Joué

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Message par Laquarius Nix » 03 Juin 2017, 02:13

• Date du RP : 24 mai 2192
• Lieu du RP : Elysium
• Type de RP : Solo
• Personnage(s) participant(s) :Laquarius Nix


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J’approche d’Elysium d’une manière qui ne m’est pas commune : mon client a payé un pilote privé pour qu’il m’amène jusqu’ici. D’un côté je n’aime pas toucher à mes habitudes et le fait que ce client insiste tant à ce que je vienne remplir ce contrat me dérange un peu, d’un autre je me dis que c’est l’aboutissement de plusieurs années de travail qui ont fait augmenter ma réputation et avec elle la demande que je peux susciter, chose tout à fait bonne à prendre évidemment. Je reste tout de même sur mes gardes en posant les pieds sur le spatioport, les termes du contrat sont assez flous, le commanditaire a dit vouloir attendre mon arrivée sur la planète avant de me donner plus de détails, évidemment en lisant ça j’ai refusé, mais le nombre de zéro à la fin du message m’a fait changer d’avis. Non pas que je sois cupide ou je ne sais quoi, mais une telle somme pourrait largement couvrir les frais de l’Elcor et faire avancer mon enquête d’un bond énorme, une aubaine connaissant ma manie pour tuer toute personne détenant des informations avant qu’elle ne me les ait livrées.

Je repère rapidement un coin où m’asseoir et vais attendre des nouvelles de mon employeur à l’ombre sur un banc. Le message ne tarde pas, je suppose que le pilote avait pour consigne d’annoncer mon arrivée. Le client me remercie de m’être rendu disponible si rapidement et me souhaite la bienvenue sur Elysium, il s’excuse de ne pouvoir se déplacer en personne, soit disant ça serait mal vu, je ne m’en souci guère, j’ai l’habitude des contrats anonymes, tant qu’on me paye ça me va, je demande juste à recevoir une partie de la somme en avance, gage de bonne foi. Il précise avoir répondu à mon attente et ajouté un supplément pour montrer patte blanche. Je mets ma lecture en suspend et vais jeter un œil à mon compte. En effet il y avait là la moitié du prix alors que je n’en réclamais qu’un quart. Je souris en voyant le nombre imposant et je me surprends à imaginer les jours de travail de l’Elcor que je vais pouvoir m’offrir avec ça. D’un geste sec, je reporte mon attention sur la fin du message pour avoir enfin des détails sur ma mission. Apparemment, mon client est un investisseur qui cherche à acquérir un entrepôt, le problème c’est que, selon lui, le bâtiment est occupé par un groupe de mafieux. Il veut donc que j’aille voir et que je fasse sortir les gêneurs, si gêneurs il y a.

Je soupire et ferme mon OmniTech. Encore un riche imbécile qui se pisse dessus au moindre bruit anormal. Je vois mal un groupe mafieux s’installer ici, je soupçonne plutôt une bande de jeunes qui se prennent pour des voyous avec le soutien de leurs parents, probablement riches, qui s’empressent de leurs offrir la moindre connerie qu’ils viendraient à réclamer, ou alors des clodos qui pensaient trouver abris dans un entrepôt abandonné, je ne peux pas les en blâmer mais quand j’ai un boulot je le fait, pas d’état d’âme ici. Dans tous les cas, l’affaire sera vite réglée, soit ça part en distribution de gifles bien méritées, soit je m’explique pacifiquement avec une communauté appauvrie qui courbera l’échine devant la menace. J’irai de nuit, ça aide à effrayer les petits merdeux et la lumière, s’il y en a, me confirmera la présence de gêneurs. En attendant, je vais faire une petite sieste ici, l’endroit est confortable et personne ne viendra me déranger, vu les regards que la population me lance, ils ont tous peur de moi, c’est sûrement le fait que je ne souris pas beaucoup qui fait ça.

Plus tard, à la tombée de la nuit.
Je descends et remercie mon taxi d’un mouvement de tête tout en réglant la course. Pour éviter que le bruit du moteur ne fasse fuir mes potentielles cibles, j’ai demandé au conducteur de me déposer à un bon kilomètre de l’entrepôt où je devais me rendre. En regardant autour de moi, je fronce les arcades, tout semble à l’état de ruine ici, probablement une zone un peu oubliée lors des reconstructions post-guerre pour une raison qui, d’une part, m’est inconnue et, d’autre part, dont je me fous. Mon client est sûrement un de ces dandys à tendance hipster aspirant à la gentrification, au moins il a su comment placer son argent pour en tirer profit, ce qui est en général une qualité que ce genre d’énergumène dégénéré possède.

Avant d’avancer vers ma zone de mission, je me trouve un coin où des morceaux de métal me permettent de m’installer tranquillement pour réviser mon équipement. Mes armes sont prêtes à faire feu, mes chargeurs sont solidement fixés à ma ceinture et mon armure est parfaitement ajustée pour me laisser une liberté de mouvement quasi-parfaite. Je porte un attention particulière sur ma Veuve Noire en vérifiant la netteté de la lunette et en faisant jouer la culasse à plusieurs reprises. Une fois satisfait, j’accroche le fusil dans mon dos et ma mitraillette à ma ceinture, j’espère ne pas avoir à m’en servir mais il faut se préparer à toute alternative.

Je me mets en route, calmement histoire de laisser le temps à la nuit de s’installer complètement. Au bout d’une bonne dizaine de minute, j’arrive à destination, la bâtiment rectangulaire semble comporter un étage, peut être un sous-sol. J’escalade sans problème un grillage qui encercle la zone, je me fais une frayeur quand j’arrive en haut et le métal ploie dangereusement sous mon poids, plus de peur que de mal, je m’empresse de sauter et de laisser ce vieux matériau derrière moi. Aucune lumière n’est visible, mais si sa présence aurait pu trahir des squatteurs indésirables, son absence ne prouve pas le contraire. D’ailleurs, je distingue des sortes de barricades aux fenêtres les rendant opaques, ce qui montre bien que quelqu’un est passé par ici, mais pas sûr qu’il soit resté. J’entreprends de faire le tour de l’entrepôt mais ma recherche reste infructueuse, aucune source lumineuse ne peut filtrer à travers le bâtiment. Néanmoins j’ai pu repéré une porte, ou plutôt deux : une à taille humaine et une qui devait servir à sortir les marchandises produites ici. Dans le doute, je fais un nouveau tour dans l’espoir de repéré un moyen de grimper sur le toit mais rien ne s’y prête et je ne suis pas assez irresponsable pour tenter une telle escapade de nuit sur un terrain inconnu. Je retourne donc devant la porte que j’avais vu plus tôt. Le verrou est brisé, je tends l’oreille pour écouter si j’entendais du bruit derrière. En focalisant mon attention et au prix d’un grand effort j’ai l’impression de saisir quelque chose, comme un murmure ou un soupir ou alors un objet que l’on traîne sur le sol, impossible d’être sûr. Par précaution je dégaine mon M25-Frelon, je préfère me dire que je me trompe et qu’il ne s’agit que de ma paranoïa mais je ne veux prendre aucun risque. Je regrette de ne pas avoir de lampe sur moi, j’ai déjà du mal à voir ici alors je me demande comment je vais faire à l’intérieur. Comme d’habitude j’improviserai. Je prends une inspiration et commence à pousser le battant, rien ne se passe, rien d’alarmant du moins. D’un coup d’oeil à travers l’interstice créé par la porte à peine ouverte, je confirme que je ne vois pas plus loin que quelques centimètres dans l’entrepôt. De toute façon, maintenant que j’y suis il faut que j’y aille alors autant en finir le plus rapidement possible. Vu qu’il n’y a ni bruit ni lumière, il ne s’agit sûrement pas de jeunes en manque d’adrénaline, ou bien je suis tombé le jour où ils vont chez la maman d’un de leurs potes pour manger sa tarte bien gentiment. Je parie donc sur des clodos venus dormir ici, ils risquent d’être agressif mais je sais être persuasif.

J’ouvre donc la porte en grand et rentre d’un pas décidé. A peine ai-je fait un pas dans l’entrepôt qu’une lumière intense s’allume devant moi, m’aveuglant et me forçant à mettre mes mains devant mes yeux. Je n’ai que le temps de pousser un juron que je reçois un coup à l’arrière du crâne, puis plus rien.
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Re: Joué

Message par Laquarius Nix » 22 Juillet 2017, 02:44

Douleur. Piège. Lumière. Danger. Les mots se bousculent alors que je reprends peu à peu connaissance. L'arrière de ma tête me fait mal. Je suis allongé face contre terre, engourdi, sur un sol froid. Une odeur nauséabonde me prend les narines, ai-je été jeté dans des égouts ? L'endroit est plongé dans le noir le plus complet, je sens à peu près les murs en me fiant aux courant d'air et aux sons qui résonnent. Je pousse sur mes bras pour me redresser mais de violents vertiges m'oblige à m'arrêter une fois à quatre pattes. Dépité, je me laisse tomber sur le côté et joue des jambes jusqu'à ce que mon dos touche ce que j'identifie comme étant la délimitation de la pièce, ou du moins de l'endroit où je suis.

Je consacre un instant à me concentrer sur ma respiration : je dois passer outre mes douleurs et comprendre ce qu'il m'arrive; pour cela il me faut du calme. Néanmoins la tâche semble plus compliquée que prévue, un bruit de goutte qui s'écrase au sol m'empêche de focaliser mon attention sur moi même. Faute de mieux, j'estime que je n'arriverai pas à attendre un état plus avantageux et décide de commencer à faire l'inventaire de la situation. Je suis désarmé, mais toujours habillé de mon armure. Mon arrogance m'a encore joué des tours, on m'attendait, reste à savoir qui se cache derrière ce fameux "on". Quelque chose me dérange tout de même, pourquoi ne pas m'avoir abattu ? S'il s'agit en effet de personnes défendant un quelconque abris ou lieu de fête, elles n'ont aucun intérêt à me séquestrer de la sorte, à moins qu'elles ne souhaitent me passer à une séance d'interrogatoire, mais là c'est totalement tiré par les cheveux. Dans l'hypothèse où les nuisibles désiraient préserver leur conscience propre, on peut tout à fait envisager qu'ils m'aient pris mes armes pour les revendre en espérant que je ne reviendrai pas après m'avoir libéré plus tard, mais à ce compte là ils m'auraient aussi pris mon armure qui vaut un paquet de crédit. C'était autre chose mais j'avais beau tourner et retourner les scénarios, un élément manquait à la logique.

Au bout d'un moment, je me surprends à écouter le liquide qui s'égoutte. C'est bizarre, à part ce bruit je n'entends rien. Pourtant vu mon comité d'accueil, il devrait y avoir du remu-ménage. Enfin en supposant que je sois toujours dans l'entrepôt. En me concentrant j'arrive à percevoir quelques grattements au loin, sûrement une petite bestiole qui vit tranquillement sa vie, loin de mes soucis de mercenaire piégé.

Soudain je me tends. Un cri vient de résonner. Il vient d'en haut. Je tâtonne autour de moi pour essayer de trouver un objet contendant, mais partout où mes mains touchent, elles rencontrent cette surface froide. Pendant ce temps une course s'est déclenchée là haut, ponctuée de cris stridents. Il y a une femelle, mais elle n'est pas seul, je distingue très nettement une deuxième chose qui court. Ça se tient sur deux pattes, son pas est plus lourd, ça va se faire distancer mais pourtant c'est comme si à chaque enjambée ça gagnait en assurance. Comme si la femelle était une proie et l'autre un chasseur sûr de l'attraper. D'un coup la femelle s'arrête, elle est haletante et se met à gratter. J'entends très bien ses ongles se briser sur une surface sur laquelle elle s'acharne, j'ai presque le sentiment qu'elle est là à côté de moi. L'atmosphère devient plus tendue, je le sens, le prédateur est entré à son tour. Les grattements cèdent la place à des martèlements et des sanglots remplacent les halètements. Un appel à l'aide retenti, la proie est une Asari. Si seulement j'en étais capable je serai allé lui prêter main forte, mais je suis sans défense et incapable de bouger ni même de voir où sont les deux autres. De lourds pas retentissent, s'approchent. Je tente en vain de trouver une arme de fortune, j'irai avec mes poings. Un bruit de métals s'entrechoquant s'élève d'un coup, suivi d'un grognement, puis un couinement et enfin le son d'une lame qu'on range dans un fourreau de chair.

Je reste immobile, sur mes gardes quand tout à coup une puissante lumière m'aveugle, accompagnée du grésillement de haut-parleurs.

"Voici les derniers instants de votre prédécesseur, j'espère que vous saurez nous apporter un plus grand spectacle."

Je reste abasourdi, le bras devant mes yeux pour les protéger des projecteurs braqués sur moi.

"Je tiens aussi à m'excuser du caractère peu formel de mon invitation, mais je craignais que vous n'acceptiez pas. Vous allez donc participer à un petit parcours mettant vos compétences martiales à l'épreuve. Vous retrouverez vos armes à la fin."

Un petit rire s'échappe au loin tandis que je recollais les morceaux.

"Enfin si vous arrivez à la fin."

"Vous n'avez pas idée de la personne que vous venez de vous mettre à dos."

"C'est pour ça que nous vous avons choisi. Bonne chance M. Nix."

Une once de rage monte en moi, muant petit à petit en haine. L'issue de cette affaire sera sanglante, c'est une certitude, j'espère juste réussir à me contenir un minimum.

Après le bruit aigu indiquant la fin d'utilisation du haut parleur, les projecteurs pivotent et dévoilent la pièce. Une scène d'horreur. Le cadavre d'une Asari éventrée gît adossé à quelques mètres de moi, une épée créée par son espèce la clouant au mur. C'est d'elle que provient le plic ploc, son fluide vital s'écoule lentement le long de la lame qui la traverse et tombe une fois arrivé au pommeau. De partout des symboles ont été tracés en lettre de sang. En face de moi, une porte, ballante, prête à tomber. Je me lève et m'avance vers elle, je tiens mon regard éloigné du spectacle de l'Asari en passant devant son cadavre. Mais alors que je suis à trois pas à peine de la porte, elle s'ouvre à la volée et laisse entrer un zouave rugissant. C'est un humain armé d'un couteau à la lame longue et émoussée. Son accoutrement de dégénéré laisse apparaître son torse noir tandis que son visage est badigeonné de liquide visqueux.

Il me saute dessus en hurlant et abat son arme qui glisse en rayant mon armure. L'homme est dans un état second. Je le frappe au visage violemment, d'une droite qui aurait aisément mis fin à une bagarre dans un bar, mais celui-ci se rue sur moi de plus belle. Il n'est pas très musclé et n'excelle pas par sa technique mais son impressionnante détermination me déstabilise. Je prends le partie de couper court au débat et enchaîne une esquive sur le côté d'un grand coup de poing dans le menton et d'une balayette. Au sol, je brise les os de son avant bras à grand renfort de coup de pied. Pour conclure l'affaire j'arrache l'arme de son bras explosé et assène un coup de couteau à l'homme. La lame se fige dans sa cage thoracique. Je me redresse, observe les rayures qu'il a fait à mon armure et croit halluciner quand j'entends l'énergumène se ruer vers le cadavre de l'Asari. Plus rapide que lui, grâce aux mods de mon armure, je le saisi par la nuque, frappe sa tête contre le mur et le devance en dégageant l'épée Asari du corps. Normalement il faut coupler cette arme à des pouvoirs biotiques, mais je décide de ne faire appel qu'au poids et au tranchant de l'arme et l'abats sur l'humain. La lame le pénètre au niveau de l'épaule et descend sur plusieurs centimètres, arrêtée après avoir sectionné deux ou trois côtes et accessoirement un poumon. J'extirpe l'arme et laisse le cadavre ennemi tomber. Mon incompréhension est totale mais je n'ai d'autre choix que d'avancer, il faut que je sorte d'ici.
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Re: Joué

Message par Laquarius Nix » 23 Août 2017, 10:02

Traînant l’épée asari derrière moi, j’enjambe le battant tombé lors de l’entrée brutale de mon précédent adversaire. Je pénètre dans un couloir sombre. Dans mon dos les lumières s’éteignent, me plongeant dans obscurité totale, encore. Le noir ne me fait pas peur outre mesure, s’il devait y avoir un monstre sous mon lit le soir, j’irai l’attraper et lui ferai avaler ses boyaux, mais là l’insistance de mes ravisseurs quant à me faire progresser dans la pénombre titille mes nerfs. En soit j’en viens rapidement à la conclusion que ce sont des lâches, d’une part cette obscurité les cache et d’autre part ils doivent penser que nous partageons les mêmes phobies. Néanmoins, cette histoire de ‘parcours’ me chiffonne, quel est le rapport avec un sauvage armé d’un couteau ? En réfléchissant je me remets à avancer, ma main gauche tendue devant moi tandis que l’autre reste solidement agrippée à la poignée de l’épée. Mes pas sont hésitant, après tout ces types m’ont déjà piégé avec ce subterfuge une fois, je n’ai aucunement l’envie de me retrouver à nouveau surpris par une lumière éblouissante.

Mais alors que ma concentration est entièrement placée sur un éventuel projecteur, le piège vient d’en bas. Sous mon pied droit, fraîchement posé, le sol s’enfonce de quelques millimètres, assez pour que je le perçoive avant d’entendre un bruit à ma gauche. Une lourde charge me percute, en saisissant le mouvement de dalle j’avais amorcé une retraite aidée par mon armure rendant par la même occasion mes appuis fragiles : le choc me renverse et je tombe en arrière. Un écho sourd retenti, accompagné de bruits d’éclaboussures, j’en conclu que le mécanisme n’est autre qu’une paroi destinée à écraser le gens contre le mur d’en face. Je remercie mon Buffer Cinétique et me relève. Dans l’agitation j’ai lâché mon arme, or le peu de luminosité m’empêche de la localiser rapidement. J’entreprends donc de tâtonner au hasard afin de retrouver de quoi me défendre. Derrière, un raclement m’indique que le piège se réinitialise, je n’y prête pas vraiment attention et continue, à quatre pattes, de poser mes mains autour de moi, inspectant chaque centimètre carré.

La recherche est écourtée. Ça recommence. Le cri, les pas précipités, l’odeur d’huile et les halètements barbares. Mon assaillant vient de plus loin dans le couloir, il me court dessus. Je fais volte-face et lève mes poings, m’attendant à ce que la lumière face son apparition, mais rien ne se passe. La paroi meurtrière fini de se ranger quand l’homme -du moins ce que je suppose comme étant un homme- passe sur la dalle piégée. Pas d’activation. Soit le système est à usage unique, soit il a un temps de recharge, peut être dû à une alimentation pneumatique. Je reçois le premier assaut de plein face : un grand coup d’épaule lancé à pleine vitesse. L’impact me fait vaciller, j’essaye de me rattraper en projetant mon bras droit en avant pour attraper un éventuel morceau de tissu mais je ne fais que griffer le torse du type. Au sol, je prends les devants, l’autre commençait déjà à avancer, j’envoie un grand coup circulaire du pied et fauche mon adversaire. Je le sens tomber à son tour, mais pas comme moi. Au lieu de choir sur son postérieur, c’est sur le côté qu’il bascule. Je l’entends cogner lourdement contre un mur avec un petit son métallique pour agrémenter le tout. Lui aussi doit avoir un couteau. C’est le signe que je dois écourter cette affaire, dans le noir -et vu sa rage- il finira par me porter un coup sur une partie non protégée.

Alors ça sera le tout pour le tout et au diable les fabriques asaris. Je me relève d’un petit bond vu dans les vieux films d’actions humains qu’Elisabeth me montre et débute un enchaînement de coup de pied pour repousser mon ennemi. Les premiers coups sont gagnants, le type recule de deux voire trois pas, je l’entends crachoter. Puis vient la riposte, je l’attendais et c’est pourquoi j’avais préféré utiliser mes jambes afin de conserver un maximum de distance avec l’énergumène. Sa lame siffle une première fois dans le vide et percute ma cuissarde gauche levée au retour. Je réagis instantanément et plie ma jambe, coinçant le poignet de l’homme dans l’intérieur de mon genoux. De mon pied droit je prends appui sur le mur tandis que mes mains se posent et poussent sur les épaules de mon adversaire. D’une brève impulsion, je me propulse au dessus de sa tête et tombe derrière lui, l’entraînant dans ma chute. Mon dos heurte le sol lourdement. Son bras droit, toujours maintenu par ma jambe gauche, émet un craquement sinistre. Mais tout cela n’est que dérisoire, je profite de mon élan pour rouler encore plus loin dans le couloir. L’autre n’a pas cette chance. Je ne m’amuse pas à frapper pour rien. Malgré le noir, je peux voir -ou plutôt sentir- les pupilles de l’homme s’écarquiller au-delà de ses iris alors qu’il sent le sol s’affaisser légèrement sous lui. La paroi infernale jaillit de sa cachette et vient, selon mes estimations, écraser son thorax. Un soupir m’échappe, je suis soulagé mais en même temps désemparé : je ne comprends encore pas à quoi tout cela rime. Je m’accorde un instant pour me remettre de ma chute : bien qu’amorti par l’armure l’impact, a résonné le long de ma colonne vertébrale. D’un mouvement circulaire de la main, je repère le bras droit du cadavre et plus particulièrement le couteau accroché au bout. En passant la lame dans ma paume je constate sa très mauvaise facture, c’est presque comme si l’arme n’avait tout simplement pas de tranchant, juste une pointe et rien d’autre. Je reprends ma route, rassuré par le fait que mon précédent ennemi avait parcouru ce corridor d’une traite une fois le piège activé. Au bout d’un dizaine de secondes j’arrive à une nouvelle porte. Une inspiration. Un raffermissement de la poigne sur mon arme. Je pousse le battant.
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Re: Joué

Message par Laquarius Nix » 01 Juin 2018, 08:52

La porte donne sur un vaste espace éclairé. La lumière m’aveugle un instant et je suis obligé de plisser les yeux pour m’acclimater. Après quelques secondes, je commence à distinguer des formes. La pièce est un grand vide circulaire complètement dégagé. Enfin, je me corrige, il ne s’agit pas d’une pièce. En levant les yeux au plafond, je vois une grande cage métallique porteuse de mauvais augures. Ce sentiment s’amplifie quand je réalise que je ne suis pas seul ici : deux autres personnes apparemment toutes aussi perdues que moi se regardent en chien de faïence et m’accordent périodiquement un coup d’oeil en coin. Instinctivement, je resserre ma prise sur mon arme blanche émoussée. Derrière chacune d’elle, une porte, comme la mienne, j’en compte deux autres qui ne tardent pas s’ouvrir. Nous nous retrouvons donc à un total de cinq personnes, deux Butariens, une Humaine, un Quarien et moi. Chacun porte une arme, ou plutôt chacun semble avoir quelque chose pour se défendre, cela va du Glasrius au simple morceau de brique, en passant par l’Ugrok. Mon attention se focalise tout de suite sur les deux plus dangereux du groupe, le Butarien à la hache et le Quarien maniant l’arme de mon peuple. Je ne sais pas vraiment quoi faire et une sorte de statut quo s’est instauré en même temps qu’un silence pesant. Seul le Butarien le mieux armé semble garder la maîtrise de la situation, il affiche un petit sourire en coin et fait nonchalamment tourner son arme dans sa main.

En quête de réponse, je lève à nouveau les yeux vers la cage au-dessus de nos tête. Du regard, je cherche le moindre indice et fini par en trouver. Je comprends ce que nous faisons là en repérant des visages qui nous observent de là-haut. Ce n’est que la suite logique des choses. Après avoir combattu pour arriver jusqu’ici, il va falloir combattre pour en sortir. Je dégluti en reportant ma vision sur mes, désormais, adversaires, eux aussi semblent porter les stigmates des précédents affrontements, l’Humaine en particulier est blessée au flanc et arbore un griffure toute neuve au visage. Peu à peu, les gens finissent par comprendre et le Quarien recule d’un pas en baissant sa garde :

« Eh ! On n’a pas à le faire, reprenez-vous. »

Trop tard, c’était le signal que le Butarien le mieux armé attendait. Dès le premier mot prononcé, il fonce vers l’Humaine, logique puisqu’elle semble être la plus faible. Elle aussi semble partager l’avis du Quarien et se contente de lever son bâton pour parer l’assaut, sans vraiment riposter. Ils n’ont décidément rien compris. Le deuxième Butarien, armé de son morceau de bâtiment, reste en retrait, il attend intelligemment son heure. Je ne risque pas d’aller son compatriote avec ce petit couteau de merde, par contre le Quarien porté sur la survie du collectif est une cible de choix. Sans perdre plus de temps, je lui cours dessus, si je veux survivre, il me faut son Glasrius. Pas question de mourir ici, encore moins de la main d’un Butarien. En me voyant approché, ma cible se met en position de défense. Quelle erreur, il a l’avantage de l’arme et ne sait pas en profiter. Je sais que je n’ai aucune au corps-à-corps mais je ne manque pas de ressource. D’autant que mon armure tiendra bien plus le coup que sa combinaison, c’est la faille que je dois exploiter. Dans mon élan, je tente de planter le surin dans son ventre, il esquive sans peine et essaye de riposter en me frappant à la nuque. Je vois. Il veut m’assommer et pas me tuer, il n’a donc vraiment pas saisi qu’il n’y a pas d’autres alternatives. Je me retourne brusquement et vise son casque cette fois, il bloque avec son arme, un peu difficilement, j’en déduis qu’il n’est pas habitué, et à forte raison, à utiliser un Glasrius. C’est ma chance, je balaye les appuis du Quarien et lui fais ainsi perdre l’équilibre. Mais plutôt que de tomber, il arrive à rouler en arrière et entame son mouvement pour se relever. C’était beau, mais pas assez. D’un geste vif, je projette ma lame vers son buste. La pointe le percute à l’épaule, la surprise et probablement la douleur le déstabilise un peu plus, me permettant de lui sauter dessus, le renversant pour de bon. Immédiatement, je saisi son poignet droit pour palier à toute riposte dangereuse et dégage mon arme de mon autre main. Il ne me faut qu’une seconde de plus pour l’enfoncer dans sa gorge et une autre pour arracher le Glasrius du Quarien agonisant afin de l’enfiler. De l’autre côté de l’arène, le Butarien n’en a toujours pas fini avec l’Humaine, par contre le dernier combattant en a terminé. La gorge à moitié arrachée, il gît au sol. En observant un peu plus la scène, je devine sans mal qu’il a essayé de s’en prendre à son compatriote au vue de la brique à ses pieds et de son épaule démise. Doucement, je m’approche du combat. Je ne me presse pas car je ne compte absolument pas entrer dans une bataille à trois. Au contraire, j’attends plutôt que l’un d’eux trépasse pour achever l’autre dans l’instant.
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Re: Joué

Message par Laquarius Nix » 02 Juin 2018, 22:31

L’issu du combat entre l’Humaine et le Butarien est encore incertain, j’en suis d’ailleurs surpris, moi qui ne donnait pas cinq secondes à la jeune femme. Elle m’a fait mentir avec des réflexes et compétences que ses blessures à l’entrée ont cachés, probablement fait-elle partie de l’Alliance ou un truc du genre. En étudiant les courts échanges, je commence presque à retourner ma veste, à ceci près que son comportement indique clairement qu’elle veut à tout prix éviter l’effusion de sang. Or ce n’est absolument pas le cas du Butarien qui, malgré son épaule en vrac, semble décupler de puissance à mesure que les coups pleuvent. Sauf qu’il n’a pas non plus une bonne attitude, lui veut tuer, simplement, il n’a très certainement cette seule envie en tête, quitte à jouer avec sa proie pour rendre la chose plus amusante. Mauvais choix, le seul leitmotiv ici doit être celui de s’en sortir, il faut vouloir survivre, c’est tout. Ni tuer, ni sauver tout le monde, juste survivre. C’est égoïste, bien entendu, mais c’est comme ça que le monde tourne. Je ne compte pas mourir ici et si cela implique devoir en finir avec d’autres personnes, alors ainsi soit-il.

Doucement mais sûrement, le mâle s’épuise à petit feu. Les grands moulinets qu’il fait depuis le début pèsent très distinctement sur ses épaules, ses bras sont plus lourds et l’arme moins simple à tenir. Un petit sourire se dessine sur mon visage, alors c’était ça ? Elle ne cherchait qu’à le fatiguer, c’est pour ça qu’elle n’a jamais pris l’offensive. C’est intelligent, mais surtout cela montre une différence d’expérience notoire, quelque chose que je risque de ne pas pouvoir surmonter. Aussi, je me déplace dans le dos du Butarien, lentement, pour me soustraire à la vue de l’Humaine. Les simples d’esprits pourraient me qualifier de lâche, mais dans ce genre de situation, c’est la meilleure solution. Je reste à trois pas des combattants, guettant mon moment.

Soudain, au détour d’un coup de hache gracieusement esquivé, l’Humaine réplique sans prévenir. Son bâton vient frapper le manche de l’Ugrok brusquement. Surpris et en extension sur ses appuis, le Butarien peine à garder son équilibre. Je vois sa poigne se ramollir sur son arme. C’est le signal qu’il me fallait, j’entame mon avancé et, le temps que la femme envoie un coup au visage de son assaillant, le faisant basculer sur le côté, je suis déjà à portée. Frappant du bas vers le haut, j’embroche la tête de l’Humaine et transperce son cerveau en une fraction de seconde. C’est la mort la plus rapide que je pouvais lui offrir. Sans m’appesantir plus que cela sur le cadavre, je me retourne et administre le même traitement au Butarien au sol. Il essaye de se débattre, mais je calme ses ardeurs d’un coup de pied dans le menton.

Finalement, je me redresse, seul être encore vivant dans l’arène. Un peu de bruit me parvient d’en haut, mais je ne lève même pas les yeux, inutile. Un petit laps d’attente et un bruit métallique m’indique qu’on relève la cage. Une échelle est même descendue. Sans un mot, j’emprunte la sortie et suis accueillis en haut par une sorte de gorille en costard armé d’une mitraillette. Je comprends sans mal que je dois le suivre et n’oppose pas de résistance. Le Glasrius reste tout de même bien ancré à mon poignet. Nous marchons un peu, toujours pas à l’extérieur contrairement à ce que j’imaginais, avant d’arriver devant une porte. Immédiatement le garde se place sur le côté pour me laisser entrer seul.

À l’intérieur, deux hommes. Tous deux habillés comme s’ils allaient assister à l’événement le plus important de la Hiérarchie Humaine, ou peu importe comment cela s’appelle. L’un a un cigare à la bouche, l’autre sert deux coupes de champagne. Sur une chaise, à droite du bureau en chêne massif, je reconnais mes affaires, enfin mes armes et des munitions, je ne les compte pas donc impossible de savoir s’ils ont pris dedans. Leur désinvolture à mon égard m’irrite un peu plus à chaque goûte de sang qui perle de mon bras couvert de rouge. Enfin celui au cigare lève les yeux et affiche un petit sourire satisfait.

« Alors c’est toi qui a survécu ? Je savais que je pouvais te faire confiance. »

Il lance un regard sarcastique à son collègue et ajoute :

« Je t’avais prévenu que je sentais qu’il allait s’en sortir, c’est pas pour rien que j’ai plus d’argent que toi, j’ai le flaire. »

L’autre se contente de grogner et tend une des coupes en réponse. Je reste coi dans mon incompréhension, qui sont ces deux clowns et comment ce bâtard ose-t-il afficher une mine réjouie ?

« Oh, on t’a pas expliqué, c’est vrai. Tu as gagné, bravo. Toi et les autres, que tu as tué, avez participé à un combat à mort, ça tu as dû le comprendre. Moi je récupère les paris et je me fais de la marge. En l’occurrence, j’avais placé de l’argent aussi, sur toi, donc je suis heureux de la somme que j’ai pu amasser. Enfin bref, comme tu as survécu, tu vas recevoir tout l’argent qui avait été proposé à tous les participants pour les faire venir. »

À mesure qu’il parle je crois halluciner. Ces types organisent des combats à mort en piégeant des mercenaires avec de faux contrats pour ensuite récupérer des paris et se faire un profit comme ça. Mon incompréhension se mue doucement mais sûrement en envie de meurtre.

« Voilà, c’est tout. Tu peux partir maintenant. »

Le type au champagne a enfin parlé. Son ton est empli de dédain, comme si ma présence le répugne. Je ne peux pas dire que l’autre me « respecte », il fait preuve d’une indifférence notoire à mon égard mais là c’est plus que mes nerfs ne peuvent supporter. Je m’avance pour prendre mes armes, ne sachant pas encore ce que je vais en faire dans l’immédiat.

« Oui oui, tu peux prendre tes armes, mais tu peux aussi rester. »

Je me le fixe dans les yeux après avoir fixé ma Veuve Noire dans mon dos.

« Tu te fous de ma gueule ? »

« Hé ! Tu sais à qui tu t’adresses ? »

Le type debout s’avance vers moi brutalement. D’un balancement du bras, la griffe encore attachée à mon poignet lui barre l’oeil gauche. Je pointe ensuite l’arme blanche à sa gorge en signe d’avertissement. C’est visiblement puisqu’il ne réplique rien et recule plutôt d’un pas en se tenant le visage.

« Tu sais que derrière la porte, il y a une dizaine d’hommes armés ? Si j’étais toi je ne ferais pas de bêtises. Enfin bref, j’en étais où ? Ah oui ! Tu peux partir, mais tu peux aussi rester et combattre à nouveau, si tu le fais tu gardes ton arme là -on en remet un set aléatoire à chaque partie, tu commences directement dans l’arène et tu gagnes à nouveau tous les contrats des autres si tu survis. T’en dis quoi ? »

En entendant cela, je repense au Butarien. Il paraissait tellement en contrôle de la situation, il a probablement dû tenter de doubler sa mise. Je le regarde avec tout le dégoût qu’il m’inspire et lui réponds :

« J’en dis que je te conseille de ne jamais mettre les pieds sur Oméga. »

Ce fou se contente de rire.

« Pour aujourd’hui, comme tu as survécu, je te laisse tranquille, mais ne me cherche pas trop non plus. Pars maintenant, les paris sont finis. »

À reculons, je sors sous le regard, enfin l’oeil droit, assassin du blessé. Je ne suis pas en mesure de combattre toute son armada, pas dans cette position. Mieux vaut me replier et passer à autre chose, j’ai survécu, ne poussons pas ma chance plus loin.


[Fin]
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