Until we meet again

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Modérateurs : Administration, MJ

Until we meet again

Message par Laquarius Nix » 13 Mai 2018, 16:19

• Date du RP : 21 janvier 2193
• Lieu du RP : Razum'Dar, en orbite autour de Wenrum
• Type de RP : Privé
• Personnage(s) participant(s) :Miho'Shakti Vas Erakis - Laquarius Nix


Assis derrière mon bureau, je passe en revue les requêtes de la station. Un petit papillon bleu survole les données avec grâce, vibrant à chaque fois que ma main le traverse.

« Tu diras à Nevaeh qu’on ne déplacera pas la soirée jazz pour y mettre son ballet aérien. »

« Elle sera déçue. »

« Je sais bien Morpho, mais d’après ce que j’ai sous les yeux, on a déjà beaucoup trop de réservation pour se permettre de perdre cet événement. »

L’hologramme s’immobilise un instant avant de scintiller à nouveau.

« Elle est déçue ? »

« Je ne sais pas s’il s’agit du terme le plus approprié, M. Nix. »

Cela fait à peine quelques mois que je côtoie cette équipe et j’ai déjà pu me faire un petite idée des individualités qui m’entoure. Je peux donc imaginer sans problème imaginer la directrice artistique fulminer en coulisse en pestant à mon sujet et mon manque d’appréciation de la scène. Avec un petit sourire, je balaye le dossier pour m’atteler à la suite. Je passe sur les demandes de l’hôtel, l’affaire tourne correctement pour l’heure et je ne souhaite pas y apporter de modifications dans un futur proche. Finalement vient l’orphelinat. Je me redresse dans mon fauteuil. Un peu de casse ça et là, rien de grave ou d’exubérant pour le budget, et les idées de sorties pour le mois à venir. Le but est de faire découvrir le monde aux plus pour ne pas en faire des rats de station et de montrer aux plus anciens qui risquent fortement de ne pas être adoptés des opportunités de carrière. Immédiatement, je balaye un des textes. Sauf que l’hologramme reste en place.

« Morpho? »

« Mme. Gabiniani a insisté sur le fait de trouver une solution pour cette sortie. Elle a dit, je cite, qu’il était impératif pour ces jeunes de voir la Citadelle sans quoi ils croupiront par défaut dans les systèmes terminus. »


Ce n’est pas la première fois que Julia demande à aller là-bas. Le problème étant que peu de membre de la station sont les bienvenus sur la Citadelle. L’Humaine, malgré son tempérament particulier, est en fait l’une des rares à pouvoir prétendre à participer à ce voyage. Ce n’est pas assez pour encadrer tous les enfants et d’autre part je n’ai pas de contact avec des sociétés de transports acceptant d’aller dans ce coin de la galaxie.

« La question a déjà été soulevée, c’est impossible de faire le trajet. »

« Je me permets de vous contredire. Vous avez parmi vos connaissance une Quarienne qui fait parti d’une coopérative potentiellement en mesure de prendre en charge le transport. »


Ma concentration se relâche un instant puis mes yeux se fixent sur le papillon bleuté.

« Miho ? Comment.. ? »

Un note apparaît devant moi :
Repas Miho

« J’ai fait quelques recherches et Mme. Elisabeth m’a orienté vers une pilote Quarienne dont vous parliez quand vous habitiez encore Oméga. Vous pourrez profiter de l’occasion pour régler cette histoire de repas. »


Un soupire m’échappe quand je m’enfonce dans ma chaise après cette annonce. Cela fait depuis août dernier que je repousse le moment de contacter Miho, elle m’avait demander de le faire une fois ma vengeance accomplie. Chaque fois que j’y pensais, j’estimais que le moment n’était pas le bon. Mes yeux se closent d’eux même.

« Morpho, ouvre un message à destination de Miho'Shakti Vas Maefis, objet.. Pas d’objet. »

« En attente du message. »


Je prends une profonde inspiration et me lance.

« Bonjour Miho.. »

« Si elle est au siège de sa société à l’heure actuelle, un bonsoir serait plus judicieux. »


« D’accord mais ne m’interrompt pas, s’il te plaît. Je reprends.
Bonsoir Miho,
Bien que cela remonte à longtemps, je n’ai pas oublié que je devais vous contacter. Depuis le temps, vous vous doutez bien qu’il s’est passé un petit paquet de chose. C’est pourquoi, plutôt que m’épancher en interminables explications, je souhaite vous inviter à me rejoindre pour pouvoir en discuter de vive voix.
Laquarius.
Tu lui joindras les coordonnées de la station avec cela. »


« Message envoyé. »

« Merci, Morpho. »

Je reste un instant a tapoter le bord de mon bureau, les yeux dans le vide. Soudain, pris une inspiration, je me redresse et balaye le sujet des sorties, cette fois il disparaît. J’ai encore du travail.
Dernière édition par Laquarius Nix le 13 Mai 2018, 20:17, édité 3 fois.
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Re: Until we meet again

Message par Miho'Shakti Vas Erakis » 13 Mai 2018, 20:09

Rattaché à Daghemïr, l'Erakis était le seul vaisseau présent. A l'heure actuelle, il était quasiment vide. Une partie de l'équipage était parti à bord d'une navette prendre du bon temps sur Rannoch, histoire de renforcer les liens de ce groupe hétéroclite nouvellement formé. Seules deux personnes étaient encore à bord. Dans la salle de conférence, trop grande pour ce genre d'entretient. Un jeune butarien, bras croisés, était assis, ou plutôt vautré dans l'un des fauteuils, un air renfrogné sur la figure. Malgré son expression énervée, ses deux paires d'yeux étaient fuyants et n'arrivaient pas à se fixer sur la visière de la quarienne qui lui faisait face.

"Il aurait dû fermer sa..."

Les trois doigts de Miho tapotèrent le rebord de la table sur un rythme qui trahissait son énervement, ce qui bizarrement empêcha le butarien d'aller plus loin.

"Quatre jours Sogan... Tu n'as à bord de l'Erakis que depuis quatre jours. Était-ce vraiment nécessaire?"
"Il a manqué de respect à Eheti!"
"Et tu as manqué de respect à tous les membres de cet équipage."

Les prunelles du butarien s'étaient figées sur les doigts de son capitaine qui venaient de cesser de tapoter. A la place, Miho s'avança, et posa l'entièreté de ses avant-bras sur la table.

"Tu as choisi l'option Erakis, au lieu des travaux d'intérêt général. Mais ce choix a des conséquences. Tu fais partie d'un équipage maintenant, et tes actes peuvent avoir des répercussions sur chacun d'entre eux."
"Justement! J'aurais dû laisser ce type l'insulter?"
"Exactement. Tu aurais dû. Il se serait enfoncé tout seul. Mais tu as choisi d'en faire une victime. Et de laisser à Eheti l'image d'un jeune homme qui ne sait même pas gérer ses propres coups de sang."

Le butarien osa pour la première fois venir fixer Miho, saisissant son regard à travers la visière.

"Je l'ai protégée!"
"Tu l'as effrayée. Les mots de ce type lui ont fait moins de mal que le coup de poing que tu as donné en contrepartie."

Sogan s'enfonça un peu plus dans son fauteuil, calant un genou contre le rebord de la table. Il baissa les yeux, mais son expression s'adoucit sensiblement. Il passa de la colère teinté de mépris à quelque chose qui s'apparenta à de la tristesse. Mais cela ne dura pas. Quelques secondes plus tard, il affichait un air d'indifférence presque blasée.

"J'ai combien de temps pour préparer mes affaires?"
"Tu reste à bord."
"Le type a pas porté plainte?"
"Bien sûr que si, mais il l'a retirée."

L'air d'incompréhension qu'afficha le jeune homme ne fit ni chaud ni froid à Miho. Toujours quelque peu remontée face à l'attitude de Sogan, elle poursuivit.

"Vaalo a eu la présence d'esprit d'enregistrer ce qui s'est passé. Puis Ecs a été fouiller dans la vie de ce monsieur. Il se bat pour la garde de ses enfants. Alors Mun est gentiment aller lui dire que si les images tombaient entre les mains de son ex, il risquait de ne plus les voir du tout. Heureusement pour toi, cet homme tient plus à ses gamins qu'à sa fierté mal placée."

Miho poussa un soupire et se détendit. Elle ne voulait pas passer cet entretient à faire la leçon à son apprenti. Mais en même temps, elle connaissait son dossier quand elle avait accepté de le prendre à bord.

"Faire partie d'un équipage, ça ne veut pas seulement dire que tu dois penser aux conséquences, ça veut aussi dire que tu peux compter sur les autres en cas de problème. Alors n'essaie pas de te battre comme si tu étais seul. Tu n'es pas seul. D'accord?"
"Mais je suis quand même collé pour la forme."
"Pas nécessairement. Une navette part de Daghemïr dans vingt minutes. Les autres t'attendent en ville. Tu peux la prendre sous certaines conditions."
"Ne plus taper personne, c'est ça?"
"J'ai dit des conditions, pas des miracles!"

Le butarien ricana.

"Excuses-toi auprès d'Eheti, et remercie Ecs, Vaalo et Mun."
"C'est tout??"
"Il ne reste plus que dix-huit minutes avant le départ de la navette, et tu as encore la station à traverser. Allez, file!"

Sans demander son reste, le butarien décolla de son siège et se précipita par la porte pour disparaître dans le couloir. La quarienne secoua la tête, à la fois dépitée et amusée par l'attitude impulsive du gamin. Elle eut une pensée émue pour Nuuma, qui avait été une apprentie bien différente de Sogan. Des exacts opposés d'ailleurs. Un petit voyant clignota, signifiant l'arrivée d'un message. Alors qu'elle activait l'un des écrans de la table, des bruits de pas précipités suspendirent son geste. La tête du butarien essoufflé apparu par l'encadrement.

"Ah! Merci Capitaine!"

Puis il disparu aussi vite qu'il était revenu, sous le rire de la quarienne. Allait-il avoir la navette avant qu'elle ne s'en aille? Possible. Elle avait prévenu qu'il auraient un passager de plus, après tout. A présent définitivement seule - même Pet s'en était allé avec le reste de l'équipage - Miho prit la peine de lire le dernier message fraîchement arrivé. Son sourire s'agrandit quand elle vit l'expéditeur du message, avant qu'elle ne voit à quel destinataire il était adressé. Quelle que soit la manière dont l'histoire s'était terminée, Laquarius avait survécu. Elle prit connaissance du message en lui-même. Oui, il s'en était passé des choses pendant ce temps. Trop pour faire un bête résumé écrit. Elle ouvrit la pièce jointe du message et d'un balayage de la main, envoya les coordonnées au centre de la table ou un holograme s'éleva, indiquant un point dans les Systèmes Terminus. Un point qui n'était pas Oméga. Et ce n'était pas sur un planète non plus. Une station, selon toute vraisemblances.

Miho se laissa aller en arrière dans son fauteuil. L'Erakis était chargé à bloc, prêt pour n'importe quelle balade. Mais leur prochaine mission officielle n'avait pas lieu avant plusieurs semaines. Elle avait donc largement le temps d'aller là-bas. C'était un déplacement privé, mais bon. Elle pouvait se le permettre à présent. Et puis cela ferait du bien à l'équipage de se déplacer pour autre chose que du boulot. Quand ils rentreront, ils mettront les voiles mais en attendant... Miho se redressa et commença à pianoter sa réponse.

Bonsoir Laquarius,

Je suis contente d'avoir de vos nouvelles! C'est avec plaisir que je vous rejoindrai aux coordonnées indiquées. En effet, je suppose qu'il y a trop à dire pour se contenter de quelques messages. Alors à tout bientôt!

Miho'Shakti vas Erakis


Seul son nom trahirait une parti de ce qui a dû se passer ces derniers temps. Miho ne jugea pas utile de signaler que ce n'était du coup pas le Maefis qui allait débarquer. Déjà parce que l'Erakis affichait sa non agressivité avec le logo de la SCTI en pleine face, et ensuite parce qu'elle aurait largement le temps de montrer patte blanche lors de la phase d'approche. Mais tout ceci n'était pas pour tout de suite. Si l'Erakis était amarré à Daghemïr, ce n'était pas seulement parce que l'équipage devait prendre du bon temps sur Rannoch, c'était aussi et surtout parce que Miho avait du travail. Il fallait débuter l'organisation de la prochaine assemblée générale de la coopérative.

Mais dès le lendemain, l'Erakis quitta ses points d'accroche, direction Wenrum.
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Re: Until we meet again

Message par Laquarius Nix » 13 Mai 2018, 22:01

La paperasse avance, doucement mais sûrement. Je ne peux pas dire que j’affectionne particulièrement la tâche mais puisqu’Elisabeth m’a confié les rennes de cette station, je m’y atèle avec soin. Un dernier dossier de demande d’adoption et j’en ai fini. Un couple de Butarien qui souhaite devenir les parents de Lemri, une petite Drelle d’à peine 7 ans. Si je suis aveugle quant aux activités des personnes venant profiter de mon hôtel et de mon café-théâtre, je suis implacable quand il s’agit de mon orphelinat. Revenu, lieu de résidence, animaux de compagnie, autres enfants, antécédents, tout est passé au crible et chaque personne est avertie d’éviter de mentir. Je me souviens encore de ce trafiquant de drogue qui avait « oublié » de mentionner ce détail. Morpho avait simplement ajouté en rouge cet élément à côté de sa profession présumée. L’Humain avait ensuite reçu une des visites les plus désagréables de son existence. Ici en revanche pas de note rouge. Le dossier est complet et porteur de bon augure. Je ne m’emballe pas et demande simplement à L’IA de convenir d’un rendez-vous avec les Butariens.

D’un geste un tant soit peu las, je balaye l’hologramme. Au lieu de s’étendre comme à son habitude, la machine affiche alors une page vierge et plus pâle que les autres. Je ne suis pas surpris, il s’agit simplement d’un avertissement. D’une voix neutre, je demande dans le vide :

« Morpho ? Peux-tu verrouiller la porte ? »

« C’est déjà fait, M. Nix. »

« Merci. »

Je tends mon bras gauche et télécharge la donnée en face de moi sur mon OmniTech. L’encadré orangé affiche les termes d’un rapport d’enquête d’un de mes informateurs en provenance D’Oméga. Un lieu que je n’affectionne pas spécialement mais où je suis régulièrement obligé de retourner pour ce genre de dossier justement. Sous mes yeux défilent une photo et le descriptif d’un Humain. Mon regard reste fixé sur le déroulant.

« Les infos.. ? »

« Elles sont sûres, M. Nix. »

Je me touche la bouche du bout des doigts. On dirait que je vais avoir du travail. Soudain une lueur apparaît sur mon bureau.

« Message, dois-je le lire ? »

« S’il te plaît. »

Voilà qui est contraignant. Je suis heureux que Miho m’ait répondu, mais du coup je vais avoir une panne de calendrier.

« Morpho ? Peux-tu me mettre en contact avec les Park ? »

« Tout de suite. »

Une fois la communication établie, je vais droit au but.

« Jenna ? C’est Laquarius. J’ai un violeur en série sur Oméga. Toi et ton mari connaissez la sentence. Faites au plus vite, je vous envoie le document sur vos OmniTech. À plus tard. »

La ligne se coupe et j’éteins la lumière orange à mon bras, Morpho se chargera de faire le transfert. Cette fois, la console de mon bureau s’évapore, pas de dossier secret supplémentaire. À l’autre bout de la pièce, j’entends la porte se déverrouiller. Affalé dans mon fauteuil, je demande à L’IA d’envoyer le message de Miho sur OmniTech pour le relire moi même. La signature me fait tiquer, mais depuis le temps, j’imagine qu’elle aussi a dû connaître du changement, rien de grave je l’espère. Je commence à battre une mesure hasardeuse et probablement inexistante sur le bord de mon bureau puis me lève pour me diriger vers le bureau de la sécurité. Ce n’est pas tous les jours que Razum’Dar accueille un équipage quarianno-geth entier alors je préfère prévenir mon collègue pour que mes invités puissent profiter de leur séjour. J’en profite pour leur indiquer de m’avertir quand ils détecteront un vaisseau Rannochien en approche avant de retourner à mes occupations.

***

La porte de mon bureau s’ouvre et Gyzarus entre en gesticulant. N’étant encore que débutant, je ne comprends absolument rien à ce qu’il me raconte et attends patiemment la traduction de Morpho.

« Vaisseau Quarien en approche, je t’accompagne sur le pont.. Le reste je n’oserai le traduire mais dans l’essence M. Vox tient à faire lui-même l’enregistrement de votre invité car il n’a pas confiance en les compétences de son personnel. »

Fidèle à lui même, le Turien me fixe avec une cigarette fraîchement éteinte vissée aux lèvres, qu’il rallume dès que nous passons le seuil de mon espace. Une jeune Humaine rousse nous attend dans le couloir, je l’interroge du regard et elle se contente de hausser les épaules.

« Je viens accueillir la fameuse Miho. »

Je grogne, impuissant, les murs ont des oreilles dans cette station. Alice a sûrement encore dû soudoyer Morpho pour savoir ce qui m’agitait.

Un fois sur le pont, nous attendons tous les trois au PC sécurité, un petit papillon scintille sur le mur, indiquant que l’attention de Morpho est focalisée ici. Je vérifie brièvement que ma tenue n’a pas trop de pli, c’est celle-là même que j’avais portée lors de notre dernier repas en tête-à-tête, à ceci près que cette fois j’ai ma mitraillette à ma ceinture et mon couteau dans mon dos. Mes yeux se froncent quand je vois le vaisseau atterrir, ce n’est pas le Maefis, mais je m’y attendais un peu vu la signature du message. Je garde quand même une main près de la crosse de mon arme, jusqu’à voir la silhouette de la Quarienne se profiler au sol. Dans une inspiration, je me détends et sors pour la rejoindre. À côté d’elle, je reconnais Mun. J’écarte légèrement les bras en signe de bienvenue et me fait bousculer par un furie orange et bleue. Alice se précipite au devant de la pilote et s’arrête face à elle pour la dévisager.

« Alors c’est vous Miho ?.. Je vous imaginais plus.. »

Arrivé à hauteur, je pose une main sur l’épaule de L’Humaine pour la faire taire et offre un regard gêné à Miho.

« Plus grande? Plus tape-à-l'oeil? Allons Laquarius, il faut laisser les jeunes s'exprimer! »

Je me racle la gorge et poursuis comme si de rien n’était. Alice garde un air songeur et continue de fixer la Quarienne.

« Mes excuses, voici Alice, une jeune humaine un peu trop sûre d’elle. C’est un plaisir de vous revoir Miho, Mun. Si vous voulez bien vous avancer vers le Turien avec la trench-coat et la cigarette, il va enregistrer vos signatures biométriques pour vous fournir un accès illimité à la station. »

« Plus impressionnante ! »

Le coup sort de nulle part. Je jette un regard glaciale à l’adolescente, son comportement est toujours aussi déplorable. Au fond, je sais qu’elle et moi partageons ce trait de personnalité mais c’est aussi pour cela que j’espère la changer un tant soit peu. Mun me salue poliment et bouge subtilement à la remarque D’Alice.

« Ah! C'est parfait alors! Au fait, est-ce que les membres de mon équipage pourront accéder à la station, ou vaut-il mieux qu'ils restent à bord? »

Au moins Miho ne l’a pas mal pris.

« Votre équipage est évidemment le bienvenu, il faudra simplement qu'il se plie à la même formalité. »

Sur ces mots, la Quarienne adresse un signe à son collègue qui repart en direction du vaisseau. J’accompagne Miho jusqu’à Gyzarus qui la salue avec un nuage de fumée. La procédure est très rapide et en moins de trente secondes, Miho est libre d’accéder à toute la station, un petit accord qui avait fait grogner le chef de la sécurité, il n’aime pas laisser des étrangers se promener librement mais j’ai pleinement confiance en la pilote. Du bras, je lui indique l’ascenseur.

« Bienvenue sur Razum'Dar. La station dispose d'un hôtel où vous et votre équipage pourrez rester aussi longtemps que vous le souhaitez, un café-théâtre pour vous restaurer et vous divertir et un orphelinat, mais cette partie n'est évidemment pas ouverte au public. Néanmoins vous avez eu un accès qui vous donne la permission d’aller où bon vous semble, si l’un de vos collègues souhaite faire de même, vous pourrez toujours l’accompagner pour lui ouvrir les portes. »
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Re: Until we meet again

Message par Miho'Shakti Vas Erakis » 14 Mai 2018, 20:34

Miho se serait attendue à beaucoup de choses, mais assez peu à ça. En approche, la présence de la station lui indiqua immédiatement qu'il fallait plus d'un turien pour la faire fonctionner. Et qu'elle n'était pas comparable en taille à Oméga où n'importe qui pouvait se perdre dans la masse. C'était autre chose, le genre d'environnement ui à la base ne devrait pas coller à un solitaire comme Laquarius. Alors qu'elle achevait de poser l'Erakis et de le fixer à son quai, sous les observations de son apprenti, une foule de questions lui traversa l'esprit. et ces dernières lui tournaient encore en tête quand elle quitta le cockpit pour rejoindre la rampe où l'attendait un Mun taciturne. Son collègue devenu second avait toujours une opinion très arrêtée sur les mercenaires, mais il savait aussi laisser ses opinions personnelles de côté quand il s'agissait de suivre les ordres. Malgré tout tendu, le quarien relativisa ses préjugés quand il aperçu Laquarius écarter les bras à leur approche, et une jeune femme lui griller la politesse pour foncer droit vers son capitaine, avec un commencement de remarque qui pourtant ne faisait qu'effleurer ce dont le turien lui-même était capable verbalement.

Derrière sa visière, Miho sourit. Une constatation rassurante la frappa: Laquarius n'était pas seul. Et la spontanéité naturelle de son accompagnatrice en disait long sur les changements qui s'étaient visiblement opérés chez le mercenaire. Franchement amusée, jamais elle n'aurait pu mal prendre une remarque sortie tout droit des pensées filantes d'une jeunette. Elle qui avait eu droit à bien des remarques déplacées, et souvent par des personnes mûres se croyant au-delà de toute malveillance malgré des propos ouvertement racistes, trouvait en celle présentée sous le nom d'Alice comme une touche de fraîcheur bienvenue. Une fraîcheur qui fut visiblement une source de divertissement également pour Mun. Miho connaissait assez bien son collègue pour reconnaître que malgré son self contrôle épatant, intérieurement il se foutait de la gueule de la pilote. Oui, elle n'était pas impressionnante. C'était un fait que Miho n'avait jamais contesté, ni même cherché à changer. Après tout, on peut aller tellement plus loin dans bien des domaines quand on inspire ni méfiance ni respect trop poussé. Tout était question d'équilibre. Mais cela avait le mérite d'être révélateur sur ce qui avait dû se dire sur elle a sein de cette station. Une réflexion qui étonna la quarienne en vérité. Laquarius serait-il en train de s'ouvrir plus facilement à autrui?

La possibilité d'accéder à la station pour le reste de son équipage fut une bonne nouvelle pour Miho. Déjà qu'elle traînait tout le monde dans son sillage pour une visite personnelle, elle se serait sentie mal de les voir consigné à bord le temps qu'elle vienne prendre des nouvelles. Un signe rapide à Mun lui permis de faire passer l'information, alors qu'elle emboîtait le pas de Laquarius et Alice en direction du passage de sécurité où elle se plia aux formalités sans même envisager de discuter. En revanche, elle ne se gêna pas pour dévisager le turien noyé dans son nuage de fumée, et à l'expression pas particulièrement joviale. Oui, elle était une étrangère avec un passe droit. Ce genre de chose dérangeait, surtout quand on devait veiller à la sécurité d'un lieu. Le pauvre risquait de grogner d'autant plus que le reste de son équipage allait sans doute suivre al même procédure. Mais avoir moins de liberté à en croire les propos de Laquarius.

Hôtel, café-théâtre, orphelinat... Le regard perplexe qu'elle porta sur le turien ne reflétait qu'un faible fragment de toutes les interrogations qui continuaient de lui traverser l'esprit. Elle jeta un coup d'oeil à Alice, puis en revint rapidement au mercenaire. Était-elle une orpheline? Combien y en avait-il sur Razum'Dar? Comment passait-on du statut de mercenaire solitaire à visiblement celui cadre supérieur d'une station spatiale, veillant sur des enfants sans attaches?

"Je suis flattée par une telle confiance, Laquarius. Mais avant tout, il me semble que vous avez beaucoup de choses à me raconter."

Et c'était peu de le dire. Plus loin en retrait, Mun redescendait la rampe, accompagné d'un krogan au regard curieusement pacifique, comparé à son look de crânes et d'ornements tribaux. Derrière eux, un jeune butarien observa à son tour l'environnement, avec n ricanement qui mourut quand la main ferme d'une turienne au regard austère lui claqua l'arrière du crâne pour modifier sèchement son attitude. Enfin, clôturant la marche, dans un calme tout synthétique, deux geths arrivèrent en bas de la rampe. Le premier étant connu de Laquarius, puisqu'il s'agissait de Mithra, le second à la carrosserie plus grisée Mais ils ne s'avancèrent pas tout de suite. Mun prit le temps de leur faire un topo sur la conduite à tenir. Ils iront certainement errer ça et là pour découvrir la station et faire connaissance avec le personnel local, mais pas sans respecter les règles en vigueur.
Tranchant avec tout ceci, Miho poursuivit sur sa précédente remarque.

"Comme par exemple, pourquoi une jeune fille comme Alice se serait attendue à voir débarquer une quarienne impressionnante?"

A ces paroles, elle se reporta sur la principale concernée.

"Si tu arrives à tirer les vers du nez de quelqu'un comme Laquarius, c'est que tu as des choses à m'apprendre. Je sens qu'on va bien s'entendre, toutes les deux!"

Serait-il possible de constituer une ligue spéciale informations sur Laqua? Et pourquoi pas! Cela étant, la quarienne se dirigea vers l'ascenseur.
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Re: Until we meet again

Message par Laquarius Nix » 15 Mai 2018, 22:46

La réponse de Miho ne m’étonne aucunement. Évidemment que j’ai des choses à dire et je ne suis pas le seul. Après tout, c’est le but de ce rendez-vous. D’ailleurs, en voyant au loin son équipage descendre du vaisseau, je réalise que la Quarienne n’a absolument pas chaumé. C’est vrai qu’à la réflexion faite il est bizarre pour un pilote de dire « mon équipage », du moins c’est inhabituel pour Miho selon mes souvenirs. Coupant avec mes songes, elle revient sur la réflexion d’Alice pour ensuite s’adresser directement à la rouquine. Me tirer les vers du nez, ça non. Je ne parle jamais de mon passé ici, c’est d’ailleurs d’usage au sein de toute l’équipe. Chacun a eu ses démêlés et les garde pour lui, du moins personne ne vient l’inciter à en parler, sauf dans le cas de la psychologue mais c’est son métier après tout. Non, Alice a ses sources et j’ai bien ma petite idée d’où elle peut tenir se genre de remarque, à mon grand désespoir.

« Vous rigolez ? Il neige à chaque fois qu’il daigne répondre à l’une de mes questions. »

Nous avançons vers l’ascenseur que j’expédie immédiatement vers l’étage de mon bureau. Plus précisément, je l’envoie à l’accueil de la partie administration pour ensuite monter à mon bureau par un deuxième élévateur. Pendant la fermeture des portes, je jette un dernier regard à Gyzarus. Le Turien vient de tirer une nouvelle cigarette de son manteau en voyant le groupe qui approche. Un petit sourire se dessine malgré moi sur mon visage, repéré par mon collègue vu l’air assassin qu’il m’adresse.

« En réalité, je suis une très bonne partenaire de thé. »

Alice reprend la conversation alors que nous sentons les partiels de g s’appliquer à nos corps.

« Vous avez entendu parler d’Elisabeth ? Celle-là il la garde encore dans son vocabulaire. Hé bien figurez-vous qu’elle, au moins, est plus bavarde et m’a rapporté ce que Laquarius avait dit sur vous. Évidemment elle y a rajouté sa petite interprétation et j’ai pu synthétiser le tout avec du recul. »

Pointant un doigt accusateur sur mon torse, elle ajoute en plissant les yeux.

« Parce qu’il atténue toujours tout, alors il faut savoir lire entre les lignes. Au moins à Elisabeth il ne ment pas. Par exemple, je sais que vous êtes intervenue lors de l’attaque d’Oméga et vous n’avez pas soutenu l’idée de monsieur qui consistait à se débarrasser de la petite Polanis. Il était tout ronchon après. »

Un petit rire cristallin glisse entre ses lèvres. Ce n'est pas vrai, je n'avais pas été ronchon, j'avais juste regretté de n'avoir saisi l'occasion quand j'en avais eu la possibilité. Satisfaite de sa réflexion, elle tend les bras en l’air pour s’étirer en baillant avant d’enfoncer ses mains dans les poches de son manteau bleu.

« Bah.. On aura sa tête un jour ou l’autre de toute façon. »

Les portes s’ouvrent sur le hall de l’administration. Bâti sur seulement trois étages, cette aile est collée à la tour de contrôle qui est accessible par le rez-de-chaussé où nous nous trouvons. À ce même palier, les bureaux liés à l’hôtel et au café-théâtre. Au niveau supérieur, l’administration de l’orphelinat accompagné d’une salle de rendez-vous pour rencontrer les adoptants et une salle de jeu pour occuper les enfants le temps de remplir la paperasse. Enfin, tout en haut, mon bureau, une salle de réunion et le bureau de la sécurité. Il ne nous reste plus qu’à emprunter un dernier ascenseur et nous y serons. Je m’écarte pour laisser Miho sortir et me tourne vers Alice.

« Oui oui, je sais. Je retourne à l’orphelinat. »

« Je passerai tout à l’heure. »

La rouquine appuie sur le bouton correspondant à sa destination et je sors prestement avant que les portes ne se referment.

« Bye. »

Alors que mon champ de vision se restreint, je la vois ouvrir son OmniTech, probablement va-t-elle discuter avec des gens en ligne ou bien regarder des vidéos d’animaux, une activité qu’elle avait transmise à la quasi totalité de l’orphelinat ce qui donnait parfois lieu à des séances de groupes projetées sur un mur vierge. Me tournant vers Miho, je renouvelle mes excuses et appel le prochain ascenseur.

« Désolé. Si vous avez des questions, et je suppose que c’est le cas, pouvez-vous les garder jusqu’à être dans mon bureau ? Je préfère que nous soyons installés confortablement pour commencer. »

La montée est très brève. La porte de ma pièce s’ouvre à notre arrivée. Large d’un bon vingt-cinq mètres carrés, l’endroit ressemble plus à un salon qu’à un bureau. Bien que le-dit meuble et son fauteuil assorti soient présents, la table basse postée devant un grand sofa et accompagnée de trois petits poufs jure avec l’ambiance sérieuse initiale. Pour accentuer cela, une petite armoire à dégustation, ou à grignotage, comble l’espace vide sur la droite. Je range ma mitraillette dans le râtelier encastré dans le mur à gauche de l’entrée et lance mon couteau sur le canapé. Une large baie vitrée placée derrière le bureau offre une vue imprenable sur la blanche Wenrum, enfin on voit la planète depuis partout dans la station mais il paraît que je possède la fenêtre la plus grande. L’intérieur de la pièce est très sobre et est fait pour se marier avec le décor extérieur. Le sol est bleu foncé, tirant bien sur le noir, et les murs imitent la couleur de l’ivoire. Les meubles quant à eux sont tous dans des nuances de blanc-gris.

J’indique le sofa à Miho d’un geste et me dirige vers le meuble contenant de quoi se restaurer.

« Vous avez soif ? Faim ? Je n’ai pas de quoi vous rassasier mais au moins de quoi tenir le temps de parler. »

Liant le geste à la parole, je tire deux verres, une bouteille d’eau et une autre de soda que je viens poser sur la table avant d’y ajouter une petite assiette de biscuits. Une dernière chose et nous serons bon. Je vais rapidement pianoter quelques lignes sur la console de mon bureau. Une backdoor me permet de restreindre l’accès de Morpho à la pièce. Enfin en toute intimité, je viens m’asseoir là où mon couteau était tombé, recalant la lame à la table basse.

« Qui commence ? »
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Re: Until we meet again

Message par Miho'Shakti Vas Erakis » 17 Mai 2018, 15:28

Dans l'ascenseur, c'est plus sur Alice que Miho porte son attention. Hélas, les informations perçues n'étaient pas le fruit d'un interrogatoire savamment mené, mais leur obtention n'en restait pas moins impressionnante. Apparemment la jeune fille savait où aller chercher les détails qui l'intéressaient, pour recouper les connaissances récupérées et faire le tri. Ce genre de curiosité n'était pas donné à tout le monde. Dans la foulée, la quarienne se dit que décidément, il lui faudrait faire connaissance avec cette Elisabeth. Depuis le temps qu'elle en entendait parlé, et vu qu'elle paraissait avoir le bras long, peut-être serait-il judicieux que Miho trouve un moyen ou un autre de l'incorporer dans le flux des connaissances liées à la coopératives. Avoir des relations dans tous les milieux, quels qu'ils soient, était aussi la garanti d'avoir assez d'informations et de potentielles influences pour faire changer les choses. Cela leur avait bien servi dans le cadre de leur enquête contre ce réseau de piraterie.

La pilote lâcha un "hm" songeur en observant l'échange entre l'orpheline - elle n'était pas certaine de ce fait-là d'ailleurs - et Laquarius. Si le second resta stoïque, l'évocation d'Oméga laissait toujours à Miho un étrange goût amer. En soi, avoir permis d'aider à rétablir un certain ordre lui paraissait être le moindre des maux, mais la façon de l'avoir fait, avec autant de victimes, et surtout sans avoir pu arrêter Mason, avait fait de la mission un simple échec. Un de ceux qu'il lui faudrait corriger. Mais la SCTI était encore trop jeune et commençait tout juste à étendre son réseau d'informations. A ce stade, elle n'avait pas les outils nécessaires pour faire trembler une organisation comme Cerberus. Mais ce n'était qu'une question de temps, du moins l'espérait-elle.

Bizarrement, l'aspect ronchon qu'avait pu avoir Laquarius collait assez bien avec le souvenir qu'elle en avait, vu la vitesse avec laquelle il avait tourné les talons quand elle lui avait signifié son désaccord. Un petit sourire passa rapidement sur ses lèvres. Miho se dit qu'elle avait certainement dû se faire maudire pour ça, mais ça ne comptait pas des masses au regard des quelques vies que ça avait pu épargner. Oméga ne s'en sortait pas trop mal aujourd'hui. Alors que les portes s'ouvraient sur un premier niveau, la quarienne sortit, incitée par le turien, elle posa néanmoins sur Alice un regard un tantinet complice en ne faisant qu'une simple remarque.

"J'adore le thé!"

Pour elle cette conversation n'était pas encore terminée. Vu ce que la jeune femme pouvait partager, quelque chose lui disait qu'il serait tout aussi intéressant d'avoir une petite discussion avec elle un de ces jours. Mais en attendant, quand Laquarius sortit à son tour, elle fit un signe à l'humaine avant que les portes ne se referment.

"A bientôt, Alice!"

Si Miho ne comprenait pas vraiment pourquoi il s'excusait encore, après tout rien de désagréable ne s'était passé, elle hocha cependant la tête à sa demande. Il avait raison, à quoi bon l'assaillir de questions avant même qu'ils n'aient eu le temps de se poser tranquillement? LA pilote n'était pas pressée de toute manière. Il avait fallu compter pas mal de mois avant qu'ils ne se revoient, ce n'était pas quelques minutes de plus qui allaient changer les choses. Quand les portes se rouvrirent, ce fut sur une salle d'une taille conséquente. Mais plus que le décor, la première chose qui la frappa fut la vue sur Wenrum. Un tel décor n'était pas sans lui rappeler celle de Daghemïr, mais la salle de la station avec la plus grande baie vitrée était un lieu de concertation qui appartenait à tous les membres de la SCTI. On était bien loin du bureau personnel avec son petit salon. De fait, tout bien réfléchit, Miho n'avait même pas de bureau à elle et utilisait systématiquement le matériel des lieux de briefings ou conférence. La perspective de se retrouvée totalement isolée pour travailler lui paraissait compliqué. Elle qui se faisait déjà remonter régulièrement les bretelles par Mun parce qu'elle s'obstinait à dormir dans les dortoirs de l'équipage en snobant sa cabine pourtant plus que luxueuse et agréable. Peut-être devrait-elle un jour se décider à faire comme les autres.

Son regard se porta ensuite sur le côté salon, apportant plus de modération au concept de lieu de travail. Si l'on faisait exception d'un râtelier à armement, qui rappelait que non, Laquarius n'était pas un businessman standard. La quarienne fit quelques pas, s'approchant tout d'abord de la fenêtre, alors que le turien exécutait ses dernières commandes. Quand il indiqua le sofa, elle s'y dirigea pour s'y installer.

"De l'eau suffira très bien."

Après tout elle n'était pas venue pour faire de la découverte gastronomique, mais pour discuter. Et quand vint la question fatidique, la réponse parut étrangement évidente à Miho.

"Vous, bien entendu. Comment s'est passé votre face-à-face avec l'assassin de votre mère? Et surtout, comment passe-t-on du statut de mercenaire indépendant à celui de gérant d'une station de cette ampleur? J'imagine qu'Elisabeth ne doit pas y être étrangère, n'est-ce pas?"

Puisqu'Alice la connaissait, il devait être logique qu'elle soit impliquée dans cette histoire. Après, bien d'autres questions lui brûlaient les lèvres, comme... Quel était le lien entre un hôtel / café-théâtre et un orphelinat? Mais chaque chose en son temps.
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Re: Until we meet again

Message par Laquarius Nix » 17 Mai 2018, 22:12

Répondant à la demande de Miho, je lui verse un verre d’eau que je pousse devant elle. C’est étrange, je m’attendais à sa question, évidemment puisque c’est le but de sa visite. Pourtant, je me retrouve coi, idiot même, ne sachant que dire. L’assassin de ma mère, oui, ou plutôt le commanditaire. Sacré retrouvailles.. après tant de mois sans contact le premier sujet que nous abordons est une vendetta en représailles à un meurtre. Je cherche un instant mes mots, ne sachant par où commencer. Je me sers un verre à moi aussi pour me donner une contenance.

« Oui.. Le face-à-face. Je suppose qu’il s’est bien passé vu que je suis encore en vie et qu’en plus de ça il est mort. Vous souhaitez vraiment connaître les détails ? »

Marquant une courte pause, je continue de moi même :


« Je l’ai coincé dans une maison close où il se rendait fréquemment, j'ai bourré l’endroit d’explosifs, je l’ai littéralement cloué au sol à l’aide d’une tige et je l’ai regardé agoniser. Vous vous doutez bien que je ne suis pas resté sans rien faire. J’ai pris sa propre arme pour le blesser, mais jamais grièvement, pas plus en tout cas. Il était à ma merci, impuissant, incapable du moindre mouvement, le simple fait de parler était un supplice. Il a imploré ma pitié. Ah ça oui ! ‘S’il te plaît, tue moi, fini le travail, je t’en conjure’. »

Soudain le verre éclate entre mes doigts. Laissant échapper un juron, je me lève et ramasse les morceaux éparpillés, ôte ceux plantés dans ma paume et les amène à ma poubelle. Debout et dos à Miho, je poursuis :

« Je l’ai laissé mourir, il n’avait aucune chance de s’en sortir, mais je lui ai accordé une faveur. Je lui ai laissé son arme. Elle était vide, alors je lui ai aussi laissé une cartouche, par pure bonté. Puis je suis parti. »

Je vais sortir un autre verre du meuble.

« Ensuite, je suis allé voir mon père. Cela faisait des années que nous ne nous étions pas vus ou parlés. Cette fois-ci, c’était la dernière.. Pour de bon. »

Accordant un petit regard à Wenrum, je me retourne pour faire à nouveau face à Miho et regagne ma place avec de quoi essuyer l’eau renversée.

« Je vous ai déjà dit que je n’aime pas le terme de mercenaire. L’argent n’était pas ma motivation. Je n’aime pas non plus le terme de gérant, il me donne un importance que je n’ai pas. Je ne suis qu’un gardien assigné à cette station. Vous voyez juste quand vous flairez la marque d’Elisabeth dans le bâtiment, tout ici lui appartient. Elle m’a confié la tâche d’en prendre soin et c’est ce que je fais. Je m’assure que l’affaire tourne bien et j’y fais régner ma loi, pour peu qu’elle ne nuise pas à l’intégrité de la station. Sur Oméga, certains me traitent de chien de garde, ils disent qu’Elisabeth me tient en laisse. Je n’y vois pas de problème personnellement mais je suppose que c’est un des ennuis quand votre nom commence à courir sur les bouches. »

Si ma situation me convient parfaitement et les rumeurs me passent des lieux au dessus de la tête, je m’inquiète que les gens finissent par penser que je m’affaiblisse, cela apporterait un risque inutile à la station. En effet, bien qu’armés et entraînés, mon équipe et moi ne sommes pas du tout en mesure de faire face à une attaque de grande ampleur. Fort heureusement, rien de tel n’a pointé le bout de son nez jusqu’alors. Encore un coup de pouce venu d’en-haut à tous les coups.

« En parlant de nom, j’ai été surpris de votre signature et il en va de même pour votre vaisseau et vos collègues. Est-il arrivé quelque chose de grave au Maefis ? »

Je ne sais pas trop comment tourner la question, ne sachant pas s’il s’agit là d’un sujet sensible ou non. Dans le doute, je préfère être direct, au moins ça crèvera l’abcès pour de bon.
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Re: Until we meet again

Message par Miho'Shakti Vas Erakis » 17 Mai 2018, 23:08

Elle y était enfin, à cette conclusion à laquelle il avait tant aspiré. Plus d'autre marque ne devrait venir garnir son avant-bras à présent. Mais cela ne signifiait pas que le passé s'effaçait. Une balle, ne résolvait rien. C'était à peine si ça pouvait soulager. Miho en tirait une certaine amertume. Il avait truffé le lieu d'explosifs. Combien de victimes avait une simple vengeance solitaire avait-elle fait? Combien d'autres mères travaillant dans un milieu difficile pour nourrir leur enfant? Combien d'autres Laquarius une telle attitude avait pu faire naître? Certains ne se posaient pas les bonnes questions. Mais elle avait dit qu'elle écouterait, pas qu'elle commenterait. Cependant elle ne détourna les yeux que lorsque le verre explosa. Même lui n'en avait pas tiré la moindre once de sérénité apparemment. Quel beau gâchis. Ce n'était pas la mort de quelques criminels qu'il jugeait responsables ou juste indignes de vivre qui allaient le sauver. En revanche, l'oeuvre d'Elisabeth allait peut-être pouvoir le faire.

En soi, la manière dont le commanditaire était mort importait peu. Il aurait pu le torturer des jours, ou lui mettre une balle dans la nuque. Mais devoir pour cela impliqué toute une maison close, c'était du spectacle sadique, pas de la vengeance personnelle. Pourtant elle le savait, Laquarius était du genre à s'en cogner des dommages collatéraux. Exactement comme l'homme qui avait fait assassiner sa mère. Comme quoi, le crime ne faisait qu'engendrer le crime, dans un cercle vicieux. Seulement quelle justice y avait-il pour les dommages collatéraux dans un environnement impitoyable comme Oméga? Finalement, malgré une ébauche de guerre civile, tant qu'il y aurait des gens ainsi, rien ne changerait vraiment. Songeuse, elle fixa son verre, sans prêter attention au déplacement du turien. Seul comptait son récit au final.

Le sous-entendu était à peine voilé. Une mère assassinée, un père assassiné. Il marchait dans les traces de l'homme qui l'avait construit malgré lui. Au final était-ce réellement de la vengeance, ou Laquarius n'avait-il été que la marionnette destinée à suivre les traces d'un destructeur de familles de plus? La quarienne se reporta à nouveau sur lui, sans avoir touché son propre verre d'eau. Il n'aimait pas le terme de mercenaire, ni celui de gérant. Quel terme se donner alors? Ou peut-être préférait-il esquiver une définition de lui-même qui pourrait s'avérer plus déplaisante que prévu? Finir en cerbère d'Elisabeth était certainement la meilleure chose qui puisse lui arriver compte tenu des circonstances. Jusqu'au jour où un nouveau gosse devenu adulte et fou de vengeance passera outre l'aide à un orphelinat pour simplement éliminer celui qui l'avait poussé à devenir ainsi.

Elle ne voulait pas juger, mais c'était difficile. Intérieurement, elle lutta pour ne pas commenter, pour ne pas être désagréable. Ensemble, ils avaient traqué quelqu'un qui avait les mêmes méthodes que lui, et le même mépris pour les vies sacrifiées dans des batailles qui ne concernaient qu'un égo heurté. Alors pourquoi ne se montrait-il pas plus différent de ces personnes-là? Au final, sa réputation de chien de garde était définitivement plus salvatrice que celui de mercenaire avide de faire sa propre justice. L'ombre d'Elisabeth lui paraissait être un bon bouclier. Il lui faudrait définitivement rencontrer cette femme. Elle n'était certainement pas plus tendre qu'un Laquarius, mais elle avait assez de jugeote et d'efficacité pour en faire en bon employé malgré tout. Mais cela restait-il judicieux dans le cadre d'un orphelinat?

Les gosses avaient besoin d'exemple, de points de repères à choisir pour prendre le chemin de vie qu'ils penseraient leur convenir le mieux. Un turien qui fait sauter des prostituées pour atteindre un seul homme avant d'abattre son propre père, à priori innocent dans le meurtre qui avait façonné sa vie, était-il le plus indiqué pour permettre à ses futures adultes ne serait-ce qu'au moins de vivre? Elle en doutait et espérait sincèrement que les autres personnes oeuvrant dans la station ne traînaient pas un mépris pour la vie aussi poussé que celui de Laquarius. Elle préféra ne pas mettre de mots sur ce qui lui traversait l'esprit. Tout le monde devait avoir droit à une deuxième chance, sans doute, seulement vu le nombre de cadavres qu'il traînait dans son sillage, à combien de chances Laquarius en était-il exactement?

L'étrange commentaire qu'il fit sur la Maefis lui parut atrocement déplacé. Vu ses actes, pouvait-il réellement s'inquiéter d'un équipage? Surtout un comme le Maefis, dont la plupart des actions étaient en contradiction totale avec les boucheries qu'il avait généré? Le regard de Miho se fit inquisiteur quand elle le dévisagea. Considérant les choses, le Maefis aurait bien pu se faire vaporisé s'il s'était retrouvé sur le chemin d'une queconque vengeance du turien. En cela, elle se demandait encore pourquoi diable n'avait-il pas suivit son désir premier d'éliminer Polanis? Parce que Miho n'avait pas été d'accord? Elle n'y croyait pas une seconde. S'il avait réellement considérer la notion de victimes involontaires, il aurait utilisé une toute autre méthode pour abattre l'assassin de sa mère. Comment avait-elle pu se fourvoyer à ce point?

"Le Maefis et son équipage se porte bien. Si cela a réellement un sens. Je me suis juste faite virer par Fyn. Mun et Mithra ont choisi de démissionner pour me suivre. Nouveau vaisseau, nouvel équipage, nouvelles implications. Mon capitaine est parti du principe que je serai plus utile en devenant mon propre patron. Le temps dira s'il s'est planté ou pas."

Ça et le fait qu'il était moins bancal que le premier président de la coopérative soit un capitaine plutôt qu'un simple pilote. Ça faisait plus sérieux, et la SCTI avait besoin de sérieux pour s'imposer. Une fois que ce sera fait, certaines choses seront à revoir au sens de la quarienne. Mais elle était encore bien loin de ce genre de considérations.

"Dîtes-moi, Laquarius, à tout hasard, avez-vous une idée du nombre de personnes et de famille que votre vendetta a dû détruire? Ou est-ce que cette perspective n'était définitivement pas trop cher payé pour au final commettre le même genre d'actes que l'homme qui a fait abattre votre mère?"

Non, finalement, c'était trop dur de se retenir. Elle frappa directe, sans gêne aucune. Il avait brisé un verre juste au souvenir d'un homme qu'il avait laissé se suicider par soi-disante bonté d'âme. Il pourrait lui faire sans doute pire à elle, mais quelque part, elle s'en foutait totalement. Une chose étrange s'était produite. Alors qu'elle se sentait principalement en colère, le ton de sa voix trahissait plus de tristesse qu'autre chose.
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Re: Until we meet again

Message par Laquarius Nix » 21 Mai 2018, 21:51

Le questionnement sarcastique de Miho ne me fait ni chaud ni froid. Je la fixe sans broncher un instant avant de poser mon verre pour lui répondre calmement, sur un ton neutre.

« Venant de la personne qui m’a encouragé à me venger en me disant que je pourrai jamais avancer sans cela, c’est un peu ironique. Qu’espériez-vous ? Que je l’invite chez moi, que nous nous assoyons autour d’une table et que nous discutions de nos différents ? Allons.
Pour répondre à votre question, je n’en ai aucune idée. Cela dit, j’ai assez ressassé ces souvenirs pour qu’aucunes de vos critiques n’aient déjà traversé mon esprit. Mais je digresse. Je peux quand même minorer mon impact en comptant les personnes mortes directement de ma main. Ce qui nous fait un minimum de six personnes : deux gardes du corps, une fille de la maison, le gérant, ma cible et un Krogan à l’extérieur.
Avant de continuer, laissez moi vous poser aussi une question, vous pourrez y penser pendant que je m’explique. Avez-vous une idée du nombre de personnes et de famille que notre intervention sur Oméga a dû détruire? Ou bien vous pensez que Cerberus, déjà facile de la gâchette, n’a pas renforcé sa poigne en apprenant l’existence d’un groupe organisé de résistance, travaillant qui plus est avec les Serres. Par extension, avez-vous une idée du nombre de personnes et de famille que le fait de laisser Polanis en vie a dû détruire? La chasse aux traîtres restera gravée dans l’histoire de la station. Personne ne vient d’habitude au bar d’Elisabeth, par peur majoritairement et respect un peu. Je n’ai jamais eu à laver autant de sang sur le plancher et je peux vous assurer que c’est une galère sans nom. Ce en vous parlant d’un endroit évité par les fauteurs de troubles, un peu à l’instar de l’Au-delà à son époque. Je reconnais que j’exagère en rattachant cela à Polanis, mais de fait si tout l’ancienne hiérarchie avait été rasée, les choses aurait été plus simple.
Pour revenir au sujet initial, les gardes du corps ont signé pour mettre leur vie en danger, la fille n’avait pas de famille -même si j’avoue avoir quelques remords quant à ma réaction, elle se trouvait simplement au mauvais endroit au mauvais moment et a aidé la mauvaise personne-, le gérant a eu ce qu’il méritait, ma cible.. bon.. et le Krogan est mort dans la rue après avoir essayé de violer la fille pour laquelle il avait payé alors qu’ils venaient à peine de sortir du bâtiment en flammes. Je concède sans problème que certaines personnes ont dû mourir piégées dans la maison close, mais regardez l’image dans son ensemble : le bâtiment est détruit, le gérant est mort et les filles rescapées ont été secourues par un petit groupe non-criminel constitué de personnes vivants sur Oméga car elles n’ont pas les moyens de s’en sortir.
Bien entendu, les causes et les enjeux diffèrent, mais des deux histoires, je vois qu’il faut savoir faire des sacrifices. C’est quelque chose qui vous tient en horreur, c’est évident, mais on ne décide pas toujours du prix à payer. Je peux vous raconter l’histoire de la dernière fille morte dans cette maison close, pas celle morte par ma faute, mais celle qui s’est suicidé les jours précédant mon arrivée. Pouvez-vous me raconter l’histoire de la dernière personne morte par la faute de Polanis ? »


Tout m'est venu naturellement, récité comme si j'avais appris ce discours par coeur. Ma voix n'a fait aucun écart, mon corps est resté stoïque et mon visage de marbre. Je me coupe un moment pour fixer la Quarienne d’un regard profond. Non je n’ai pas fini, loin de là.

« Pour me venger, j’ai dû sacrifier ma pitié, ma compassion, mon discernement.. J’ai juste eu de la chance que tout ceci se termine dans un endroit qui mérite un jugement aveugle. Les filles qui y travaillent, non, mais le propriétaire et les locaux, oui. Je ne peux que me consoler en me disant que celles qui s’en sont sorties tentent de se racheter une vie et les autres n’ont plus à endurer leurs supplices. »

Mon corps se penche instinctivement vers son masque et ma voix se baisse d’elle même jusqu’à ne devenir qu’un murmure :

« Vous croyez que ça m’amuse de vous raconter ça ? Que j’en suis fière ? Je sais ce que j’ai fait, Miho, et je sais surtout que je n’ai rien en commun avec l’assassin de ma mère. Il y a plus de litres de sang sur mes mains que dans les corps de toutes les personnes présentent sur cette station. C’est comme ça, je ne peux plus revenir en arrière et de toute façon je referai les mêmes choses si je le pouvais. »

Une légère pointe de colère, ou d'incompréhension, est venue entacher mon timbre malgré moi. Je m’écarte de Miho pour prendre une goulée dans mon verre, ma gorge se faisait un peu sèche sur la fin.
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Re: Until we meet again

Message par Miho'Shakti Vas Erakis » 23 Mai 2018, 23:02

Le ton neutre de Laquarius fut en opposition totale avec ce qu'elle ressentait. Mais surtout, cela lui indiqua qu'il devait s'attendre à faire face à ce genre de question, et que son expérience de vengeance l'avait suffisamment poussé à cogiter pour qu'il aille chercher les réponses à apporter à ce genre d'interrogation subjectivement ciblée.
Seulement elle n'y vit pas vraiment de réponse. Plutôt une liste d'excuses balancées pour amoindrir un acte pas si légitime que ça, sous couvert d'un exemple qui déjà était complètement hors contexte, et témoignait d'un fait évident qui frappa Miho. Laquarius, du haut de sa montagne de cadavre, n'avait jamais eu à encaisser les conséquences concrètes d'une guerre. Pire, il se servait de l'ébauche de l'une d'entre elle pour essayer de minimiser ses actes. C'était donc ça le mercenariat? Du voilage de force à grand coup de raccourcis aussi simples que non pertinent? La quarienne plissa les yeux, mais ne détourna pas un seul instant son regard du turien qui énumérait avec un calme certainement préparer les conséquences de ses actes, pas si terribles que ça. Une réelle victime, dans un endroit qui poussait les pauvres employées au suicide. Pour un peu, Miho se serait attendue à ce qu'il aille jusqu'à dire qu'il avait commis un acte bienveillant.

"Non, vous ne pouvez pas revenir en arrière. Mais le plus triste là-dedans, c'est que rien ne serait à changer selon vos propres critères."

Les paroles étaient sans doute plus sèches qu'elle ne l'aurait voulu, mais il ne fallait pas déconner non plus. Si elle avait gardé le silence pendant son discours, c'était dans l'espoir décidément bien trop naïf qu'il y ait plus de choses bonnes que mauvaises. Seulement sur ce point, qu'il s'agisse de Laquarius comme de n'importe qui d'ailleurs, Miho avait souvent tendance à voir ses espoirs bousillés. Elle en attendait trop des gens, pour rien. Une sale manie d'après guerre sans doute.

"Votre vengeance était une nécessité pour votre équilibre, quel que soit sa forme. Mais j'imaginais que vous auriez pris la peine d'embarquer votre cible ailleurs, que ce soit pour lui mettre une balle dans la nuque ou le torturer pendant des mois, peu importe. Mais là..."

Elle se tu, pour prendre une lente inspiration, mains croisées devant ses filtres. Donner des leçons ne comptait certainement pas parmi ses petits plaisirs malsains. Pour elle, ça n'avait rien à voir, mais elle était prête à parier que de toute manière, pour Laquarius, elle n'était jamais qu'une emmerdeuse avec des principes niais. Triste.

"Je ne vois là qu'un gosse impulsif pressé d'éliminer le vilain qui a anéanti sa famille, quitte à démolir tout ce qui se trouve sur son passage. Mais au final, c'est vous qui avez anéanti ce qu'il vous restait de famille, au-delà des objectifs de l'assassin de votre mère. Un caprice d'un homme qui n'a jamais eu besoin de respecter la vie, car il n'a vécu que pour la mort. Vous avec de la chance, sans doute. une seule victime, sans attache... Ça doit rendre sa mort bien moins dramatique, non? Et puis bon, quelques criminels, un violeur, des gens qui ont signé pour se faire casser la figure... Ils l'ont bien cherché au final."

Ce devait certainement être ça que le turien devait se dire pour se rassurer sur ses actes. Enfin se rassurer... Vu qu'il n'aurait rien changé si la possibilité s'était présentée, c'était qu'il n'avait pas tant besoin de se rassurer que de donner une justification à ses actes.

"Vous n'êtes pas juge, juré et bourreau. Vous vous donnez bonne conscience en croyant qu'éradiquer le mal, c'est une solution comme une autre. Vous avez transformé votre vengeance personnelle en spectacle meurtrier. Si ce maquereau était tellement horrible, pourquoi ne pas avoir démantelé son affaire et confié un lupanar fonctionnel à des femmes qui n'auraient plus qu'à y établir leur règles plutôt que de mettre tout le monde à la rue?"

Certaines comptaient peut-être sur cette paie, sans doute insuffisante, pour nourrir leurs gamins. L'exploitation n'est jamais bonne, mais la supprimer en se disant que d'autres allaient gérer les conséquences à sa place, c'était de la lâcheté pure et simple. Heureusement que des gens sur Oméga s'entre-aidaient. Dommage que Laquarius n'ait pas envisagé d'en faire partie après avoir épongé le sang sur le sol du bar d'Elisabeth. Comme quoi... Et se la jouer corde sensible en prétendant que son choix à elle avait eu des conséquences pires alors qu'elle ne connaissait même pas l'histoire individuelle des victimes, ça c'était le pompon.

"Et Polanis... Je vous interdit de seulement oser comparer les conséquences d'une guerre civile avec celles de votre vendetta privée."

Oui, elle le prenait très mal. Et ça se ressentait dans le ton de sa voix. Légèrement tremblant, elle contenait sa colère avec un brio plutôt discutable. Mais sur ce genre de point, la quarienne pouvait s'avérer particulièrement chatouilleuse.

"Les Serres étaient tout ce sur quoi Omega pouvait compter pour un minimum d'encadrement. Alors oui, Polanis a dû faire le ménage, et oui, c'est injuste et dégueulasse. Mais sans elle, combien de petits malins se seraient octroyés une autorité avant de se faire abattre et remplacer par un autre connard? Combien de purges supplémentaires cela aurait créé? Ne venez pas me donner de leçon sur ce genre de choix, Laquarius. Parce que la vérité, c'est que jamais vous n'avez dû choisir de sacrifier cent vies pour en sauver des milliers. Vous n'avez fait qu'effleurer une situation d'après-guerre et vous avez le culot de comparer ma décision à la vôtre? A quel instant cet argument vous a parut réellement pertinent?"

Concrètement, rien ne l'aurait empêché de tuer Polanis. Il aurait pu tenter, aurait probablement réussi. Peut-être même qu'il aurait pu parvenir à s'enfuir et survivre après ça. Et certainement que dans cette perspective-là aussi, il n'aurait rien eu à regretter. Mais il avait écouté sa réponse, et naïvement, Miho s'était dit que peut-être, il avait entrevu les conséquences dont elle parlait. Mais là maintenant, dans ce bureau d'une très jolie station qui prenait soin d'orphelin, elle réalisait qu'il n'en était rien. Elisabeth ne tenait pas Laquarius en laisse, elle essayait tout aussi désespérément de le sauver.

"C'est là que se trouve une différence majeure. Vous tuez des monstres, pour qu'ils cessent de faire du mal. Moi je préfère sauver des vies, quitte à parfois tuer des monstres. Ce détail doit certainement être totalement abstrait pour vous, mais il n'empêche qu'il peut radicalement faire basculer une décision et sauver des vies qui n'avaient certainement pas demandé à se retrouver piégées dans un conflit qui ne les concernaient pas. Pourquoi croyez-vous que le Maefis se soit chargé à bloc de civils d'Oméga? Pour se faire mousser? Chacun des membres à bord a vu et connu les conséquences de ce genre de situation, et a fait de son mieux pour limiter la casse. Parce que c'est toujours comme ça que ça se passe. On ne choisi jamais la bonne solution, elle n'existe pas. On s'efforce seulement de trouver la moins pire pour le maximum de personnes possible, et merde pour nos sentiments personnels. C'est ça, la guerre."

Parce qu'ils n'étaient pas politiciens, mais soldats. Parce que parfois, il fallait laisser son meilleur ami du chasseur d'à-côté se prendre le tir fatal qu'on a esquivé sous prétexte qu'on était mieux placé que lui pour abattre l'ennemi, ou encore parce qu'il fallait placer sa frégate sur le parcours laser d'un moissonneur afin d'offrir au vaisseau geth d'à-côté, mieux armé, une occasion de fumer la saloperie qui abattait en temps réel des centaines de vies à la minute. Ce n'était pas beau, on ne pouvait pas trouver le sommeil en se disant qu'on avait bien fait, jamais. On se demandait sans cesse si, même si ça avait été la moins pire des options, le choix était pour autant acceptable. Puis après tout ça, on s'entendait encore dire que c'était comparable au fait de faire sauter un établissement pour accomplir une vengeance personnelle? Heureusement qu'elle avait survécu à la guerre pour entendre une connerie pareille!

"Vous avez fait votre choix, Laquarius. Et effectivement, on ne revient pas en arrière. Mais j'ai tout autant de sang sur les mains. J'ai parfois dû laisser mourir... Non, soyons honnête. J'ai tué des personnes que j'adorais parce que c'était encore ce qu'il y avait de mieux à faire pour la majorité. Et n'allez pas croire qu'avoir laissé Polanis en vie m'évite des cauchemars. Je n'arrêterai jamais de me demander s'il n'existait pas un meilleur choix. Et je trouve triste que vous ayez choisi de ne pas vous poser cette question. Cela veut dire que finalement, une vie, ça compte tellement peu à vos yeux. Vous me parlez de connaître le passif de la dernière victime de Polanis, mais vous vous êtes-vous demandé s'il était possible que cette fille puisse avoir une histoire à créer après cet événement. Vous me parlez d'une fille qui s'est suicidée, mais je ne vous ai pas entendu vous être impliqué suite à ça. Il a fallu que votre cible s'y trouve pour vous agissiez. J'ai l'impression que vous cachez votre attitude derrière la malveillance de la majorité de vos victimes, alors qu'il aurait existé tellement de moyens d'aider ces filles, mais dans la plupart de ces versions, cela signifiait remettre à plus tard votre vengeance. J'imagine que c'était bien trop dur à envisager."

Elle aurait voulu mettre du cynisme dans ces derniers propos, mais elle n'y arrivait plus. La tristesse reprenait le pas.

"Vous l'avez dit vous-même, pour vous venger, vous avez dû sacrifier des choses essentielles. Pitié, compassion, discernement... Une seule de ces choses aurait pu sauver cette fille. L'absence de toutes vous a juste permis d'accomplir un acte sans doute indispensable à votre équilibre, en éliminant quelques sadiques dans la foulée. Mais je suis désolée, j'ai beau chercher, je n'y vois que des excuses pour vous rassurer et trop peu de raisons légitimes. Je ne remet pas en question l'utilité de votre vengeance, mais je ne cautionne la méthode."

Abattue, elle plongea sa visière dans ses mains. La quarienne ne pleurait pas, mais ce n'était pas l'envie qui lui en manquait. Se rappeler les gens qu'elle avait perdu, pour voir que ceux qui avaient survécu n'accordaient pas ne serait-ce que la moitié de la valeur à d'autres existences, c'était détestable. Et affligeant. Le genre d'attitude qui lui faisait regretter d'y avoir survécu.

"J'espérais tellement que vous y arriveriez... Que vous accompliriez votre but, mais en en tirant quelque chose d'autre que du sang sur les mains, et surtout pas en vous disant que si c'était à refaire, vous ne changeriez rien. Il y aurait pourtant tellement à changer, et je ne dis pas ça pour cette pauvre fille, mais pour vous. Je crois bien que la seule personne capable de vous empêcher de sombrer ne soit pas vous, mais Elisabeth. Heureusement qu'elle existe."

Apparemment elle se démenait pour donner des objectifs moins sanguinolents à Laquarius. Mais une station et des orphelins allaient-ils changer la donne, ou se fourvoyait-elle encore et cet endroit n'avait rien à voir avec un espoir d'épargner à des gamins le même enfer que les personnes qui veillaient sur eux? Et au fond, était-il judicieux d'offrir un tel mentor à des jeunes influençables? Ou Elisabeth croyait-elle au même genre de miracle que Miho? Pourvu pour tous ces mômes qu'elle ne soit pas déçue sur ce coup.
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Miho'Shakti Vas Erakis
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