce que tout se passait bien du côté des otages? Elle n'en doutait pas vu leur escorte. Au final, il ne restait plus grand chose à faire. Et ça allait sans doute prendre son temps. UN petit bip manqua de la faire sursauter, alors qu'elle arrivait enfin à se détendre un minimum. Elle ralluma son OmniTech, pour constater qu'on essayait de la contacter. Vérifiant sa batterie, elle grinça des dents, avant de prendre l'appel.

"J'écoute."
"La station est sous contrôle. J'ai vu que tu as transmis des données. On a six vaisseaux, du gabarit léger et moyen, qui convergent vers Aroania. Un de nos gars sur Ventega a signalé qu'aucun vaisseau correspondant à ceux des esclavagiste n'était encore arrimé. Mais le Little Cloud s'y trouve, Schmid prépare un groupe d'intervention au cas où. De ton côté?"
"Les otages sont libérés, en attente d'évacuation."
"Bien reçu. Je t'envoie une frégate, ils pourront passer entre les mains du médecin de bord avant d'être rapatriés."
"D'accord. Heu... Suad'? Mon OmniTech est en fin de vie et la radio du vaisseau est morte. Pour simplifier le processus, transmet l'info suivante au pilote: jumelage par le sas avant babord. Je ferai le nécessaire de mon côté."
"... Transmis. Autre chose?"
"Non, c'est tout bon. A bient..."

Un nouveau bip strident retentit alors que l'appareil se mettait en mode d'économie d'énergie, coupant la conversation du même coup. Au moins l'essentiel était bon. Avec un soupire, Miho agrippa son arme et se releva, non sans mal. Un grincement métallique lui confirma que son armure allait avoir besoin de quelques réparations, mais jusque-là, aucun dégât reçu ne mettait sa santé en danger. Au final, elle s'en sortait plutôt bien sur le plan physique. Son regard passa une nouvelle fois sur les corps, avant qu'elle ne se mette en route, conservant le fusil entre ses mains, par précaution. Elle remonta les niveau, d'un bon pas, mais sans chercher à se presser particulièrement. Elle ralentit quand elle traversa le couloir en partie pris par le corps inanimé de l'Elcor, ce qui lui fila une désagréable nausée au passage, avant qu'elle ne perçoive quelques voix, sur un ton calme, plus loin. Apparemment tout s'était vraiment bien passé pour le groupe. Afin de ne pas prendre le risque d'affoler un otage, elle arriva sans se presser, et après s'être arrêtée sur le seuil, elle jeta un regard à Gyzarus qui faisait une ronde, et alla fixer son arme dans son dos. Elle fit un crochet, pour s'approcher de Laquarius en pleine étape de soin et indiqua, sur un ton monocorde.

"Un vaisseau de la Coopérative va s'arrimer pour prendre en charge tout ce beau monde."

L'information donnée, il lui restait encore du travail, alors elle se dirigea vers la cabine de pilotage et y entra, en veillant à cacher le peu d'ouverture qu'elle se laissa, pour épargner à des regards déjà durement éprouvés la vision du bain de sang qu'ils y avaient fait plus tôt. Après avoir refermé derrière elle, et enjambé ce qui gênait son passage, elle resta debout devant les commandes pour surveiller l'approche de l'autre vaisseau. Compte tenu de l'ergonomie bordélique des commandes, il lui fallu quelques secondes pour assurer la stabilité de l'appareil, et désactiver totalement les réacteurs. Il ne restait plus qu'à activer l'accrochage de la rampe qui serait déployée à leur rencontre.
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Re: That time we met again

Message par Laquarius Nix » 15 Octobre 2018, 16:07

En voyant Gyzarus couper à la corde sa ronde et s’avancer vers la porte par laquelle nous étions entrés en resserrant la prise sur son fusil, je ne peux m’empêcher de tourner la tête, malgré la réprimande discrète de Luyon. Un regard par l’espèce de hublot et l’ancien soldat ouvre l’accès avant que Miho n’ait à s’arrêter. Quand la pilote fait sa pause à l’entrée, le Turien prend, lui, la décision de retourner à son occupation une fois la porte refermée. D’un côté, je le comprends, elle ne lui a jamais adressé la parole, outre le fait que c’est déjà quelque chose de compliqué vu son mutisme, il va donc sans dire que ce n’est pas maintenant que ça va commencer et le social n’a jamais été son fort. Néanmoins ça n’enlève rien au manque de politesse de son acte.

Une fois Miho à ma hauteur, je l’écoute réciter ce qui semble être un texte apprit par coeur. Enfin une bonne nouvelle, pour les civils du moins, pour mes collègues et moi, bien que je fasse confiance à la pilote, je garde une réserve toute mesurée, même si je me rends vite compte qu’à l’heure qu’il est je n’ai plus vraiment de porte de sortie.

« .. l’eau dans le gaz ? »

La voix de Luyon me tire de mes songes. D’abord incertain de ce qu’il a voulu dire, son sourire en coin clarifie la situation et je balaye son sarcasme d’un revers de main pendant qu’il range son matériel.

« Il n’y a jamais eu de gaz pour commencer, donc ne te lance pas là dedans. »

« Oh ! Sujet sensible. Pardon. »

Il se relève en balançant ses affaires sur son dos et pointe l’adhésif sur ma joue.

« Maintenant je vais te demander d’éviter de trop parler, si ça se décolle ça ne sert à rien. Je vais voir la Quarienne, Miho c’est ça ? Et après j’ai fini avec les examens. »


Luyon s’approcha de la cabine de pilotage avec son sourire habituel. Il n’était pas dupe, il avait bien vu que Laquarius avait fait en sorte de obstruer la vision à l’intérieur de la pièce et que Miho s’était empressée de refermer derrière elle. Aussi, il ne s’émeut, ni ne fut surpris par les cadavres jonchant le sol, disposés au préalable de sorte à dégager un maximum d’espace. Une fois entré, il frappa à la paroi pour être sûr de s’annoncer et s’avança vers le poste de pilotage en lui même.

« Miho ? Si vous permettez, je fais un bref examen de tout le monde. C’est très superficiel mais c’est histoire d’éviter que de petites éraflures non-traitées ne se transforment en infections plus grave. »

Tout en parlant, il continuait de s’avancer jusqu’à arriver à la hauteur de la pilote. Sans grande gêne, il se pencha pour jeter un coup d’oeil à la professionnelle concentrée sur ses manipulations. Avec une moue plus ou moins contrariée, il se redressa et posa son sac sur les restes du fauteuil avant de l’ouvrir doucement, encore en pleine réflexion.

« Bon.. Pour la tôle froissée, je n’ai rien. Je ne me permettrai pas de vous manipuler, mais à vue de nez je dirai qu’il n’y a aucune trace de coupure. Alooors.. j’ai des antalgiques, pour votre thorax peut être. S’il y a de la casse au niveau des côtes je ne peux rien faire dans tous les cas. À part ça.. Il me semble que vous êtes une Concillienne, du coup j’ai du chocolat noir pour vous, c’est pour le moral. »

Il s’arrêta alors qu’il posait la tablette entamée à côté de la boite de médicament, semblant réfléchir à nouveau.

« Ça ne vous nourrira pas cela dit. Mais pour un carré vous ne courrez aucun risque. »

À ces mots, il brisa deux morceaux et en tendit un à Miho, partant du principe que la pilote saurait quoi faire avec.
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Re: That time we meet again

Message par Miho'Shakti Vas Erakis » 15 Octobre 2018, 21:47

A nouveau dans un silence relatif, si elle faisait exception des différents sons des commandes prouvant que le matériel disposait d'une mise en place douteuse et que les composants devaient souffrir d'une isolation hasardeuse, Miho laissa son regard s'échapper un moment sur le vide visible par-delà le cockpit. Du bout des doigts, elle diminua d'autant plus la sensibilité des filtres de son casque, pour éviter que le rappel des cadavres l'entourant ne la replonge dans un état plus sinistre qu'il ne l'était déjà. L'ascenseur émotionnel commençait à la fatiguer. A tel point que le sentiment dominant, hormis une certaine désillusion et un écoeurement profond pour une bonne partie des événements, c'était une lassitude qui lui apportait un peu d'indifférence étrangement bienvenue. Aurait-elle réellement dû mettre les formes quand elle était reparue vers Gyzarus? Non. Elle se foutait complètement du fait qu'un type qui pouvait difficilement la blairer puisse changer d'avis sur son compte. Il était méfiant envers tout ce qui ne rentrait pas dans le cadre de sa manière de faire. Un peu comme elle, d'une certaine manière. Franchement... Restait-il encore réellement de la place pour la politesse dans tout ce bordel?

Les mains appuyée sur le tableau de bord, Miho repensa aux cris probablement pas si désespérés que ça d'une turienne quelques heures plus tôt, et à un gamin suffisamment mal dans sa peau pour en venir à braquer une arme sur un inconnue. Peut importait les origines au final. Avec ou sans conditionnement, ce même avait été réduit au sentiment de n'être qu'une proie dans un monde qui ne respectait plus rien. Fallait-il en vouloir à Laquarius? Il n'était qu'un Fabius plus âgé. Fallait-il en vouloir à Gyzarus? Elle ne le connaissait pas, mais vu son job, il avait largement de quoi être désillusionné. Fallait-il en vouloir à la mère de Fabius? Ou finalement n'y avait-il personne à blâmer? Peut-être que ce n'était qu'un Akeron et un Qwib Qwib de plus. La faute à pas de chance. Dans ce monde pourri, faut s'y faire.

Non. Il y avait encore des gens qui espéraient pouvoir garder la tête hors de l'eau assez régulièrement pour ne pas avoir à sombrer dans la facilité de l'extrême. Parce que ouais, on avait beau se dire qu'on était monstrueux à torturer et tuer, il fallait dire que c'était quand même bien plus simple que de se battre en essayant de ménager sa morale et son éthique. Faire du mal, ça avait été extrêmement simple. Oublier les cris pour se concentrer sur un objectif, ou presser une détente pour ne pas avoir à regarder par-dessus son épaule, c'était moins éprouvant sur le moment. Et puis sur le long terme, la morale et l'éthique n'avaient qu'à aller se faire voir. Ou peut-être qu'elle se prenait trop la tête. Après tout, la plupart du temps, elle était entourée de personnes qui avaient des buts communs, qui faisaient de leur mieux, même quand ce n'était pas simple. Il valait mieux qu'elle apprenne rapidement à s'en contenter pour ne pas finir pourrie jusqu'à la moelle. Au plus profond de ses pensées, elle n'entendit pas Luyon se glisser dans le cockpit, alors qu'en temps normal, elle l'aurait senti avant même qu'il ne pose la main sur la porte. Elle sursauta alors franchement en entendant les coups, posant d'instinct une main derrière son épaule, avant de réaliser que malgré l'épuisement, elle restait vraiment bien trop sur les nerfs. Elle s'excusa pour son geste.

"Désolée."

Avant de se reporter sur les différents cadrans. Le vaisseau en approche contournait lentement le leurs, pour venir se positionner progressivement à leur hauteur, mais faire une liaison à la sauvage entre deux bâtiments, dont l'un clairement pas aux normes, allait prendre du temps. Elle s'écarta légèrement des commandes, afin de laisser plus de place de manoeuvre au drell. Elle ne pu s'empêcher de préciser certains détails sur son équipement, vu que ceux-ci n'étaient clairement pas visibles vu de l'extérieur.

"Mon matériel m'aurait informé en cas de défaillance. Et ne vous embêtez pas trop, j'ai un mod IV médicale."

Elle tapota son plastron, l'air de dire "quarien oblige". Forcément, avec un tel organisme, et puisqu'elle en avait les moyens, elle avait adapté son équipement en conséquent. Surtout qu'elle avait la fâcheuse manie de ne pas rester sagement à l'arrière. Fallait-il qu'elle fasse le bilan de son état de santé? Son armure avait morflé, elle un peu moins. Elle posa sa main contre son ventre, prenant une profonde inspiration en se retournant fasse aux commandes. Oui, ça faisait mal. Mais elle était encore très loin de la douleur ressentie de ses côtes brisées ou de sa cage thoracique enfoncée. Et blessures internes, elle connaissait. Là, elle partait sur du bon gros hématomes comme elle en avait l'habitude. Avec quelques courbatures en prime. Un antalgique aurait sans doute son utilité, mais à ce stade, pour elle, ce n'était clairement pas une nécessité. Et si ce n'était pas nécessaire, autant s'en passer. Concept d'économie des ressources quarienne, là encore.

Mais elle trouva presque mignonne la manière donc Luyon faisait de son mieux pour améliorer son état, comme il avait certainement dû le faire avec tout le monde, et comme il l'avait fait avec Laquarius quand elle était arrivée. Mais malgré ça, malgré sa gentillesse, elle ne pouvait s'empêcher de se dire qu'elle serait bien mieux si elle était seule dans cette pièce. Quand bien même elle pourrait s'en vouloir d'avoir ce genre de pensée, elle tâcha de ne pas en avoir l'attitude, du moins autant que ce fut possible.

"Ecoutez... Luyon, c'est ça? J'apprécie votre savoir faire, mais je n'ai vraiment pas le coeur à avaler quoi que ce soit pour le moment. Et je saurais très bien me passer d'antalgiques."

A part une désagréable boule au ventre persistante depuis qu'elle en avait terminé en soute, rien qui puisse se rapprocher de l'envie ou de la gourmandise ne l'effleurait. C'était même plutôt l'inverse. Elle jeta un rapide coup d'oeil à la boîte et à la tablette avant de s'en détourner

"Il vaut mieux garder ça pour vos collègues ou pour les ex-otages à bord. Quant au chocolat... Il sera plus pertinent pour ces gens que pour moi. Ou si c'est trop peu pratique de faire le partage, gardez-en plutôt pour le gamin, au cas où on le recroise."

Son ton restait neutre. Elle ne cherchait pas à être désagréable, juste à se concentrer sur ce qu'il restait à faire. Son vrai moment pour souffler, elle l'aura une fois qu'elle sera à nouveau à bord de l'Erakis, et ce n'était clairement pas pour tout de suite. Elle précisa pourtant, par simple principe.

"Mais merci quand même."

Un voyant s'alluma, assorti d'une succession de petit sons stridents. L'alarme de proximité se déclenchait, avec un retard plutôt lamentable. D'un geste sec, Miho lui coupa le sifflet, et ordonna au système d'ignorer l'approche. La dernière chose qu'elle voulait était qu'un quelconque protocole de sécurité fasse bouger le vaisseau. Elle secoua la tête en plissant les yeux, geste inutile pour se débarrassé du reste de sifflement persistant que ses oreilles croyaient encore entendre. Mieux valait se concentrer sur autre chose.

"Je peux vous poser une question? Est-ce vous savez si le vaisseau Erakis est fiché comme menace dans les dossiers de votre patron ou collègue ou peu importe?"

Il y avait peu de chance que le drell connaisse ce genre de détail, à moins qu'il ait eu sous les yeux tous dossiers traités au sein de leur station. Mais savait-on jamais... De toute manière, il y avait des choses à creuser, vu ce que Fabius avait dit, qui collait plus facilement avec le fait qu'elle soit devenue une cible.
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Re: That time we met again

Message par Laquarius Nix » 17 Octobre 2018, 22:06

Suite au refus de Miho, Luyon porta le carré de chocolat qu’il s’était cassé pour lui même à ses lèvres et, de sa main nouvellement libre, déchira un bout d’aluminium de la tablette. Il posa ensuite le morceau destiné à la pilote dessus et commença à laisser fondre sa sucrerie comme s’il s’agissait d’une sucette. Désormais en pleine possession de ses capacités de manipulation, il entreprit de ranger ses affaires pour laisser place aux manœuvres et simplement sortir. Une fois la fermeture de son sac remontée, il enleva le chocolat, plus vraiment carré, de sa bouche pour parler :

« Tous les ex-otages ont déjà eu leur carré et mes.. « collègues » n’en ont pas l’utilité. Si je m’entête à me trimballer mon chocolat, beaucoup trop chère sur le marché noir, c’est pour ses vertus anti-dépresseurs. Pour nous.. ben on est habitué quoi et puis avec la psy de la station, on a plus efficace qu’une petite gourmandise pour effacer les idées sombres. Je vous laisse le carré, si jamais vous souhaitez le donner à quelqu’un d’autre ne vous gênez pas, peut-être qu’il faudrait éviter le môme cela dit, connaissant Jaipha il aura déjà avalé bien assez de cochonneries. »

Il remit son chocolat en place et balança son sac sur son dos, souriant au remerciement de Miho :

« Boarf.. c’est normal. Bon allez, à tout à l’heure. »

Tournant le dos, il ne retint qu’à peine un léger ricanement quand l’espèce d’alarme le fit sursauter. La réaction de la pilote avait semblé être teintée d’agacement et le Drell pouvait le comprendre en voyant le capharnaüm de commandes qu’était le poste. C’est vrai qu’il n’avait pas vraiment fait attention au premier abord mais ce qu’il qualifia immédiatement de « saloperie krogano-butarienne » avait de quoi lui faire hausser une arcade. Vu l’état du truc, le taux de chance pour que deux commandes se court-circuitent entre-elles était très, mais alors très, proche de un. Dire qu’on l’avait déjà repris auparavant parce qu’il avait imprimé des circuits avec des canaux trop gros d’un dixième de millimètre. Il claqua sa langue doucement : c’était autre chose que ce travail de branleur. Néanmoins, ce n’est pas ce qui attira le plus son attention, c’est le fait que Miho l’apostropha.

« Bien sûr, je vous en prie… C’est très simple, je n’ai ni patron, ni collègues et je n’ai jamais entendu parler de cet Erakis.. Bon la version officielle : c’est fait. Maintenant soyons sérieux trente secondes.. »

Il se retourna complètement pour faire à nouveau face à la pilote et appuya son épaule sur la paroi à sa droite.

« La transparence interne est totale, donc, non, votre vaisseau n’est pas fiché comme une menace. En réalité, il n’est pas fiché du tout. Mais tant qu’on y est, autant y aller pour de bon. On est au courant à chaque fois que le bâtiment s’aventure dans les Terminus, en particulier les zones sensibles. Les rapports sont adressés à Laquarius en personne mais comme tout le monde y a accès.. Bref, vous avez compris. »

Sa phrase achevée, il tourna les talons.

« Vous savez.. Je sais que ça paraît bizarre, et on a déjà eu pas mal de conversation là dessus, mais il ne cherche pas à mal faire, seulement.. il s’y prend mal. »


Une fois Luyon sorti, je m’empresse de rejoindre Gyzarus. Mon bras colle celui du chef de la sécurité et je l’attire plus à l’écart, là où les oreilles indiscrètes ne gêneront pas.

« Tu aurais au moins pu faire sembler de te soucier de son état. Merde, je sais que tu ne parles pas mais montre un peu d’émotion. »

Au fond je sais bien que ça ne sert à rien de faire ça, ce n’est pas s’il allait aller s’excuser auprès de la principale intéressée, mais c’était pour la forme.
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