En léger différé

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Re: En léger différé

Message par Laquarius Nix » 13 Février 2018, 23:40

Je relève la tête en entendant Miho prononcer le nom de mon amie et acquiesce lentement, essayant de savoir comment elle puisse être au courant de son existence. Après une seconde, je me souviens l’avoir énoncé lors de notre meeting dans le vaisseau de Laan. C’est tellement loin. Je n’avais pas idée de ce qui m’attendait à l’époque. Nous devions justement rejoindre mon ami initialement pour lui demander quelconques informations. J’imaginais la station intouchable en ces temps. Grossière erreur. Jamais je n’aurais pu penser que de tels événements puissent arriver. Non pas que les événements en eux mêmes m’aient marqués, encore que, mais c’est plutôt ce faux sentiment de relative sécurité qui me remue maintenant que je le vois. Bien entendu je savais que la station n’était pas sûre, mais pas comme ça. Avec le temps, on s’habitue au danger ambiant. On apprend à se déplacer en évitant les coupes-gorges, les territoires appartenant aux différentes mafias, etc. Mais ce genre de danger, on ne peut pas s’y préparer. Un instant, je me demande ce qu’il se serait passé si nous étions arrivé jusqu’à Elisabeth. Serait-elle venue ? En aurait-elle su plus que nous ? Aucune réponse ne me vient. Je ne l’ai jamais vu combattre de mes yeux vu, seulement épongé ses blessures post-friction quand elle le permettait et je n’ai jamais su jusqu’où s’étendait ses connaissances. En y pensant, je serre les poings. Miho avait eu vent de supposition, rien de vraiment concret mais on l’avait avertie que quelque chose se tramait. Qui d’autre était au courant ? Combien avait su ou pressenti sans agir pour autant ?

Je grince des dents et reporte mon attention sur Miho. Elle est muette. Un petit effort de concentration et je remets les brides de conversation dans l’ordre. Confus, je secoue la tête pour arranger mes idées à leurs places. Je ne sais pas depuis combien de temps je fixe la pilote dans le vide de la visière mais ce qui est sûr c’est que j’ai mis du temps à répondre et que la question me dérange un tantinet. La deuxième en tout cas. Je prends une profonde inspiration, je n’ai aucune envie d’évoquer le sujet mais je ne plus faire marche arrière. Ainsi soit-il.

« Désolé, j’étais ailleurs. Non pas que votre conversation m’ennuie, loin de là, mais je me suis perdu dans votre regard. »

Je prends le parti de commencer sur une bonne base. Un peu de politesse et de touche personnelle. Pour le reste je souhaiterai y aller crescendo, mais je ne vois pas comment répondre à l’une sans répondre à l’autre de ses questions. En effet, les deux soulèvent le même problème mais différemment : l’origine de ma culpabilité. Je comprends que Miho s’est accordée pour entendre qu’il s’agissait du sang sur mes mains. Je dois commencer par là, mais alors j’en viens directement à ma mère. Un éclaircissement de gorge, une dernière gorgée de cocktail, un regard autour de moi et je me lance.

« Ce ne sont pas les actes qui me sont insupportables. Cette part de moi accompli des choses que je suis tout à fait à même de faire. Je me suis mal exprimé, je m’en excuse. »

Emporté par ma lancée et probablement un peu le peu d’alcool dans la boisson, je relève ma manche droite et pose mon bras sur la table. C’est quelque chose que j’ai toujours caché, à n’importe qui, même Elisabeth. Bien que je me doute que cette dernière ait pu voir cela lors de moments plus ‘intimes’, je ne lui ai jamais ouvertement montré et nous ne l’avons jamais évoqué. Le long de mon bras, gravées dans mon armure naturelle, dix-neuf marques groupées par cinq.

« Bientôt la vingtième viendra barrer les quatre dernières. Voici ma culpabilité et ma pénitence. Une pour chaque année qui passe sans que je ne me sois repenti. J’ai commencé il y a quelques temps, une douzaine d’un coup, puis une à une elles s’ajoutent. »

Je parcours les reliefs du bout des doigts.

« Bientôt vingt ans que ma mère est morte. Bientôt vingt ans que je dois vivre avec le fardeau de ma lâcheté. »

Je regarde Miho avec un sourire vide et remets ma manche.

« Ma mère est morte, assassinée devant moi. Je ne me suis pas interposé, j’avais trop peur. Je me suis juste roulé en boule. L’homme n’avait pas d’offre pour moi, seulement ma mère, et il ne travaillait pas gratuitement. Alors il m’a laissé en vie. Je n’ai rien fait alors qu’il l’abattait devant moi. Elle était à un mètre tout au plus. La seule chose que j’ai su faire, c’était jurer au type de le tuer le jour venu. Je l’ai fait, mais c’était trop tard. Les actions se font sur l’instant pas après. »

D’un soupire, je me recule dans ma chaise et pose ma fourchette. D’un geste ample, je joins mes mains pour faire toucher mes deux index.

« Et c’est là que les bouts se joignent. Je ne culpabilise pas de ce que je fais, donc je n’ai pas peur de perdre ma moitié pour ça. Non, j’ai peur de ce qu’il adviendra de cette soif de sang et de douleur quand il ne sera plus là. Je crains ce que je pourrai faire quand je n’aurai plus personne à tuer. »

Je laisse retomber mes mains sur la table avec lassitude. Cette ‘confession’ est éprouvante. Je n’avais jamais autant parlé de moi en si peu de temps. Pas question de poursuivre tout de suite.

« Mais vous, Miho, qu’avez-vous à me dire ? Quels sont vos petits malheurs ? Ne cassons pas l’ambiance, on s’amuse tellement. »

Un rire jaune m’échappe quand je me redresse pour frapper ma fourchette contre mon assiette en arrachant un morceau de viande pour l’avaler tout rond.
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Re: En léger différé

Message par Miho'Shakti Vas Erakis » 14 Février 2018, 23:37

Niveau crédibilité, ce n'était pas encore ça. Pour seule réponse à la tentative de Laquarius d'excuser son temps de réponse, elle haussa un sourcil sceptique. Oui, se perdre dans le regard d'une quarienne, surtout une de celles avec une visière quasi opaque. Elle aurait trouvé le trait d'humour assez fendard en temps normal, mais là, la seule chose qui lui traversait l'esprit était... Pourquoi aurait-il besoin de se trouver une excuse? Ou juste une manière d'amoindrir sa réaction? Elle était indiscrète, l'obligeait à se rappeler des choses indésirables. Il aurait eu le droit de lui balancer ses couvert à la figure qu'elle aurait pu le comprendre sans trop de peine. Cela signifiait-il qu'il allait jouer la langue de bois?

Bizarrement non. Il jouait la carte de l'honnêteté. Enfin dans la mesure où ce qu'elle savait de lui pouvait lui faire définir son honnêteté. La première impression qui lui traversa l'esprit était qu'elle s'était planté en beauté. Et ce devait être définitivement ça quand elle le vit relever une manche pour dévoiler une série de marques, comme celles qu'un taulard ferait sur la paroi suintante d'une vieille cellule. Des coches qui représentait du temps à s'en vouloir avec une utilité que Miho qualifia très arbitrairement d'insignifiante. Dix-neuf marques, presque vingt. Quel âge avait Laquarius au juste? Elle le définissait comme jeune. Bien plus qu'elle. De combien, elle ne saurait le dire. Mais à ses yeux, le calcul était vite fait, surtout compte tenu du récit précédent du turien: il n'avait été à l'époque qu'un gamin... C'était vraiment ça, l'éducation martiale turienne sur Palaven? Elever son gosse pour qu'il en vienne à penser que si il a refusé de mourir avec sa mère, c'était qu'il était faible? Ou Laquarius s'était monté la tête avec toute la peur et le désespoir d'une enfant face à un père trop perturbé pour savoir comment ramener de la stabilité dans l'esprit de son gamin?

En effet, la question et l'inquiétude de Laquarius étaient plus que fondé. Mais Miho aurait été prête à pousser plus loin. Qu'adviendra-t-il de Laquarius tout entier, quand tout ce qui semblait lui justifier son existence, aura disparu? Car il lui paraissait clair que s'il a perduré dans une voie que même son père ne lui souhaitait pas, ce n'était pas par amour du métier. Il avait soif de vengeance, pour se déculpabiliser d'un sentiment qui ne devrait même pas exister. Une soif de vengeance qui avait façonné son goût pour le sang. Il n'y avait rien de naturel là-dedans, rien de sain. C'était un raccourci fait quand on avait rien d'autre dans la vie. Le genre de chose qu'un gosse se fabriquait quand il n'avait pas réellement eu l'amour de ses parents, quand il n'avait pas pu se forger une famille alternative en la présence d'amis, quand tout ce qui permettait à un gamin de forger l'adolescent puis l'adulte qu'il allait devenir lui avait été arraché avant même qu'il ne vienne au monde. Une aberration comme il en existait hélas déjà bien trop.

"Donc... Vous partez du principe qu'un enfant qui ne sait pas protéger sa mère devra le payer pour tout le reste de sa vie. En tout cas, c'est la voie que vous vous êtes imposé."

Car il fallait être honnête. Que le but soit obtenu ou non, cela ne ramènera ni sa mère, ni la vie dont il s'est privé au nom d'une soi-disante culpabilité. Mais bien loin d'afficher une quelconque colère ou incompréhension, le ton de Miho ne cachait rien de son étonnement. Il y avait indiscutablement quelque chose qui clochait dans la donnée. Il n'avait pas tué une drelle. Une cible dont il connaissait les activités et qu'il avait choisi d'abattre. Mais il avait changé d'avis. Pourtant rien chez sa cible n'avait changé, La seule chose, c'était un geth, des quariens et... Un gosse. Un gamin qui aurait très bien pu, tout comme lui, n'être qu'un incapable de plus selon les critères qui avaient régit toute la traque de Laquarius. Etait-ce alors réellement le petit qui l'avait fait hésité? Ou peut-être se trompait-elle sur toute la ligne et Laquarius avait arbitrairement choisi de se retourner contre son boss, comme un simple caprice.

"Compte tenu de votre situation, je pense que la finalité pour vous sera exactement la même, avec ou non la mort de cet homme. La vrai question n'est pas "et si?", mais plutôt "pourquoi?". Vous avez basé tout votre développement sur une culpabilité injustifié. Je ne dis pas qu'elle est fausse, votre ressenti est bien réel, mais ça reste injustifié."

Après tout, il était devenu professionnellement ce que sa cible était. Le profil caractéristique de la victime d'horreur qui choisi de devenir à son tour le bourreau, comme si toutes les autres alternatives entre deux n'avaient jamais fait partie de son enseignement de vie. Un simple calcul froid et facile, car il est tellement plus simple d'avoir une cible que d'affronter le deuil en tant que seule entité. Miho reprit quelques bouchées, songeuse. Elle ne pouvait rien pour Laquarius. Personne au fond ne le pouvait. Il était maintenant seul face à lui-même et c'était, tout bien considéré, ce qui pouvait lui arriver de mieux. A présent adulte, avec la vie qu'il avait eu, les gens qu'il avait croisé, il avait toutes les armes en main pour choisir une autre voie ou perdurer dans celle qu'il s'était donné. Quelle que soit la fin, il sera seul à en affronter les conséquences, quelles soient agréables ou non. Ce n'était ni bien ni mal, c'était juste la suite logique d'une base illogique.

Elle ne sourcilla même pas quand il tâcha de retourner la situation. Il n'y avait pas de question précise, juste une envie de poursuivre dans la lance et de li arracher un dirty little secret. Le petit truc qui montrera qu'au final, tout le monde a un côté sombre. Oui, sauf que ses côté sombres, Miho a appris à composer avec pour en tirer autre chose. Elle avait eu la chance d'avoir des parents plus soucieux que leur enfant s'épanouisse quel que soit son choix. Et elle avait un frère, avec lequel elle avait partagé des passions, des désillusions, des chagrins et des joies. Puis des amis qui, même morts aujourd'hui, lui avait tellement apporté pour appréhender les pires moments. Sans compter sa seconde famille, toujours là. qui partageait son quotidien. La vie avait bien entouré la quarienne. Assez pour que rien n'ait pu lui faire penser un jour qu'avoir une cible apaiserait un quelconque sentiment de culpabilité.

"Je n'ai jamais eu la malchance d'avoir un coupable."

De la culpabilité oui. Mais quand l'Akeron avait été éventré, et que le Qwib Qwib s'était crashé, qui pouvait-elle blâmer? Elle-même d'avoir participé aux raids qui avaient précédé cette contre-attaque? Les geths d'avoir riposté? Un geth pour avoir donné le coup de grâce en tirant? Han'Gerrel pour avoir provoqué/soutenu le conflit? Toute l'Amirauté pour ne pas l'avoir arrêté? L'entièreté de sa race pour ne pas s'être révoltée contre les ordres et avoir conditionné les générations élevées en exil à perpétuer la haine raciale? Son ennemi à elle n'avait pas un visage et ne pouvait pas être tué au nom d'une quelconque vendetta.

"A défaut d'avoir un coupable, je me suis sentie coupable. Et le temps n'a pas effacé ça. Quand le porte-chasseur sur lequel je vivais a été attaqué, mon premier réflexe, en réalisant que je n'avais plus de chasseur pour aller combattre, a été de vouloir rejoindre mon compagnon. Et puis je l'ai entendu disséminer dans tout le vaisseau les ordres d'évacuation. Alors j'ai juste cherché à être utile et j'ai libéré le Maefis des amarres de l'Akeron où il était coincé pour lui éviter de se faire détruire lui aussi."

Elle parut pensive un instant. Tout le monde parmi ses amis et sa famille connaissait l'histoire pour l'avoir eux aussi vécu, mais en y pensant plus avant, Miho réalisa qu'elle ne l'avait jamais réellement raconté de vive voix.

"D'après les relevés, mon compagnon... Naen. Il est mort quelques temps après avoir donné l'ordre d'évacuation. Et pendant les années qui ont suivies, je n'ai eu de cesse de me poser une simple question. Et si j'avais continué sur ma lancée? Si je l'avais rejoins, si j'avais fait ce que n'importe quelle femme amoureuse aurait fait, serait-il encore en vie? Je me le demandais chaque instant de chaque jour. J'ai cherché à savoir, en faisant des simulations, en recréant toutes les circonstances du combat, en retraçant seconde après seconde tous les déplacements des quariens morts ou encore vivants, tous les dégâts occasionnés les uns après les autres, tout les mouvements que j'aurais pu faire, ou ce que j'aurais pu lui dire. Et tous les résultats donnaient immanquablement le même résultat. Jamais je n'aurai pu le rejoindre à temps. La seule personne qui aurait pu le sauver, c'était lui-même. Mais il a choisi de rester pour rediriger l'énergie restante vers les modules afin de sauver un maximum de quariens."

Son assiette vidée, elle reposa ses couverts sur le côté et rapprocha son verre en relevant les yeux. Elle ne parlait pour ainsi dire jamais de Naen, pas même à son frère ou aux personnes sur le Maefis.

"Après je me suis demandée pourquoi il n'avait pas fuit, pourquoi il n'a pas pensé à moi. Je lui en ai voulu autant que je m'en suis voulue. Au fond, c'est plus facile de se sentir coupable d'avoir foiré, qu'impuissant contre la tournure des événements.
On a fait l'un comme l'autre ce qu'on aurait dû faire. Mais savoir ça ne rend pas les choses plus faciles à accepter. Alors j'en ai voulu au monde entier. J'ai envoyé chier le système et j'ai quitté l'armée. Mais la douleur n'a fait que s'aggraver. Je voyais mon neveu grandir dans les bras de mon frère, et je souriais, alors qu'au fond j'étais folle de rage de le voir avoir la vie que j'aurais pu avoir avec Naen. Je savais très bien que mon frère n'y était pour rien, et j'adore mon neveu. Mais je n'avais aucun contrôle sur mes sentiments. Il m'a fallu du temps avant d'enfin comprendre comment faire mon deuil."


Elle prit une gorgée de liquide légèrement alcoolisée. Laquarius devait être déçu. Jamais elle n'avait voulu abattre qui que ce soit par vengeance ou par culpabilité. Oh, elle ressentait très bien ces choses, mais cela ne lui avait jamais suffit. Elle tuait pour protéger sa vie et celle des autres. Mason devait mourir, car il était un danger pour tout le monde. Mais la perspective de venger les civils d'Oméga ou les blessures de Lan ne rentrerait jamais en ligne de compte. Venger, c'était perpétuer le conflit. Eliminer la seule menace, c'était le faire cesser. Il y avait un stade à partir duquel il fallait savoir s'arrêter, pour le bien de tous, et aussi pour sa propre santé mentale. Mais cette limite était toujours atrocement floue.

"J'ai choisi de vivre non pas pour me racheter, mais pour perpétuer tout ce qui me plaisais tant chez les gens que j'ai perdu. Essayer de vivre au jour le jour en faisant les choix qu'ils n'ont plus la possibilité de faire a fini par me paraître bien plus important que mon sentiment de culpabilité, ma rage ou ma douleur. Ça ne les fait pas disparaître bien sûr, mais ça a fini par les rendre supportables. Je ne doute pas que, vu de l'autre côté de cette table, ça doit paraître atrocement naïf et stupide. Mais j'ai eu la chance de grandir entourée de gens qui se souciaient les uns des autres, et je pense ça change tout."

Elle prit une nouvelle longue gorgée, ne laissant plus qu'un tout petit fond, avant de rigoler plus légèrement, même si ça sonnait faux.

"Désolée, je partagerais bien de sombres secrets, mais je crois que je n'en ai plus depuis quelques temps. J'ai grandi avec des gens qui ont toujours cherché à atténuer la douleur, plutôt qu'à s'en servir. Le bien du plus grand nombre passe avant les sentiments personnels. Question de survie. On n'efface pas trois siècles de solidarité désespérée d'un claquement de doigts."
Dernière édition par Miho'Shakti Vas Erakis le 12 Mars 2018, 11:11, édité 1 fois.
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Re: En léger différé

Message par Laquarius Nix » 22 Février 2018, 13:31

Je me renfrogne en entendant Miho considérer ma culpabilité comme injustifiée, elle qui s’était targuée de ne pas me juger. Grand bien m’en fasse, ça m’apprendra à tenir ma langue. Qu’est-ce qu’elle en savait après tout ? Pas plus que moi, moins même, elle n’avait pas vécu ça, certainement pas, sinon elle ne tiendrait pas ce discours. Je sais que, malgré tout le sang que j’ai sur les mains, ma mère ne reviendra pas et je ne dis pas qu’il eu fallu que je la protège, je dis que j’aurais dû essayer. J’aurais dû tenter de m’interposer, quitte à mourir avec elle. En cette date, j’aurais dû passer de l’autre côté, alors je vis en tant que tel, je ne suis pas reconnaissant d’être toujours en vie et ne le serai pas, jamais. Alors c’est évident que je me lance dans cette quête. Ça sera quoi la prochaine remarque désobligeante ? Que je suis comme eux ? Oui, ou presque. Je ne suis pas attiré par l’argent, c’est si futile, si éphémère. Je n’emploie pas les mêmes méthodes. Mais je partage le même côté de la loi ça oui. Sauf que d’une part c’est la façon la plus simple de les atteindre et d’autre part je n’ai pas eu le choix. Je vois mal comment j’aurais pu retourner sur Palaven, sorti de nulle part, sans toit ni foi, pour poursuivre une vie normale au sein de l’armée Turienne.

Puis Miho commence à parler d’elle et je commence à regretter d’avoir poser la question. Au fond je ne voulais même pas forcément savoir, c’était plus une façon de montrer que j’étais plus ou moins à ma limite que je ne voulais pas parler de ça plus que ce que je ne l’avais fait. La Quarienne m’aurait répondu de me mêler de mes affaires que je ne l’aurais pas mal pris. Mais elle parle, raconte son histoire et je comprends le jugement qu’elle me porte. La pilote l’a dit elle même, elle a choisit de vivre, moi pas et en ça je sais qu’elle ne me comprendra pas. Au delà du fait que nous n’avions pas le même âge à nos époques respectives, Miho a choisi de faire vivre la mémoire de ceux qu’elle a perdu à travers elle, moi les seuls souvenirs qu’il m’en reste sont ses derniers instants. Son choix n’est ni naïf, ni stupide, il est différent du mieux et je le comprends. En fait je le respecte même, je n’aurais pas été capable de le faire pour être franc.

« Je suis désolé, ma question était idiote. Mes condoléances. »

Je ne sais pas quoi dire de plus, déjà que je me suis forcé à sortir ces quelques ridicules mots. En dépit de conversation, je fini les minces bouchées qu’il reste encore dans mon assiette et lance un regard à la serveuse la plus proche avant d’attraper mon verre pour éviter d’avoir à enchaîner. Tout en buvant je vois que la Turienne a capté mon appel oculaire et s’approche en grande sauveuse.

« Tout s’est bien passé ? »

J’acquiesce chaleureusement en reposant mon verre pour mettre mes couverts dans mon assiette et lui tendre le tout, sans oublier d’esquisser un sourire.

« Merci. Vous prendrez un dessert, un zhuat ? »

L’idée ne me déplaît pas vraiment mais je pourrai tout aussi bien m’en passer. Je me tourne donc vers Miho en haussant les épaules.

« Je vais m’en remettre à mon amie, qui est une habituée en quelque sorte, pour me guider dans ce choix cornélien. »

C’est sûr qu’avec tout ça nous n’avons pas vraiment eu le temps de parler de la pluie et du beau temps ou même du menu, alors s’il existait un dessert miracle que je devais absolument découvrir et dont je n’avais pas eu écho, c’est bien Miho qui pouvait le savoir.
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Re: En léger différé

Message par Miho'Shakti Vas Erakis » 22 Février 2018, 18:58

L'absence de commentaire à son avis concernant les motivation de Laquarius l'étonna un peu tout de même. Sans doute aurait-il dû lancer un trait d'humour ou de cynisme, mais rien de tout ça ne vint et elle poursuivait naturellement. Effectivement, le comprendre restait quelque chose de compliqué. Mais pas le fait de comprendre l'origine et l'existence de ses sentiments. Seule la façon dont il retirait sa raison de vivre lui paraissait abstraite, ou peut-être bien trop impulsive. Il manquait de structure, de vision d'avenir. Mais il était aussi évident qu'au-delà de cette forme de vengance, le turien n'avait pas encore envisagé une suite sur du long terme. Il avait pris soin de n'avoir que très peu de relation, un peu comme quelqu'un qui ne veut tout simplement pas d'ancrage avec l'existence, comme s'il niait que sa propre vie puisse avoir une quelconque valeur par-delà ce qu'il avait considéré comme sa pénitence. La théorie qui voulait qu'on ne se liait pas pour ne pas avoir de faiblesse, ou pour préserver l'existence de ceux qu'on pourrait apprécier, c'était du bullshit. Pour l'avoir vu et vécu, l'entourage apportait définitivement plus de force que de faiblesse. Mais pour que Laquarius puisse en prendre conscience, il faudrait déjà qu'il ose s'y risquer, et ça, ce n'était clairement pas dans ses priorités.

La seule chose qui l'étonna vraiment, et qu'elle peinait d'ailleurs à comprendre, c'était pourquoi il s'excusait. Déjà pour commencer, ce n'était pas particulièrement son genre. Pousser les autres dans leurs retranchements par amusement était plus dans ses habitudes, il n'y avait qu'à voir ses échanges avec Mun, ou le très peu qu'elle en avait vu avec Laan. Ou encore avec la drelle. Il provoquait, et ne s'excusait pas pour ça. Un peu comme un principe. De plus, tout le monde éprouvait son lot d'horreur à des degrés différent au cours d'une vie. Il n'y avait pas à s'excuser pour ça. Avec les Moissonneurs, les gens ayant baigné dans la sécurité et l'innocence ne devaient définitivement plus exister. Elle inclina la tête en l'observant, alors qu'il semblait chercher des yeux autre chose, peut-être pour éviter qu'un contact ne prolonge ce genre de conversation.

"Ne vous excusez pas, il n'y a rien d'idiot là-dedans, et puis c'est moi qui ai commencé."

Oui, elle avait délibérément cherché la merde au départ. Elle réalisa maintenant que c'était déloyal. Contrairement à Laquarius, évoquer les périodes douloureuses de sa vie ne lui posait pas de problème majeur. C'était une façon comme une autre d'aller de l'avant, de reconnaître qu'on avait souffert, mais que maintenant , ça allait tout de même mieux. C'était le cas pour elle, mais clairement pas pour le turien. Là-dessus, elle n'avait pas été très équitable.
Mais heureusement la serveuse lui sauva la mise en quelque sorte. La quarienne décala son assiette vide de manière à lui permettre de récupérer l'ensemble plus facilement. Elle avait bien mangé, et un dessert lui paraissait de trop. Néanmoins une petite pensée nostalgique lui traversa l'esprit quand Laquarius lui donna la main pour la suite du menu.

"Excusez cette question hors menu, mais... Est-ce que votre cuisinier fait toujours ces petits gâteaux épicés qui se marient si bien avec le zhuat? Vous savez, ceux qui n'apparaissent pas dans le menu..."

La serveuse rit, franchement amusée par cette question qui visiblement ne devait pas être très rare.

« Oui, bien sûr! Je vous en apporte un plat avec vos zhuats. »

Voilà qui offrit une bonne excuse pour passer à autre chose dans la conversation. Quand la serveuse repartit avec les couverts et la commande, Miho se reporta sur Laqua.

"La dernière fois que je suis venue ici, c'était pour un repas avec tout l'équipage. Le cuisinier a passé un peu de temps avec nous et nous a fait goûter ces petits gâteaux. Un vrai délice! Mais il nous avait expliqué que le propriétaire du restaurant avait refusé de modifier la carte. C'est bien dommage d'ailleurs. Oh, et si vous pouviez éviter d''en parlez pas à Till... Elle essaie de reproduire la recette depuis que tout le monde lui en a parlé, mais sans succès. Ça a tendance à la mettre de mauvaise humeur quand on le lui rappelle, même involontairement."

Miho eut un petit sourire contrit à l'idée de heurter la "sensibilité" de leur geth de cuisinière. Elle s'appuya à nouveau sur la table, histoire de relancer la conversation.

"Dîtes-moi Laqua, qu'avez-vous prévu de faire ensuite? Retourner sur Oméga? Vous prendre un petit pied à terre ailleurs? Un projet quelconque peut-être? Ou juste en profiter pour faire un peu de tourisme?"

Evidemment, il était bienvenu sur le Maefis tout le temps qu'il lui faudrait. En tout cas c'était une évidence pour Miho, en dépit de l'avis très tranché de Mun à son sujet. Et puis tant que Fyn n'émettait aucune opposition, l'affaire était entendue.
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Re: En léger différé

Message par Laquarius Nix » 23 Février 2018, 12:13

Après que Miho a fait sa proposition et la serveuse a ri, je me tourne vers cette dernière avec un petit sourire pour conclure la discussion.

« Alors petits gâteaux ce sera ! »

Un rire bref m’échappe quand la Quarienne me raconte les sauts d’humeurs de la cuisinière du Maefis provoqués par le dessert en question. Une légèreté qui s’achève en voyant la pilote reprendre sa position, je me crispe en me demandant ce qu’elle va bien pouvoir aborder ce coup-ci. Je n’ai vraiment pas envie de revenir sur la conversation précédente. Heureusement, enfin je crois, le propos est autre : le futur. Pour moi la réponse est évidente et je me demande même pourquoi Miho pose la question au final. Je vais poursuivre ce que j’ai commencé, tout simplement. Néanmoins, quelque chose me dit que ce n’est pas ce que la Quarienne veut entendre et comme j’ai une petite idée qui me trotte depuis le début du voyage, je me dis qu’il vaut mieux parler de ça.

« Pour le moment je ne sais pas, je vais essayer de travailler sur la technologie utilisée par les Néo-Cerberus. Je suis sûr qu’en posant les bonnes questions aux bonnes personnes, on peut se procurer ces jouets, juste les petits propulseurs j’entends. Ensuite j’ai déjà imaginé ce que je veux en faire, mais ça prendra un peu de temps et probablement de l’argent, même si la dernière partie ne sera pas un problème. Pour finir j’irai peut-être déposer un brevet sous un faux nom, ou bien je le ferai avant, je ne sais pas trop, et pourquoi pas proposer le plan à une entreprise, à voir. »

Je n’y connais rien à la finance, l’économie, tout ça me dépasse et je ne compte pas me lancer là dedans, j’ai d’autres chats à fouetter. Mais si mon projet aboutissait, bien que la vocation ne soit pas à la commercialisation mais bien purement personnel, je suis sûr qu’Elizabeth saura en tirer un peu de profit. Même si je ne pensais à cela dans le seul but de me donner un avantage tactique lors de mes combats et que je sais qu’il ne devrait plus m’en rester beaucoup, je donne de la matière à Miho. Bien entendu j’omets de préciser qu’une fois cela fait je m’empresserai de partir assassiner les proies qu’il me reste. Je frémis en y pensant. Ça sera éprouvant, je le sais, autant physiquement que mentalement, je vais m’assurer que la mort de ma cible initiale soit lente, il partagera tout ce que j’ai ressenti et il me suppliera de l’achever, je le jure. Quant à l’autre, je ne sais pas encore, je ne même pas si je le tuerai au final. Ce sera vu en temps et en heure. Pour le moment la serveuse s’approche avec un plateau surmonté de deux tasses et une assiette recouverte de gâteaux biscornus.

Intrigué je regarde de plus près les gourmandises une fois que la serveuse a posé devant chacun ce qu’il devait recevoir et le fruit de mon intérêt au centre de la table. Un petit fumet à peine tiède s’envole du plat et signe la primeur des gâteaux. Si la forme est pour le moins originale, l’odeur en est tout aussi, voire plus, appétissante. Ne résistant pas à la tentation, je mets la conversation entre parenthèses et pique dans l’assiette. J’approche la sucrerie de mon nez avant de l’ouvrir en deux, un volute plein d’épice et de chaleur s’en échappe, m’emplissant les narines. Pris de surprise par le côté relevé, une larme me monte à l’oeil tandis que je retiens un éternuement. Une fois ressaisis, je pose un des deux morceaux à côté de ma tasse avant de goûter l’autre. Le gâteau est moelleux, tellement que j’ai presque l’impression qu’il en est fondant. L’odeur n’avait pas menti, l’épice se sent très bien et donne un goût particulièrement agréable sur la langue. Malgré tout je n’ai pas fini mes expérimentations. Je fini ma bouche et tapote mes lèvres de ma serviette.

« Et vous ? Vous allez continuer à transporter des médecins en danger de mort et intervenir, telle une preux cavalière, auprès des opprimés ? »

Une fois que j’ai relancé Miho, je saisi le deuxième morceau de gâteau et le trempe à moitié dans mon zhuat, prenant bien soin de ne pas toucher le liquide avec mes doigts. Je pose ensuite le bout sur le bord de la tasse pour m’assurer qu’aucune goutte ne puisse tomber pendant le trajet jusqu’à ma bouche avant de croquer dedans. Je comprends instantanément la demande de Miho, le zhuat qui me paraît parfois un peu fade prend une toute autre dimension. Épicé par le gâteau et absorbé par le moelleux, c’est comme si la gourmandise combinée se transformait en un véritable coeur fondant sous la langue. Un délice.
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Re: En léger différé

Message par Miho'Shakti Vas Erakis » 23 Février 2018, 17:30

Ce n'était pas parce que Laquarius s'était déjà défini à travers un seul objectif de vie qu'il ne pouvait pas trouver d'autres centres d'intérêt. En fait, Miho préférerait le voir plus enclin à se laisser aller à des écarts plus légers, ne serait-ce que pour qu'il prenne conscience qu'il pouvait y avoir autre chose par-delà la vengeance. La perspective qu'il ne s'assure rien d'autre et ne soit au final plus que l'instrument de son propre but, sans individualité propre ni volonté autre s'avérait inquiétant pour la quarienne. Certes, il ferait ce que bon lui plaira à la fin, mais le problème était que justement, c'était la fin. Peut-être pourra-t-il développer d'autres intérêts. Du moins elle espérait en avoir un aperçu, ne serait-ce que pour ce dire que tout n'était fondamentalement pas perdu pour le turien.

L'évocation de travailler sur la technologie de Néo Cerberus, voire même de se l'approprier éhontément fit franchement rire Miho. Pas sûr que les fidèles de Petrovsky acceptent de se faire griller la politesse. Et quand bien même, Laquarius pouvait s'attendre à avoir un tantinet de concurrence sur le sujet. Les micropropulseurs avaient déjà taper dans l'oeil de la quarienne, qui possédait un moyen de joindre une Spectre en lien avec une certaine Fantom. Le seul détail qui retenait la pilote était son matériel, trop bas de gamme et ancien pour que cela vaille la peine d'y installer une telle technologie. Il lui faudrait l'envisager le jour où elle se décidera à claquer ses crédits pour des choses moins générales que le bien de la collectivité de l'équipage. Car à part des pièces pour améliorer le pilotage, ou juste l'usage de certaines technologies sur le vaisseau, Miho n'investissait dans pas grand chose de personnel. A part des cadeaux futiles pour son neveu, mais bon... Ou on était une tata complètement gaga, ou on ne l'était pas.

"Ça ne m'étonnerait pas que d'autres soient déjà sur le coup. Genre les Spectres, les Néo-Cerberus eux-mêmes, ou la Jaeger Corp. qui avait un de ses hommes sur le terrain pour voir les applications de ce système. Et puis je compte bien m'offrir un jour le luxe de l'usage de ces petits bijoux moi aussi. Mais pas pour en faire commerce. Un conseil, foncez avant de vous faire devancer. Après... J'ignore dans quelle mesure vous compter innover en la matière."

Après tout il pouvait y avoir d'autres usages que ceux de faire des bonds prodigieux et accélérer des déplacements ou des esquives. C'était un truc à se prendre les murs à l'entraînement ça. Mais Miho fut vite détournée de ses pensées rocambolesques sur les mésaventures à venir avec ce genre d'outillage. Déjà le dessert arrivait. La quarienne se recula sur sa chaise pour laisser la place à la serveuse, la gratifiant d'un "merci" enthousiaste au passage. Elle regretta un instant de ne pouvoir s'imprégner du délicieux fumet des gâteaux, filtres obligeaient. Mais ce n'était qu'une question de temps avant qu'elle ne puisse se rattraper en y goûtant. Mais ce n'était pas pour tout de suite.

Reprenant sa position première, Miho appuya ses coudes sur la table et posa le bas de son casque sur ses doigts croisés, observant le manège du turien. Un petit rire lui échappa quand il se fit surprendre par l'odeur épicée. A son tour elle attrappa un petit gâteau du bout des doigts qu'elle mit consciencieusement en pièce pour pouvoir en faire passer les morceaux par ses filtres. Son propre zhuat était servi avec son équipement conforme à l'usage quarien. Protection sur le dessus, paille stérile. Même si au final, Miho ne respectait les protocoles d'usage qu'au compte-goutte sous certains aspects. Le travail d'Akasha avait porté ses fruits et elle pouvait se permettre le luxe de manger autre chose que des bouillies stériles via un canal d'évacuation d'urgence. Et ça, c'était déjà fantastique pour elle.

"Je suis pilote. Je vais où on me dit d'aller et une fois sur place, je fais ce qu'on me dit de faire. Sauf que j'ai tendance à le faire à ma manière."

Ouais, mais cela n'était pas suffisant. Elle l'avait vu sur Zorya, et sur Oméga. Aller et suivre les ordres... Réagir à un problème existant... C'était l'assurance de n'avoir pour rôle principal que celui de limiter des dégâts au lieu de tout simplement les éviter. Elle fronça les sourcils, pensives. Elle travaillait déjà sur quelque chose, dont elle doutait de la légitimité.

"Mais ça ne me suffit plus. On l'a vu sur Oméga, suivre les ordres de ceux qui ne se mouillent que relativement peu, c'est l'assurance d'avoir plus d'un coup de retard. Ce serait bien de changer la donne pour une fois... J''ai débuté un projet, mais il n'est pas encore prêt à être présenté à mon capitaine. Un concept de coopération entre indépendants, pour passer outre le système et agir sans avoir à s'encombrer de protocoles diplomatiques. Il est temps que ceux qui puissent agir se soutiennent, au lieu d'attendre l'autorisation d'une quelconque personne au pouvoir, non?"

Ouais, enfin elle cherchait surtout à se rassurer sur le bien fondé de sa démarche. Il était clair que ça n'allait pas plaire à tout le monde, mais au final, si son idée faisait ses preuves, peut-être que ça fonctionnerait au-delà de ses espérances.
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Re: En léger différé

Message par Laquarius Nix » 27 Février 2018, 19:43

L’invitation de Miho à me dépêcher sur le sujet des micropropulseurs est accueillie avec un sourire poli et concerné. En réalité je moque pas mal d’avoir de la concurrence, même complètement, mais ça si la Quarienne l’ignore ça n’est pas un mensonge, juste une omission, rien de bien méchant en soit. Quand Miho commence à me répondre, je saisi ma tasse de zhuat de sa coupelle pour la siroter à très petite gorgée en écoutant. Je souris intérieurement en l’entendant débuter par ‘mais’ après avoir repris son souffle. Elizabeth me corrige tout le temps en disant que peu importe tout le baratin émanant de ma bouche, si j’utilise ce petit mot, seule la suite sera intéressante. Elle se trompait rarement et j’ai le sentiment que cette règle s’applique ici encore. C’est comme si Miho cherchait à se rassurer. Je manque même de m’étouffer en entendant son intonation finale. Si c’est mon avis qu’elle veut, elle l’aura, mais je ne sais pas si elle peut l’entendre. Ça m’embête d’un côté et m’amuse énormément de l’autre.

Je pose doucement ma tasse encore bien remplie sur ma serviette et porte ma main à ma bouche pour tousser un coup, histoire de déboucher ma trachée. Ensuite, je saisi ma coupelle pour la placer contre le plat à gâteau et en fait tomber un dedans en le poussant du bout de ma cuillère. Je ramène le tout vers moi et commence à couper la sucrerie à l’aide de mon couvert. Un petit sourire n’arrive pas à se défaire de mes lèvres, malgré mes efforts.

« Je suis désolé. J’essayais de me retenir, mais ce ‘non ?’ pour ponctuer votre tirade.. Malgré mon habitude à jouer la comédie, j’ai des limites, surtout vu la situation. Mes excuses, sincèrement, je ne veux pas vous froisser. »

D’une inspiration, je reprends mon sérieux. C’est vrai que je ne m’attendais pas du tout à cela venant de la Quarienne. J’allonge mon bras et dépose devant elle ma coupelle surmontée de petits morceaux de gâteaux soigneusement découpés. Le geste peut paraître maladroit, je me rends compte en l’exécutant qu’il ressemble à une offrande à sa clémence. Il n’en est rien, j’ai pu voir le côté laborieux de l’attirail de Miho et me vois mal manger trois gâteaux quand elle en fini à peine un.

« J’espère qu’ils sont à la bonne taille. Enfin bref, j’ai l’impression que vous attendez d’être réconfortée dans votre choix, votre ‘projet’. Je ne dis pas que vous cherchez mes mots en particulier, mais qu’en l’occurrence ce sont les seuls que vous ayez à disposition. Arrêtez moi si je me trompe, j’imagine que ça vous fait peur une telle décision. Maintenant reste à savoir de quoi avez-vous le plus peur, l’opinion que votre action va susciter ou bien le risque de vous planter lamentablement ? »

Je perçois le cynisme dans ma voix : je ne m’arrêterai pas. Miho avait si peu d’assurance quand elle parlait que je ne peux pas m’arrêter. Il faut que je la brusque. Si je ne la secoue pas, il se peut qu’elle ne cesse jamais de douter. Je ne dis que je vais miraculeusement la convaincre, que ce soit dans un sens ou l’autre, mais au moins essayer.

« Il ne faut pas vous en vouloir d’hésiter, pour un soldat habitué à faire ce qu’on lui dit de faire, comme vous l’avez dit vous-même, prendre des responsabilités est quelque chose d’immense. D’autant qu’on n’est jamais vraiment sûr de savoir si l’on fait le bon choix. De plus vous n’êtes pas idiote, vous savez que j’agis sans ordre, pour autant je n’avais pas d’avantage sur les Cerberus non plus. »

Une petite pause pour prendre une gorgée de zhuat s’impose. Non pas que j’ai besoin de me hydrater. Surtout pour laisser le temps à mes mots de s’imprimer et à Miho d’encaisser. Ensuite pour rajouter un côté légèrement théâtral à mon discours comme j’apprécie le faire d’habitude. J’en profite pour ajuster mon attitude, après avoir posé ma tasse, je me laisse tomber dans le dossier de ma chaise et lance un regard profond à Miho tout en croisant les bras. Une scrutation perçante qui passait bien outre le masque de la pilote.

« Du coup on fait quoi ? On reste ainsi à se morfondre et à espérer que les choses, peu importe lesquelles, s’améliorent ? Si vous vous lancez là dedans, vous allez faire des conneries, vous planter. C’est sûr. Les mauvaises décisions sont un passage obligé pour quiconque prend des initiatives, à vous de faire en sorte d’en prendre plus de bonnes. Vous m’énervez par votre altruisme, ne m’énervez pas aussi par votre manque de conviction. »
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Re: En léger différé

Message par Miho'Shakti Vas Erakis » 27 Février 2018, 23:27

Au moins son projet avait le mérite de divertir Laquarius. Du moins, elle traduisit la manière qu'il avait eu de manquer de s'étouffer comme de l'amusement. Ce qui était visiblement le cas, compte tenu de la peine qu'il avait à dissimuler son sourire. Miho ne le prenait pas mal. Elle se doutait que son plan, sans doute un peu trop idéaliste, avait largement de quoi faire pleurer de rire un elcor. Bien loin de se vexer, elle récupéra le dernier morceau qu'elle avait dépecé pour le glisser à travers la rapide ouverture de ses filtres avant de prendre une gorgée chaude et apaisante de zhuat. Elle sourit largement sous son masque quand il parut redouter de la froisser. Même s'il en venait à le faire, elle ne lui en tiendrait certainement pas rigueur. Oui, elle voulait son avis, non pas parce qu'il était le seul, mais parce que le sien serait assurément différent du discours prévisible de ses coéquipiers. Et quand bien même elle avait envie d'être rassurée, elle trouvait tout de même bien plus constructif d'avoir un avis honnête sur la question. Un avis qui fut présenté avec comme prologue une coupelle de gâteaux pré-découpés.

"Oh! Merci!"

Elle en prit spontanément un premier bout, pile à la bonne taille, pour croquer dedans et s'en délecter, même si ça ne devait pas sauter aux yeux vu de l'extérieur. Elle se garda bien d'interrompre Laquarius. Elle voulait le laisser parler jusqu'au bout, et entendre tout ce qu'il avait à dire avant de répondre quoi que ce soit. Que redoutait-elle au fond? Son projet n'en était qu'à ses premiers pas dans l'immédiat. Il lui manquait trop de données, et surtout elle avait une liste d'équipages et d'entreprises à faire pour que tous les contacts soient déjà accessibles afin de concrétiser le tout. Mais ce projet, c'était le Maefis qui allait le lancer, et pour ça, il fallait l'aval de son capitaine. Convaincre Fyn ne l'effrayait pas. Car s'il avait les bons arguments pour lui faire renoncer à ce qu'elle avait en tête, c'était qu'elle se serait planté. Et s'il approuvait, c'était qu'elle était sur la bonne voie. Devait-elle redouter le premier cas? Absolument pas. Miho s'était déjà ramassée sur pas mal de sujets, que ce soit face à son capitaine ou à d'autres gradés. Elle n'avait pas peur de l'échec et préférait en retirer les leçons qui s'imposaient qu'il s'agisse d'abandonner ou d'améliorer son objectif.

Etait-il alors tout simplement difficile pour elle de prendre ses responsabilités? En toute honnêteté, il devait y avoir un peu de ça. Même si dans le fond, Miho avait déjà prit pas mal de liberté tout au long de sa carrière, sans jamais avoir cherché à en esquiver les conséquences. Il lui faudrait tout de même travailler un peu sur ça. Car m^m avec l'appui de son capitaine, même avec bien d'autres appuis, si elle se plantait, elle allaient en entraîner d'autres dans sa chute, et ça, c'était nettement moins facile à encaisser. La comparaison avec Laquarius et Cerberus lui parut peu parlante. Le turien était seul, en bonne partie. Mais le concept de réunir des indépendants de différents milieux, avec différents accès et surtout différentes compétences, c'était tout autre chose. Miho avait toujours été loin d'être seule, et elle avait l'intime conviction que ce léger détail pouvait absolument tout changer. Il n'y avait eu qu'à voir ce que l'alliance de ses capacités, celles de Seides et celles de l'équipages de la Specte avaient pu accomplir sur Oméga. Une bonne coopération, bien gérée, pouvait s'avérer redoutable. Alors si un tel concept pouvait être appliqué à plus grande échelle... Ce genre de pensée pourrait bien filer le tournis à la quarienne.

Face au léger silence que Laquarius impose, Miho, qui tenait son zhuat à deux main, pianotait sur le contenant de ce dernier d'un air pensif. Quand elle releva les yeux, ce fut pour croiser le regard perçant du mercenaire. Elle ne cacha pas un petit rire amusé quand il prétendit qu'elle l'énervait. Miho ne se considérait certainement pas comme altruiste. Plus comme une égoïste guidée par la nécessité de ne pas se refiler trop de remords sur le long terme, ou comme quelqu'un qui avait toujours dû considérer l'entre-aide comme son unique moyen de survie. Educations opposées, ressentis différents.

"Je vais vous faire une confession... J'ai toujours été un très mauvais soldat. En plus, j'ai une très mauvaise influence sur les personnes un tant soit peu carriéristes."

Elle prit un morceau de plus de gâteau avant de s'attaquer au zhuat avec une grande gorgée.

"J'ai toujours eu la sale manie de réinterpréter les ordres. Et même si l'objectif final dépassait les attentes premières, les électrons libres ne sont pas très appréciés dans l'armée. Malheureusement, Fyn avait tendance à m'écouter, et Mun a écouter Fyn, donc... Tous deux ont certainement quitté la Flotte Lourde à causse de leurs opportunités rendues limitées par ma grande gueule."

Donc ouais, suivre les ordres, ce n'était pas nécessairement son fort. La perspective de se balader en dehors d'un chemin tracé par son supérieur n'était pas dans ses habitudes.

"Je n'ai pas peur de me planter. Sauf quand ça peut nuire à d'autres personnes. Non, en fait, ce qui me fait peur, c'est..."

Elle s'interrompit un instant. Au fond, qu'est-ce qui pourrait lui faire peur, concrètement? Et là, maintenant que la question avait indirectement été soulevée par Laquarius, Miho se prit la réponse en pleine face. Son attitude parut changer tout à coup. Elle se laissa un peu plus aller en arrière en baissant les yeux sur son zhuat à moitié vide.

"C'est d'avoir raison. Si ce projet fonctionne, qu'il s'avère aussi utile qu'efficace, alors... Ce serait d'une tristesse affligeante."

Si des indépendants regroupés faisaient mieux que des gouvernements. Des gouvernements qui se sont reconstruits sur les décombres d'une guerre aussi éprouvantes que celle contre les Moissonneurs. Alors cela voudrait dire que les êtres les plus influents de cette galaxie en auraient retiré bien moins de leçons que le quidam lambda aux commandes de son vaisseau flotouillant seul dans l'espace. Et là... Difficile de trouver encore un moyen de respecter toute forme d'autorité un tant soit peu légale. Ou même de se dire que le combat aurait pu servir à quoi que ce soit. Alors en quoi leur survie à tous pourrait être légitime? Mais peut-être s'emportait-elle.

"Si tout ça fonctionne, ce sera la preuve définitive que ceux qui mènent la galaxie sont ceux qui auront le moins appris de la guerre. Alors je crois qu'il serait préférable que je me plante. Ou que quelque chose change. Mais je vais en tout les cas essayer."

Tiens, et si au lieu de redouter la honte de respecter les lois d'un gouvernement indigne, elle impliquait le dit gouvernement? Et là, la lumière se fit. Elle se redressa d'un coup.

"Je sais! Il suffirait d'impliquer les autorités, pour leur offrir l'opportunité d'un droit de regard. Ça légitimerait les actions de la coopérative tout en leur rappelant certaines priorités! C'est sans doute simpliste, mais selon les proportions que ça prend, cela pourrait peut-être faire évoluer un tant soit peu le système!"

S'il ne lui avait pas fait se poser les bonnes questions, elle n'aurait peut-être jamais envisager la chose. Il fallait impérativement qu'elle ajoute la Fédération de Rannoch dans la liste des contacts à informer. Pour le reste, autant que ça passe par des personnes en lien avec leurs propres autorités. Il allait falloir de l'humain, du galarien, du volus... Enfin elle aurait bien le temps de s'emballer quand elle sera de retour sur le Maefis.

"Merci Laquarius! Sans vous cette perspective ne m'aurait même pas effleurée."

Elle reprit appui sur la table, pour prendre un morceau de gâteau. Songeuse, elle se dit que les choses étaient nettement moins inquiétantes maintenant. D'ailleurs en parlant de choses inquiétante, une pensée complètement hors sujet l'effleura.

"Au fait, votre compagne est sur Oméga en ce moment, non? Comment ça se passe pour elle?"

Si les histoires allaient finir par se tasser, cela ne voulait pas dire qu'elle se prélassait chez elle les doigts de pieds en éventail. Si elle avait dû laisser quelqu'un qui comptait pour elle dans de telles circonstances, Miho aurait été morte d'inquiétude.
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Re: En léger différé

Message par Laquarius Nix » 01 Mars 2018, 13:14

Je ne réagis pas quand Miho dit que ça peur vient plutôt du fait d’avoir potentiellement raison. Ce sentiment ne m’est pas inconnu, à la différence que je ne cherche pas à modifier mes intentions pour contourner ce problème, mais bien des éléments qui me montreront que j’ai tord. Oui, j’aimerai me tromper, sauf qu’au fond je sais que j’ai raison, mon ressenti est fondé malgré ma préférence au contraire. Je digresse, là n’est pas le sujet. L’intérêt de Miho pour les gouvernements m’intrigue un peu, d’un côté je suis très mal placé sur ce point étant donné que je n’ai jamais eu directement de lien avec des bureaucrates, que par essence je n’aime pas ces gens -toujours prompt à donner des leçons mais jamais à se salir les mains- et que compte tenu de ma situation je préfère ne pas en rencontrer. La notion de ‘droit de regard’ est floue, ça n’indique pas vraiment la portée de l’action du dit gouvernement vis-à-vis de la coopérative de Miho. S’il s’agit juste de toucher avec les yeux je peux comprendre, si la Quarienne venait à autoriser les grattes-papiers à ajouter leurs grains de sel alors je ne saisi pas l’intérêt. À mon sens, si ces gens commencent à effleurer un aspect de l’idée, ne serait-ce qu’en terme de simple médiateur ou observateur, soit ça ne change rien et qu’ils soient là ou pas revient au même donc la pilote retombe au point de départ, soit ils vont s’amuser à vouloir prendre le contrôle de certains morceaux et donc dicter la démarche à suivre. Je suis donc très septique sur ce point mais me garde de commentaire à la vue de la joie de Miho.

Pour toute réponse, j’accorde à ma camarade de table une moue à peine cachée et un sourire forcé quand elle se met à me remercier chaleureusement. Je me renfrogne d’autant plus en entendant sa question suivante.

« Tout d’abord Elisabeth n’est pas ma ‘compagne’. »

Les mots me sortent dans un grognement, particulierement appuyé sur le dernier d’entre eux. Non, Elisabeth et moi ne sommes pas liés par un pacte ou je ne sais quoi. Nous sommes deux adultes indépendants. Certes, il nous arrive de partager des moments plus intimes sur lesquels je ne m’épancherai certainement pas, mais au-delà de ça nous vivons chacun nos vies sans avoir de comptes à rendre l’un l’autre. Évidemment, puisqu’elle me prête son toit, nous sommes bien obligés de nous côtoyer plus que le temps d’un instant de détente. Néanmoins c’est une compagnie agréable et rassurante dont je n’ai pas hâte de me priver et visiblement Elisabeth n’a pas non plus envie de se séparer de moi pour le moment donc nous restons ainsi, comme des colocataires qui ne payent pas de loyer.

« Je ne sais pas où elle est, probablement sur Oméga en effet. La connaissant elle doit prendre la température concernant la succession politique. À l’heure qu’il est, elle a déjà fini de faire l’inventaire des dégâts c’est sûr. Peut être qu’elle vérifie s’il y a des déserteurs parmi ses rangs, des opportunistes qui seraient revenus quand on a bouté Cerberus hors D’Oméga. Je ne m’inquiète pas pour elle, si mon aide avait été requise, Elisabeth m’aurait averti. Nous vivons nos vies à nos façons et c’est mieux ainsi. Chacun se fait confiance, nous nous savons compétents dans nos domaines, donc on ne se fait pas de soucis inutilement. Quand on habite sur la station, qu’on fait parti du décors, on a toujours une épée de Damoclès au-dessus de la tête, donc nous n’allons pas nous affoler au premier imprévu venu. »

Ça peut paraître anormal pour le quidam mais c’est notre mode de vie. Nous faisons confiance à l’autre pour ne pas mourir. Avoir peur est une perte de temps, c’est un sentiment, dans ce cas, perturbateur et inutile. Même si je m’inquiétais pour Elisabeth, je ne peux rien pour elle. Cela reviendrait à passer tout mon temps avec elle, de peur de ne pas être présent au bon moment, c’est stupide. Nous sommes adultes et responsables, chacun s’occupe de maintenir ses fesses en sécurité et tout va pour le mieux.

« Pourquoi vous me demandez cela ? Vous vous inquiétez pour quelqu’un ? »

C’est vrai que la question sortait un peu de nulle part, alors j’estime mériter une explication.
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Re: En léger différé

Message par Miho'Shakti Vas Erakis » 02 Mars 2018, 21:00

Laquarius n'avait pas l'air franchement emballé par le nouvel objectif de Miho. Dommage, mais elle préféra ne pas chercher à trop appuyer sur le sujet. Elle avait déjà vu la vision que le turien pouvait avoir pour un système en place, surtout quand celui-ci pouvait s'avérer défaillant. La quarienne s'était bien souvent plainte, de manière directe ou non, de tous les problèmes découlant des défauts du pouvoir en place. Mais cela n'apportait rien en matière d'amélioration. Si elle voulait du mieux, il allait falloir qu'elle s'en donne les moyens. eut-être que ça ne servirait à rien, mais au moins, elle ne resterait plus à se morfondre dans son coin comme elle l'avait fait jusque-là. Seulement il allait aussi falloir défendre d'autres positions. Intégrer un gouvernement ne signifiait pas lui donner la moindre parcelle de pouvoir sur la coopérative, sinon le projet ne servirait alors plus à rien. Elle avait encore le temps de songer à tout ça, et la perspective de noyer le mercenaire sous des théories invérifiables et des idées qui ne lui apporterait rien la refroidissait. Le changement de sujet était plus approprié.

Et sa tentative fut un épic fail. Surprise par la révélation de Laquarius, Miho ouvrit de grands yeux étonnés. Avant de pouffer de rire face à à l'attitude du turien. Une attitude qui rassura la pilote. Selon toute vraisemblance, elle n'était pas la première à se méprendre sur le sujet. mais du coup, ça expliquait beaucoup de choses qui paraissaient étranges à Miho. Déjà la raison pour laquelle Laqua avait rejoint le Maefis sans chercher au préalable à aller voir Elizabeth, ou à simplement l'inviter à se joindre à lui pour quitter Oméga quelques temps. Ou encore pourquoi il n'avait pas cherché au cours de la mission, à la contacter, comme Miho était restée en lien avec ses collègues. Des petits détails qui prenaient tout leur sens au fur et à mesure des explications de Laquarius.

La quarienne hocha la tête, pensive. C'était une relation comme une autre. Plutôt saine d'ailleurs, compte tenu des activités des principaux intéressés. Un modèle qu'elle trouvait inspirant. De son vécu, c'était toujours plus simple de conserver un certain détachement, et de profiter simplement des bons moments sans avoir à se prendre la tête. Elle profita aussi de l'explication pour grignoter les restes des petits morceaux découpés par Laquarius, jusqu'à finir le tout avec une gorgée supplémentaire de zhuat.

"Je comprends. C'est logique!"

Le retour de question l'étonna quelque peu, et elle s'empressa de répondre pour ne pas laisser place à un quelconque doute.

"Non non, pas du tout."

Mais ça ne répondait pas vraiment à la question de Laquarius, aussi poursuivit-elle.

"A la manière dont Laan en avait parlé, j'ai cru que vous étiez en couple. Enfin dans une relation plus fusionnelle, tout simplement. Du coup, je trouvais un peu étonnant de ne pas vous entendre parler d'elle, ou simplement lui demander de vous rejoindre à bord du Maefis."

Elle hocha les épaules, saisissant le pourquoi du comment.

"Et aussi, je redoutais un peu que vous ne l'ayez pas évoquée simplement par volonté de ne pas du tout parler de vous. Mais je me suis visiblement trompée."

Mais ça restait néanmoins rassurant de se dire que bien qu'il ne parlait pas spontanément d'elle, il pouvait confirmer qu'elle était en bonne santé. Enfin autant qu'il lui était possible compte tenu des tensions sur la station. D'ailleurs, puisqu'elle était lancée sur le sujet, Miho ne pu résister à la curiosité.

"Comment vous vous êtes rencontrés?"

On étant fouineuse ou on ne l'était pas.
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Re: En léger différé

Message par Laquarius Nix » 04 Mars 2018, 19:39

L’évocation de Laan m’amuse. C’est vrai qu’il avait tendance à s’emporter dans des hyperboles extravagantes quand il me parlait ou parlait de moi, du moins de ce que j’avais pu voir. La qualification de fusionnelle ne s’applique en effet pas à notre relation, à Elisabeth et moi. Enfin, je dirai pas non plus que nous n’avons rien en commun d’autre qu’un toit. Nous nous connaissons et sommes liés à nos manières. Je comprends aisément que ce schéma relationnel puisse paraître étrangement distant. Après, pour ma part, j’ai plus ou moins toujours la jeune femme dans un coin de ma tête. C’est juste que je ne me sens pas le besoin de parler d’elle ou m’inquiéter de sa situation.

Puis vient la question fatidique. Un rire à peine caché m’échappe. Je n’ose pas imaginer la tête de Miho en entendant cette anecdote. Rien que d’y penser, je suis pris d’un véritable fou rire. Tant bien que mal, je tente de me canaliser. L’histoire en elle même n’a rien d’amusant, c’est sûr. Mais la raconter à la Quarienne, c’est autre chose. Après plusieurs tentatives, j’arrive à avaler une grande goulée d’air et stopper ma crise de nerf. Posant mes mains à plats sur la table avec précaution, je m’excuse profondément auprès de Miho, d’une part pour mon comportement, d’autre part pour ce que je m’apprête à lui dire.

« Notre rencontre est plus ou moins le fruit du hasard. Il se trouve qu’elle gère pas mal de chose et qu’elle a aussi du monde sous ses ordres. »

Une petite larme de rire me monte à l’oeil gauche. Je me coupe pour la balayer d’une pichenette.

« Un jour j’ai reçu un contrat assez bizarre, pour plusieurs raisons que je vais éluder. Les termes étaient assez simples, je devais interrompre une transaction. »

Je réalise, un peu gêné, ce que je m’apprête à dire. Mon visage me gratte mais je me garde de bouger mes mains.

« Pour être concis, personne ne devait s’en sortir.. et personne ne s’en est sorti. À la suite de ça, j’ai reçu un message, étrange lui aussi, qui me conviait à un rendez-vous. J’étais très téméraire à l’époque, rien ne pouvait m’arriver vous savez. C’est donc serein que je m’y suis présenté. Là-bas, j’ai fait la rencontre de la personne à qui je m’en étais indirectement pris. Voilà, c’est comme ça que nos chemins se sont croisés pour la première fois. »

J’ai préféré faire court mais je me rends compte que la fin était trop abrupte. Sûrement pas à la convenance de la Quarienne. Cherchant mes mots à tâtons, je poursuis :

« Elisabeth ne m’en a pas voulu pour la fusillade. Je suppose que quand on gère un groupuscule comme le sien, on finit par ne plus vraiment voir les choses sous le même angle. Nous nous sommes rendus compte que nous avions des constantes en commun dans nos objectifs et nos passés, majoritairement le passé à vrai dire. »

C’était aussi proche de la vérité que je pouvais l’être. Les détails sont bien là où ils sont : sous les tapis. Je prends mon zhuat pour le finir.

« Après cela, nous sommes restés proches. Parfois trop pour le respect de la bienséance. Mais en globalité, nous partageons un toit et une pièce de vie qui est en fait un vieux bar désaffecté. Désolé mais le glamour n’est pas vraiment présent sur Oméga. »

Néanmoins, je ne crache pas dans la soupe, cette petite vie me convient bien. Je repose ma tasse vide et ingère un gâteau. En y repensant, je me sens un peu mal à l’aise, la conversation est très laquario-centrée, je ne fais que parler. J’espère que Miho ne pense pas que je ne m’intéresse pas à elle. Le réflexe renvoyer les questions à l’envoyeur n’est pas encore vraiment imprégné dans mon crâne.

« Vous avez dit tout à l’heure que vous avez perdu votre compagnon. Pourtant vous vous en êtes remise. Du coup, pardonnez mon indiscrétion, vous arrivez à repenser à.. l’amour, si je puis appeler cela ainsi. »

Si je perdais Elisabeth, déjà j’arracherais chacun des organes de son meurtrier, mais surtout je doute de pouvoir établir à nouveau une relation comme celle que j’entretiens avec la jeune femme. Sauf que mon ressenti se base sur des ‘si’, Miho, elle, le connaît vraiment et pourra m’éclairer.
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Re: En léger différé

Message par Miho'Shakti Vas Erakis » 04 Mars 2018, 21:28

Apparemment le simple souvenir de la rencontre entre Laquarius et Elizabeth suffisait à lui seul à provoquer l'hilarité du turien. Totalement hors sujet de son côté. Miho haussa les sourcils l'air interrogateur, tout en enfournant quelques petits morceaux de gâteau en plus. Elle attendit simplement qu'il soit en mesure de l'éclairer sur le sujet, histoire qu'elle puisse partager son amusement. Mais au moins, elle avait la certitude de ne pas être en train de pousser Laqua à se renfermer. Il était bien parti pour tout déballer ce qui, au fond, arrangeait bien la quarienne. A force de risquer sa peau avec lui, elle préférait en savoir un maximum.

Elle comprit finalement la raison de son état. Effectivement, finir par se lier avec son ennemi théorique avait de quoi en faire rire plus d'un. Surtout compte tenu des circonstances. Elizabeth n'était visiblement pas quelqu'un de très rancunier, ou alors ses hommes étaient facilement interchangeables. Quand on bossait dans un tel milieu, il fallait bien relativiser certaines choses après tout. Sur ce point, Miho en aurait été incapable, mais bon. Elle doutait très largement du fait qu'Elizabeth puisse avoir le même genre de relation avec ses collègues qu'elle avait avec les membres d'équipage du Maefis. Ce qui n'enlevait rien au cocasse de l'affaire. Oui, vraiment, Laquarius s'était montré totalement casse-cou sur ce coup-là, mais ça lui avait ai final plutôt bien rendu service!

Même si beaucoup dans leurs milieux respectifs devaient avoir un vécu similaire, le partager réellement avec quelqu'un devait être plutôt rare. Ils s'étaient bien trouvés sur ce plan-là, ce qui expliquait leur relation autant que leur distance. Non, vraiment, Miho trouvait ce genre de "vie de couple" plutôt équilibrée. Chacun faisait ce qu'ils voulaient, et ils se retrouvaient par la suite. Un peu de bien-être dans ce monde de brute, sans pour autant oublier le dit monde. Elle eut un rire franchement amusé quand il évoqua l'aspect glamour de la chose.

"C'est plus qu'il n'en faut pour passer de bons moments à deux."

Un vieux bar désaffecté, sympa comme cadre! Maintenant qu'elle y repensait, le seul endroit intime où elle avait pu être réellement seule avec Naen, c'était... Une chambre stérile. Miho était très très très, mais alors vraiment très loin de pouvoir prétendre à une quelconque forme de glamour. Et ça restait nettement moins stylé qu'un bar.
La question lui fut naturellement retournée et bien que ce fut prévisible, la quarienne eut un temps d'arrêt. Ah, l'amour! Une bien belle chose. Elle ne regrettait aucun des moments qu'elle avait partagé avec son compagnon. Mais quand on se le fait enlever sans même un au revoir, les choses devenaient un peu plus compliquées.

"On dit qu'avec le temps la douleur disparaît, mais c'est faux. On ne fait que s'y habituer. Je n'ai rien contre l'amour, pour l'avoir vécu, c'est de très loin le sentiment le plus merveilleux que j'ai éprouvé, mais..."

Oui, mais quoi? Elle eut un nouveau temps de latence, se plongeant un instant dans la réflexion. Voulait-elle ne plus jamais avoir à prendre le risque de le perdre encore? Il devait y avoir de ça. Seulement ce serait incomplet et pas entièrement vrai.

"Je ne le cherche pas. Je ne dis pas que je ne veux plus ressentir ça, juste que si ça doit se faire, ça se fera en temps et en heure. Peut-être. Quand je serai prête. Et puis ça ne m'empêche pas d'avoir une relation un peu similaire à la vôtre. Sauf que Dethar et moi ne partageons ni le même toit ni un environnement de travail. Juste une profonde complicité avec quelques échanges moins courtois."

Tant que ça restait en dehors du Maefis, cela lui allait. Mais c'était certainement bien moins poussé que s'ils cohabitaient. Tiens, puisqu'il s'engageait sur ce terrain, c'était l'occasion pour Miho de jouer un peu les emmerdeuses.

"Il reste une différence notoire entre l'amour et la complicité. Votre job a l'air de vous empêcher d'envisager une option plus sentimentale. Vous redoutez que vos activités puisse écouter la vie d'un être aimé, ou pensez-vous réellement que ça puisse être une faiblesse?"

Cette notion paraissait tout à fait compréhensible à Miho, bien que son expérience personnelle lui ait prouvé le contraire. Si la mort de Naen l'a poussée à remettre certaines choses en question, ça n'avait rien changé à ses compétences sur le champ de bataille. Et une éventuelle menace n'aurait jamais rien changé non plus. A l'instar de Laquarius et Elizabeth, ils avait toujours fait chacun leur job, sans laisser leur amour influer sur leurs actes ou leurs décisions. Mais il fallait dire que le bien de la majorité passait toujours avant leurs sentiments personnels, aussi forts qu'ils soient. Et puis, dans une relation, la confiance avait autant d'importance que l'amour. Aimer ne signifiait pas nécessairement avoir peur, tout comme avoir peur ne signifiait pas forcément être faible.
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Re: En léger différé

Message par Laquarius Nix » 07 Mars 2018, 16:56

Je ne peux que comprendre Miho quand elle m’explique que la douleur ne disparaît jamais. Sauf que je ne la suis pas sur le suite. On s’y habitue, peut-être, mais surtout elle évolue. Différemment en fonction de l’individu, je le reconnais, par exemple pour la Quarienne j’ai le sentiment que sa douleur est devenue une sorte de mélancolie, une chose avec laquelle on vit, qui nous tiraille quand on y pense et de laquelle on a pu tirer des leçons. Pour moi, c’est autre chose. Peut être que l’âge influe beaucoup dans la mutation, je n’en sais rien, mais c’est comme ça que je vois les choses.

Je ne réagi pas quand Miho compare sa relation avec ce Dethar, mais je doute qu’elle puisse vraiment le faire. Elle ne connaît probablement pas les moments de silence passés à consulter l’un et l’autre datapads ou OmniTech à un mètre de distance sans s’adresser la parole. Enfin bon, revenir sur ce point et celui de la complicité serait être tatillon voire chieur. Mais la pilote insiste en abordant la différence entre l’amour et la complicité et bien évidemment le cliché du ‘je ne veux pas de relations car ça me rend plus’. Je hausse les épaules avant de lui répondre, ne sachant trop quoi dire.

« Mes activités reviennent à intenter à ma vie, d’une manière indirecte. Alors c’est sûr que mes proches prennent des risques en me côtoyant, mais tout comme je prends des risques en les côtoyant. C’est ainsi, nous vivons avec. Si je n’ai pas de réelle relation sentimentale, c’est tout bonnement parce que je n’en ressent pas le besoin. À l’heure actuelle j’ai d’autres priorités et vivre dans un faux conte de fée n’en est pas une. Je suis réaliste malgré tout, je suis conscient que je ne pourrai pas me poser avec quelqu’un pour le moment et pas tant que je vivrai sur Oméga. Désolé pour l’expression, mais je ne pourrai pas désirer quelqu’un tant que je désirerai me venger. »

Les esprits simples ne raisonnent sur le désir qu’en une dimension, le sexe, l’attirance. Ils ont beau s’imaginer rêver de fonder une famille et un foyer, ces êtres vulgaires et sans classe ne jurent que par le côté le plus gras du désir. Non, cette notion est bien plus complexe et on ne le comprend qu’en analysant et synthétisant un dît désir. Quand je désir quelqu’un, c’est que je désir que cette personne me comprenne et sache avancer sans vouloir me changer brutalement. Dans le fond c’est un peu le cas D’Elisabeth, mais elle c’est différent, pourquoi je ne sais pas mais c’est le cas.

« Les relations ne sont pas des faiblesses. Si quelqu’un s’en prenait à Elisabeth pour m’atteindre, déjà je lui souhaite du courage, mais dans l’éventualité où il réussirait, je ne m’en voudrai pas. Certes, je ferai mourir cette personne de douleur après avoir tué chacun de ses proches sous ses yeux, mais je n’aurai pas la mort D’Elisabeth sur le dos en me disant qu’elle est morte parce qu’elle comptait pour moi, je m’en voudrai de ne pas avoir su la défendre ou bien de ne pas avoir tué son assassin avant, mais c’est tout. Nous connaissons les enjeux, les règles, on fait avec. »

La perspective de quelqu’un attentant à la vie de mon amie Humaine est tellement extravagante que je m’en amuse presque. Pour l’avoir vue en colère une fois, je puis jurer que même moi n’oserai pas m’en prendre à elle et pourtant elles sont nombreuses les fois où je me suis dit que cette femme était dangereuse pour moi. Enfin bref, je balaye ses pensées d’un geste de la main avec un petit sourire.

« Mais dites moi, qu’est-ce qui vous retient d’aller plus loin avec votre fameux Dethar ? J’aimerai penser que vous ne le voyez pas simplement comme un objet sexuel. Donc je trouve votre discours paradoxal, vous ne vivez pas avec lui donc vous n’avez pas de dérapages dus à l’excès d’adrénaline à répétition contrairement à moi. Pourtant si je comprends bien, c’est une relation qui dure sans dépasser la simple attirance physique. Pardonnez moi mais cela m’intrigue. »

Est-ce par respect pour son défunt mari que Miho ne va pas plus loin ou bien ce Dethar est trop différent d’elle ?
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Re: En léger différé

Message par Miho'Shakti Vas Erakis » 08 Mars 2018, 23:43

Les bras croisés sur la table contre laquelle elle était appuyée, Miho laissait le peu de zhuat qui lui restait refroidir tandis qu'elle écoutait l'explication des plus logique de Laquarius. Il ne s'agissait de très loin pas d'un simple cliché comme elle l'avait pensé à la base. Il s'agissait de bon sens et de priorité. Tout ceci appuyait la relation qu'il avait avec Elisabeth. Et surtout, ça avait le mérite d'éclaircir certaines fascettes du turien. Au fond, s'il s'occupait d'abord de ce qui le travaillait le plus, et que tout ça finissait derrière lui, il pourrait au moins se concentrer par la suite sur autre chose, plutôt que de se laisser distraire par un autre chose qui ne l'écarterai jamais de son désir de vengeance. C'était mature et au-delà de ça, Miho trouvait cette explication étrangement optimiste. Après tout, à quoi bon développer une relation qui risque de s'effondrer non pas à cause d'une menace extérieur, mais plutôt d'un ordre de priorité différent, quand il était plus logique de s'occuper d'abord de ses priorités dans le bon sens avant de développer quoi que ce soit d'autre?

Quant à voir ça comme une faiblesse, en effet, pour ce qu'il avait laissé entendre d'Elisabeth, Miho doutait qu'il puisse s'agir d'un talon d'Achille. Sans compter qu'avec son job, et des hommes à ses ordres, cette femme devait certainement être de celle dont il fallait être dans les petits papiers. Mais surtout, Laquarius maintenait sur ce point une certaine distance émotionnelle. Ce qui était là aussi logique, puisqu'ils n'étaient pas un couple au sens officiel de la chose. La quarienne hocha la tête, et sirota le fond de son zhuat pour l'achever définitivement. Au fond, elle se dit que ce serait bien que le mercenaire puisse aller jusqu'au bout de sa vengeance, car qu'elle qu'en soit l'issue, il pourrait passer à autre chose. Peu importait que ce soit sur le plan personnel ou professionnel, l'évolution ne pourrait qu'être une opportunité bienvenue.

La suite parut étrangement amusante du point de vue de Miho. A la première question, il y avait une réponse d'une évidence telle qu'elle ne pu s'empêcher de rire brièvement en reposant son zhat vidé sur la table. Mais quelque part, elle comprenait l'interrogation de Laquarius. Après tout, il n'avait probablement tout simplement jamais expérimenter un sentiment bien particulier qui, pour la quarienne, justifiait presque tout.

"L'amour, tout simplement. Dethar et moi ne sommes pas amoureux. C'est un détail qui me semble assez indispensable à toute relation de couple."

Mais ça ne répondait pas nécessairement à tout. Si pour Miho il y avait nécessité de développer des sentiments amoureux pour "être avec" quelqu'un, cela ne voulait pas dire qu'elle ne fréquentait son partenaire que pour assouvir de simples pulsions. Après tout pour ça, elle avait ses six doigts et nul besoin d'un second participant.

"Mais ne vous y trompez pas. J'aime beaucoup Dethar, et je pense pouvoir dire que c'est réciproque. Nous nous comprenons, et le fait qu'il y ait pas mal de similitudes dans les leçons que nous avons tirées de la guerre doit aussi y être pour beaucoup. Le sexe n'est qu'une partie accessoire de notre relation. Surtout que je ne suis pas vraiment le genre de personne à pouvoir assouvir des pulsions sans un minimum de précaution."

En disant ceci, elle indiqua sa propre combinaison, de la tête aux hanches. Forcément, qui disait quarien signifiait loisirs réglementés. Et tout ne se passait pas nécessairement comme prévu. Comme la fois où ils pensaient pouvoir s'amuser un bon moment mais qu'une allergie a coupé court au divertissement lubriques et qu'ils avaient fini la nuit à regarder et commenter de films en rigolant comme des gamins. Une de leur meilleures soirée, et pas de sexe. Comme quoi... Et puis, au fond d'elle, Miho espérait sincèrement que cet aspect aussi trivial que plaisant finirait par disparaître entièrement de leur relation, et que Dethar aurait la chance, comme elle l'avait déjà eu une fois, de tomber amoureux de quelqu'un.

"Nous n'avons jamais voulu d'un avenir à deux, et c'est très bien ainsi. Je ne me verrai pas me sédentariser pour lui, et encore moins lui imposer mon besoin de mouvement. Sans compter que nos visions d'une vie de couple sont radicalement différentes."

Si la question de Laquarius aurait pu en soulever d'autres de la part de Miho, cette dernière en tira une conclusion très simple.

"Vous, vous n'êtes jamais tombé amoureux."

Il y avait une différence entre désirer quelqu'un et désirer être avec quelqu'un. Dans les deux cas, le physique avait une part non négligeable, mais tous les deux ne nécessitait pas le même degré d'implication sentimentale. Même si Laquarius n'avait pas eu de relation amoureuse, cela ne signifiait pas qu'il n'avait jamais éprouvé ce genre de sentiment. Mais sa question avait le mérite de ne pas laisser de réel doute sur le sujet à Miho qui trouvait bizarrement cela paradoxal. Laquarius, guidé en partie par la vengeance, un sentiment puissant, n'avait pas connu un tout autre sentiment tout aussi puissant... C'était une question de priorité comme il l'avait dit.

"Il faut vraiment que vous alliez jusqu'au bout de cette traque. J'ai un peu l'impression que sans ça, vous ne pourrez rien éprouver d'autre. Et pourtant, vous auriez tellement de possibilité! Révision de carrière, projets d'avenir, juste la quête de repos, ou que sais-je encore... Vous ne vous êtes jamais demandé ce qui se serait passé si les choses ne s'étaient pas déroulées ainsi?"
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Re: En léger différé

Message par Laquarius Nix » 09 Mars 2018, 13:06

J’écoute, incrédule, la réaction de Miho. Concevoir que sa relation reste à un tel stade parce qu’il n’y a en fait pas d’amour m’est possible. Néanmoins, à mon sens, cela ajoute un caractère très pervers à ce lien. Pour moi ni l’un ni l’autre ne pourra trouver sainement un partenaire qu’il aime, ou bien les deux amis se déchireront à ce moment là. Je ne vois pas comment Miho, respectivement Dethar, peut entamer une vie de couple avec un ami tel que Dethar, respectivement une amie telle que Miho. Ça ne reste que mon simple et je préfère le garder pour moi, la Quarienne ayant l’air d’y trouver son compte, pas la peine de mettre mon grain de sel dans l’histoire. D’un autre côté, je n’ai pas vraiment vécu la guerre, en tout cas pas comme Miho, donc peut être que c’est ce point de son argumentaire qui échappe à mes connaissance qui pourrait me faire voire les choses du même œil que le sien.

Sa remarque à mon égard me laisse de marbre, je ne sais pas comment la prendre. Je me contente donc de hausser les épaules. Pour être honnête c’est une question que je ne me suis jamais posée. Parfois il vaut mieux rester dans l’ignorance afin d’éviter d’avoir à admettre des choses. Donc, non, je ne sais pas si je suis déjà tombé amoureux et pour rester sur de bonnes bases, je préfère être du même avis que Miho et dire que je ne l’ai jamais été. La suite de son discours m’embête. Je ne me pose pas de questions sur l’avenir, je ne pense pas beaucoup plus loin que les prochaines heures et c’est largement suffisant pour moi. D’autant plus que je ne souhaite pas ressentir autre chose. Je soupire profondément.

« Je ne suis pas dupe, une fois que j’en aurai fini il ne me restera que des remords. Même si elle vous paraît futile, j’ai besoin de cette vengeance. Elle ne changera rien, ne ramènera pas ma mère et risque probablement de m’emporter avec elle, mais c’est nécessaire. Alors désolé de vous décevoir, mais les reconversions professionnelles et les plans tirés sur les comètes me passent largement au dessus de la tête. »

Je rigole amèrement en regardant le fond de ma tasse.

« Vous voulez savoir ce que je serai sans ça. C’est simple, un fière Turien parmi tant d’autre dans les rangs de l’armée, heureux de sa situation, heureux de recevoir des ordres et le pire dans tout ça c’est que parfois je rêve que ma vie soit ainsi. Une vie pathétique et sans intérêt mais sans complication, sans décision. Pas D’Elisabeth, pas D’Oméga. Juste Palaven et tout pour Palaven. C’est triste mais heureux les simples d’esprits, parfois je les envie, eux et les croyants, même si je doute que ce soient deux espaces disjoints. La vie est tellement plus facile quand on ne la saisi pas ou bien que l’on peut se dédouaner de tout. »

Remarquant que depuis tout à l’heure je frotte mon doigt le long du bord de ma tasse, je m’arrête et jette un œil à celle de Miho, vide aussi. Discrètement, je regarde autour de moi pour constater que le restaurant se désempli peu à peu. Cela doit faire un moment que nous parlons, je n’ai pas vu l’heure passer. Dehors au moins il fait toujours beau. Je reporte mon attention sur Miho.

« Je vous préviens c’est moi qui vous invite. Ça va faire un bout de temps que vous me trimbalez dans votre vaisseau sans rien demander en retour alors c’est non négociable. »

Je préfère mettre les choses au point tout de suite, ayant oublié de le faire pendant le repas. La faute sur la pilote pour ne pas m’avoir laissé la chance d’en placer une, ou presque.
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