Entrevues enneigées [PV Laquarius]

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Re: Entrevues enneigées [PV Laquarius]

Message par Laquarius Nix » 15 Avril 2018, 22:57

Une vive douleur me lançait dans l’épaule depuis que j’ai percuté le tronc de l’arbre. À l’abri du regard de Naell dans son dos, je me masse en grimaçant. L’Asari nous guide sur le chemin du retour vers la station, aidée par un HUD fraîchement sorti de son sac. Arrivé à l’hôtel, je file dans ma chambre après avoir convenu d’un rendez-vous avec Naell. Pestant à chaque pointe tiraillant mon épaule, j’ôte mon armure et me presse sous la douche. Les branchages ne m’ont pas épargné et j’essuie rapidement les petites coupures à l’intérieur de ma main gauche. Ma carapace naturelle a bien encaissé le reste, mais mon idée d’attraper une des branches à cette vitesse était vraiment stupide. Je ne m’attarde pas trop longtemps et sors pour enfiler des vêtements de soirée, bien qu’il ne soit qu’une heure de l’après-midi, pour descendre manger et éviter d’avoir à enfiler mon armure encore humide.

Une fois en bas, avec quelques minutes d’avance, je vais commander une table pour deux auprès d’un serveur et m’y installe en attendant ma compagne de table. Tout comme ce matin, L’Asari fait son entrée pile à l’heure de notre rendez-vous, à croire qu’elle se cache à l’angle des murs pour entretenir cet effet. Son regard azuré balaye la salle jusqu’à croiser le mien, par soucis de bonne mesure, je lui adresse un signe de tête et me lève pour tirer sa chaise quand elle approche. Je retourne ensuite m’asseoir en face d’elle. Son expression en dit long sur l’interrogatoire que je vais passer, à moins que ça ne soit que moi qui m’invente des films. La garçon repousse un peu l’échéance en nous apportant la carte. Néanmoins, le répit n’est que de courte durée. Une fois les remerciements polis et sa présence dissipée, Naell m’accorde un laconique « Je t’écoute ». L’usage du tutoiement, bien que nouveau, n’était pas inattendu, après tout, nous venions de nous battre à mort côte à côte. Je comptais lui proposer d’en venir à cette familiarité, mais devant l’initiative de L’Asari, je garde ma proposition comprenant que l’idée n’avait pas qu’émergée chez moi. Ne quittant pas la carte des yeux, malgré mon choix déjà fait, un tartare qui me paraît tout à fait appétissant sur le papier, j’entame mon explication.

« Je te l’ai dit : ‘On ne se fait pas que des amis en vacances.’. Il se trouve que les personnes que nous avons croisées aujourd’hui sont probablement, pour ne pas dire certainement, les mêmes qui sont venues me.. parler.. hier. Il s’agit, comme vous devez vous en douter, de personnes peu fréquentables avec qui je suis en désaccord, d’une certaine façon. C’est de cette mésentente qu’est née leur animosité à mon égard et par conséquent leurs dernières actions. »

Sur ces mots je ferme mon menu avec un soupir et tend le bras pour le poser au bord de la table. Ce faisant, un pincement dans mon épaule m’arrache une grimace qui n’échappe à Naell.

« Tu vas bien ? »

Avec un petit sourire contrit, je presse à l’endroit où s’est faite ressentir la douleur.

« Oui oui. Ne t’en fais pas, j’ai juste tombé sur un arbre plus dur que prévu et il me l’a fait sentir. Au pire je pourrai toujours dire que j’ai eu un accident au ski, j’ai entendu dire que c’était une sorte de légende parmi les Humains. »

Le serveur revient à ce moment, attrapant la dernière bride de notre conversation, il m’informe que l’hôtel peut mettre à ma disposition une liste de médecins compétents dans les environs de la station. Je le remercie et lui passe ma commande. Naell quant à elle hésite encore et le garçon lui propose donc le plat du jour : un confit de canard, que L’Asari accepte volontiers. Après avoir récupéré nos menus, il ajoute :

« Vous souhaiteriez boire quelque chose ? Notre sommelier conseille un magnifique Bordeaux 2185 pour accompagner le plat du jour. »

« Parfait. »

« Pour ma part, je ne prendrai pas d’alcool, mais si vous avez un jus de fruit de quelque sorte je suis preneur. »

Avec un hochement de tête le serveur repart et je reprends le fil de la discussion.

« Je te dois des excuses, je ne pensais pas qu’ils oseraient agir en plein milieu de la journée à découvert. Mon intention n’était aucunement de t’entraîner là-dedans et encore moins que ta vie soit en danger pour cette broutille. »

Naell n’a pas bronché pendant mon discours et se décide enfin à réagir en m’accordant un sourire.

« Je risque ma vie tous les jours pour quelqu'un d'autre. Finalement, ça ne change pas grandement du boulot. »

Arborant un regard presque malicieux, elle ajoute :

« Je suis garde du corps d'élite. Les excuses sont superflues, je crois... Mais les démêlés avec ces gens là ont l'air d'avoir été sérieux, pour qu'ils en veuillent à ta vie. Non ? »

Cette dernière phrase rend la situation tellement cocasse que je ne peux me retenir d’en sourire, franchement amusé.

« On bosse plus ou moins dans le même domaine en fait, on en veut souvent à ma vie donc j'arrête de comptabiliser les fois sérieuses ou non. »

« Vraiment ? »

Elle marque une pause, curieuse, avant de reprendre :

« Mais comment fais-tu pour qu'on veuille tant d'éliminer ? Quand je travaille, la cible n'est jamais moi... »

Je retrouve immédiatement mon sérieux et me tais en apercevant le serveur revenir. Une fois nos plats devant nous, je lance sur un ton neutre :

« Tu sais, je crois que si l'on veut garder une entente cordiale, il y a une certaine ligne de franchise à ne pas franchir. »

« Désolée, c'était une question indiscrète... »

L’Asari porte son verre de vin à ses lèvres avant de demander :

« Maintenant qu'ils savent que tu n'es pas seul, ils vont m'inclure dans l'équation. On les attend ou bien on frappe en premier ? Enfin, tu frappes et je te couvre... ? »

En entendant cela, je fronce les arcades et repose la bouchée de viande que je m’apprêtai à mettre dans ma bouche.

« Je n'ai pas pour habitude d'entraîner des gens avec moi là dedans. D'autant que tu l'as dit toi même, tu es une garde du corps, tu n'es pas formée pour l'offensive et je ne compte pas attendre qu'ils me tombent à nouveau dessus. »

« Je n'ai jamais dit que je n'étais pas formée pour l'offensive... C'est juste que je suis meilleure sur la défensive. Alors, que fait-on ? »

Mon oreille a comme le sentiment de sentir une pointe de vexation dans les paroles de Naell, mais encore une fois, je me fais peut être juste des idées. J’enfourne le morceau dont je me suis privé il y a une seconde avec un haussement d’épaule. Ma bouche finie, j’ajoute :

« On déguste ce délicieux repas, puis on se brosse les dents, c'est important. Ensuite j'irai rendre une petite visite à nos amis, si tu tiens à m'accompagner tu pourras toujours t'assurer que personne ne vienne me déranger. »

« J'y tiens. Ça me chagrinerait d'apprendre ta disparition par les médias... Et puis, on a toujours besoin d'un bouclier. Même pour mettre des gifles avec... »

Sa réaction me paraît démesurée et je ne sais pas exactement comment la prendre, je me contente donc d’en rire.

« Je doute que l'on évoque ma disparition dans les médias de toute façon. La célébrité ne me sied guère. »

« Sait-on jamais ? Cela dit, ça n'arrivera pas. Pas sous mes yeux. »

Naell ponctue sa phrase d’un sourire. Parmi toutes les personnes en vacances sur cette station, il fallait que je tombe sur une garde du corps têtue.

« J’irai avoir une discussion avec les responsables dans l’après-midi. Ils occupent un entrepôt désaffecté en contre-bas de la station, une zone hors de portée des touristes qui n’a pas encore été totalement reconstruite. L’idée est simple, je rentre, je m’explique pour de bon et je sors. »

Je recommence à manger et reprends sur un ton plus léger :

« Je ne comprends pas pourquoi tu fais ça. »

Mangeant elle aussi, L’Asari me rétorque :

« Sincèrement, moi non plus. Pour la même raison que tu t'es jeté entre moi et eux lorsque j'étais au sol, sans doute. »

« C'est différent. Là c'était de ma faute. »

« Disons que cette fois-ci, ce sera de la mienne, alors... »

Naell me sourit, amusée, avant d'avaler une bouchée de son plat. Décidément je n’arrive pas à la cerner, mais je ne peux que constater que je ne pourrai pas lui faire lâcher le morceau. J’opte donc pour changer de sujet, parlant plutôt de ma technique au ski et écoutant les conseils précieux que mon enseignante me fourni. Le repas se déroule sans encombre, se concluant par un dessert fondant au chocolat d’une part et un zhuat de l’autre.
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Re: Entrevues enneigées [PV Laquarius]

Message par Naell T'Loari » 20 Avril 2018, 12:33

Naell acheva son fondant au chocolat.
Il allait y avoir du sport, comme disait les humains. Autant elle que Laquarius auraient besoin de préparer leurs armements respectifs, ce qui impliquerait un petit aller retour vers leurs chambres respectives. Le turien venait de terminer son dessert lui aussi. Se levant, il fut imité par l'asari, laquelle indiqua au serveur de mettre le repas sur la note de sa chambre d'hôtel. C'était son tour d'inviter, après le repas de hier soir...
Sortant tout deux du restaurant, ils se donnèrent rendez-vous dans une dizaine de minutes, le temps de récupérer leur matériel. Naell avait bien son pistolet dissimulé dans une de ses poches, mais cela ne suffirait sans doute pas. Il lui fallait un renfort cinétique et sa mitraillette. Si l'expérience lui avait appris quelque chose, c'était que mieux valait prévoir large que se retrouver à court de matériel en plein combat. Encore qu'elle pourrait se défendre avec sa biotique, mais elle préférait n'en faire usage qu'en dernier recours.

De retour dans sa chambre, elle ouvrit sa malle et en sortit son armure. Une Titan Medium peinte en noir et blanc et arborant un petit liseré bleu clair -le même bleu que celui de ses tatouages-. Prenant l'ensemble de l'armure, elle le glissa dans un sac de sport. Elle tira également de sa malle une mitraillette Geth améliorée par ses soins. L'arme ne pesait guère lourd et pouvait s'utiliser à une main, ce qui convenait parfaitement au style de combat qu'elle affectionnait. Une main armée, l'autre cuirassée d'un bouclier, quel qu’il soit. L'asari ajouta quelques cartouches thermiques pour faire bonne mesure, y mettant également plusieurs barres énergétiques.
Naell ressentait régulièrement le besoin de s'alimenter lorsqu'elle faisait usage de sa biotique...
Réapparaissant dans le hall à peine dix minutes après l'avoir quitté, elle y trouva Laquarius, lequel portait son armure sous un trench-coat du plus bel effet.
Toutefois, l'ensemble restait peut être un brin trop martial et "formel" pour se fondre dans la masse des touristes. C'est pourquoi, arrivée à la hauteur du turien, Naell pris son écharpe et l'enroula autour du cou de ce dernier.
-"Voila, on dirait presque que tu es là pour les vacances. Allons-y." ajouta-t-elle en souriant.

Ils sortirent de l'hôtel et descendirent en direction du bas de la station. Ce n'était pas particulièrement loin à pieds. Toutefois, se doutant que quelqu'un les surveillerait, Laquarius et Naell décidèrent de faire un petit détour par l'un des coins un peu à l'écart, délaissés des touristes. Ils remarquèrent alors sans peine un humain faisant mine de porter un sac d'où dépassaient des mini-skis et qui les suivaient depuis leur lieu de résidence.
L'asari et le turien repérèrent un parking sous-terrain parfait pour ce qu'ils comptaient faire et s'y engouffrèrent.
Sans surprise, leur poursuivant les suivit.
Il tomba nez à nez avec le canon d'un Predator et celui d'une Frelon au détour d'un des piliers.
Le tenant en joue, Laquarius s'approcha de lui et lui asséna un coup derrière la nuque, l'assommant sur le champ. Les deux compagnons traînèrent alors l'humain inanimé dans un local de service où se trouvaient quelques outils et une dé-neigeuse. Ils le laissèrent là, saucissonné. Ainsi, il ne les retrouverait pas de si tôt. Naell sortit la première et se retourna, surprise de ne pas trouver le turien. Ce dernier émergea du parking une dizaine de secondes plus tard.

Reprenant leur route à pieds hors de la route en direction de l'entrepôt désigné par Laquarius, ils l'atteignirent au bout d'une demi-heure d'une marche malaisée dans la neige. Restant cachés dans l'ombre des arbres bordant deux hangars dont l'un portait encore les stigmates de la guerre, Naell fit un signe discret à son compagnon. Elle devait revêtir son armure avant de passer à l'action.
S'isolant sommairement -c'est à dire en s'éloignant de deux mètres et d'un buisson-, elle s'équipa rapidement, enfilant l'armure avec une dextérité révélatrice d'une habitude certaine à cet exercice. Rangeant consciencieusement ses affaires dans le sac, elle vérifia ses armes et ses réserves. Satisfaite, elle passa son sac en bandoulière dans son dos et rejoignit le turien.

Laquarius surveillait le hangar "neuf". Le second entrepôt, à moitié effondré, était sans aucun doute désaffecté, ce qui réglait la question de savoir ce que l'on allait y trouver.
Le HUD de Naell s'activa, donnant une vue thermique des lieux. L'entrepôt semblait dégager de la chaleur et plusieurs sentinelles discrètes montaient la garde. L'une d'entre elles se trouvait dans les ruines du hangar voisin, surveillant l'arrière du complexe. Manifestement, qui qu'ils soient, ils tenaient à leur sécurité.
-"Deux sur l'avant, dans les buissons encadrant la route qui mène au complexe. Un dans le hangar en ruine. Il y en a probablement d'autres aux alentours." fit Naell en pointant les positions de sa main à son compagnon.
-"On pourrait les contourner en mettant hors de combat discrètement celui dans le hangar."
-"Ok, je m'en occupe, attends-moi là."
Activant son camouflage, le turien disparut sous les yeux de l'asari. Seules les traces de pas s'éloignant dans la neige témoignait de sa présence. Naell suivit les traces en restant dans l'ombre, les voyant se rapprocher petit à petit du hangar. Il s'y engouffra et l'asari perdit sa trace. Se reportant sur la cible, dont elle voyait la forme se détacher du mur qui lui faisait dos, elle attendit. Elle vit apparaître subrepticement le turien à ses côtés avant de ne plus rien voir du tout. Apparemment, la cible venait d'être traitée.
Laquarius réapparut, lui faisant signe que la voie était libre.

Avec précaution, Naell descendit de sa position pour rejoindre son camarade. Prenant soin de ne faire aucun bruit, elle plaçait ses pas dans ceux du turien, couvrant ainsi à la fois le son de son déplacement dans la neige déjà écrasée et leur nombre.
Se faufilant dans le hangar à moitié détruit, elle y découvrit le cadavre encore chaud du garde. Son cou faisait un angle assez peu courant pour un humain. Au moins était-il mort quasiment sur le coup, sans bruit. Il aurait été possible de seulement l'assommer et le ligoter, mais apparemment, le turien en avait décidé autrement...
Alors qu'elle allait rejoindre Laquarius, elle découvrit une porte latérale, d'une dimension modeste, donnant directement sur l'autre entrepôt. Naell fit signe à son camarade :
-"Pssst, Laquarius ! Une porte !" Dit-elle en chuchotant.
Le turien s'approcha, curieux de voir ce qu'elle venait de trouver.
Manifestement, derrière un conteneur métallique, se trouvait bel et bien une porte donnant vers le second bâtiment.
Tout deux se figèrent l'espace d'un instant.
Un bruit de pas se faisait entendre derrière le mur, s'approchant de la porte. Il s'agissait d'un pas calme, méthodique, presque mécanique...

Prenant l'initiative, Naell s'approcha de la porte et vérifia si elle était verrouillée. Manifestement, non. Elle posa sa main sur la poignée et attendit que les bruits de pas se rapprochent. Quelques secondes s'écoulèrent avant que l'individu derrière le mur ne parvienne à la hauteur de la porte.
Ouvrant soudainement cette dernière, Naell croisa le regard d'un humain passablement surpris de voir quelqu'un. Son bond en avant la projeta sur lui. Il n'eut guère le temps de faire quoi que ce soit lorsque l'asari lui asséna un violent coup de poing au visage, l'assommant sur le champ. Se rétablissant sur ses jambes, elle attrapa son adversaire inconscient et d'un second élan, revint vers l'intérieur du hangar avec l'homme. Elle s'y laissa rouler-bouler tout en souplesse, le garde toujours dans ses bras.
L'ensemble venait de durer à peine quelques secondes et le bruit généré avait été largement couvert par celui de la brise dans les arbres.
Au sol avec l'humain inconscient, Naell se redressa et se releva.
Laquarius referma la porte délicatement.
-"Et voila..." souffla-t-elle, reprenant son souffle avant de ligoter et bâillonner sa proie. L'asari ne vit pas son compagnon se pincer les lèvres.
Entrouvrant à nouveau la porte le turien écouta avec attention.
Personne ne semblait bouger.
C'était déjà ça.
Risquant un coup d'oeil approfondi, il vit une porte similaire sur le mur de l'autre entrepôt, à peu près à hauteur du second tiers de ce dernier depuis son entrée principale.
Leur entrée, peut être ?
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