En léger différé

*

Modérateurs : Administration, MJ

Re: En léger différé

Message par Laquarius Nix » 13 Février 2018, 23:40

Je relève la tête en entendant Miho prononcer le nom de mon amie et acquiesce lentement, essayant de savoir comment elle puisse être au courant de son existence. Après une seconde, je me souviens l’avoir énoncé lors de notre meeting dans le vaisseau de Laan. C’est tellement loin. Je n’avais pas idée de ce qui m’attendait à l’époque. Nous devions justement rejoindre mon ami initialement pour lui demander quelconques informations. J’imaginais la station intouchable en ces temps. Grossière erreur. Jamais je n’aurais pu penser que de tels événements puissent arriver. Non pas que les événements en eux mêmes m’aient marqués, encore que, mais c’est plutôt ce faux sentiment de relative sécurité qui me remue maintenant que je le vois. Bien entendu je savais que la station n’était pas sûre, mais pas comme ça. Avec le temps, on s’habitue au danger ambiant. On apprend à se déplacer en évitant les coupes-gorges, les territoires appartenant aux différentes mafias, etc. Mais ce genre de danger, on ne peut pas s’y préparer. Un instant, je me demande ce qu’il se serait passé si nous étions arrivé jusqu’à Elisabeth. Serait-elle venue ? En aurait-elle su plus que nous ? Aucune réponse ne me vient. Je ne l’ai jamais vu combattre de mes yeux vu, seulement épongé ses blessures post-friction quand elle le permettait et je n’ai jamais su jusqu’où s’étendait ses connaissances. En y pensant, je serre les poings. Miho avait eu vent de supposition, rien de vraiment concret mais on l’avait avertie que quelque chose se tramait. Qui d’autre était au courant ? Combien avait su ou pressenti sans agir pour autant ?

Je grince des dents et reporte mon attention sur Miho. Elle est muette. Un petit effort de concentration et je remets les brides de conversation dans l’ordre. Confus, je secoue la tête pour arranger mes idées à leurs places. Je ne sais pas depuis combien de temps je fixe la pilote dans le vide de la visière mais ce qui est sûr c’est que j’ai mis du temps à répondre et que la question me dérange un tantinet. La deuxième en tout cas. Je prends une profonde inspiration, je n’ai aucune envie d’évoquer le sujet mais je ne plus faire marche arrière. Ainsi soit-il.

« Désolé, j’étais ailleurs. Non pas que votre conversation m’ennuie, loin de là, mais je me suis perdu dans votre regard. »

Je prends le parti de commencer sur une bonne base. Un peu de politesse et de touche personnelle. Pour le reste je souhaiterai y aller crescendo, mais je ne vois pas comment répondre à l’une sans répondre à l’autre de ses questions. En effet, les deux soulèvent le même problème mais différemment : l’origine de ma culpabilité. Je comprends que Miho s’est accordée pour entendre qu’il s’agissait du sang sur mes mains. Je dois commencer par là, mais alors j’en viens directement à ma mère. Un éclaircissement de gorge, une dernière gorgée de cocktail, un regard autour de moi et je me lance.

« Ce ne sont pas les actes qui me sont insupportables. Cette part de moi accompli des choses que je suis tout à fait à même de faire. Je me suis mal exprimé, je m’en excuse. »

Emporté par ma lancée et probablement un peu le peu d’alcool dans la boisson, je relève ma manche droite et pose mon bras sur la table. C’est quelque chose que j’ai toujours caché, à n’importe qui, même Elisabeth. Bien que je me doute que cette dernière ait pu voir cela lors de moments plus ‘intimes’, je ne lui ai jamais ouvertement montré et nous ne l’avons jamais évoqué. Le long de mon bras, gravées dans mon armure naturelle, dix-neuf marques groupées par cinq.

« Bientôt la vingtième viendra barrer les quatre dernières. Voici ma culpabilité et ma pénitence. Une pour chaque année qui passe sans que je ne me sois repenti. J’ai commencé il y a quelques temps, une douzaine d’un coup, puis une à une elles s’ajoutent. »

Je parcours les reliefs du bout des doigts.

« Bientôt vingt ans que ma mère est morte. Bientôt vingt ans que je dois vivre avec le fardeau de ma lâcheté. »

Je regarde Miho avec un sourire vide et remets ma manche.

« Ma mère est morte, assassinée devant moi. Je ne me suis pas interposé, j’avais trop peur. Je me suis juste roulé en boule. L’homme n’avait pas d’offre pour moi, seulement ma mère, et il ne travaillait pas gratuitement. Alors il m’a laissé en vie. Je n’ai rien fait alors qu’il l’abattait devant moi. Elle était à un mètre tout au plus. La seule chose que j’ai su faire, c’était jurer au type de le tuer le jour venu. Je l’ai fait, mais c’était trop tard. Les actions se font sur l’instant pas après. »

D’un soupire, je me recule dans ma chaise et pose ma fourchette. D’un geste ample, je joins mes mains pour faire toucher mes deux index.

« Et c’est là que les bouts se joignent. Je ne culpabilise pas de ce que je fais, donc je n’ai pas peur de perdre ma moitié pour ça. Non, j’ai peur de ce qu’il adviendra de cette soif de sang et de douleur quand il ne sera plus là. Je crains ce que je pourrai faire quand je n’aurai plus personne à tuer. »

Je laisse retomber mes mains sur la table avec lassitude. Cette ‘confession’ est éprouvante. Je n’avais jamais autant parlé de moi en si peu de temps. Pas question de poursuivre tout de suite.

« Mais vous, Miho, qu’avez-vous à me dire ? Quels sont vos petits malheurs ? Ne cassons pas l’ambiance, on s’amuse tellement. »

Un rire jaune m’échappe quand je me redresse pour frapper ma fourchette contre mon assiette en arrachant un morceau de viande pour l’avaler tout rond.
Avatar de l’utilisateur
Laquarius Nix
Rang 5

Rang 5
 
Message(s) : 122
Inscription : 12 Avril 2017, 23:26

Âge: 27
Profession: Contrebandier / Mercenaire
Classe: Technologique et Martiale
Points d'Héroïsme: 5

Points MEL: 141.00 Points

En ligne

Re: En léger différé

Message par Miho'Shakti Vas Maefis » 14 Février 2018, 23:37

Niveau crédibilité, ce n'était pas encore ça. Pour seule réponse à la tentative de Laquarius d'excuser son temps de réponse, elle haussa un sourcil sceptique. Oui, se perdre dans le regard d'une quarienne, surtout une de celles avec une visière quasi opaque. Elle aurait trouvé le trait d'humour assez fendard en temps normal, mais là, la seule chose qui lui traversait l'esprit était... Pourquoi aurait-il besoin de se trouver une excuse? Ou juste une manière d'amoindrir sa réaction? Elle était indiscrète, l'obligeait à se rappeler des choses indésirables. Il aurait eu le droit de lui balancer ses couvert à la figure qu'elle aurait pu le comprendre sans trop de peine. Cela signifiait-il qu'il allait jouer la langue de bois?

Bizarrement non. Il jouait la carte de l'honnêteté. Enfin dans la mesure où ce qu'elle savait de lui pouvait lui faire définir son honnêteté. La première impression qui lui traversa l'esprit était qu'elle s'était planté en beauté. Et ce devait être définitivement ça quand elle le vit relever une manche pour dévoiler une série de marques, comme celles qu'un taulard ferait sur la paroi suintante d'une vieille cellule. Des coches qui représentait du temps à s'en vouloir avec une utilité que Miho qualifia très arbitrairement d'insignifiante. Dix-neuf marques, presque vingt. Quel âge avait Laquarius au juste? Elle le définissait comme jeune. Bien plus qu'elle. De combien, elle ne saurait le dire. Mais à ses yeux, le calcul était vite fait, surtout compte tenu du récit précédent du turien: il n'avait été à l'époque qu'un gamin... C'était vraiment ça, l'éducation martiale turienne sur Palaven? Elever son gosse pour qu'il en vienne à penser que si il a refusé de mourir avec sa mère, c'était qu'il était faible? Ou Laquarius s'était monté la tête avec toute la peur et le désespoir d'une enfant face à un père trop perturbé pour savoir comment ramener de la stabilité dans l'esprit de son gamin?

En effet, la question et l'inquiétude de Laquarius étaient plus que fondé. Mais Miho aurait été prête à pousser plus loin. Qu'adviendra-t-il de Laquarius tout entier, quand tout ce qui semblait lui justifier son existence, aura disparu? Car il lui paraissait clair que s'il a perduré dans une voie que même son père ne lui souhaitait pas, ce n'était pas par amour du métier. Il avait soif de vengeance, pour se déculpabiliser d'un sentiment qui ne devrait même pas exister. Une soif de vengeance qui avait façonné son goût pour le sang. Il n'y avait rien de naturel là-dedans, rien de sain. C'était un raccourci fait quand on avait rien d'autre dans la vie. Le genre de chose qu'un gosse se fabriquait quand il n'avait pas réellement eu l'amour de ses parents, quand il n'avait pas pu se forger une famille alternative en la présence d'amis, quand tout ce qui permettait à un gamin de forger l'adolescent puis l'adulte qu'il allait devenir lui avait été arraché avant même qu'il ne vienne au monde. Une aberration comme il en existait hélas déjà bien trop.

"Donc... Vous partez du principe qu'un enfant qui ne sait pas protéger sa mère devra le payer pour tout le reste de sa vie. En tout cas, c'est la voie que vous vous êtes imposé."

Car il fallait être honnête. Que le but soit obtenu ou non, cela ne ramènera ni sa mère, ni la vie dont il s'est privé au nom d'une soi-disante culpabilité. Mais bien loin d'afficher une quelconque colère ou incompréhension, le ton de Miho ne cachait rien de son étonnement. Il y avait indiscutablement quelque chose qui clochait dans la donnée. Il n'avait pas tué une drelle. Une cible dont il connaissait les activités et qu'il avait choisi d'abattre. Mais il avait changé d'avis. Pourtant rien chez sa cible n'avait changé, La seule chose, c'était un geth, des quariens et... Un gosse. Un gamin qui aurait très bien pu, tout comme lui, n'être qu'un incapable de plus selon les critères qui avaient régit toute la traque de Laquarius. Etait-ce alors réellement le petit qui l'avait fait hésité? Ou peut-être se trompait-elle sur toute la ligne et Laquarius avait arbitrairement choisi de se retourner contre son boss, comme un simple caprice.

"Compte tenu de votre situation, je pense que la finalité pour vous sera exactement la même, avec ou non la mort de cet homme. La vrai question n'est pas "et si?", mais plutôt "pourquoi?". Vous avez basé tout votre développement sur une culpabilité injustifié. Je ne dis pas qu'elle est fausse, votre ressenti est bien réel, mais ça reste injustifié."

Après tout, il était devenu professionnellement ce que sa cible était. Le profil caractéristique de la victime d'horreur qui choisi de devenir à son tour le bourreau, comme si toutes les autres alternatives entre deux n'avaient jamais fait partie de son enseignement de vie. Un simple calcul froid et facile, car il est tellement plus simple d'avoir une cible que d'affronter le deuil en tant que seule entité. Miho reprit quelques bouchées, songeuse. Elle ne pouvait rien pour Laquarius. Personne au fond ne le pouvait. Il était maintenant seul face à lui-même et c'était, tout bien considéré, ce qui pouvait lui arriver de mieux. A présent adulte, avec la vie qu'il avait eu, les gens qu'il avait croisé, il avait toutes les armes en main pour choisir une autre voie ou perdurer dans celle qu'il s'était donné. Quelle que soit la fin, il sera seul à en affronter les conséquences, quelles soient agréables ou non. Ce n'était ni bien ni mal, c'était juste la suite logique d'une base illogique.

Elle ne sourcilla même pas quand il tâcha de retourner la situation. Il n'y avait pas de question précise, juste une envie de poursuivre dans la lance et de li arracher un dirty little secret. Le petit truc qui montrera qu'au final, tout le monde a un côté sombre. Oui, sauf que ses côté sombres, Miho a appris à composer avec pour en tirer autre chose. Elle avait eu la chance d'avoir des parents plus soucieux que leur enfant s'épanouisse quel que soit son choix. Et elle avait un frère, avec lequel elle avait partagé des passions, des désillusions, des chagrins et des joies. Puis des amis qui, même morts aujourd'hui, lui avait tellement apporté pour appréhender les pires moments. Sans compter sa seconde famille, toujours là. qui partageait son quotidien. La vie avait bien entouré la quarienne. Assez pour que rien n'ait pu lui faire penser un jour qu'avoir une cible apaiserait un quelconque sentiment de culpabilité.

"Je n'ai jamais eu la malchance d'avoir un coupable."

De la culpabilité oui. Mais quand l'Akeron avait été éventré, et que le Qwib Qwib s'était crashé, qui pouvait-elle blâmer? Elle-même d'avoir participé aux raids qui avaient précédé cette contre-attaque? Les geths d'avoir riposté? Un geth pour avoir donné le coup de grâce en tirant? Han'Gerrel pour avoir provoqué/soutenu le conflit? Toute l'Amirauté pour ne pas l'avoir arrêté? L'entièreté de sa race pour ne pas s'être révoltée contre les ordres et avoir conditionné les générations élevées en exil à perpétuer la haine raciale? Son ennemi à elle n'avait pas un visage et ne pouvait pas être tué au nom d'une quelconque vendetta.

"A défaut d'avoir un coupable, je me suis sentie coupable. Et le temps n'a pas effacé ça. Quand le porte-chasseur sur lequel je vivais a été attaqué, mon premier réflexe, en réalisant que je n'avais plus de chasseur pour aller combattre, a été de vouloir rejoindre mon compagnon. Et puis je l'ai entendu disséminé dans tout le vaisseau les ordres d'évacuation. Alors j'ai juste cherché à être utile et j'ai libéré le Maefis des amarres de l'Akeron où il était coincé pour lui éviter de se faire détruire lui aussi."

Elle parut pensive un instant. Tout le monde parmi ses amis et sa famille connaissait l'histoire pour l'avoir eux aussi vécu, mais en y pensant plus avant, Miho réalisa qu'elle ne l'avait jamais réellement raconté de vive voix.

"D'après les relevés, mon compagnon... Naen. Il est mort quelques temps après avoir donné l'ordre d'évacuation. Et pendant les années qui ont suivi, je n'ai eu de cesse de me poser une simple question. Et si j'avais continué sur ma lancée? Si je l'avais rejoins, si j'avais fait ce que n'importe quelle femme amoureuse aurait fait, serait-il encore en vie? Je me le demandais chaque instant de chaque jour. J'ai cherché à savoir, en faisant des simulations, en recréant toutes les circonstances du combat, en retraçant seconde après seconde tous les déplacements des quariens morts ou encore vivants, tous les dégâts occasionnés les uns après les autres, tout les mouvements que j'aurais pu faire, ou ce que j'aurais pu lui dire. Et tous les résultats donnaient immanquablement le même résultat. Jamais je n'aurai pu le rejoindre à temps. La seule personne qui aurait pu le sauver, c'était lui-même. Mais il a choisi de rester pour rediriger l'énergie restante vers les modules afin de sauver un maximum de quariens."

Son assiette vidée, elle reposa ses couverts sur le côté et rapprocha son verre en relevant les yeux. Elle ne parlait pour ainsi dire jamais de Naen, pas même à son frère ou aux personnes sur le Maefis.

"Après je me suis demandée pourquoi il n'avait pas fuit, pourquoi il n'a pas pensé à moi. Je lui en ai voulu autant que je m'en suis voulue. Au fond, c'est plus facile de se sentir coupable d'avoir foiré, qu'impuissant contre la tournure des événements.
On a fait l'un comme l'autre ce qu'on aurait dû faire. Mais savoir ça ne rend pas les choses plus faciles à accepter. Alors j'en ai voulu au monde entier. J'ai envoyer chier le système et j'ai quitté l'armée. Mais la douleur n'a fait que s'aggraver. Je voyais mon neveu grandir dans les bras de mon frère, et je souriais, alors qu'au fond j'étais folle de rage de le voir avoir la vie que j'aurais pu avoir avec Naen. Je savais très bien que mon frère n'y était pour rien, et j'adore mon neveu. Mais je n'avais aucun contrôle sur mes sentiments. Il m'a fallu du temps avant d'enfin comprendre comment faire mon deuil."


Elle prit une gorgée de liquide légèrement alcoolisée. Laquarius devait être déçu. Jamais elle n'avait voulu abattre qui que ce soit par vengeance ou par culpabilité. Oh, elle ressentait très bien ces choses, mais cela ne lui avait jamais suffit. Elle tuait pour protéger sa vie et celle des autres. Mason devait mourir, car il était un danger pour tout le monde. Mais la perspective de venger les civils d'Oméga ou les blessures de Lan ne rentrerait jamais en ligne de compte. Venger, c'était perpétuer le conflit. Eliminer la seule menace, c'était le faire cesser. Il y avait un stade à partir duquel il fallait savoir s'arrêter, pour le bien de tous, et aussi pour sa propre santé mentale. Mais cette limite était toujours atrocement floue.

"J'ai choisi de vivre non pas pour me racheter, mais pour perpétuer tout ce qui me plaisais tant chez les gens que j'ai perdu.
Essayer de vivre au jour le jour en faisant les choix qu'ils n'ont plus la possibilité de faire a fini par me paraître bien plus important que mon sentiment de culpabilité, ma rage ou ma douleur. Ça ne les fait pas disparaître bien sûr, mais ça a fini par les rendre supportables. Je ne doute pas que, vu de l'autre côté de cette table, ça doit paraître atrocement naïf et stupide. Mais j'ai eu la chance de grandir entourée de gens qui se souciaient les uns des autres, et je pense ça change tout."


Elle prit une nouvelle longue gorgée, ne laissant plus qu'un tout petit fond, avant de rigoler plus légèrement, même si ça sonnait faux.

"Désolée, je partagerais bien de sombres secrets, mais je crois que je n'en ai plus depuis quelques temps. J'ai grandi avec des gens qui ont toujours cherché à atténuer la douleur, plutôt qu'à s'en servir. Le bien du plus grand nombre passe avant les sentiments personnels. Question de survie. On n'efface pas trois siècles de solidarité désespérée d'un claquement de doigts."
Avatar de l’utilisateur
Miho'Shakti Vas Maefis
Rang 4

Rang 4
 
Message(s) : 199
Inscription : 06 Mars 2016, 02:05

Âge: 37
Profession: Pilote d'élite
Classe: Martial et Technologique
Points d'Héroïsme: 4

Points MEL: 895.00 Points

Précédent

Retour vers Crête Apienne



Qui est en ligne ?

Utilisateur(s) parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 0 invité(s)