Entrevues enneigées [PV Laquarius]

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Re: Entrevues enneigées [PV Laquarius]

Message par Laquarius Nix » 15 Avril 2018, 22:57

Une vive douleur me lançait dans l’épaule depuis que j’ai percuté le tronc de l’arbre. À l’abri du regard de Naell dans son dos, je me masse en grimaçant. L’Asari nous guide sur le chemin du retour vers la station, aidée par un HUD fraîchement sorti de son sac. Arrivé à l’hôtel, je file dans ma chambre après avoir convenu d’un rendez-vous avec Naell. Pestant à chaque pointe tiraillant mon épaule, j’ôte mon armure et me presse sous la douche. Les branchages ne m’ont pas épargné et j’essuie rapidement les petites coupures à l’intérieur de ma main gauche. Ma carapace naturelle a bien encaissé le reste, mais mon idée d’attraper une des branches à cette vitesse était vraiment stupide. Je ne m’attarde pas trop longtemps et sors pour enfiler des vêtements de soirée, bien qu’il ne soit qu’une heure de l’après-midi, pour descendre manger et éviter d’avoir à enfiler mon armure encore humide.

Une fois en bas, avec quelques minutes d’avance, je vais commander une table pour deux auprès d’un serveur et m’y installe en attendant ma compagne de table. Tout comme ce matin, L’Asari fait son entrée pile à l’heure de notre rendez-vous, à croire qu’elle se cache à l’angle des murs pour entretenir cet effet. Son regard azuré balaye la salle jusqu’à croiser le mien, par soucis de bonne mesure, je lui adresse un signe de tête et me lève pour tirer sa chaise quand elle approche. Je retourne ensuite m’asseoir en face d’elle. Son expression en dit long sur l’interrogatoire que je vais passer, à moins que ça ne soit que moi qui m’invente des films. La garçon repousse un peu l’échéance en nous apportant la carte. Néanmoins, le répit n’est que de courte durée. Une fois les remerciements polis et sa présence dissipée, Naell m’accorde un laconique « Je t’écoute ». L’usage du tutoiement, bien que nouveau, n’était pas inattendu, après tout, nous venions de nous battre à mort côte à côte. Je comptais lui proposer d’en venir à cette familiarité, mais devant l’initiative de L’Asari, je garde ma proposition comprenant que l’idée n’avait pas qu’émergée chez moi. Ne quittant pas la carte des yeux, malgré mon choix déjà fait, un tartare qui me paraît tout à fait appétissant sur le papier, j’entame mon explication.

« Je te l’ai dit : ‘On ne se fait pas que des amis en vacances.’. Il se trouve que les personnes que nous avons croisées aujourd’hui sont probablement, pour ne pas dire certainement, les mêmes qui sont venues me.. parler.. hier. Il s’agit, comme vous devez vous en douter, de personnes peu fréquentables avec qui je suis en désaccord, d’une certaine façon. C’est de cette mésentente qu’est née leur animosité à mon égard et par conséquent leurs dernières actions. »

Sur ces mots je ferme mon menu avec un soupir et tend le bras pour le poser au bord de la table. Ce faisant, un pincement dans mon épaule m’arrache une grimace qui n’échappe à Naell.

« Tu vas bien ? »

Avec un petit sourire contrit, je presse à l’endroit où s’est faite ressentir la douleur.

« Oui oui. Ne t’en fais pas, j’ai juste tombé sur un arbre plus dur que prévu et il me l’a fait sentir. Au pire je pourrai toujours dire que j’ai eu un accident au ski, j’ai entendu dire que c’était une sorte de légende parmi les Humains. »

Le serveur revient à ce moment, attrapant la dernière bride de notre conversation, il m’informe que l’hôtel peut mettre à ma disposition une liste de médecins compétents dans les environs de la station. Je le remercie et lui passe ma commande. Naell quant à elle hésite encore et le garçon lui propose donc le plat du jour : un confit de canard, que L’Asari accepte volontiers. Après avoir récupéré nos menus, il ajoute :

« Vous souhaiteriez boire quelque chose ? Notre sommelier conseille un magnifique Bordeaux 2185 pour accompagner le plat du jour. »

« Parfait. »

« Pour ma part, je ne prendrai pas d’alcool, mais si vous avez un jus de fruit de quelque sorte je suis preneur. »

Avec un hochement de tête le serveur repart et je reprends le fil de la discussion.

« Je te dois des excuses, je ne pensais pas qu’ils oseraient agir en plein milieu de la journée à découvert. Mon intention n’était aucunement de t’entraîner là-dedans et encore moins que ta vie soit en danger pour cette broutille. »

Naell n’a pas bronché pendant mon discours et se décide enfin à réagir en m’accordant un sourire.

« Je risque ma vie tous les jours pour quelqu'un d'autre. Finalement, ça ne change pas grandement du boulot. »

Arborant un regard presque malicieux, elle ajoute :

« Je suis garde du corps d'élite. Les excuses sont superflues, je crois... Mais les démêlés avec ces gens là ont l'air d'avoir été sérieux, pour qu'ils en veuillent à ta vie. Non ? »

Cette dernière phrase rend la situation tellement cocasse que je ne peux me retenir d’en sourire, franchement amusé.

« On bosse plus ou moins dans le même domaine en fait, on en veut souvent à ma vie donc j'arrête de comptabiliser les fois sérieuses ou non. »

« Vraiment ? »

Elle marque une pause, curieuse, avant de reprendre :

« Mais comment fais-tu pour qu'on veuille tant d'éliminer ? Quand je travaille, la cible n'est jamais moi... »

Je retrouve immédiatement mon sérieux et me tais en apercevant le serveur revenir. Une fois nos plats devant nous, je lance sur un ton neutre :

« Tu sais, je crois que si l'on veut garder une entente cordiale, il y a une certaine ligne de franchise à ne pas franchir. »

« Désolée, c'était une question indiscrète... »

L’Asari porte son verre de vin à ses lèvres avant de demander :

« Maintenant qu'ils savent que tu n'es pas seul, ils vont m'inclure dans l'équation. On les attend ou bien on frappe en premier ? Enfin, tu frappes et je te couvre... ? »

En entendant cela, je fronce les arcades et repose la bouchée de viande que je m’apprêtai à mettre dans ma bouche.

« Je n'ai pas pour habitude d'entraîner des gens avec moi là dedans. D'autant que tu l'as dit toi même, tu es une garde du corps, tu n'es pas formée pour l'offensive et je ne compte pas attendre qu'ils me tombent à nouveau dessus. »

« Je n'ai jamais dit que je n'étais pas formée pour l'offensive... C'est juste que je suis meilleure sur la défensive. Alors, que fait-on ? »

Mon oreille a comme le sentiment de sentir une pointe de vexation dans les paroles de Naell, mais encore une fois, je me fais peut être juste des idées. J’enfourne le morceau dont je me suis privé il y a une seconde avec un haussement d’épaule. Ma bouche finie, j’ajoute :

« On déguste ce délicieux repas, puis on se brosse les dents, c'est important. Ensuite j'irai rendre une petite visite à nos amis, si tu tiens à m'accompagner tu pourras toujours t'assurer que personne ne vienne me déranger. »

« J'y tiens. Ça me chagrinerait d'apprendre ta disparition par les médias... Et puis, on a toujours besoin d'un bouclier. Même pour mettre des gifles avec... »

Sa réaction me paraît démesurée et je ne sais pas exactement comment la prendre, je me contente donc d’en rire.

« Je doute que l'on évoque ma disparition dans les médias de toute façon. La célébrité ne me sied guère. »

« Sait-on jamais ? Cela dit, ça n'arrivera pas. Pas sous mes yeux. »

Naell ponctue sa phrase d’un sourire. Parmi toutes les personnes en vacances sur cette station, il fallait que je tombe sur une garde du corps têtue.

« J’irai avoir une discussion avec les responsables dans l’après-midi. Ils occupent un entrepôt désaffecté en contre-bas de la station, une zone hors de portée des touristes qui n’a pas encore été totalement reconstruite. L’idée est simple, je rentre, je m’explique pour de bon et je sors. »

Je recommence à manger et reprends sur un ton plus léger :

« Je ne comprends pas pourquoi tu fais ça. »

Mangeant elle aussi, L’Asari me rétorque :

« Sincèrement, moi non plus. Pour la même raison que tu t'es jeté entre moi et eux lorsque j'étais au sol, sans doute. »

« C'est différent. Là c'était de ma faute. »

« Disons que cette fois-ci, ce sera de la mienne, alors... »

Naell me sourit, amusée, avant d'avaler une bouchée de son plat. Décidément je n’arrive pas à la cerner, mais je ne peux que constater que je ne pourrai pas lui faire lâcher le morceau. J’opte donc pour changer de sujet, parlant plutôt de ma technique au ski et écoutant les conseils précieux que mon enseignante me fourni. Le repas se déroule sans encombre, se concluant par un dessert fondant au chocolat d’une part et un zhuat de l’autre.
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Re: Entrevues enneigées [PV Laquarius]

Message par Naell T'Loari » 20 Avril 2018, 12:33

Naell acheva son fondant au chocolat.
Il allait y avoir du sport, comme disait les humains. Autant elle que Laquarius auraient besoin de préparer leurs armements respectifs, ce qui impliquerait un petit aller retour vers leurs chambres respectives. Le turien venait de terminer son dessert lui aussi. Se levant, il fut imité par l'asari, laquelle indiqua au serveur de mettre le repas sur la note de sa chambre d'hôtel. C'était son tour d'inviter, après le repas de hier soir...
Sortant tout deux du restaurant, ils se donnèrent rendez-vous dans une dizaine de minutes, le temps de récupérer leur matériel. Naell avait bien son pistolet dissimulé dans une de ses poches, mais cela ne suffirait sans doute pas. Il lui fallait un renfort cinétique et sa mitraillette. Si l'expérience lui avait appris quelque chose, c'était que mieux valait prévoir large que se retrouver à court de matériel en plein combat. Encore qu'elle pourrait se défendre avec sa biotique, mais elle préférait n'en faire usage qu'en dernier recours.

De retour dans sa chambre, elle ouvrit sa malle et en sortit son armure. Une Titan Medium peinte en noir et blanc et arborant un petit liseré bleu clair -le même bleu que celui de ses tatouages-. Prenant l'ensemble de l'armure, elle le glissa dans un sac de sport. Elle tira également de sa malle une mitraillette Geth améliorée par ses soins. L'arme ne pesait guère lourd et pouvait s'utiliser à une main, ce qui convenait parfaitement au style de combat qu'elle affectionnait. Une main armée, l'autre cuirassée d'un bouclier, quel qu’il soit. L'asari ajouta quelques cartouches thermiques pour faire bonne mesure, y mettant également plusieurs barres énergétiques.
Naell ressentait régulièrement le besoin de s'alimenter lorsqu'elle faisait usage de sa biotique...
Réapparaissant dans le hall à peine dix minutes après l'avoir quitté, elle y trouva Laquarius, lequel portait son armure sous un trench-coat du plus bel effet.
Toutefois, l'ensemble restait peut être un brin trop martial et "formel" pour se fondre dans la masse des touristes. C'est pourquoi, arrivée à la hauteur du turien, Naell pris son écharpe et l'enroula autour du cou de ce dernier.
-"Voila, on dirait presque que tu es là pour les vacances. Allons-y." ajouta-t-elle en souriant.

Ils sortirent de l'hôtel et descendirent en direction du bas de la station. Ce n'était pas particulièrement loin à pieds. Toutefois, se doutant que quelqu'un les surveillerait, Laquarius et Naell décidèrent de faire un petit détour par l'un des coins un peu à l'écart, délaissés des touristes. Ils remarquèrent alors sans peine un humain faisant mine de porter un sac d'où dépassaient des mini-skis et qui les suivaient depuis leur lieu de résidence.
L'asari et le turien repérèrent un parking sous-terrain parfait pour ce qu'ils comptaient faire et s'y engouffrèrent.
Sans surprise, leur poursuivant les suivit.
Il tomba nez à nez avec le canon d'un Predator et celui d'une Frelon au détour d'un des piliers.
Le tenant en joue, Laquarius s'approcha de lui et lui asséna un coup derrière la nuque, l'assommant sur le champ. Les deux compagnons traînèrent alors l'humain inanimé dans un local de service où se trouvaient quelques outils et une dé-neigeuse. Ils le laissèrent là, saucissonné. Ainsi, il ne les retrouverait pas de si tôt. Naell sortit la première et se retourna, surprise de ne pas trouver le turien. Ce dernier émergea du parking une dizaine de secondes plus tard.

Reprenant leur route à pieds hors de la route en direction de l'entrepôt désigné par Laquarius, ils l'atteignirent au bout d'une demi-heure d'une marche malaisée dans la neige. Restant cachés dans l'ombre des arbres bordant deux hangars dont l'un portait encore les stigmates de la guerre, Naell fit un signe discret à son compagnon. Elle devait revêtir son armure avant de passer à l'action.
S'isolant sommairement -c'est à dire en s'éloignant de deux mètres et d'un buisson-, elle s'équipa rapidement, enfilant l'armure avec une dextérité révélatrice d'une habitude certaine à cet exercice. Rangeant consciencieusement ses affaires dans le sac, elle vérifia ses armes et ses réserves. Satisfaite, elle passa son sac en bandoulière dans son dos et rejoignit le turien.

Laquarius surveillait le hangar "neuf". Le second entrepôt, à moitié effondré, était sans aucun doute désaffecté, ce qui réglait la question de savoir ce que l'on allait y trouver.
Le HUD de Naell s'activa, donnant une vue thermique des lieux. L'entrepôt semblait dégager de la chaleur et plusieurs sentinelles discrètes montaient la garde. L'une d'entre elles se trouvait dans les ruines du hangar voisin, surveillant l'arrière du complexe. Manifestement, qui qu'ils soient, ils tenaient à leur sécurité.
-"Deux sur l'avant, dans les buissons encadrant la route qui mène au complexe. Un dans le hangar en ruine. Il y en a probablement d'autres aux alentours." fit Naell en pointant les positions de sa main à son compagnon.
-"On pourrait les contourner en mettant hors de combat discrètement celui dans le hangar."
-"Ok, je m'en occupe, attends-moi là."
Activant son camouflage, le turien disparut sous les yeux de l'asari. Seules les traces de pas s'éloignant dans la neige témoignait de sa présence. Naell suivit les traces en restant dans l'ombre, les voyant se rapprocher petit à petit du hangar. Il s'y engouffra et l'asari perdit sa trace. Se reportant sur la cible, dont elle voyait la forme se détacher du mur qui lui faisait dos, elle attendit. Elle vit apparaître subrepticement le turien à ses côtés avant de ne plus rien voir du tout. Apparemment, la cible venait d'être traitée.
Laquarius réapparut, lui faisant signe que la voie était libre.

Avec précaution, Naell descendit de sa position pour rejoindre son camarade. Prenant soin de ne faire aucun bruit, elle plaçait ses pas dans ceux du turien, couvrant ainsi à la fois le son de son déplacement dans la neige déjà écrasée et leur nombre.
Se faufilant dans le hangar à moitié détruit, elle y découvrit le cadavre encore chaud du garde. Son cou faisait un angle assez peu courant pour un humain. Au moins était-il mort quasiment sur le coup, sans bruit. Il aurait été possible de seulement l'assommer et le ligoter, mais apparemment, le turien en avait décidé autrement...
Alors qu'elle allait rejoindre Laquarius, elle découvrit une porte latérale, d'une dimension modeste, donnant directement sur l'autre entrepôt. Naell fit signe à son camarade :
-"Pssst, Laquarius ! Une porte !" Dit-elle en chuchotant.
Le turien s'approcha, curieux de voir ce qu'elle venait de trouver.
Manifestement, derrière un conteneur métallique, se trouvait bel et bien une porte donnant vers le second bâtiment.
Tout deux se figèrent l'espace d'un instant.
Un bruit de pas se faisait entendre derrière le mur, s'approchant de la porte. Il s'agissait d'un pas calme, méthodique, presque mécanique...

Prenant l'initiative, Naell s'approcha de la porte et vérifia si elle était verrouillée. Manifestement, non. Elle posa sa main sur la poignée et attendit que les bruits de pas se rapprochent. Quelques secondes s'écoulèrent avant que l'individu derrière le mur ne parvienne à la hauteur de la porte.
Ouvrant soudainement cette dernière, Naell croisa le regard d'un humain passablement surpris de voir quelqu'un. Son bond en avant la projeta sur lui. Il n'eut guère le temps de faire quoi que ce soit lorsque l'asari lui asséna un violent coup de poing au visage, l'assommant sur le champ. Se rétablissant sur ses jambes, elle attrapa son adversaire inconscient et d'un second élan, revint vers l'intérieur du hangar avec l'homme. Elle s'y laissa rouler-bouler tout en souplesse, le garde toujours dans ses bras.
L'ensemble venait de durer à peine quelques secondes et le bruit généré avait été largement couvert par celui de la brise dans les arbres.
Au sol avec l'humain inconscient, Naell se redressa et se releva.
Laquarius referma la porte délicatement.
-"Et voila..." souffla-t-elle, reprenant son souffle avant de ligoter et bâillonner sa proie. L'asari ne vit pas son compagnon se pincer les lèvres.
Entrouvrant à nouveau la porte le turien écouta avec attention.
Personne ne semblait bouger.
C'était déjà ça.
Risquant un coup d'oeil approfondi, il vit une porte similaire sur le mur de l'autre entrepôt, à peu près à hauteur du second tiers de ce dernier depuis son entrée principale.
Leur entrée, peut être ?
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Re: Entrevues enneigées [PV Laquarius]

Message par Laquarius Nix » 18 Mai 2018, 11:28

De retour dans ma chambre, j’enfile mon armure et passe ma mitraillette à ma ceinture, recouvrant le tout de mon long manteau. En redescendant, Naell prend les devant et passe son écharpe autour de mon cou, prétextant que j’allai pouvoir me faire passer pour un véritable touriste grâce à cet artifice. C’est vrai que j’ai tendance à oublier que les gens ici sont aux trois quarts là pour profiter de leur temps libre. D’habitude, un petit air sérieux est amplement suffisant pour passer inaperçu, pas ici toutefois.

Alors que nous marchons depuis quelques minutes à peine, l’Asari et moi échangeons un regard. Nous l’avons tout les deux vus, le type à l’allure moins que discrète qui nous a suivi quasiment dès notre sortie de l’hôtel. Nos yeux s’entendent pour agir un peu plus loin. Quand le profil d’un parking souterrain apparaît, nous saisissons notre chance. Le bougre se fait surprendre et se retrouve ligoté par Naell. Je la laisse partir devant et dès qu’elle a quité mon champ de vision, j’envoie mon genou contre la joue de l’Humain. Son cou produit un craquement sinistre et je sors à la suite de ma partenaire du moment, l’air de rien.

Arrivé en vue des bâtiments, Naell utilise un attirail pour repérer les ennemis les plus proches et me les indique. Je saisi l’opportunité et me faufile derrière les lignes en usant de mon camouflage. Une fois derrière le garde le plus simple à éliminer, je passe mes bras autour de son crâne pour le paralyser et tire d’un sec pour lui briser la nuque. Pour conclure ma partie, je fais un signe à l’aveugle, comptant sur le fait que Naell regarde toujours au travers de son détecteur et me verra donc. Elle ne tarde pas à émerger de la pénombre pour m’inviter à regarder sa trouvaille : une porte. Je m’approche en tendant l’oreille et cesse de bouger en entendant du mouvement derrière le battant. L’Asari est la plus proche, discrètement elle se met en position et frappe au moment où le garde passe au niveau de la porte. L’attaque est d’une rapidité impressionnante. Je n’ai que le temps de m’avancer pour fermer en douceur derrière la garde du corps quand elle fait son retour de mon côté avec un corps inconscient. Mes lèvres se pincent d’elles-même en voyant Naell réitérer son action de ligoter le garde. Je me console en me disant que celui-là n’avait pas eu le temps de voir nos visages, ou allait avoir du mal à s’en souvenir vu le coup qu’il avait reçu.

La voie étant dégagée, je prends le risque d’ouvrir la porte. Plus loin, une autre entrée, cette fois dans le deuxième hangar. Jetant des coups d’oeil à droite et à gauche, je m’avance doucement vers celle-ci. En arrivant à sa hauteur, je réalise qu’il s’agit d’une sortie de service, le genre qui ne s’ouvre que dans un sens à moins d’avoir une clef. Or je n’en ai pas et je doute que Naell en possède une. À court d’option classique, je détache ma Veuve Noire et dévisse le verrou, pour en tirer la tige. Plus qu’un petit élément et ça devrait le faire.

« Tu peux me passer une baleine de ton soutien-gorge ? »

Perplexe, l’Asari me répond en fronçant les sourcils :

« Mon soutien n’a pas baleine et quand bien même, je tiens à mes vêtements. »

« Tu n’aurais pas une épingle à cheveux du coup ? »

Entre elle et moi, la capillarité n’était pas vraiment représentée à sa juste valeur. C’est un des avantages de traîner avec des humains. En tout cas, ma partenaire hausse les épaules.

« J’ai un OmniTech. »

Une épingle orange apparaît. Je lui indique donc la serrure.

« Tu peux gratter là pendant que je force dessus ? »

Le regard que me jette Naell en dit long. Elle laisse tomber l’épingle et matérialise plutôt un kit de crochetage. Évidemment ça marche aussi, je n’ai pas cette fonctionnalité sur mon propre OmniTech alors difficile d’en avoir le réflexe.

« Frimeuse. »

L’Asari m’accorde une petite moue et se penche vers la serrure. Dépossédé de mon job, je m’adosse au mur pour faire le guet en attendant que la manipulation se termine. Le barillet fini par tourner et Naell tire la porte pour ouvrir sur un escalier. Je tends mon bras par dessus ma partenaire accroupie pour lui tenir le battant et passe derrière elle. Je retiens la fermeture avec précaution pour éviter qu’un gros bruit de claquement n’envahisse le bâtiment puis commence mon ascension, aux aguets
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Re: Entrevues enneigées [PV Laquarius]

Message par Naell T'Loari » 29 Mai 2018, 19:14

Encore un peu...
L'asari continuait de titiller la serrure à l'aide du kit de crochetage fraîchement modélisé. Sous ses doigts agiles, Naell sentit la serrure hésiter, cliqueter, tourner et finalement s'avouer vaincue. Appuyant sur la poignée, la jeune femme ouvrit délicatement la porte, l'entrouvrant dans un premier temps. Une série de caisses analogues à celles trouvées dans l'autre hangar semble obstruer la vue. Toutefois, sur la gauche, l'asari entrevit un escalier métallique. Il lui sembla un instant entendre des voix.
Faisant signe à Laquarius, elle lui souffla discrètement :
-"C'est ouvert. Il y a des caisses et un escalier, sur la gauche. J'entend un peu de bruit, des gens qui parlent..."

Ramenant son attention vers la porte, Naell se glissa à l'intérieur du hangar silencieusement, rapidement suivie par son camarade turien.
Ce bâtiment ressemblait fortement à l'autre. Nul doute qu'ils aient été conçus sur le même plan. Toutefois, depuis la destruction du premier, le second semblait cumuler le rôle d'entrepôt, de garage et de lieu de vie.
Vers ce qui semblait être l'avant du bâtiment, Naell pouvait apercevoir un véhicule antigrav posé devant la grande porte coulissante. Un homme semblait s'afférer à ses côtés. Garde ou mécanicien ? L'asari ne pouvait le dire à cette distance à travers des caisses entreposées en vrac.
Et si leur côté du hangar était rempli de conteneurs en tout genre, ça ne semblait pas être le cas de l'autre côté.
En montant quelques marches à pas de chat, Naell put distinguer quelques lits de camp, une table longue et des bancs. Deux hommes mangeaient ce qui ressemblait fortement à un surgelé préparé à la va-vite. Ce n'était pas le luxe, mais ils possédaient une cafetière, à en juger par la tasse que portait l'un d'eux à ses lèvres.

Rejoignant la passerelle telle une panthère dans la nuit, l'asari remarqua que cette dernière était complètement fermée par une vitre sans teint. Restant sur ses gardes, elle en profita pour continuer à observer sans être vue.
Outre les personnes et les endroits déjà découverts, elle pouvait désormais voir ce qui ressemblait à une pièce dédiée, située au fond de l'entrepôt. D'ici, elle distinguait également bien mieux les deux hommes autour de la table de la "zone de vie".
Et désormais, elle voyait aussi au milieu de l'entrepôt une sorte d’arène, séparée de la zone de vie par une double rangée de caisses. A moitié aménagée dans le sol, elle ressemblait presque à un puits d'un mètre et demi de profondeur, surmonté d'une sorte de cage métallique l'entourant totalement. D'un diamètre d'une bonne quinzaine de mètres, il devait être possible de se battre à plusieurs sans pour autant manquer de place.

Naell nota l'absence de caisses à hauteur de l'arène. La taille de cette dernière ne devait pas y être étranger. Même si l'asari subodorait quelque chose de plus vicieux, qui se confirma lorsqu'elle avança le long de la passerelle : des caisses obstrueraient la vue de quiconque voulait profiter du spectacle d'un combat...

Laquarius s'était dirigé dans l'autre sens, vers le fond de l'entrepôt. Le rejoignant, ils échangèrent quelques mots :
-"Ils ont l'air d'être plutôt bien installés, non ?"
-"Oui. Leur boss doit certainement se trouver là." Répondit le turien en indiquant la pièce dédiée aux vitres sans teint se trouvant au rez de chaussée.

L'asari nota la présence d'un garde à l'entrée de ladite salle. Probablement pour garder une personnalité importante, comme l'avait pressenti le turien. Un garde qui n'était pas sans lui rappeler quelqu'un. Il portait une tenue des plus élégantes, composée d'un costume noir d'une certaine qualité. Il n'avait rien à lui envier lorsqu'elle se mettait en robe de soirée ou en tailleur pour protéger ses clients...

Un escalier permettait descendre depuis la passerelle à côté de la salle du fond.
Laquarius se dirigea dans cette direction. Naell lui laissa les avants. Après tout, elle n'était là que pour le couvrir...
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Re: Entrevues enneigées [PV Laquarius]

Message par Laquarius Nix » 04 Juin 2018, 21:55

À mi-chemin dans l’escalier, je m’arrête et me baisse derrière la rambarde, non pas qu’elle me rende invisible mais elle me procure au moins un faux sentiment de discrétion. Je viens de réaliser que j’avance comme si j’étais seul ou alors que la personne avec moi était comme mon ombre. Or l’Asari n’a rien de mon ombre, déjà elle est bien plus petite que moi et les tatouages faciaux très peu pour moi -les aiguilles et moi ça fait deux. Au-delà des considérations physiques, c’est surtout en terme d’équipement que mes questions portent. Elle et moi venons de deux mondes bien distincts, enfin pas vraiment vu qu’ils entrent fréquemment en collision mais sur le fond nous sommes plus ou moins le contraire l’un de l’autre, ou le complément question de point de vue. Mais du coup un doute me taraude l’esprit et je m’empresse d’en avoir le coeur net en me tournant vers Naell pour lui murmurer :

« Tu as un Camouflage ? »

Le hochement de tête négatif que je reçois en réponse ne m’enchante pas trop mais je m’y attendais un peu. C’est bien la peine de faire apparaître des kits de crochetage si on ne peut pas se camoufler. Enfin, je me redresse un peu pour observer l’espace qui s’offre à nous, je vois bien un chemin qui longe l’arène, qui nous offre donc sa protection pendant tout le demi périmètre à parcourir mais il sera impossible de garder un œil sur les deux types en train de manger, sinon on pari juste sur la chance et on prend le chemin le plus direct jusqu’au bureau en restant à découvert tout le long mais en comptant sur notre vitesse. Dans tous les cas, ces solutions ne sont pas optimales, sinon j’ai bien idée mais plus risquée enfin surtout pour ma partenaire. Ma bouche se tord un peu d’hésitation pendant que j’évalue d’autres options pour au final avancer le parcours plus dangereux :

« Bon, voilà ce que je propose : j’active mon Camouflage pour m’occuper du type à la porte et pendant ce temps tu gères les deux qui mangent. Le plus simple pour que tu restes discrète serait que tu passes sous la passerelle, tu sais en t’agrippant au maillage.. »

La mine déconfite de Naell suffit à ma voix pour s’étouffer dans ma gorge, j’ai peut-être réfléchi un peu trop loin ou pas assez.

« Enfin bref, tu fais comme tu veux. L’ombre de la passerelle devrait suffire même si tu es juste dessous mais au sol. L’essentiel c’est que les deux là ne te voient pas, le mien est trop loin pour te distinguer. J’avancerai à ton rythme, concentre-toi sur toi, j’agirai en même temps, tu n’as pas à t’en soucier. En éliminant les trois gardes d’un coup on se laisse tout le hangar ou presque, il faudra juste faire attention à ce qu’un garde ne vienne pas faire une relève ou je ne sais quoi. »

Je pense avoir fait le tour de mes pensées et reprends donc ma descente. Une fois en bas, je me retourne une dernière fois vers l’Asari.

« Bonne chance cocotte, si ça tourne mal je serai prêt à intervenir. »

Elle n’a rien à faire là, elle a juste eu le malheur de se trouver au mauvais moment avec la mauvaise personne, alors je prends l’entière responsabilité de sa survie sur le coup. J’active mon Camouflage et avance tout droit vers la pièce du fond. En progressant, je garde un œil sur Naell pour ne pas prendre de retard sur elle. Mon regard croise les caisses entreposer dans l’ombre, ces mêmes caisses qui sont déplacées près de l’arène les jours de combats pour y faire office de gradin en installant des chaises dessus. Je ne me laisse néanmoins pas distraire et continue d’avancer en accélérant la cadence : je préfère arriver avant l’Asari et l’attendre que d’être pile calé sur elle. Accroupi au coin du mur, je garde mes yeux fixés sur ma partenaire et, dès qu’elle entame son mouvement pour agir, je désactive mon Camouflage passe l’angle en plaquant une main sur la bouche du garde et l’autre sur sa nuque. D’un coup sec, et jouant sur l’élément de surprise, je le tire de mon côté puis fais glisser ma main de sa nuque à son menton. À l’aide d’un coup de pied derrière le genoux, je le fais tomber à terre d’un mouvement brusque fait craquer son cou. Je lâche le corps sans vie et dégaine ma mitraillette. En deux pas, j’ouvre la porte et entre pour trouver la pièce exactement comme je l’avais laissée il y a quelques dizaines d’heures. La seule différence est le bandage recouvrant l’oeil du type que j’ai éborgné. Pour finir mon entrée, j’ajoute une petit phrase qui m’assure de mettre les choses dans leur contexte :

« Quand j’avais dit de ne pas venir sur Oméga, ça impliquait aussi de pas me faire chier ici. »

Le borgne recule immédiatement d’un pas, visiblement je fais mon petit effet sur lui. On ne peut en dire autant de l’autre, toujours assis derrière son gros bureau, il s’enfonce son gros corps dans son gros fauteuil et tire un cigare d’un étui avec un petit sourire. Il se tourne ensuite vers son compagnon, ou son lieutenant je ne sais pas trop, et allume le tabac à ses lèvres.

« Toujours aussi rancunier, hein ? Ça promet d’être intéressant. Je pensais qu’il revenait sur son avis mais en fait c’est toi qui est allé le chercher. »

Ma poigne sur ma mitraillette reste toujours aussi ferme bien que mon bras ne pointe sur aucun d’eux mais bien sur le sol. Je sais que je serai le plus rapide s’il fallait tirer mais tirer sur qui ? Les deux ou bien juste celui qui m’aurait apparemment envoyé des hommes ?
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Re: Entrevues enneigées [PV Laquarius]

Message par Naell T'Loari » 05 Juin 2018, 20:56

-"Bonne chance cocotte, si ça tourne mal, je serai prêt à intervenir."
Naell pensa très fortement, en son for intérieur, que son camarade turien inversait les rôles.
Redescendant à pas de loup l'escalier, elle se glissa derrière les caisses, dans l'ombre, pour rejoindre un point proche de la zone accueillant la table, la machine à café et les deux gardes en pleine discussion.
Un peu moins d'une dizaine de mètres la séparait de ses deux cibles.
Mais comment réussir à parcourir cette distance sans se faire voir pour les neutraliser ?
Les deux gardes ne semblaient porter ni armure ni armes, ce qui faciliterait les choses. Mais comment passer sans qu'ils ne la voient ? Impossible. A moins d'en staser un pendant qu'elle s'occupe de l'autre.
Méthode peu discrète, mais qui peut fonctionner...
Se préparant à faire usage de sa biotique, Naell jette un coup d’œil en direction de l'objectif du turien, de l'autre côté du hangar. Il a bien dit qu'il calerait son rythme sur elle... Elle espérait donc qu'il agisse conformément à ses paroles...

Alors qu'ils échangeaient sur d'obscures paris auxquels tout deux jouaient, l'un des deux gardes se retrouva figé, s'élevant de quelques centimètres sur son banc sous les yeux médusés de son partenaire.
Naell se précipita vers ce dernier, lequel s'était penché vers son confrère, par dessus la table, pour le saisir par le bras. Sentant un danger lui arrivant dessus à grande vitesse, il tenta de tourner la tête. Hélas pour lui, c'était déjà trop tard.
Du plat de la main sur la nuque, Naell l’assomma net, s'arrêtant dans un dérapage de semelles, entraînant sa cible à terre. Un bruit sourd indiqua à l'asari que l'humain assommé venait de rencontrer prématurément le sol.
Elle se mordit les lèvres avant de soupirer :
-"Désolée..."
S'assurant rapidement qu'il ne se relèverait pas avant un moment, elle fit le tour de la table pour se placer derrière l'individu stasé. Ce dernier n'allait guère tarder à recouvrer ses esprits. Naell sortit son Predator et patienta quelques instants.
La stase se dissipa, laissant l'humain finir de prononcer la fin du mot qu'il avait commencé. C'est l'air à la fois surpris et dépassé par les événements que non seulement il ne voyait plus son camarade, mais en plus sentit-il le canon froid d'un pistolet pointé à sa tête.
-"N-ne tirez pas !!"
S'écria-t-il.
-"Qu'est-ce que foutez ici ? C'est quoi cette cage ?"
Demanda Naell en soupirant d'une voix basse et beaucoup trop calme à l'oreille de l'humain paniqué.
-"Ce... c'est une arène ! C-c'est pour les combats à mort !!"
L'asari leva un sourcil, soudainement prise d'un doute.
-"Combats à mort ?"
-"D-des gars qu'on choppe, on les met là et... ils se battent... O-on libère le dernier en vie !!"
Elle avait peur de comprendre...
D'une détente sèche, la garde du corps abattit la crosse de son arme sur la nuque de son prisonnier, lequel s'effondra sur la table, le nez dans son repas.
Elle se sentait moins désolée, maintenant qu'elle avait une petite idée des activités pratiquées en ces lieux...

Sans perdre un instant, elle sortit quatre menottes serflex qu'elle passa à ses prisonniers, leur enserrant les mains dans le dos et leur ligotant les pieds. Déchirant des morceaux de leurs vêtements, elle les serra autour de leur visage, les bâillonnant consciencieusement avant de les tirer vers le couvert des caisses, l'un après l'autre.
Une fois cela fait, elle regagna l'escalier pour rejoindre la passerelle, qu'elle parcourut à pas rapides mais discrets, l'arme au poing.
Le garde à l'entrée du bureau n'était plus là, signe que Laquarius s'en était probablement déjà occupé...

Descendant avec précaution l'escalier proche du bureau, elle découvrit le corps sans vie du garde. S'agenouillant à ses côtés, elle allait prendre son pouls lorsqu'elle vit l'angle pour le moins étrange que décrivait le cou. Le diagnostique était évident : vertèbres cassées. Il était mort sur le coup.
Se redressant, elle rejoignit le bureau. S'arrêtant à l'entrée, elle entendit son camarade turien parler avec deux humains.
-"C’est toujours le problème avec les gens dans votre genre : vous ne comprenez pas les avertissements. Vous pensiez quoi ? Qu’envoyer une brochette d’incapable allait suffire à m’avoir ? Je pensais avoir été clair, maintenant il faut régler l’addition."
L'une des voix ricana.
-"Je sens que je vais m’amuser. Allez, paye l’addition puisqu’il t’y invite. Il faut toujours assumer ses responsabilités, je le dis assez souvent."
-"Les responsabilités des sous-fifres incombent aussi leur maître. La prochaine fois, tache de mieux le tenir en laisse. Enfin.. Si tu pouvais voir une prochaine fois, mais ça j’en doute."
Un coup de feu retentit.

Sans attendre, Naell activa son techno-blindage et déploya son contrecoup devant elle avant de passer la porte. Un second coup de feu retentit simultanément tandis que le bureau vient se renverser devant Laquarius. Un trou béant occupait le centre du plateau en bois massif derrière lequel le turien venait prestement de se mettre à couvert. Son manteau semblait être parti en lambeau à un endroit.
Un humain, tombé au sol, se vidait de son sang rouge.
Face à l'asari, un humain à la corpulence massive et vêtu particulièrement luxueusement, un fusil à pompe en main, se préparait à tirer à nouveau.
Sans hésiter, décalant son contrecoups, Naell fit feu de son pistolet, visant la tête.
Deux balles quittèrent l'arme, touchant la cible à l’œil et à la gorge.
Une double gerbe de sang vint asperger le mur derrière lui.
Les doigts de l'homme se crispèrent, déclenchant une nouvelle détonation, dont les projectiles vinrent s'écraser au sol devant lui.
L'arme sauta de ses mains tandis que son corps s'effondrait au sol.

Naell prit une seconde pour examiner rapidement la situation et confirmer l'absence de menaces autour d'elle. Ce faisant, elle conserva un temps sa position défensive avant faire disparaître son contrecoup et de se redresser, son arme toujours au poing. En quelques pas agiles, elle rejoignit Laquarius et lui tendit la main :
-"Est-ce que ça va ?"
S'enquiert-elle, inquiète.
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Re: Entrevues enneigées [PV Laquarius]

Message par Laquarius Nix » 11 Juin 2018, 11:38

La situation est plutôt inconfortable, ou du moins étrange. Un Turien en colère, un premier Humain visiblement affolé et un deuxième Humain complètement détaché de la scène. La tension dans la pièce est clairement palpable, pourtant le type assis conserve son air insouciant, presque provocateur. Il voit bien que je suis sur le point d’exploser, c’est une évidence, mais ça ne l’atteint pas le moins du monde, il renchérit même :

« Bon, on fait quoi du coup ? »

« Ferme la. »

Je pointe mon arme sur lui en même temps que mes nerfs me lâchent. Encore une fois, c’est comme si je n’avais rien fait, il ne bronche aucunement et se contente d’afficher son petit sourire. Il me fait encore plus enrager, je décide donc de m’adresser à son lieutenant :

« C’est toujours le problème avec les gens dans votre genre : vous ne comprenez pas les avertissements. Vous pensiez quoi ? Qu’envoyer une brochette d’incapables allait suffire à m’avoir ? Je pensais avoir été clair, maintenant il faut régler l’addition. »

Mon interlocuteur fait un pas en arrière supplémentaire, toujours aussi peu serein. Derrière son bureau, en revanche, le chef se délecte du spectacle qui lui est offert et rigole sans retenu.

« Je sens que je vais m’amuser. Allez, paye l’addition puisqu’il t’y invite. Il faut toujours assumer ses responsabilités, je le dis assez souvent. »

Je me tourne vers lui avec des yeux injectés de haines.

« Les responsabilités des sous-fifres incombent aussi leur maître. La prochaine fois, tache de mieux le tenir en laisse. Enfin.. Si tu pouvais voir une prochaine fois, mais ça j’en doute. »

Son sourire s’étire pour dévoiler toutes ses dents. Puis tout se passe très vite, trop vite pour que je comprenne vraiment ce que moi-même je fais. Le gros soulève son bureau de sorte à le renverser pendant que l’autre fait un brusque volte-face. Réagissant par pur instinct, mon bras se tend et je tire une rafale à destination du lieutenant. Touché trois fois dans le buste, il tombe au sol avant même que son costume ne commence à rougir. Je n’ai pas le temps de faire quoi que ce soit d’autre qu’un bruit assourdissant résonne devant moi. Le plateau du bureau renversé explose alors qu’une volée de projectile fonce vers moi. Mon bouclier cinétique encaisse difficilement le coup et éclate sous l’impact, laissant quelques charpies finir leur course dans mon armure. Je suis chanceux que les obstacles précédents étaient là, sans ça c’était chirurgie obligatoire. Le choc me renverse et je tombe sur les fesses, sans vraiment me poser de question, je pousse sur mes bras pour me coller au bureau qui me semble être la seule couverture de la pièce. Un réflexe idiot puisque j’ai bien vu qu’il ne faisait pas le poids face à l’arme du chef, mais bon, les réflexes sont les réflexes.

Deux nouveaux tires résonnent, ceux-ci n’émanent pas d’un fusil à pompe néanmoins. Levant la tête, j’aperçois Naell. L’Asari a sorti tout son attirail de combat et je peux d’ores et déjà annoncer que je n’irai pas me frotter à elle de front. Prestement, elle vient à niveau et me tend sa main pour m’aider à me relever.

« Est-ce que ça va ? »

Acceptant son aide, je me relève et jette un œil au type sur qui elle a tiré, la précision des coups ajoutent un peu plus à son aura quelque peu terrible, mieux vaut être de son bon côté, ou alors silencieux et dans son dos. J’époussette vainement mon manteau troué au niveau du flanc et me retourne vers elle pour lui répondre :

« Je suppose que je suis encore en vie et ton écharpe est intacte, donc j'imagine que oui. »

Naell se contente d’un petit sourire en coin accompagné d’un léger rire cristallin, certainement une marque de politesse. Au loin, des bruits de courses précipitées nous parviennent. Les coups ne sont apparemment pas passés inaperçus parmi les gardes à l’extérieur.

« Bon, on y va ? »

L’Asari acquiesce et tire deux grenades fumigènes de son sac. Il n’y a pas à dire, elle est bien mieux équipée que moi. Immédiatement, elle en laisse tomber une dans le bureau, ça couvrira notre fuite. Je me penche par dessus le bureau et ramasse le fusil à pompe du chef dans un couloir ou un escalier, ça sera le mieux. Nous partons en direction de l’escalier de fonction, là par où nous sommes arrivés. Naell se déplace à côté de moi, tous ses boucliers levés. À l’autre bout du hangar, des voix se font entendre et des tirs commencent à fuser. Autant dire que je force un peu l’allure, répliquer serait gâcher des balles à cette distance. Je cours dans l’escalier, suivi de ma garde du corps commise d’office. La passerelle vibre sous nos pas, voire grince même un peu, mais ralentir est une option trop dangereuse. Une fois en vue de l’escalier descendant qui nous amènera vers l’air frais, Naell lance sa deuxième grenade dans la cage. Je l’entends rebondir jusqu’à arriver dans la neige écrasée au pas de la porte. Le petit sifflement s’échappe et de la fumé rempli les marches ainsi que la sortie. Alors que je commence à descendre, ma partenaire attrape mon épaule et me tire en arrière. Elle se place devant moi en un instant à peine et encaisse un tir sortant de nulle part. Je pose ma main gauche sur sa taille et l’écarte pour tirer en face, à l’aveugle. Un cri d’agonie retenti au bas des marches, dans la fumé, pendant que j’échappe un petit grognement. Le choc du tir n’a pas été au goût de mon bras droit qui me rappelle le choc forestier de la veille et le fait que les fusils à pompe sont plus percutant que les petites mitraillettes.

Naell conserve la tête et je la suis de près pour ne pas la perdre dans la fumé. Elle même progresse avec son viseur thermique et dès qu’un de ses pieds touche la neige, son deuxième se projette sur le côté. Un bruit sourd m’indique qu’elle a touché sa cible. M’extirpant de la fumigène, je lâche le fusil à pompe, désormais inutile en espace ouvert, et dégaine mon fusil de précision. D’un rapide balayage, je m’assure que la voie est dégagée. Je repère un type à l’angle du hangar, il doit se penser invisible ou bien n’imagine pas que nous soyons sortis par là. Le vieux bâtiment n’est pas plus qu’une formalité pour le calibre de mon arme. Ma Veuve Noire souffle une balle qui ignore le matériaux fragilisé par le temps et atteint le garde au thorax. Naell me rejoint immédiatement et se place à nouveau devant moi. Sa manie de vouloir me protéger a un côté mignon, même si elle est purement professionnelle. Nous continuons de progresser en direction du couvert des arbres derrière lesquels l’Asari s’était changée.
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Re: Entrevues enneigées [PV Laquarius]

Message par Naell T'Loari » 14 Juin 2018, 16:47

La lourde détonation du Veuve Noire fit se soulever la neige fraîche au sol.
Positionnée en tête, Naell examina rapidement le terrain. Ils allaient devoir tout deux remonter la pente douce couverte de poudreuse pour rejoindre le couvert des arbres, ce qui risquait de les exposer passablement. Faisant rapidement le compte de son armement, elle afficha les statistiques sur son HUD. Son technoblindage et son omnibouclier semblaient tenir plutôt bien pour le moment. Quant à sa biotique, l'asari n'en avait pas encore fait un énorme usage. Naell en conclut qu'elle était parfaitement opérationnelle, moins deux fumigènes.
Mais son camarade n'avait probablement pas la protection nécessaire pour effectuer la montée à ses côtés.

Un garde passa devant elle, l'arme haute.
Sans réfléchir, l'asari décocha deux coups de son pistolet, abattant l'humain en armure.
Arrivée à sa hauteur en quelques pas et sans s'arrêter, elle ajouta deux balles supplémentaires dans le casque, s'assurant d'achever son infortuné adversaire.

Revenant à son camarade d'infortune, elle le vit tirer un nouveau projectile sur une cible située de l'autre côté des hangars.
La détonation fut violente, même en étant de ce côté du canon, et ne manque pas de soulever à nouveau une volute de neige, malgré le couvert du turien derrière le coin du hangar délabré.
Parfaitement consciente que la situation pouvait évoluer très vite, tout particulièrement si les gardes se ressaisissaient et décidaient de les contourner, Naell jeta à Laquarius :
-"Laquarius, montez la pente sous camouflage optique, je vous couvre !"
Alors que le turien se retourner vers elle, l'asari ajouta :
-"Vous me couvrirez de là haut, allez !"
Hochant la tête, le turien rangea son Veuve Noire dans son dos avant de disparaître sous l'effet de son camouflage.


Dégrafant sa mitraillette geth, Naell pris une grande aspiration.
Elle allait devoir donner l'impression que plusieurs personnes se trouvaient ici, afin d'entretenir le flottement des gardes.
Des balles ricochèrent là où Laquarius se tenait, faisant voler des éclats de béton dans une série de volées de poussière.
Les projectiles claquèrent aux oreilles de la jeune femme.
Se concentrant, Naell relacha ses pouvoirs biotiques, déployant une singularité au milieu du couloir au milieu des deux hangars.
Le vortex bleuté se forma, non sans faire décoller un garde particulièrement brave. Malheureusement pour lui...
Pointant son Predator dans la direction de l'humain, l'asari lâcha une demi-douzaine de coups dans le corps de ce dernier, occupé à flotter mollement autour de la bulle biotique.

Se décalant dans la foulée sur le côté, elle inspecta l'intérieur du hangar délabré. Elle y trouva deux hommes en armure avançant prudemment et silencieusement vers elle. D'une rafale de sa mitraillette, Naell fit voler en éclat la barrière du premier, le forçant à se mettre à couvert. Son acolyte tira dans la direction générale des coups de feu, sans toutefois l'atteindre.
Dos au mur, l'asari éjecta la cartouche thermique de son Predator et en enclencha une nouvelle.
Elle essaya alors de voir la progression de son camarade, dont les traces dans la neige s'étiraient vers la forêt.
Il ne devait plus être bien loin...

Des tirs ricochèrent sur son technoblindage, la forçant à déployer son omnibouclier pour protéger son visage. Manifestement, les gardes avaient choisis de faire le tour du hangar occupé. C'était une bonne idée, mais qui leur coûta une rafale de mitraillette, les forçant à se remettre à couvert, suivie d'une nouvelle singularité. Cette dernière captura le premier d'entre eux, probablement celui qui venait de lui tirer dessus. De son Predator, Naell le cribla de projectiles, faisant tomber sa barrière cinétique. Arborant un sourire sadique, l'asari déploya une déchirure sur sa cible, déclenchant une explosion biotique sous l'effet de la singularité.
Le bruit effroyable de la détonation biotique allait probablement les calmer sur ce flanc...
"Allez Laquarius, c'est pas le moment de m'oublier..."
Pensa-t-elle en son for intérieur, tandis que de nouveaux tirs venant de l'intérieur du hangar en ruine claquaient à ses oreilles.
Raccrochant sa mitraillette à sa ceinture, Naell porta sa main aux poches de son armure. Ses doigts trouvèrent deux grenades flash dans l'une d'elles et deux nouvelles grenades fumigènes dans la seconde.
Préférant conserver les fumigènes pour préparer sa fuite, l'asari sortit l'une des grenades flash, l'activa et la jeta dans le hangar en ruine, prenant bien soin de rester à couvert durant l'opération.
La grenade détona bruyamment dans un flash lumineux probablement douloureux pour les rétines et tympans des personnes se trouvant à l'intérieur.

Alors qu'elle allait se pencher pour tirer sur les cibles dans le hangar, Naell entendit un sifflement aigu passer au dessus d'elle, suivi rapidement d'une violente détonation en provenance des arbres.
Laquarius avait certainement trouvé une position avantageuse et en faisait usage.
C'était le signe qu'elle attendait pour mettre les voiles...

Sortant une grenade fumigène, elle l'activa et la jeta vers la pente enneigée, contre le vent, avant de démarrer un sprint dans la direction du nuage se déployant.
La fumée, soufflée lentement par le vent, se déploya en rideau vers l'extérieur du champ de vision du turien. Naell avait bien fait attention à ce point...
Une nouvelle détonation retentit au dessus d'elle en même temps que le flash du canon d'un Veuve Noire s'évanouissait dans la pénombre du sous-bois. Derrière elle, l'asari imaginait sans peine le projectile faucher un individu s'étant fait fort d'attenter à ses jours...
Rejoignant la fumée, la jeune femme désactiva son omnibouclier et son technoblindage, consciente que leur luminosité orangée risquait de trahir sa position. Déployant son contrecoup à la place et se positionnant de trois quart pour avancer en se protégeant, elle continua son ascension sous les tirs clairsemés de leurs poursuivants et ponctuée par les détonations autoritaires du Veuve Noire de Laquarius...

----------

Se faufilant entre les arbres en prenant soin de camoufler leurs traces, Naell et Laquarius prirent la direction de la route. Sortant du sous-bois à auteur du ruban d'asphalte, ils se mirent à remonter la route en courant, prenant cette fois soin de laisser leurs empreintes enneigées. Ils coururent ainsi sur une centaine de mètres avant de sauter à nouveau dans le sous-bois pour se refaufiler entre les branches et les troncs.
Naell vérifia qu'aucun d'eux n'avaient laissés de traces sur le bas côté, puis ils reprirent leur chemin en veillant à nouveau à laisser le moins de marques possibles de leur passage.
La route n'amenait pas à leur station, mais à une autre, voisine, se trouvant dans une vallée adjacente à celle où se trouvait la leur. Avec un peu de chance, les gardes à leur recherche tomberaient dans le piège...

Rejoignant le bas des habitations de leur station de sports d'hiver, Naell fit signe à Laquarius d'attendre un peu. Désignant son sac, récupéré dans le sous-bois après leur fuite des hangars, la jeune femme bleue lui fit comprendre qu'elle allait se changer pour passer inaperçu.
Elle avisa une porte donnant vraisemblablement sur un local de rangement de skis, l'asari en força la serrure. Pénétrant dans le réduit, elle entrepris alors de se dévêtir de son armure pour repasser sa tenue de touriste inoffensive. Ne mettant pas plus d'une dizaine de minutes pour changer de silhouette, son armure soigneusement rangée dans le sac de sport, Naell réapparut à la vue du turien :
-"Et voila ! Bon, rejoignons l'hôtel. J'ai hâte de quitter cet endroit : l'air y est frais, mais je crains que ça ne se réchauffe s'ils font le lien avec nous."
-"D'autant que j'ai moi aussi besoin de me changer."
Le turien lui rendit son écharpe, que l'asari noua autour de son cou.
-"Allons-y, alors..."
Chargeant son sac sur son épaule, Naell suivit Laquarius, lequel ouvrit la marche.
Déambulant entre les immeubles et les chalets, ils rejoignirent le cœur de la station, où trônait leur hôtel. Les skieurs s'adonnaient aux joies de la glisse tandis que les locaux animaient les diverses boutiques constellant le bord des pistes... Aucun d'eux ne se doutaient qu'une bataille rangée avait eue lieu plusieurs kilomètres plus loin et plus bas.
C'est dans ce contexte étrange et paradoxal que Naell et Laquarius passèrent le pas de la porte du hall du Cheval Blanc...
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Re: Entrevues enneigées [PV Laquarius]

Message par Laquarius Nix » 17 Juin 2018, 12:48

Naell a bien évalué la situation : une position surélevée est une aubaine pour moi. Même si je rechigne à l’idée de la laisser derrière, je ne peux que reconnaître qu’il s’agit là du meilleur choix. Lui accordant un hochement de tête approbateur, j’attache mon fusil dans mon dos et me lance dans la direction qu’elle m’a indiqué. Courir en étant armé n’est pas une chose aisée, d’autant plus quand il s’agit de porter quasiment un septième de son poids à bout de bras, alors je compte juste sur mon camouflage et la diversion de l’Asari pour rester inaperçu.

Arrivé au bas de la pente, je constate tout de suite que la grimper sera plus compliqué que prévu. Quand il avait s’agit de la descendre, une petit glissade toute en douceur avait été amplement suffisante mais là c’est une autre paire de manche. Mon premier essai, dans la continuité de ma course, se solde par un cuisant échec. En à peine trois pas, mon pied gauche s’enfonce plus que prévu et je dégringole à la case départ. Une deuxième tentative me fait comprendre que je ne pourrai vraiment pas monter de cette façon. Mon poids ajouté à celui de mon équipement est clairement trop pour la poudreuse. Je me retrouve donc presque à quatre pattes, à avancer en m’aidant de mes mains dans une posture bien éloignée de celle dont j’aurai pu rêver.

Sortant enfin victorieux de cette laborieuse ascension, je ne perds pas de temps et me retourne pour m’allonger en dégainant ma Veuve Noire. D’un rapide coup d’oeil, je repère la position de Naell. Sans perdre plus de temps, je règle brièvement la lunette et avale une grande goulée d’air. Dérangé seulement par les battements de mon coeur, je presse la détente et immédiatement tire sur la culasse de mon arme. C’était ma dernière balle. La cartouche vide tombe au sol, créant un petit trou dans la neige réduite en liquide à son contact. Je me relève pendant que ma main gauche plonge dans la poche de mon manteau pour en tirer une munition neuve et vais me placer à un meilleur angle. Une fois à nouveau en place, je reprends mes tirs. La puissance de l’arme ne laisse aucune chance à nos assaillants. Chaque fois que je touche, je sais que la personne ne se relèvera pas, il suffit de voir les petits vols planés que les corps désarticulés font sous l’impact pour en être convaincu. Le seul problème c’est qu’à chaque détonation une décharge parcours mon épaule droite, qui me sert d’appui. Je ne cesse pas de faire feu pour autant mais je sens que je vais le regretter.

Dès que Naell fait son apparition à mes côtés, je me relève et range ma Veuve Noire pour la suivre dans notre fuite. Intelligemment, elle se meut de sorte à brouiller les pistes. Il n’y a plus qu’à espérer que l’information concernant notre lieu de résidence n’ait pas tourné parmi les hostiles. Après de longues minutes de course, nous ralentissons enfin le rythme et ma partenaire m’indique qu’elle va aller se changer. Amusé, je la regarde crocheter la serrure et profite de ce moment de flottement pour faire un état des lieux de ma propre tenu. Je grogne en voyant le trou dans mon manteau, je vais certainement devoir en racheter un ou devoir demander à Élisabeth de mettre à profit ses talents de couturière. Dans tous les cas, l’armure que je porte en dessous n’est plus un mystère pour personne. Prenant compte de cette observation, je dénoue l’écharpe de Naell de mon cou pour la lui rendre dès qu’elle sortira. Le tissu est un peu humide après avoir traîné dans la neige quand je tirais, mais j’imagine que la garde du corps ne m’en tiendra pas rigueur au vu de la situation dont nous nous sommes tirés. En attendant, je me masse l’épaule regardant à droite et à gauche par moment, dans un élan de précaution.

À notre retour à l’hôtel, nous prenons congé l’un de l’autre, non sans se donner rendez-vous pour manger ensemble plus tard, et je monte à ma chambre pour ôter mon armure. Après une rapide douche, j’enfile des habits plus confortable, ou du moins plus passe-partout, et entreprends de cacher mes armes dans la chambre une nouvelle fois. Mon manteau toujours troué, je descends à la réception pour retrouver Naell. Une part de moi espère que les gens penseront simplement que mon habit abîmé n’est autre qu’un rescapé d’un descente malheureuse, tandis que le reste de ma conscience s’en tape allègrement. Nous dirigeant vers notre table, je ne perds pas mes bonnes manières et prends de l’avance pour tirer la chaise de mon invitée. Confortablement installés, nous passons notre commande sans revenir sur les événements des dernières heures. Je maintiens ma diète non-alcoolisée et demande à nouveau le même plat que la dernière fois. C’est un de mes nombreux défauts : quand je goûte à quelque chose de bon, j’ai du mal à prendre la décision de tester autre chose. Le repas débute et j’aborde brièvement les séances de ski que j’ai obtenues de Naell ainsi que l’éventualité d’en prendre d’autres. Notre conversation est interrompue quand l’holovision commence à diffuser des images de deux hangars en bordure de zone touristique. Un petit sourire se dessine sur mon visage et je me concentre pour lire le sous-titre : « Fusillade près de la station du Col Blanchi – près d’une dizaine morts. ». Seulement dix ? Ils n’ont pas dû regarder de partout. Taquin, je désigne les informations à Naell en lui soufflant :

« Tu penses qu’ils vont nous accorder un direct ? Si j’avais su j’aurai fait des dessins dans la neige. »
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Re: Entrevues enneigées [PV Laquarius]

Message par Naell T'Loari » 19 Juin 2018, 20:54

-"J'en doute. Mais oui, on aurait dû dessiner quelque chose dans la neige..."
Naell leva son verre de vin et en bût une gorgée, avant de saisir à nouveau sa fourchette.
L'asari avait choisie un plat typique de la Terre, issu d'une région appelée France. Ou était-ce un pays ? Elle ne se souvenait plus de ce détail, mais savait que le plat se nommait un bœuf bourguignon. Le sommelier lui avait d'ailleurs recommandé un vin de Bourgogne. Sans doute y avait-il un lien entre le nom du plat et l'origine du vin... Le sommelier devait savoir, puisque c'était sa recommandation.
En tout cas, l'ensemble était délicieux et accompagnait parfaitement la nouvelle retransmise par les informations d'Elysium.

Autour du couple asaro-turien formé par Laquarius et Naell, quelques têtes se levèrent de leurs assiettes pour écouter le reportage. Les conversations qui allaient bon train se tarirent, au profit de l'écran situé contre l'un des murs du restaurant. Attentive aux réactions alentour, Naell entendit quelques bribes de discussions se tournant désormais sur la proximité du lieu de la fusillade :
-"...c'est pas loin, ça..."
-"...penses qu'on aurait pu l'entendre... ?"
Le reportage montra des prises de vue des deux hangars tandis que le présentateur enchaînait :
-"...plusieurs centaines d'impacts de projectiles divers recouvrent les murs de ce qui semblait être un simple entrepôt... trace de grenades et les enquêteurs soupçonnent l'usage de pouvoirs biotiques..."
Les enquêteurs n'étaient pas sots, apparemment...
-"...armes de gros calibres..."
L'image indiquait le coin du mur que le Veuve Noire de Laquarius avait réduit en miette. Par contre, aucune trace du garde qui se trouvait derrière. Peut être les gardes survivants avaient-ils évacués les corps avant de se faire interrompre par les forces de sécurité locales.
-"...une véritable arène où se sont déroulés, semble-t-il, de sanglantes rencontres dans ce qui devait être un morbide jeu de survie..."
-"Au moins, ils ont mis ça à jour..."
Ajouta Naell, à la suite du présentateur, en direction de son acolyte turien.
-"...organisation criminelle dont le leader serait encore dans la nature..."
L'asari leva un sourcil. Dans la nature ? Le leader avait pris deux balles dans la tête et s'était effondré au sol dans son sang et celui de son lieutenant. Voila qui était assez inexact, mais semblait prouver que les gardes avaient en partie fait le ménage...

Ils achevaient leur plat de résistance lorsque le reportage -qui dura une bonne dizaine de minutes, sensationnel oblige- pris fin. Le serveur en livrée blanche s'approcha d'eux pour leur demander s'ils avaient terminés. C'était effectivement le cas, aussi proposa-t-il un dessert.
Naell opta pour une coupe de crème glacée à la vanille. C'était son parfum préféré depuis qu'elle avait découvert ce met terrien...
Laquarius partit sur un fondant au chocolat, qu'accompagnait sa crème anglaise. La recette, pourtant prévue pour être lévo-aminée, avait été réactualisée en même temps que convertie avec des ingrédients dextro-aminés...
Le serveur venait de repartir, emportant les assiettes vides, lorsqu'un fait divers attira l'attention de l'asari.
A l'écran, le visage d'un homme à la corpulence importante, apparut. Ce visage, Naell le reconnut instantanément : elle ne l'avait vu que pendant une poignée de secondes, mais cela suffit. C'était l'homme à qui elle avait décochée deux balles de son pistolet en plein front.
-"...apprenons la mort de M. Nevil Wolfe, célèbre homme d'affaire d'Elysium. Il serait mort dans l'accident de son véhicule antigravitique, alors qu'il rejoignait son domicile en compagnie de son secrétaire particulier, lui aussi tué sur le coup. Rappelons que c'était grâce à M. Wolfe qu'avait pu être financée la Fondation de protection des orphelins de guerre d'Illyria, qui..."
-"Les accidents d'antigrav' mettent du plomb dans la tête, maintenant... On aura tout vu."

Terminant sa coupe de crème glacée, elle vit Laquarius achever son fondant au chocolat d'un vif et agile coup de cuillère. Manifestement, il avait apprécié le dessert, un peu de chocolat restant sur un coin de sa bouche.
Faisant un petit signe du doigt en indiquant la commissure de ses propres lèvres, Naell fit comprendre à son compagnon qu'il lui en restait encore un peu. Ce dernier passa un rapide coup de langue suivi d'un coup de serviette, effaçant toute trace de la chose, ce qui ne manqua pas de faire sourire l'asari...
Une fois les assiettes à dessert consciencieusement nettoyées emportées par le serveur, elle se pencha en direction du turien :
-"Ne penses-tu pas que nous devrions changer de latitude ? Terminer nos vacances dans un endroit... plus tranquille, hors de leur portée ?
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Re: Entrevues enneigées [PV Laquarius]

Message par Laquarius Nix » 26 Juin 2018, 22:59

D’une oreille distraite, j’écoute les réactions avoisinantes concernant les informations qui défilent en ce moment. C’est une situation nouvelle pour moi, je n’ai jamais l’occasion d’assister au contre-coup de mes actions. Il n’y a pas de quoi casser trois pattes à un canard au final, juste une sorte de bouillie distillant bien assez les points importants pour faire passer ça comme étant un banal règlement de compte. Même si, à la réflexion faite, les règlements de compte ne doivent pas être monnaie courante par ici. Je me retourne néanmoins à l’évocation des "armes de gros calibres" et laisse un petit sourire en coin se glisser sur mon visage en constatant les pincettes prises par les images : pas une trace de sang, un impact bien net sans débris au sol. Bref une bonne couche de maquillage sur le travail tel que je l’ai quitté, maintenant il ne reste qu’à savoir qui des malfrats ou des journalistes l’a appliquée, mais au fond je m’en moque. Mon intérêt pour les manipulations n’est pas plus émoustillé quand je réalise, à la suite du sarcasme de Naell, que le meurtre de l’espèce d’aristocrate dégénéré répondant vraisemblablement au nom de M. Wolfe est présenté comme un accident d’antigravitique. J’avale ma bouchée de simili-chocolat et pointe un cuillère accusatrice en direction de ma compagne de table :

« J’ai toujours dit de ne pas confier le pilotage d’un véhicule antigravitique à une Asari, ça fini mal à chaque fois. »

Sur cette pensée hautement philosophique, je plante mon couvert dans les morceaux de dessert qu’il me reste afin de finir mon délectable plat. Me mordant la langue à la remarque, bien venue cela dit, de Naell, je m’empresse de rectifier cette erreur de parcours dans l’itinéraire assiette-bouche avec autant de manière que possible, bien que la situation ne s’y prête pas -ou plus. Une fois la table libre de toute argenterie, je pose un regard circonspect sur la garde du corps en entendant sa suggestion. Sur le coup je ne comprends pas l’intérêt car cette question ne m’est jamais venue à l’idée, d’ordinaire je suis déjà très loin quand les autorités découvre les scènes de crime. Inconsciemment, je m’éloigne des points chauds, pas vraiment par soucis du risque, mais surtout parce que je n’ai pas de raison à m’éterniser sur les lieux de mission. Pour le coup c’est différent, songeur, je passe un doigt sur mon nez en réfléchissant.

« Ta valise est prête ? Nous pourrions partir ce soir, j’ai payé ma chambre en avance, pas besoin de passer prévenir l’accueil de mon départ, niveau traçabilité c’est pas mal. On pourrait descendre un peu et remonter vers la station voisine pour ne pas à avoir à s’approcher des entrepôts, delà nous n’aurions plus qu’à dévaler l’autre flanc et nous laisser aller jusqu’à ce que nous trouvions notre nouveau lieu de vacances. »

Si le coeur nous en dit nous pourrions même.. emprunter un véhicule sur la route, bien que je sois convenu qu’ici ce genre de transaction ne se fait pas au jeu de qui a le plus gros fusil, départagé par le jeu de qui a le bras le plus long en cas d’égalité, comme sur Oméga. Après avoir discuté et s’être accordé sur les derniers points de détails, nous nous séparons, chacun retournant dans sa chambre pour préparer son départ, enfin notre départ.

Une fois seul dans mon espace, j’entreprends de remettre à leurs places les tableaux avant de récupérer mes armes. J’enfile mon armure et jette mon manteau troué par dessus avant d’aller ramasser mes affaires de toilette dans la salle d’eau. Un dernier coup d’oeil et je claque la porte derrière moi pour retourner dans le hall retrouver Naell. L’Asari m’y attend déjà, j’ai mis un peu de temps à me rappeler l’ordre des tableaux. À peine un regard complice échangé que nous sommes déjà dehors. Directement, je m’enfile d’un pas décidé dans les ruelles obscures abreuvant l’artère principale. Là nous étions à peu près sûr de ne croiser personne ou presque. Je conserve un allure relativement soutenue, après avoir vu Naell en action, je n’ai aucun doute sur le fait qu’elle me suivra sans peine. En fait ça ne m’étonnerait pas qu’elle me dépasse sous peu alors je garde la tête autant que possible.
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Re: Entrevues enneigées [PV Laquarius]

Message par Naell T'Loari » 02 Juillet 2018, 17:14

Les affaires de Naell risquaient de prendre un peu trop de place pour réellement pouvoir être transportés. L'asari dû se résoudre à un choix : laisser sa malle être transportée jusqu'à l'astroport d'Illyria, où elle serait mise en consigne, attendant ainsi son retour. Remplissant rapidement les formalités via son omnitech, la jeune femme à la peau bleue s'assura qu'un transporteur indépendant viendrait dans l'heure prendre ladite malle.
Il ne lui resterait donc plus qu'à s'occuper de sa valise. Valise qu'elle réarrangea rapidement : quelques vêtements céderaient leur place à quelques éléments de son équipement. Son sac et la valise permettraient d'embarquer sans trop de soucis son armure et son armement, ainsi que suffisamment de vêtements pour finir la semaine. Après tout, il fallait pouvoir se vêtir en conséquence : ils n'allaient certainement pas rester sur la route indéfiniment.
Compactant rapidement ses affaires après les avoir méthodiquement réparties, Naell fit un dernier tour, s'assurant de ne rien oublier, avant de prendre congès de sa chambre. Son séjour à l'hôtel avait été certes de courte durée, mais particulièrement plaisant. Elle reviendrait certainement en compagnie de Lihana. La simple pensée de sa sœur sur des ski la fit sourire.

Elle rejoignit le hall d'entrée, s'arrêtant à la réception :
-"Bonjour. Que puis-je pour vous, madame ?"
L'accueillit la préposée en livrée aux couleurs de l'hôtel.
-"Bonjour, je viens rendre ma chambre."
-"Au nom de T'Loari, c'est bien ça ?"
Naell hocha la tête.
-"... je vois que vous aviez réservé pour quelques jours de plus. Avez-vous eu un soucis avec la chambre ?"
-"Non, aucun, j'en suis d'ailleurs très satisfaite. Malheureusement, c'est mon employeur qui vient de me rappeler d'urgence."
La réceptionniste afficha un air désolé.
-"S'ils pouvaient supprimer les vacances, n'est-ce pas... ?"
Ajouta-t-elle en arborant un sourire en coin.
-"Ne leur soufflez surtout pas cette idée !"
Lui répondit l'asari, d'un air entendu.
Elle régla sa note en plaisantant avec la jeune femme. Lui confiant sa malle verrouillée, Naell indiqua que quelqu'un viendrait la prendre dans l'heure, arguant qu'elle préférait voyager léger.


Alors qu'elle venait de s'installer dans l'un des fauteuils du hall, la demoiselle asari vit descendre Laquarius. Ce dernier semblait voyager encore plus léger qu'elle. Manifestement, il avait pour habitude de ne transporter que le stricte minimum. Une chose que Naell ne pouvait se permettre, étant donné son travail et le besoin d'un minimum de logistique.
Échangeant un simple regard tout deux quittent l'hôtel pour rejoindre la rue. L'air frais et vivifiant des montagnes leur fouette le visage tandis qu'ils s'engouffrent de l'artère principale dans une des ruelles moins peuplées.
Le plan de Laquarius était le suivant : descendre jusqu'à l’embranchement d'une autre vallée voisine de la leur, puis de remonter vers la seconde station. Et de là, il proposait de voir où mèneraient leurs pas. C'était tentant, mais avec une valise et un sac, cela risquait d'être une balade épuisante. Aussi Naell proposa de prendre un véhicule une fois arrivés à l'autre station. Son compagnon turien approuva, à la condition qu'elle conduise, ce qui fit sourire la demoiselle.
S'il ne fallait que ça...

Évoluant discrètement d'un air pourtant banal entre les bâtiments de la station, ils sortirent du cœur de l'agglomération pour rejoindre la route. Le turien gardait la tête, ce que Naell lui laissa avec plaisir, même si elle le suivait de très près. Les habitations devenues de plus en plus éparses disparurent au profit de la forêt. A cette heure de la journée, rare étaient les véhicules. C'est donc sans croiser qui que ce soit qu'ils atteignirent un croisement. Continuer à descendre permettrait de rejoindre le fond de la vallée et le reste de la civilisation. Tandis que prendre à gauche signifiait rejoindre la station évoquée plus tôt par Laquarius.
Sans aucune forme d'hésitation, ils prirent à gauche, remontant le ruban d'asphalte heureusement totalement vierge de neige.
Une bonne heure de marche dans le clair-obscur du crépuscule les fit arriver à la nouvelle station, dont les lumières inondaient le tapis de neige d'une clarté artificielle. Agissant comme réflecteurs, les étendues immaculées répercutaient les échos lumineux de la civilisation jusque sur les pentes opposées à la station.


Remontant le long des divers bâtiments aux fenêtres éclairées par quelques honnêtes vacanciers et locaux se restaurant ou se reposant en cette heure avancée, Laquarius et Naell rejoignirent une plateforme de location de véhicule antigravité. Cette dernière, surplombant une large construction en béton, probablement armé, affichait une bannière holographique qui vantait les locations de ses appareils. Les tarifs, plutôt attractifs pour quiconque est déjà allé une fois sur la Citadelle, se trouvaient ainsi exposés.
S'approchant de la console, l'asari commença à pianoter, réservant un de ces véhicules. La plateforme s'ouvrit en deux panneaux, laissant apercevoir un ascenseur sur lequel se trouvait le véhicule choisi.
Le bâtiment en béton était donc un hangar, ou un garage, si l'on en jugeait par les quelques appareils alignés dans l'obscurité constellée de discrets témoins lumineux.
Le monte-charge s'immobilisa à hauteur de la plateforme tandis que la portière côté conducteur s'ouvrait sans un bruit. Une voix synthétique invita l'asari et le turien à prendre place, ce qu'ils firent après avoir chargé les bagages.
-"Bienvenue à bord de cet antigrav. Connexion au réseau de navigation. En attente de votre destination."
Naell étudia consciencieusement le tableau de bord avant de trouver son bonheur : le bouton activant le pilotage manuel, qu'elle enfonça du doigt.
-"Pilotage manuel activé."
Saisissant les commandes de l'appareil, la demoiselle décolla délicatement avant de prendre de la vitesse et de suivre la route magnétique indiquée sur l'affichage en réalité augmenté du pare-brise.
-"Où allons-nous ?"
-"Il paraît que toutes les routes mènent à Rome alors à quoi bon chercher à se diriger ?"
Naell sembla perdue un instant, avant de répondre :
-"Rome ?!"
-"Un truc qu'une amie me dit parfois, je n'ai jamais vraiment compris pour être franc."
Le turien haussa à nouveau les épaules :
-"Mais ça sonne bien."
-"Mmmh... ça doit vouloir dire la même chose que "Laisse la Déesse guider tes pas", j'imagine..."
L'antigrav' glissa dans la nuit à travers les montagnes...
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Re: Entrevues enneigées [PV Laquarius]

Message par Laquarius Nix » 09 Juillet 2018, 21:03

Le chemin se déroule sans encombre, mais je reste tout de même aux aguets. Naell est particulièrement chargée, c’est un détail auquel je n’avais pas pensé mais à la réflexion il est pourtant évident étant donné que la garde du corps avait prévu de prendre des vacances. Mes bonnes manières, inculquées à force de réprimande d’Élisabeth, m’avaient poussé à proposer à l’Asari de porter sa valise mais devant la véhémence avec laquelle elle avait refusé, je m’étais ravisé. Un petit sourire m’échappe en y repensant. Le dilemme est conséquent, d’un côté je ne dois pas laisser une dame s’encombrer de charges lourdes, de l’autre je ne dois pas la froisser. Il ne m’a pas fallu longtemps pour estimer qu’au regard des compétences avancées en combat de Naell, prendre le parti de ne pas aller à l’encontre de sa volonté est la solution la plus optimale, de loin. Néanmoins, je pense que c’est une question qui mérite un analyse plus profonde.

Tandis que je flâne sur quoi de deux banalités galanteresques à la priorité sur l’autre, nous traçons notre chemin. Au détour d’un carrefour, un bonhomme de neige bancal, moitié heureux, moitié manchot, nous pointe de ses doigts frêles la route à suivre. Suivant sa précieuse indication, nous remontons le col jusqu’à parvenir à une nouvelle station. Naell avait proposé de louer un véhicule, un choix judicieux à condition que je ne sois pas aux commandes. En effet, le but étant de partir vite et sans encombre, mieux vaut ne pas prendre le risque d’emplâtrer un antigrav’ dans un sapin. D’autant qu’avec le récent « accident » d’un membre « proéminent » de la communauté ce serait de mauvais goût.

Notre passage ne fait aucun remous, les gens sont occupés ailleurs visiblement, probablement à se préparer à dormir pour récupérer d’une folle journée sur les pistes et être en forme pour en entamer une suivante. Je peux les comprendre, malgré mes, nos, déboires de fin de leçon, j’avais particulièrement apprécié skier et je me dis qu’on n’a jamais trop de cordes à son arc, il faudrait que j’apprenne pour de bon, sans vouloir m’emporter et partir sur une piste noire cette fois.

Enfin, nous arrivons devant la plateforme de location de véhicule. Naell prend les devants et émit une demande sur la console qui restait allumée au milieu du voile sombre de la nuit, tranché par les lumières alentours. Pendant qu’elle pianote, j’en profite pour subtiliser sa valise et m’avance vers les battants énormes qui s’écartent pour laisser apparaître un antigrav’ rutilant. J’ouvre la soute et y dépose toute ma charge à l’exception de mes armes. Une fois débarrassé, je m’en vais rejoindre la garde du corps à l’avant du véhicule. Ma Veuve Noire se retrouve coincée entre mes genoux, sécurité enclenchée bien évidemment, et ma mitraillette reste bien au chaud dans la poche de ma veste. La conductrice désignée se tourne vers moi après avoir entamé la mise en route :

« Où allons-nous ? »

C’est une bonne question, essentielle même, mais à laquelle je n’ai pas de réponse immédiate, je hausse donc les épaules et récite par coeur :

« Il paraît que toutes les routes mènent à Rome alors à quoi bon chercher à se diriger ? »

L’Asari arbore un regard dubitatif à la suite de ma tirade, je ne sais pas si elle n’est pas convaincue ou bien si je me suis trompé.

« Rome ?! »

Au moins je ne me suis pas trompé, ou du moins Naell n’est pas en mesure de le savoir. En tout cas, ce nom qui échappe à sa connaissance échappe aussi à la mienne.

« Un truc qu'une amie me dit parfois, je n'ai jamais vraiment compris pour être franc. »

Haussant à nouveau les épaules, je conclue sur mon manquement culturel :

« Mais ça sonne bien. »

« Mmmh... ça doit vouloir dire la même chose que "Laisse la Déesse guider tes pas", j'imagine... »

Décidant de ne pas poursuivre sur un terrain inconnu, j’active plutôt l’hologramme du tableau de bord pour afficher une carte des alentours. Si on voulait s’éloigner du point chaud, il fallait quitter les monts pour de bon. Parcourant brièvement les reliefs des yeux, je fini par pointer une étendue côtière à 2-3h de route.

« Là ça pourrait le faire, non ? »

Sans objection, Naell rentre l’itinéraire et notre périple reprend sa route vers sa fin. Le trajet est encore une fois monotone et je me prends à piquer du nez, la neige a quelque chose de vicieux dans sa façon de vous fatiguer par le simple fait de marcher dedans.
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Re: Entrevues enneigées [PV Laquarius]

Message par Naell T'Loari » 14 Juillet 2018, 12:52

L'antigrav' filait entre les montagnes depuis un moment lorsqu'enfin ils quittèrent le massif montagneux pour survoler quelques plaines.
Ayant activé le pilote automatique, l'asari s'était jusqu'à présent contentée de regarder les données de vol et d'observer par endroit et par moment le paysage.
Leur appareil filait vers la côte en délaissant les cimes enneigées. Pour une planète peuplée d'un peu moins d'un million d'humains, cette partie du continent montrait des traces relativement importantes de civilisation. De-ci, de-là, des champs que des moissonneuses et autres engins automatisés parcouraient, constellant de leurs feux l'immensité sombre du sol en cette soirée déjà bien avancée. Quelques centres urbains éclairaient les environs autour d'eux, la pollution lumineuse occultant les étoiles par endroit.
A mesure qu'ils progressaient en direction d'Illyria, les lueurs de l'astroport international se laissaient découvrir. Les départs et arrivées des différents navires ne se laissaient deviner que par les points lumineux lointains et les traînées incandescentes marquant l'entrée en atmosphère des vaisseaux interstellaires.
Laquarius avait désigné une large bande côtière comme destination. Constituée d'une série de ports et de quelques marinas disséminées sur le littoral au nord de la capitale, la côte comptait un certain nombre d'hôtel et autres résidences de tout type.
En cette saison, il n'était pas spécialement compliqué d'y trouver une chambre : la plupart des Elysiens et autres touristes se trouvaient aux sports d'hiver...

Une série de nuages au loin firent leur apparition, descendant justement du nord.
Affichant la carte météorologique, Naell put constater que les perturbations viendraient doucher la capitale et ses environs dans la mâtinée à venir. Ce qui devait certainement aussi contribuer à garder les touristes loin des plages à cette période de l'année...

Une lumière défilante apparut dans le ciel, au dessus d'eux.
Se penchant pour l'observer, l'asari put reconnaître l'Académie Grissom, grosse station orbitant autour d'Elysium. La silhouette caractéristique de la structure ne laissait aucun doute...
Se tournant vers son camarade pour le convier au spectacle, Naell le vit les bras croisés et la tête affaissée. Quelques légers sursauts parfois le faisait se redresser mollement avant de repiquer du nez, les yeux clôts. Il devait lutter contre le sommeil sans toutefois arriver à le retenir. C'était logique, étant donné la journée un peu folle qu'ils venaient de traverser.
Esquissant un sourire, elle se dit que son compagnon aurait un souvenir impérissable de sa première journée au ski.

Regardant rapidement l'heure sur son omnitech, l'asari fit un récapitulatif des différents sites où ils pourraient se reposer.
Plusieurs hôtels apparaissaient, bien sous tous rapports, grand standing, etc...
Mais ce n'était pas ce que recherchait la jeune femme. Elle cherchait quelque chose de moins... moins touristique. Éliminant les bungalows et les campings, elle finit par dénicher une petite chambre d'hôte se trouvant au dessus d'une petite falaise surplombant une plage de sable fin, à quelques kilomètres d'un village portuaire. Les photos illustrant l'annonce montraient un endroit sauvage baigné de soleil. Naell se doutait qu'ils n'auraient pas un tel temps...
Prenant rapidement contact par messages avec le propriétaire de la chambre d'hôte, l'asari s'entendit avec ce dernier pour lui louer ses services pour la nuit. Ce dernier confirma, agréablement surpris d'avoir de la visite bien que tardive. Tout particulièrement de la part de visiteurs...

Se tournant vers Laquarius, lequel continuait de somnoler tant bien que mal, Naell posa délicatement sa main sur son épaule. Il sursauta et, d'instinct, tenta d'intercepter sa main. Il s'arrêta au moment de la toucher, la reconnaissant enfin :
-"Me fais pas des coups comme ça, enfin ! Je suis cardiaque, tu sais ?!"
-"Oh, cardiaque, toi ?"
Répondit Naell en riant.
Reprenant son sérieux, elle continua :
-"Je nous ai trouvé un point de chute. Un particulier qui tient des chambres d'hôte sur la côte. Il nous attend."
-"Du moment qu'on fait chambre à part..."
-"Je me suis assurée que ce soit le cas."
-"Et je prends un petit déjeuner pour la peine."
Répondit-il en bougonnant.
L'asari esquissa un sourire amusé. Laquarius avait un côté attachant, elle devait le reconnaître...

Le témoin du pilote automatique s'alluma, indiquant que le véhicule arrivait au bout du chemin programmé.
Prenant la main sur les commandes, Naell fit descendre l'antigrav'. Sous eux, la ligne du littoral se voyait particulièrement bien, entre les oasis de lumières figurant les villes et villages côtiers et la masse sombre de l'océan. Les quelques lueurs éparses sur les flots, particulièrement seules et isolées, devaient être les navires.
Virant sur la droite pour remonter la côte vers le nord, l'asari pilota habilement l'antigrav' jusqu'à rejoindre le village indiqué par sa cartographie. Décélérant tout en continuant sa descente, ils parcoururent les quelques kilomètres restant pour rejoindre la maison de leur hôte.
Cette dernière, perchée au dessus d'une falaise surplombant la baie, semblait des plus accueillantes. D'un style résolument moderne et arborant des murs blancs se détachant bien de la végétation du jardin l'entourant, elle possédait en outre -chose bien pratique- une plateforme éclairée pour appareils antigravitiques. Prenant pour cible les feux de position de ladite plateforme, Naell y acheva son approche, se posant délicatement.
Ils sortirent du cockpit. L'air frais et vivifiant de l'océan et le bruit régulier quoique lointain du ressac firent sourire l'asari. La fraicheur de la nuit ne l'incommoda pas, étant donné sa tenue propre à subir le froid de la neige.
La lumière du perron s'alluma. Un couple d'humains d'un certain âge apparut sur le pas de la porte.
Alors qu'elle allait récupérer sa valise, Naell nota que Laquarius l'avait devancée. Elle se figea un instant, fit demi-tour puis rejoignit leurs hôtes sur le perron en compagnie de son camarade turien.
Derrière eux, l'appareil redécolla en pilotage automatique pour retourner vers une de ses bases...

Ils n'échangèrent que de courtes présentations polies et cordiales. Le couple ne sembla pas spécialement étonné de voir un turien accompagner une asari. Manifestement, ces gens en avaient vu d'autres...
La visite des lieux fut raccourcie au minimum : une fois leur chambre respective présentée, chacun se souhaita bonne nuit et partit profiter d'un repos mérité. L'heure avancée expliquait largement cela.

Depuis la large fenêtre de sa chambre, Naell pouvait apercevoir la mer, au loin. Le bruit des vagues se brisant aux pieds de la falaise ne lui parvenait plus derrière le triple vitrage. La brise fraîche non plus. Il faisait bon dans sa chambre.
Se retournant vers le lit, elle s'en approcha avant de s'y laisser tomber. Le bruit étouffé lui confirma ce que l'observation lui avait indiqué : le lit était confortable. Se redressant, elle se dévêtit pour finalement se glisser en sous-vêtements sous les draps, non sans avoir au préalable glissé son pistolet sous l'oreiller.
Commandant l'extinction des feux, Naell ferma les yeux et se sentit partir vers un sommeil réparateur...
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Re: Entrevues enneigées [PV Laquarius]

Message par Laquarius Nix » 28 Juillet 2018, 22:10

Je suis réveillé en sursaut au beau milieu du voyage. À moitié piqué dans mon orgueil et honteux de m’être assoupi, ma réaction est plus qu’enfantine mais je prendrai la fatigue à ma décharge. Le véhicule fini enfin par s’arrêter et j’en descends immédiatement pour aller chercher la bagagerie que nous transportons. Je me retrouve alors face à Naell et réalise qu’elle avait insisté pour porter elle même sa valise à l’aller. Un petit moment de flottement s’installe et ma camarade tourne finalement les talons sans rien ajouter. Fort de ce manque de réaction, je garde les bagages de la garde du corps et la suis à la rencontre de nos hôtes.

D’un petit signe de tête accompagné d’un sourire, je salue le couple terrien en leur rendant cet chaleur qu’ils semblent dégager. Mon esprit s’égare un moment devant cette image. Ces deux personnes paraissent si paisible. L’homme dépasse sa compagne d’une bonne tête et pourtant le haut de son crâne ne pourrait qu’effleurer les crêtes de mon menton. Néanmoins, son bras passé à la taille de la femme à une allure de bouclier immuable. Le chignon blanc de celle qu’il tient s’accorde avec ses tempes grisonnante. La coiffure n’est pas parfaite, beaucoup de mèches s’échappent de l’élastique supposé les retenir mais cette particularité à laquelle Élisabeth fait tant attention n’est qu’un grain de poussière prestement balayé par le calme dont cette petite Humaine fait preuve. Ses paupières lourdes trahissent le fait qu’elle aurait certainement disposé de son lit à l’heure qu’il est, n’était-ce pour ses deux locataires tardifs. Malgré tout, elle affiche un air franchement chaleureux qui sonne simplement comme une invitation à s’installer confortablement chez elle et profiter du séjour. Tout semble si simple avec ce couple, je me surprends à leur prêter une candeur que leur âge dément sans problème.

Sortant de ma torpeur, j’inspire doucement une longue goulée d’air salée et emboîte le pas de Naell en direction de sa chambre. Une fois arrivé, je lui passe sa valise et, après avoir échangé un bref souhait de confortable nuitée, m’en retourne vers la pièce qui m’est attribuée. Un lit, un petit bureau, en somme un cocon réchauffant. Mon bras s’approche instinctivement des cadres photos montrant de jolis paysages et tombe le long de corps avec lassitude. Et pourquoi pas ? Je peux bien me relâcher une nuit, non ? Laissant tomber mon sac à mes pieds, j’entends le bruits des cartouches thermiques qui s’entrechoquent et frappent la mitraillette dans son ventre. Mon corps est toujours un peu engourdi de ma sieste dans l’antigrav’ mais mon esprit, lui, s’est réveillé. Sans vraiment y réfléchir, je me dirige vers la fenêtre et l’ouvre en grand. La brise marine me caresse le visage et fait prendre du volume à mon manteau. Je ferme les yeux un instant et enjambe l’ouverture d’un coup.

L’odeur de sel me guide vers l’étendue bleutée. Uniquement orienté par mon odorat, mes pas s’arrêtent avant que mes pieds ne se posent dans le vide, chose qui aurait entraîné une chute de plusieurs dizaines de mètres -à éviter donc. Je m’assois là, balançant mes jambes contre la roche calcaire. Aussi long que mon regard peut aller, je ne distingue qu’une étendu inerte, presque morte. Pourtant, sous moi, j’entends clairement de violent remous. En me penchant, j’aperçois même de gros amas de mousse blanche décorant les rochers à la base de la falaise. Cette même mousse qui se fait balayer l’instant d’après par un bras marin qui vient la déloger, la bousculer et la déplacer. Mon attention se fait happer par ce spectacle si particulier. C’est la première fois que je vois un océan de mes propres yeux, évidemment je sais ce que c’est et j’ai appris à nager dans des bassins, mais là je découvre véritablement ce qu’on m’avait jusqu’alors toujours décris. Je fini par me décrocher de ma contemplation de l’indécision de l’eau concernant l’endroit où elle poserait finalement la mousse. Mon regard se dirige à nouveau vers l’horizon quand je réalise que j’ai toujours ma Veuve Noire dans le dos. Décrochant le fusil, j’en détache la lunette et la porte à mon œil droit pour m’en servir comme d’une longue vue. L’essai n’est pas très concluant, la luminosité ne me permet pas vraiment de voir grand-chose de plus que ce que je ne voyais juste avant.

Finalement, quand je baille à m’en décrocher la mâchoire, je décide d’abandonner mes observations et me relève après avoir remis mon arme en état. D’un pas lent, je retourne vers la maison, enjambe la fenêtre que j’avais laissé ouverte dans le sens inverse et pousse les battants sans pour autant les fermer. Toujours aussi doucement, je me dévêtis, prenant grand soin de ne pas faire de bruit, puis me glisse dans les draps avant de m’endormir. Demain, je trouverai un moyen de transport pour repartir vers Oméga ou alors je contacterai Élisabeth. Un soupir m’échappe quand je sens mon corps s’alourdir et mes paupières se battre pour se clore. J’aimerai bien rester un peu plus ici quand même..
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