Entrevues enneigées [PV Laquarius]

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Entrevues enneigées [PV Laquarius]

Message par Naell T'Loari » 28 Juillet 2017, 12:38

Off Topic
Date du RP: 26 Mai 2192
Lieu du RP: Elysium, Système Vetus, Nébuleuse de Pétra
Type de RP: Privé
Personnage(s) participant(s): Laquarius Nix ; Naell T'Laori


Ennuyeux.
C'est en ce terme que Naell pensait à cette semaine passée.
Ferin Melorn, Magnat de l'immobilier galarien, honorait de sa présence Illyria pour quelques jours. L'homme d'affaire, soucieux de sa sécurité sur une planète qu'il ne connaissait jusqu'à présent que grâce aux rapports de sa secrétaire, avait ainsi fait appel au service de la demoiselle. Elysium possédait certainement ses zones d'ombre, mais rien que Naell ne puisse affronter. Sa sœur avait donc confirmé le contrat après négociations et assignée la protection de Melorn à son aînée.
Mais loin de constituer une mission difficile ou même seulement mouvementée, la demoiselle n'avait fait que suivre le galarien dans tout ses déplacements, suivant un agenda réglé à la minute près.
Petit déjeuner à 8h, arrivée au bureau à 9h, brainstormings, meetings, déjeuner à midi. Déplacements un peu partout dans Illyria et ses environs, principalement dans des immeubles aux loyers à 5 ou 6 chiffres. Jamais Melorn ne se retrouvait plus de 10 secondes loin d'une surface protégée. Un tireur d'élite aurait eu bien du mal à trouver un créneau pour l'abattre. Et que dire d'un assassin plus entreprenant voulant essayer le corps à corps ! Le seul point jouant contre lui consistait en son extrême régularité.
Naell avait bien essayée de lui faire comprendre, mais il ne daignait même pas l'écouter. Sa secrétaire se contentait finalement de lui dire que ce n'était guère envisageable...
Elle avait donc suivi son commanditaire, s'assurant néanmoins de sa sécurité malgré son caractère à mi chemin entre le gamin pourri-gâté et trader sous cocaïne.

C'est avec un soupir de soulagement que Naell avait contemplée la navette privée du galarien s'arracher à l'attraction d'Elysium.
Mission réussie.
Passons aux choses sérieuses...

Des vacances !
Quelques jours seulement, certes, mais vacances tout de même. Elysium proposait un climat frais et un relief propice aux sports d'hiver. Le "paradis alpin", comme l'appelaient ses habitant humains, en référence à cette chaîne de montagnes sur l'un des continents de la Terre.
Naell s'était donc réservée une chambre dans un des hôtels d'une des nombreuses stations de sport d'hiver de la planète. Délaissant l'hôtel grand luxe où Melorn séjournait et où elle y avait la chambre mitoyenne, la demoiselle emprunta l'une des navettes de liaison.
Laissée au pied de son nouvel hôtel, l'asari pris le temps de fermer son manteau avant de regarder autour d'elle : la température à cette altitude se faisait douloureusement fraîche, qui plus est en fin d'après-midi.
Partout où son regard se posait se trouvait une épaisse couche de neige. Habituée à la Citadelle et à son environnement contrôlé, retrouver ainsi le contact avec la nature lui rappela son entrainement de chasseresse. La place où elle se trouvait accueillait le pallier de plusieurs établissements. Certains hôteliers, d'autres de simples tours d'habitations. L'on pouvait y louer un appartement à l'occasion. Peut être plus tard avec Lihana... Une pente douce menait à l'arrivée de ce que les humains appelaient des "pistes". En fait, de longs parcours préparés et balisés dans la neige qu'ils parcouraient des planches aux pieds. Un sport étrange, mais étonnamment attirant. Peut être se laisserait-elle tenter, après tout...

Pénétrant dans le hall de son hôtel, le Cheval Blanc, elle fut accueillie chaleureusement par une humaine aux cheveux attachés en chignons. Les formalités furent expédiées en quelques minutes et déjà se trouvait-elle accompagnée de deux agents d'accueil portant ses bagages et la menant vers sa chambre. En un rien de temps, la demoiselle, sa valise et sa malle se trouvaient face à une baie vitrée à teinte intelligente baignant son nouveau chez elle temporaire des derniers rayons du soleil. Presque une petite suite, sa chambre à lit double lui offrait tout ce dont son précédent hôtel manquait : un peu de personnalité et de sobriété.
Confortable avec un lit moelleux aux draps blancs, sa décoration comportait un couple de plantes vertes, plusieurs cadres représentant les Alpes de la Terre, sa faune et sa flore ainsi qu'une carte du domaine de la station sur un écran holographique.
Se laissant tomber sur le lit, Naell regarda à travers la baie vitrée le soleil disparaître derrière la montagne voisine. Observant la luminosité déclinante pendant un temps, elle se redressa en même temps que les lampadaires se réveillèrent à travers la station. L'heure avançant, la demoiselle ouvrit sa valise. Délaissant ses vêtements -un tailleur pantalon des plus formels-, elle lui préféra un simple pantalon noir et un chemisier gris réhaussant son teint bleu et ses tatouages plus clairs.
Ainsi parée, Naell descendit en quête du restaurant et de son bar.
Son guide lui assurait que la table du Cheval Blanc valait le détour pour les être lévo-aminés. La cuisine humaine recelait des merveilles gustatives et elle avait bien hâte d'y succomber. Mais avant cela, un verre lui ferait le plus grand plaisir.
Et fort heureusement, le bar de l'hôtel possédait à la fois les bonnes bouteilles, mais aussi le bon barman. Ce dernier, un galarien, lui proposa une spécialité locale : une liqueur à base de baies des montagnes environnantes. La boisson, à la fois fruitée et sucrée, amusa le palais de l'asari. Notant sa haute teneur en alcool, elle se résolu de la boire tranquillement, en contemplant le panorama.
Un son émanant de son omnitech la rappela à elle. Examinant rapidement son terminal, elle y découvrit un mail de Lihana. Sa sœur lui confirmait la date de sa prochaine mission et lui souhaitait un bon repos. Elle voulait également un souvenir des montagnes, ce que Naell essayerait bien entendu de lui ramener.
Souriant doucement tout en répondant à sa soeur, elle soupira de contentement : ses vacances seraient bonnes, aucun doute. A elle la neige, les montagnes et l'air pur !


(ce post aurait pu être posté hier soir. Si seulement le site ne m'avait pas déco et perdu mon post...)
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Re: Entrevues enneigées [PV Laquarius]

Message par Laquarius Nix » 28 Juillet 2017, 22:31

Le crissement de mes pas sur la neige m'irrite mais je poursuis inlassablement, fuyant la zone résidentielle, mes doutes et mes dernières victimes. Je me dirige vers les hauteurs, le coin plus touristique qui prospère en grande partie grâce à sa topographie. Deux petites journées -et en particulier la dernière- sur cette planète avaient suffit à immiscer une pointe de remise en cause en moi, je n'étais plus sûr de la justesse de ma croisade, ni même de son but : recherchais-je la vengeance ou tout simplement à assouvir des désirs inavouables ? J'efface ces questions d'un revers de main et m'engouffre dans un hôtel, secoue brièvement la tête en faisant perler quelques gouttes et m'avance vers la réception.

Une jeune femme m'accueille, souriante. J'ai un peu de mal à le lui rendre et grommelle ce qui ressemble à une salutation. Professionnelle, elle ne lâche pas les muscles de ses joues mais je vois très nettement son regard faire un circuit entre la crosse de mon fusil qui dépasse de mon dos, l'arme à ma ceinture, les rayures de mon armure et les tâches sombres clairsemées sur ma peau et le tissu de mon manteau fraîchement ouvert.

"Bonjour, vous avez réservé ?"

Le ton reste jovial et accueillant malgré l'ombre craintive qui vient de passer sur son visage. Je pose mes bras sur le comptoir histoire de les tenir aussi éloignés que possible de mon attirail et espère installer ainsi un climat plus détendu.

"Non mais j'espérais qu'il vous reste une chambre pour un touriste solitaire."

"Bien sûr, je vais regarder ça."

J'avais pris le parti de rester quelques temps sur place, je n'avais pas le coeur à me replonger dans le dépotoir qu'est Oméga et je souhaitais prendre le recul nécessaire pour me retrouver, mettre les choses à plat. En somme, il ne s'agit que d'une question de jours mais il me fallait cette coupure loin de la crasse de ce que j'appelle "maison". La réceptionniste finit par relever les yeux de son écran avec un sourire porteur de bons augures.

"Il nous reste bien quelques chambres. Vous avez le choix entre chambres simples et doubles, il y a une différence de place et de prix bien entendu."

Je hausse les épaules.

"Ma foi un lit simple me suffira, je n'ai pas prévu de ramener quelqu'un, pas encore."

Un petit clin d'oeil conclu ma phrase, auquel la femme répond d'un petit rire. C'est étrange, en temps normal j'aime jouer mes rôles, mais là l'hypocrisie dont nous faisons tous deux preuve me révulse. Je n'ai pas la tête à ça, les masques dont je me pare si fréquemment me font horreur à cet instant, j'ai presque envie de la saisir par son petit col claudine et de lui hurler que je suis un mercenaire responsable de dizaines morts dont les plus violentes étaient hors contrat.

"Vous souhaitez séjourner ici pour combien de temps ?"

"Mettons deux jours, je peux toujours repasser pour allonger mes vacances ?"

"Bien entendu, à moins qu'une réservation ne tombe. Donc deux jours, vous êtes sûr ?"

"Bah ! Arrondissez ça à trois, je verrai bien."

"D'accord monsieur. Il va juste me falloir un nom et.. petit déjeuner ?"

Une hésitation me saisit, mes mains se serrent, mon nom est précieux, je n'aime pas l'abandonner à tout va et ai pour habitude d'user de faux. Pas cette fois, je dois m'assumer, si cette petite venait à appeler les autorités je n'avais qu'à réaliser que me trimballer avec un tel équipement est facteur d'ennui.

"Nix et je profiterai de votre petit déjeuner oui."

Elle annonce le total et laisse sa phrase tomber dans le vide alors qu'elle me proposait d'appeler un agent pour porter mes bagages. Je n'ai que mon nécessaire de mission, autrement dit un petit sac contenant le minimum en terme d'hygiène, mes armes et des cartouches cachées dans mes poches. Un sourire lourd de lassitude répond à son regard interloqué. La jeune femme m'attribue la chambre 101, m'indique l'ascenseur, le restaurant et le bar de l'hôtel en précisant que le service matinal se fait ici. Je pars vers l'escalier en précisant que je ne souhaite pas que le ménage soit fait dans ma chambre. Mon interlocutrice tapote vivement devant elle avec un air laissant comprendre qu'elle s'y attendait.

"Bon séjour au Cheval Blanc M. Nix."

Une fois arrivé dans mon chez moi temporaire je commence par décrocher les trois tableaux, vérifiant à chaque fois la présence de micro ou caméra, puis pose face contre terre Les Alpes Rougeoyantes, Bouquet et un tableau sans nom représentant encore un paysage montagnard. Une fois le tout poussé sous la petite table qui longe le mur, j'obstrue la fenêtre qui donne sur une piste de ski en tirant le rideau, il n'est pas assez opaque à mon goût alors j'entreprends d'attacher mon manteau à la tringle comme complément. Je me retrouve donc avec ma Veuve Noire dans les mains et vais la poser contre la porte d'entrée, un geste qui peut sembler étrange mais si jamais le battant venait à s'ouvrir, ne serait-ce qu'un peu, l'arme tomberait, m'alertant par la même occasion. Tant que je suis dans la pièce, je pose mon Frelon sur le table, crosse vers le lit, c'est temporaire, bientôt il ira sous le coussin. Je laisse la penderie tranquille, peu propice à l'installation de dispositif et m'attaque au désossage de la salle de bain. Le pommeau de douche est normal, de même que le robinet de la vasque et la chasse d'eau, je remonte le tout et glisse mes doigts derrière le miroir qui orne la pièce. Ne pouvant aller bien loin j'attrape le sèche-cheveux mis à disposition et lui fait parcourir tout le bord droit en le suivant de l'autre côté avec ma main gauche. Le but est de sentir un objet placé au dos de la glace grâce au flux d'air qui se couperait le cas échéant, malheureusement la technique est loin d'être fiable et je ne fini même pas mon chemin.

Mon regard vient de croiser celui de mon reflet et une sensation de vide s'est créée dans ma poitrine. Ce sentiment immuable et stupide qu'on a oublié quelque chose. Je n'ai rien oublié, je sais ce qu'il veut, il veut savoir pourquoi j'ai épargné le gars qui m'a tendu un piège, le gars qui m'a torturé psychologiquement, le gars qui a pris un gosse en otage comme dernier rempart, le gars que j'avais au bout de mon arme après que j'ai abattu l'enfant, mais surtout le gars que j'ai laissé attaché à une chaise en espérant que les parents du gamin, que j'ai par la suite averti, iraient se faire justice tout en récupérant le corps de leur chair. Mes yeux se baissent d'eux-mêmes, intimidés par la bête qui me fait face, j'entends très clairement la voix qui me dit "tout ça pour ça", ma voix. Mon poing se serre autour de la vasque alors que mes paupières se ferment. J'ai envie de briser ce miroir, comme les autres avant et sûrement comme les autres après si je continue ainsi. Au lieux de ça, je prends sur moi, il faut que je cesse de céder. Ma frappe s'écrase sur l'interrupteur à ma droite, me plongeant dans le noir et faisant disparaître le reflet. Je sors de la pièce en claquant la porte, attrape ma mitraillette et me laisse tomber sur le lit, épuisé.

Quand mes yeux papillonnent enfin mon OmniTech indique une heure déjà avancée dans la soirée, il faut que je mange. Sortir outillé ainsi est trop voyant, j'ôte donc mon armure, enfile mon manteau et fourre ma mitraillette au fond de la poche droite avant de relever le col. Pour ce qui est de mon fusil, je le glisse entre le matelas et le sommier. Ces mécanismes, que ce soit à mon entrée ou à ma sortie de la chambre, sont presque religieux, ils font partis de cette once de paranoïa qui vous garde parfois en vie dans ce job. Avant d'aller au restaurant, j'opte pour un détour par le bar. Derrière le comptoir, un Galarien m'accueille en souriant et en demandant ma commande.

"Un truc non alcoolisé, pétillant et bien sucré, vous avez ?"

"Pour sûr, je vais vous trouver ça."

Il s'éclipse un instant et revient avec un grand verre rempli à ras bord d'un liquide rouge.

"Voilà, c'est un soda imitant le goût de fruits humains mais pour les dextros."

J'ouvre mon OmniTech, prêt à régler et hausse une arcade en voyant le tenancier plisser les yeux devant moi.

"Pardon, c'est juste que j'ai l'habitude de voir passer du monde, du coup je fini par savoir anticiper les commandes, mais vous.. Excusez-moi mais je vous voyais plus tourner au gros tord-boyaux."

Je laisse échapper un petit rire.

"Y a pas de mal, parfois on doit garder les idées claires pour se remettre en question."

Le Galarien affiche une mine désolée.

"Problèmes de coeur ?"

"On peut dire ça ouais."

Je règle et vais m'asseoir à une table à l'écart. Je sirote mon breuvage du bout des lèvres, le goût n'est pas déplaisant mais je regrette les glaçons qui ne sont pas vraiment appropriés à la température extérieure.

Mes pensées m'absorbent et je revis des scènes déplaisantes de torture que j'ai moi-même perpétré au cours de mon existence entre chaque gorgé, avalée à grande peine. Soudain, le bruit du raclement de chaises proches me sort de ma torpeur. J'observe les deux arrivant, un coup d'oeil vers le hall d'entrée me permet d'ajouter au moins deux autres personnes au groupe. Je soupire.

"Si c'est pour essayer de me plumer à un jeu truqué, sachez que j'ai connaissance de vos tactiques de triche et que cette boisson est sans alcool."

Évidemment ils ne venaient pas pour ça, l'accoutrement était riche mais pas exubérant comme celui des tricheurs cherchant à passer pour d'honnêtes bourgeois trop plein d'argent.

"Ne jouez pas au con."

C'était le type en face de moi. Ma main avait glissé dans ma poche et s'était refermée sur la poignée de ma mitraillette. A ma gauche, le deuxième avait aussi passé les mains sous la table.

"Vous avez des comptes à rendre."

Au moins j'étais fixé, il s'agit donc de représailles lié à mon séjour sur Elysium.

"Si j'en ai, tu n'es certainement pas qualifié pour les recevoir. Vous faites beaucoup de bruit pour une organisation secrète, foutez moi le camp avant que je ne vous attrape un à un et vous étripe, remarquez c'est votre truc non ? La violence à l'état pur, enfin c'était le truc de votre boss avant que je ne le choppe."


La pique arrache une grimace à celui qui semble être le meneur.

"Tu parles beaucoup mais sache que c'est une condamnation à mort que nous t'apportons."


Je ricanne sèchement et avale une nouvelle gorgée de mon verre.

"Assez rigolé pour ce soir, cassez vous. Vous poserez votre condamnation avec les autres. Je suis le seul à décider du jour où je passerai l'arme à gauche et c'est certainement pas en vacances que ça va arriver. Vous avez excité quelque chose enfouie en moi alors il serait avisé de vous dépêcher parce qu'il a encore faim."


Tout au long de ma tirade je m'étais penché vers l'insolent en face pour me retrouver à une dizaine de centimètres de son visage et avait fini en lui montrant ma langue passant sur mes dents. Avec un grommellement, il se lève et part, faisant signe à ses hommes de le suivre. Je le suis du regard et lâche un profond soupir quand la porte se referme derrière le dernier membre. Ces imbéciles allaient laisser un gars pour surveiller mes allers et venues, c'était sûr. Je me lève, las de ces conneries, et me dirige vers la sortie.

Une fois dehors, je piste les trace de pas, un groupe comme ça se repère assez facilement malgré le passage fréquent de touristes, de plus il était l'heure de manger donc les rues se vidaient peu à peu au profit des restaurants. Je trouve mes zouaves dans une ruelle non loin, ça piaille des ordres à tout va. Après quelques instants, la dispersion est déclarée, le dernier à quitter la venelle est mon client. Je regarde les autres partir, adossé au mur faisant l'angle, sous camouflage et attrape le bougre à la bouche quand il me passe à côté. Le revoilà à la case départ, il n'a pas touché vingt milles mais sa lèvre supérieure saigne après un coup qui a révélé, sous ses yeux ébahis, la personne qu'il devait surveiller. Ses potes n'étant pas très loin, je garde ma main collée à son visage pour étouffer tout son, de mon bras libre, je plaque le canon de ma mitraillette sur sa gorge. L'effet est immédiat, l'homme ne se débat pas et se contente de me regarder avec les larmes aux yeux. J'attends ainsi quelques longues secondes et fini par libérer sa bouche, il se met à me supplier mais je l'arrête en posant doucement un doigt sur sa bouche.

"Normalement, je t'aurais abattu d'un tir dans le crâne. Sauf que vous avez joué avec moi, vous avez voulu voir ce dont j'étais capable, je ne vous ai pas déçus, pas vrai ? Mais quand on joue il faut assumer, alors il faut que tu saches que c'est pire qu'une condamnation à mort ce qui pend au dessus de chacune de vos têtes. Tu veux savoir ? Tu devais me surveiller, j'ai entendu, je comprends, ça fait parti du business, mais du coup j'ai une petite voix qui me dit de te punir et pour te punir il faudrait te couper la langue, te crever les yeux et te percer les tympans, comme ça tu pourrais plus surveiller."

Je laisse un instant pour que mes mots s'impriment bien en lui puis soupire.

"Heureusement pour toi je suis en crise existentielle alors tu vas juste t'évanouir et aller raconter à tes boss de me foutre la paix."

Je ponctue en le frappant au foie, il s'effondre inconscient, je range mon arme et retourne à l'hôtel, droit à ma chambre. Une fois arrivé je balance mon manteau sur le lit et file dans la salle de bain, il faut que je me douche. Je garde la lumière éteinte pour ne pas affronter mon reflet et tente d'évacuer tous mes sentiments dans les canalisations. Mes vacances seront longues, aucun doute. A moi la neige, les montagnes et les problèmes..
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Re: Entrevues enneigées [PV Laquarius]

Message par Naell T'Loari » 29 Janvier 2018, 12:37

Sans trop y prêter attention au premier abord, Naell vit arriver un turien à l'allure sombre. Il conversa quelques instants avec le barman galarien, lequel lui servit un verre.
Ce turien semblait vivre sur la défensive. Il donnait à l'asari l'impression d'un prisonnier. Sans barreaux... Sans doute portait-il sa cage en lui même, à voir son comportement. Le genre de cage lourde à porter. Était-ce le décès d'un proche ? La perte d'un être aimé ?
Le turien s'installa à une table située plus au fond de la salle. Perdu dans ses pensées, il but son verre à petites gorgées.
Naell reporta son attention sur la montagne et les remontées mécaniques. Ces dernières s'étaient arrêtées depuis un petit moment désormais. Et rares étaient les skieurs à descendre encore les pistes. Sans doute ne devait-il plus rester grand monde sur la neige à cette heure...
Le soleil disparut derrière les monts enneigés.

La porte de la salle s'ouvrit sur deux individus à la mine patibulaire.
Ils s'installèrent à proximité du turien. Ce dernier leva les yeux sur eux au son du raclement des chaises sur le sol. Naell sentit une crispation s'installer entre eux trois. Apparemment, ils échangeaient quelques mots, sans doute sèchement. La jeune femme leva un sourcil mi-curieux, mi-inquiet. C'était le genre de situation potentiellement explosive qu'elle pouvait ressentir avant une fusillade. D'instinct, elle se prépara à lever son contrecoup pour se protéger.
La tension monta lentement entre les trois individus, jusqu'à ce que -finalement- les deux derniers arrivants ne se lèvent et ne quittent la salle en direction du hall.
Naell vit le turien soupirer avant de se lever et de suivre le même chemin.

L'asari termina son verre d'un coup avant de se lever en prenant son manteau. Elle fit un signe au barman, le remerciant de son accueil. Suivant à bonne distance le turien, elle le vit disparaître soudainement, à quelques dizaines de mètre de la sortie du hall de l'hôtel. Au loin, des éclats de voix se firent entendre.
-"Mais qu'est-ce que tu fais, Naell ? Tu es en vacances, ça ne te regarde pas..." Se dit l'asari à elle-même, d'une voix basse.
Elle se retourna et revint au hall, avant de se diriger vers le restaurant. Accueillie par le maitre d'hôtel, ce dernier lui indiqua une table donnant sur la baie vitrée. Alors qu'elle s'installait, Naell vit le turien rentrer, seul. Et en un seul morceau, qui plus est...
L'asari ne le connaissait pas, mais déjà il piquait sa curiosité : disparaître ainsi sans laisser de trace n'était pas donné à tout le monde. Et apparemment, elle aurait l'occasion de le croiser à nouveau, ce dernier semblant être client du Cheval Blanc...


Le menu présentait pléthore de plats, tous plus exotiques et savoureux les uns que les autres.
Appréciant la bonne nourriture, Naell n'avait pas choisi cet hôtel totalement par hasard. Classé meilleure table de la station, il se positionnait également tout à fait correctement au classement global d'Elysium. Un point qui avait attiré son attention lors du choix du lieu de villégiature...
Les brochettes de bœuf mariné, accompagné d'un gâteau de pommes de terre tentèrent la jeune asari, laquelle ajouta également un verre de vin de la Terre. Un vin californien, recommandé par le sommelier. Naell s'en était remise à l'expérience de ce dernier quant au choix dudit breuvage.
En entrée, une simple salade ferait l'affaire. Après tout, mieux valait ménager un peu de place pour le plat principal. Consciente de son appétit modéré, Naell se devait de fixer ses priorités. D'autant que la carte des desserts lui fait outrageusement de l’œil...
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Re: Entrevues enneigées [PV Laquarius]

Message par Laquarius Nix » 20 Février 2018, 13:48

Une fois ma douche terminée je me sèche longuement et m’habille dans l’optique d’aller dîner. Avant de sortir, je regarde brièvement l’heure affichée près du lit, avec un peu de chance le restaurant de l’hôtel est toujours en service, sinon j’irai chercher ailleurs. Je décide de prendre les escaliers. N’étant qu’au premier, le trajet sera presque plus rapide et m’évitera probablement de croiser des gens. Je ne me presse pas dans les marches, ajustant mon manteau lors de la descente pour essayer de ressembler un tant soit peu à quelque chose.

En bas, je m’avance dans le restaurant et vois que la table que j’occupais à l’écart est prise. Je m’arrête pour observer le couple assis là-bas, un homme et une femme, cette dernière regardant par la fenêtre, certainement admire-t-elle le paysage. Impossible de savoir où ces deux là en sont dans leur repas. Pas d’assiettes sur la table, mais une corbeille de pain et deux verres de vins déjà entamés les accompagnent. Ils pourraient attendre le dessert comme être en train de conclure l’apéritif. J’hésite donc un instant, planté au milieu de l’entrée, à repartir ou attendre dans le coin qu’ils aient fini.

« Bonsoir, vous êtes seul ? »

Je me retourne, surpris, sur la défensive, pour découvrir un serveur souriant, le coude droit en angle droit sur son torse, supportant une serviette.

« Bonsoir, oui en effet. Je me demandais si vous pouviez encore servir. »

Balbutiant au début, ma voix reprend de son assurance dans la deuxième partie de ma réponse. Je me doute de ce qu’il va rétorquer, vu sa demande initiale, mais dans le doute il vaut mieux soumettre la question à demi-mots.

« Bien sûr, nous ne nous arrêtons pas avant que les remontés aient fini et que les derniers skieurs aient eu le temps de revenir jusqu’à l’hôtel. A moins que vous ayez une préférence, suivez moi, je vais vous trouver une table. »

Sentant que le service arrive sur la fin et que mon interlocuteur semble légèrement pressé, je n’émets aucune objection malgré mon envie de me tenir à l’écart. Au fond si je tenais à ce point à m’éloigner, je mangerais dans ma chambre. Il fallait quand même que je profite du cadre et que je fasse profil bas.

Le serveur fini par me désigner une place à peine près de la sortie de la cuisine, à une table de la grande baie vitrée. Suivant mon regard, le jeune homme s’enquiert :

« Vous préférez cette table ? »

Elle n’était pas encore débarrassée et je n’avais pas envie de l’embêter plus que ça. Je le remercie donc en refusant son offre et m’asseyant en posant mon manteau sur le dossier de ma chaise. Une fois installé, le garçon me tend un menu avant de s’éclipser après que je lui refuse un apéritif. La section dextro-aminée est plus petite que son homologue lévo, bien compréhensible vu la localisation. Je fais rapidement mon choix et attends que le garçon revienne. Il repart avec une commande d’un filet d’orkag bleu et un dessert du jour. Rien d’extraordinaire mais de quoi faire un bon repas.
Dernière édition par Laquarius Nix le 01 Mars 2018, 14:38, édité 2 fois.
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Re: Entrevues enneigées [PV Laquarius]

Message par Naell T'Loari » 26 Février 2018, 13:02

D'un coup d'oeil discret mais néanmoins attentif, Naell vit entrer le turien de tout à l'heure. Portant son verre de vin à ses lèvres, l'asari entreprit de conserver son attention sur lui. Ce qu'il s'était passé durant la dernière heure enrobait ce dernier d'une aura de mystère.
Apparemment, il ne semblait pas faire l’unanimité auprès des résidents de cette station. Pourquoi ? Naell n'en avait aucune idée. Mais elle comptait bien rester sur ses gardes. Mentalement, elle récitait le contenu de sa mémoire musculaire. Il lui suffirait de se tendre pour déclencher son contre-coup et préparer une décharge biotique au besoin. L'habitude et l'entrainement feraient le reste, révélant aux yeux de tous ce que son apparence cachait parfaitement. Comme il pouvait être utile de paraître fragile et douce...

Sa salade arriva en même temps que le serveur. Ce dernier déposa adroitement et d'un geste élégant son plat avant de s'enquérir d'un quelconque de ses besoins. Le personnel était manifestement à la hauteur des exigences du lieu...
Plongeant sa fourchette dans son assiette, Naell entama son premier plat. La texture et la composition de sa salade était parfaite. Comme cela pouvait changer des rations de combat -pourtant loin d'être mauvaises- de l'armée Asari... Et que dire de celles qu'elle avait pu depuis goûter ? Son plaisir gustatif tout autant que le lieu et son absence d'agenda précis sentait les vacances. C'était pour ce genre de moment qu'elle travaillait d'arrache-pieds...
Du coin de l'oeil, elle continua de surveiller le turien. Ce dernier venait de commander, apparemment. Il semblait fatigué, presque usé. Quoiqu'il ait pu faire pour que des individus lui cherchent violence, cela l'avait épuisé. Détaillant rapidement mais précisément son attitude et ses vêtements, Naell ne put conclure à grand chose. Il était habillé simplement mais de façon pratique. Quelqu'un qui manifestement avait une certaine habitude à prévoir l'imprévisible. L'asari se demanda s'il portait une arme sur lui. Jugeant à la lueur des événements de tout à l'heure, elle conclut que c'était plus que probable. Elle même n'en portait pas, mais pouvait compter sur ses capacités au besoin...

Le serveur revint, constatant que l'assiette de Naell avait été entièrement vidée de son contenu.
-"Cela vous a-t-il plu ?"
-"Beaucoup, merci." Se penchant vers le jeune homme, l'asari demanda d'une voix basse :
-"Excusez-moi, mais peut être pourriez-vous me renseigner : savez-vous qui est-ce ?" Dit-elle en désignant le turien du regard.
Le serveur vit les yeux bleu lagon et sourit, voyant sans l'ombre d'une hésitation de qui elle voulait parler.
-"Il s'agit d'un client de l'hôtel, madame. Il est inscrit au nom de Nix. Mais je crains ne pas en savoir plus." Le jeune homme lui sourit aimablement avant débarrasser son assiette vide.
-"Merci." Naell lui rendit un sourire chaleureux avant de le voir se retirer et reprendre son service.
Elle n'en avait pas appris bien plus, malheureusement. Et manifestement, mis à part son nom, le personnel de l'hôtel ne s'épancherait pas en confidences. Autant changer de stratégie. Naell décida donc d'adopter une approche plus directe.
Elle attendit que son serveur revienne avec son plat principal -qui sentait fort bon au demeurant- et demanda à ce qu'il soit le porteur d'un message. Ce dernier accepta, recevant de surcroît un pourboire honnête. Sa sœur Lihana lui demanderait sans doute à quoi avaient servis ces fonds, quand bien même elle lui avait assurée que son budget vacances serait accepté sans réserve...

Tandis que Naell attaquait ses brochettes d'une main assurée, le serveur s'approcha du turien en souriant et déposa devant lui un verre de vin de Cirilis, cuvée spéciale d'avant la guerre. L'asari espérait pouvoir briser la glace avec un brevage de Palaven, malgré son absence totale d'expérience dans le domaine. Elle s'en était donc remise à l'expertise du sommelier, que le serveur n'avait pas manqué de consulter. Le serveur tendit sa main dans sa direction, indiquant certainement au turien qui était l'auteur d'une telle attention. Avalant rapidement le morceau de bœuf qu'elle mâchait à ce moment, elle s'essuya délicatement les lèvres de sa serviette blanche puis offrit son plus beau sourire couplé à un léger hochement de tête en signe de salut discret.
Comment allait-il réagir ?
Naell ne le savait pas. Mais au moins aurait-elle l'opportunité d'en savoir plus. Peut être...
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Re: Entrevues enneigées [PV Laquarius]

Message par Laquarius Nix » 01 Mars 2018, 16:50

J’attends patiemment d’être servie en m’amusant à faire des plis dans ma serviette. Le serveur revient rapidement avec une carafe, une corbeille contenant de petits agréments à grignoter et des couverts. Il dépose le tout et repart vers une autre table après avoir répondu par un sourire à mon remerciement. Je me sers un verre que je commence à boire doucement, puis pioche dans le petit panier en osier quelque chose à faire croquer sous mes dents pour passer le temps.

Mon corps s’est préparé à attendre une douzaine de minutes, alors je suis surpris quand je perçois, du coin de l’oeil, le serveur s’approcher. D’autant plus qu’il dépose un verre devant moi avant de le remplir d’une liqueur pâle. Je fronce les sourcils et regarde la bouteille qu’il tient. Cirilis ? C’est une blague ?

« Excusez moi ? »

Le serveur se redresse et tend la bouteille de sorte que je puisse lire parfaitement l’étiquette.

« Cirilis millésime 2184, monsieur. »

Intérieurement, j’écarquille les yeux. Lors de ses cours de bienséance, Elisabeth m’a donné quelques noms et dates pour les vins. En l’occurrence, il s’agit d’un cru d’exception. Le Cirilis est, par essence, un vin d’une grande qualité, très apprécié sur Palaven en particulier, mais associé à cette année, pré-guerre qui plus est, je suis estomaqué. Doucement, je reviens à la réalité.

« Mais je n’ai pas commandé cela, vous devez faire erreur. »

Le jeune homme n’en démords pas de son sourire et pointe une table non loin où est assise une Asari. Je note le manque de classe dans le geste bien que je ne sais pas comment il aurait pu m’indiquer cette personne autrement.

« Madame vous a fait porter ce verre, monsieur. »

Je regarde, confus, ma généreuse expéditrice. Il s’agit d’une jeune Asari aux manières appliquées vu la façon dont elle agite sa serviette sur sa bouche. Elle m’offre ensuite un magnifique sourire. Je réponds à son signe de tête et lui rends son sourire. Cette mascarade m’intrigue, mais j’ai plus important pour le moment.

« Vous mettrez le verre sur ma note. »

« Je.. »

Je balaye ses paroles d’un revers de main.

« Pas de discussion. Vous m’apporterez également sa note. Encore une fois pas de discussion. Si on m’a bien appris quelque chose c’est que c’est à moi d’inviter les personnes charmantes. Merci. »

Le serveur hoche la tête, il a bien compris que je ne l’écouterai pas et après tout il se moque bien de ce que font les clients avec leur argent. Sa paye ne change pas à la fin du mois, à moins d’un pourboire et pour que cela arrive il faut que le client soit satisfait. Il tourne donc les talons pour repartir en cuisine, m’annonçant que je serai bientôt servi. Je le regarde marcher un moment en attrapant la coupe laissée devant moi. Alors qu’il passe les portes, sortant de mon champ de vision, je porte le vin à mon nez pour me délecter de l’odeur. Fermant ainsi les yeux, je m’interroge sur la raison qui aurait pu pousser L’Asari à un tel geste. Je l’apprécie, certes, mais il m’intrigue, on ne peut pas dire que je sois parmi les personnes qui se font le plus remarquer et c’est littéralement la première fois que quelqu’un m’offre un verre. Pourtant je suis à peu près sûr de n’avoir aucun contentieux avec les bleues, en tout cas pas encore en vie. Quand bien même, j’ai vu tout à l’heure qu’elle mangeait déjà, donc elle était là avant moi. Non, je me fais des idées, ce n’est probablement qu’une simple coïncidence.

Je porte le liquide à mes lèvres et en ingurgite un petit volume pour imprégner ma langue du coup. Je me fais trop de soucis, je vais juste profiter de mon repas et de ce vin d’exception, le reste sera dérisoire pour les prochaines trente minutes.Le serveur revient, comme il l’avait dit, assez vite. Il dépose mon assiette et repart en me souhaitant un bon repas. Je joue de ma fourchette dans la viande avant de la goûter, elle me paraît un poil trop cuite, mais ça c’est mon problème, je préfère quand le plat est presque cru, je ne peux pas en vouloir aux cuisiniers d’avoir suivi l’ordre ‘bleu’ qu’on leur a appris. Rapidement cette idée me quitte quand je commence à déguster ma commande. Je fini mon assiette satisfait et rassasié, je pourrai accueillir un dessert, certes, mais un coup d’oeil m’indique que si je me lançais là dedans j’allai finir après la mystérieuse Asari. Quand le garçon s’approche, je lui annonce donc que mon estomac est repu et que je désire payer mon addition pour partir.

« Nous pouvons vous monter le dessert dans votre chambre si vous le souhaitez. »

La proposition est sympathique et comme le plat de résistance avait été de très bonne qualité, j’accepte. Il ouvre ensuite son Omnitech pour m’envoyer ma note ainsi que celle de L’Asari. Je règle en ajoutant un petit pourboire puis quitte la salle. Une fois dans le hall, je m’approprie un des fauteuils cosys, tous vides à cette heure, et attends la jeune femme. En la voyant sortir, je me lève et m’avance vers elle.

« Bonsoir. Appelez moi Laquarius, vous voulez faire un tour ? Il paraît que la station est très belle à la nuit tombée. »

Pendant que je l’attendais j’avais tergiversé pour savoir si oui ou non je remontais en vitesse récupérer ma mitraillette. Finalement j’avais opté contre, jugeant cela comme un acte de paranoïa.
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Re: Entrevues enneigées [PV Laquarius]

Message par Naell T'Loari » 02 Mars 2018, 10:52

Naell termina son plat, dégustant le moindre morceau et profitant de la délicieuse sauce.
Les brochettes étaient parfaites : épicées, légèrement relevés, la cuisson de la viande parfaite. Et que dire du gâteau de pommes de terre ! Croustillant par la pâte feuilletée et fondant par les pommes de terres et la crème. Elle avait définitivement bien choisie cet établissement. Le guide ne mentait pas.
La carte des desserts survint entre les doigts du serveur. Et c'est sur une forêt noire que le choix de la jeune asari se porta. Le nom lui rappelait un peu la forêt qui tranchait de sa noirceur dans le relief visible depuis la baie vitrée. Le blanc de la neige, malgré l'obscurité achevant de s'installer, reflétait la moindre lumière. Et tout particulièrement celle de l'éclairage publique de la station...

S'arrachant à sa contemplation, Naell vit le serveur revenir avec son dessert. Un mélange de crème, de copeaux de chocolat et de cerise à l'apparence parfaitement maîtrisée. Et du bout de la cuillère, au goût exquis. Décidément, ce restaurant était un cauchemar pour gourmands !
Du coin de l’œil, l'asari vit le turien se lever, échanger avec le serveur, puis rejoindre la sortie du restaurant. Naell laissa échapper un soupir déçu. Manifestement, elle n'en saura pas plus sur cet énigmatique client de l'hôtel...
Terminant son repas en savourant son dessert, elle attira l'attention du garçon et lui signifia son intention de régler la note.
-"C'est que votre note est déjà réglée, madame."
-"Je vous demande pardon ?" répondit Naell, surprise.
-"Monsieur Nix s'en est occupé."
-"Ah ?! Bien..."
L'espoir revint. Finalement, peut être allait-elle en savoir plus ! Après tout, on ne règle pas l'addition de quelqu'un pour disparaître anonymement par la suite...
Se levant, Naell remercia le serveur avant de prendre congés. Son manteau sous le bras, elle pris la direction du grand hall. Rajustant le col de son pull, elle vit le turien, assis dans l'un des moelleux fauteuils de l'entrée. Apparemment, il l'attendait. Ce dernier se leva et fit quelques pas dans sa direction :
-" Bonsoir. Appelez-moi Laquarius. Vous voulez faire un tour ? Il paraît que la station est très belle à la nuit tombée."
-"Oh... bonsoir ! Ce serait avec plaisir. Appelez-moi Naell." lui répondit la jeune asari, arborant un sourire doux.
Elle avait un nom, maintenant elle avait également le prénom.
-"Merci pour le repas, d'ailleurs. Je n'imaginais pas être invitée en vous offrant un verre. J'espère que vous me ferez le plaisir d'accepter que je vous invite à mon tour demain soir." fit l'asari tout en enfilant son manteau. Consultant son omnitech, elle vit la température extérieure et ajusta son écharpe. Il ferait froid ce soir, avec -8°C prévus. La neige conserverait donc sa texture duveteuse et homogène. Peut être les premiers skieurs trouveraient-ils une fine plaque de verglas sur les pistes fraîchement damées.

En sortant de l'hôtel, c'est d'ailleurs ce que Laquarius et Naell purent voir dans le lointain, sur les flancs enneigés : le bal des dameuses. Les engins automatisés préparaient méthodiquement les pistes pour le lendemain, pour le plus grand plaisir des amateurs de glisse. Leur ronronnement pouvait presque passer pour une mélodie réverbérée par les montagnes. Les lueurs de leurs feux de position et de leurs puissants phares sur la neige immaculée en faisaient autant de lucioles errantes à travers les pistes.
L'air frais accueillis le turien et l'asari, accompagnant leur respiration de nuages de condensation. Mis à part le bruit des dameuses, rien ne semblait troubler le calme de la station en cette heure déjà raisonnable. A peine quelques passants se promenaient-ils de la même façon qu'eux... Rien à voir avec les ambiances surpeuplées qu'ait pu connaitre Naell sur la Citadelle ou durant son travail à travers la galaxie.
Le ciel, clairsemé de nuages, laissait largement la place à l'étendue infinie d'une jolie nuit étoilée.
Rompant le silence, Naell glissa à Laquarius :
-"C'est beau... J'ai bien choisi mon hôtel pour les vacances, on dirait... Et vous, Laquarius, vous aussi faites une petite pause ?"
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Re: Entrevues enneigées [PV Laquarius]

Message par Laquarius Nix » 02 Mars 2018, 15:56

Naell donc, jamais entendu ce nom. Ah stop, voilà que je psychote encore. Je rends son sourire à L’Asari et me dirige vers la sortie. Un petit rire m’échappe volontairement quand j’entends qu’elle souhaite m’inviter le lendemain.

« Désolé, la galanterie a été au coeur de mon éducation. Ça n’est pas dans mes habitudes d’accepter cela. Néanmoins, si vous y tenez tant que ça, nous pouvons toujours se dire que chacun paye sa part. Je serai gêné mais c’est équitable. »

Je pose la main sur la poignée et tire la porte pour inviter Naell à passer devant une fois qu’elle a fini de s’emmitoufler dans son écharpe. C’est vrai que, contrairement à elle, je n’ai pas vérifié la température et me fais mordre les os par le froid extérieur. Un frisson me parcourt l’échine quand je ferme prestement les boutons de mon manteau. Je ne m’inquiète pas vraiment, il faut juste le temps que mon corps s’habitue à la différence par rapport au hall, chauffé, de l’hôtel. Revenu à la hauteur de L’Asari, je la détaille brièvement, plus petite que moi, sa démarche élégante me laisse penser qu’elle a l’habitude d’être en société ou du moins qu’on lui a bien appris à s’y tenir. Les tatouages focalisant l’attention sur son regard m’intriguent, peut-être une coutume théssienne dont je n’ai jamais eu vent, ou bien une façon s’assurer que son interlocuteur regarde bien sa paire d’yeux et non une autre paire plus gênante. J’interromps mon inspection pour ne pas paraître pour étouffant et me tourne vers la montagne. C’est vrai que cette immense couverture blanche est magnifique. Je me délecte de sa pureté, de son harmonie. Puis mon regard tombe sur les machines en actions. Un instant, je suis leur manège avant de regarder la rue que Naell et moi nous apprêtons à descendre.

Une petite pointe de mélancolie chatouille mes entrailles, dissipant la sensation de froid. Les flocons de neige tombent aléatoirement, indépendamment deux à deux, mais la façon dont on les travaille ensuite, elle, est différente entre la montagne et la rue. D’un côté, on s’efforce de distribuer les flocons identiquement sur tout le flanc, c’est de plusieurs heures de labeur, il s’agit d’être méticuleux pour avoir ce rendu si agréable. De l’autre, on écrase la neige sans aucun schéma, les allers et venues creusent des sillons anarchiques qui finissent plus par ressembler à des fossés boueux s’ils sont trop empruntés. Dans le fond c’est un peu la différence entre la Citadelle et Oméga, on peut même appliquer cette métaphore aux êtres vivants et dans mon cas je sais déjà de quel côté je me trouve.

Naell me coupe dans mes pensées après qu’un petit silence s’est installé à notre sortie de l’hôtel. Je me tourne vers elle pour lui répondre. Mon regard se fait à nouveau capter par le sien. Un vert assombri contre un bleu électrique. Pas besoin de précisé, que je ne mets pas longtemps avant de remettre mon visage en face du chemin que nous suivons.

« Nous avons tous besoin de repos apparemment, heureusement qu’il existe des endroits où l’on peut toujours se déconnecter un moment. »

Je réponds poliment sans pour autant oublier la raison qui m’avait poussé à proposer cette escapade à L’Asari.

« Excusez moi si je vous paraîs trop direct, mais je m’interroge tout de même sur la raison qui vous a poussée à m’offrir ce verre. Je ne veux pas être faussement modeste, néanmoins c’est quand même la première fois qu’une jeune femme comme vous a une telle attention à mon égard. »

J’avais choisi mes mots avec précautions, ne cherchant pas le conflit frontal. Mais il faut que je sache le fin mot de cette histoire. Je lui désigne un banc pour s’asseoir si elle le souhaite. Non pas que la marche m’épuise, je peux la poursuivre, mais je suis étonnamment nettement moins à l’aise que Naell sur la neige. D’un côté je ne suis pas habitué à progresser sur un terrain comme celui-ci, mais je suis tout de même plus agile à l’accoutumé.
Dernière édition par Laquarius Nix le 05 Mars 2018, 20:35, édité 2 fois.
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Re: Entrevues enneigées [PV Laquarius]

Message par Naell T'Loari » 03 Mars 2018, 22:33

-"Excusez moi si je vous paraît trop direct, mais je m’interroge tout de même sur la raison qui vous a poussé à m’offrir ce verre. Je ne veux pas être faussement modeste, néanmoins c’est quand même la première fois qu’une jeune femme comme vous a une telle attention à mon égard."
Naell essaya de cacher un rougissement sous son écharpe. Le banc lui parut soudainement d'autant plus froid que ses joues se mirent à brûler...

Manifestement, Laquarius était pour le moins prudent. Ce qui était assez logique, étant donné les événements de ces dernières heures...
Lui souriant d'un air amusé, la jeune asari lui répondit :
-"C'est la première fois ? Vraiment ? Elles ne savent pas ce qu'elles ratent, alors !"
Laissant échapper un petit rire cristallin, elle repris son sérieux :
-"Cela dit, vous avez raison... En partie, du moins. Je n'ai pas pu m'empêcher d'assister à la scène dans le bar tout à l'heure. Ces gars qui vous ont accostés et avec qui vous avez eu quelques mots... Ils n'avaient pas l'air de rire..."
Marquant une courte pause le temps de choisir avec précision ses mots, Naell continua :
-"Lorsque vous êtes sorti à leur suite, je vous ai suivie. Oh, pas longtemps... Être capable de disparaître comme vous l'avez fait n'est pas quelque chose de si courant. Disons que ça a attisé ma curiosité sur votre personne. Je suis rapidement retournée à l'hôtel, même si je me doute que les bruits que j'ai pu entendre n'avaient rien d'une discussion amicale."
Anticipant les réactions du turien, l'asari ne lui laissa pas le temps d'objecter :
-"Oh je sais que la curiosité est un vilain défaut et que vos affaires ne regardent que vous. Mais... j'aime bien savoir à quoi m'attendre, surtout lorsque je suis en vacances. J'ai donc trouvée plus approprié de prendre contact avec vous au moyen d'un verre de vin..."

Le regard de la jeune asari se perdit un instant dans le paysage. Elle se doutait que sa façon de faire n'allait peut être pas plaire. Néanmoins, elle ne ressentait guère d'animosité à son encontre. Ses yeux bleus lagon revinrent sur le turien, curieuse de savoir ce qu'il en pensait.
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Re: Entrevues enneigées [PV Laquarius]

Message par Laquarius Nix » 07 Mars 2018, 19:24

Je ne peux pas m’empêcher de perdre mon sourire en entendant que Naell a vu ma conversation et m’a suivi quand j’allai ‘m’expliquer’ tout à l’heure. Elle me coupe la parole quand je m’apprête à lui répondre. Je ne lui en veux pas de m’avoir espionné, les hommes n’étaient pas discret alors ça ne m’étonne pas que quelqu’un nous ait vu et puis il faut bien un peu de curiosité dans le monde. Une fois qu’elle a fini je me force à afficher un petit sourire.

« On ne se fait pas que des amis en vacances et en fait tout le monde peut disparaître comme je l’ai fait, je n’ai aucun crédit pour savoir appuyer sur un bouton de mon OmniTech. Si vous vous étiez approchée, vous auriez pu voir mes traces de pas. »

C’est vrai que je doute que quelqu’un désire s’approcher d’une ruelle d’où émane d’étranges bruits, mais je préfère briser le mythe du mystérieux Turien qui s’évapore d’un coup.

« Mais vous avez raison, mes affaires ne concernent que moi. Néanmoins, je puis vous assurer que rien que je ne fasse ne perturbera votre séjour. »

Moi non, les autres dégénérés peut être, mais j’espère qu’ils auront au moins la décence d’agir, s’ils venaient à le faire, discrètement. Ces énergumènes ne me font pas peur mais je me doute bien que les autres vacanciers n’ont pas mon vécu. Enfin, je me dis qu’après la correction de ce soir, ils ne s’y frotteront plus.

« Bref, sinon.. »

Je me coupe un instant pour plisser les yeux. Au loin, j’ai cru voir une silhouette nous observer. En me concentrant, je repère en effet une personne, plus loin dans la rue, adossé à un lampadaire qui regarde dans notre direction. J’ai du mal à croire aux coïncidences. Portant ma main à ma bouche, je fais mine de tousser.

« Pardon, j’allai vous proposer de rentrer pour nous soustraire au froid mais il semblerait qu’il soit trop tard pour moi. »

L’Asari acquiesce, elle non plus ne doit pas avoir très chaud. En se levant elle me demande si je veux emprunter son bonnet qu’elle a dans sa poche.

« Merci c’est gentil. Mais si j’accepte vous ne pourrez plus vous couvrir sur le chemin. Je vais m’en remettre, ne vous inquiétez pas. J’ai connu pire. »

Je ponctue ma phrase d’un petit rire et commence à avancer en direction de l’hôtel.

« Que comptez-vous faire pendant vos vacances ? Seulement profiter du cadre et des prestations de l’hôtel ou bien vous allez glisser sur les pistes ? Pour ma part je n’ai jamais skié donc j’hésite encore à me lancer. »

Mon instinct me dicte d’occuper Naell pour éviter qu’elle ne se retourne. En effet, quand je tourne la tête pour lui parler, je perçois du coin de l’oeil que l’ombre de tout à l’heure avance avec nous. Intérieurement je bous, si je mets la main sur cette personne, elle va passer un très mauvais quart d’heure. Une fois devant notre résidence, j’ouvre la porte pour la jeune femme et jette un regard sombre dans son dos en direction de la rue avant de la suivre.
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Re: Entrevues enneigées [PV Laquarius]

Message par Naell T'Loari » 09 Mars 2018, 13:46

Finalement, Laquarius l'avait mieux pris qu'elle ne le pensait. Naell avait tout de même avouée s'être mêlée d'autre chose que ses affaires, du moins pour un court laps de temps. Un bref coup d’œil sur des individus apparemment peu amènes et à l'apparence patibulaire, visiblement issus des activités du turien.

Alors qu'il allait dire quelque chose, Laquarius s'interrompit subitement. Naell leva un sourcil, intriguée avant qu'il ne se mette à tousser. Il ne faisait guère chaud, un petit vent venant encore faire chuter le ressenti. La jeune asari était couverte, mais malheureusement pas assez pour résister totalement aux affres d'un vent glacial.
Sortant son bonnet après s'être levée, Naell le proposa à Laquarius :
-"Peut être que cela peut vous éviter de devoir garder le lit demain."
-"Merci c’est gentil. Mais si j’accepte vous ne pourrez plus vous couvrir sur le chemin. Je vais m’en remettre, ne vous inquiétez pas. J’ai connu pire."
-"Oh, je n'en doute pas un seul instant !" Dit-elle avant de lui sourire d'un air espiègle, masquant ce faisant le trouble qu'elle avait pu ressentir chez lui. Elle venait à douter que ce départ ne soit motivé que par les conditions météorologiques...

-"Que comptez-vous faire pendant vos vacances ? Seulement profiter du cadre et des prestations de l’hôtel ou bien vous allez glisser sur les pistes ? Pour ma part je n’ai jamais skié donc j’hésite encore à me lancer."

Naell ne s'était pas encore posée la question ouvertement, mais c'était vrai : qu'allait-elle bien pouvoir faire durant ces vacances ?
Le ski la tentait bien, d'autant que ses quelques expériences précédentes s'étaient finalement bien déroulées. Il lui avait fallu prendre des cours pendant un mois durant afin de pouvoir suivre un fan de sports de glisse particulièrement fortuné et important. Alors que ce contrat lui avait semblé du genre fastidieux, il s'est avéré qu'elle s'était finalement bien amusée à suivre cet humain sur les pistes enneigées sur lesquelles il perdait régulièrement ses gardes du corps. De tentatives d'assassinat, point il n'y avait eu. Tout juste une après-midi difficile dans un début de tempête de neige, où les talents de l'asari pour le repérage en milieu difficile et sa capacité à prévoir l'imprévisible furent d'une grande aide...

-"Je pensais faire les deux, en fait. Sans doute en commençant par les pistes : la neige est toujours meilleure le mâtin, comme disait un de mes clients..."
Continuant d'avancer aux côtés de Laquarius, ils rejoignirent l'hôtel sans grande difficulté. Naell nota cependant que le turien restait en léger retrait. Une chose sans doute imperceptible pour le commun des mortels, mais pas pour une garde du corps entraînée comme elle. Manifestement, quelque chose poussait le turien à se conduire ainsi. Quelque chose se trouvant sur leur arrière, sans doute. Et qui pouvait apparemment l'inquiéter...
L'asari fit mine de ne rien déceler, tout en se préparant mentalement à faire usage de sa biotique.
-"Que diriez-vous de vous joindre à moi demain mâtin ? Un grand bol d'air frais à glisser dans la poudreuse, avouez que c'est tentant."
En gentleman, Laquarius ouvrit la porte devant elle.
Une attention que Naell apprécia.

Entrant dans le hall, elle vit le turien sur ses talons, lui répondre avec un grand sourire :
-"Volontiers."
S'arrêtant au milieu du hall, Naell virevolta sur elle même, offrant son sourire le plus enthousiaste a son partenaire de ski :
-"Eh bien, je vous donne rendez-vous ici même, demain, à 8h30 ? Cela vous convient-il ?"
Laquarius hocha la tête, approuvant :
-"Je peux avoir cinq minutes de retard ou bien je vais me faire taper sur les doigts ?"
-"Bien sûr ! Je vous attendrais. Mais attention, pas plus !" dit-elle d'un ton faussement sévère, son visage affichant un amusement évident. Naell tourna la tête en direction de l'escalier :
-"Je vais aller reprendre des forces pour demain. Bonne nuit Laquarius."
-"Bonne nuit Naell et à demain." répondit le turien.
A la grande surprise de l'asari, il lui pris délicatement la main et la baisa. Peu habituée de faire l'objet d'une telle attention, Naell sentit ses joues rosir.
-"A demain." dit-elle, avant de prendre congés, à la fois agréablement surprise d'être en présence de quelqu'un de si galant et gênée de ne savoir comment y réagir de façon appropriée.

Elle monta les marches la menant jusqu'au bon étage, parcourut le couloir où se trouvait la porte de sa chambre, en déverrouilla la porte puis entra. La lumière se fit tandis que les rideaux se déployaient automatiquement devant les fenêtres pour lui apporter un peu d'intimité. Retirant son manteau, elle le déposa sur le lit avant d'ouvrir sa valise et d'en sortir son nécessaire de toilette et une chemise de nuit. Sa fin de soirée serait somme toute plutôt rapide : une douche et au lit !
Mais avant cela, elle voulait préparer sa tenue du lendemain...
Sortant sa combinaison noire, une paire de chaussettes épaisses et des sous-vêtements propres, elle y ajouta un sous-pull épais à col haut et y joignit ses gants et son écharpe...
Naell se rappela alors l'étrange comportement de Laquarius. Il agissait comme si un danger les guettait... Soulevant un sourcil, Naell se résolut à ajouter un peu d'équipement non conventionnel à sa tenue de ski. Faisant quelques pas vers sa malle, elle l'ouvrit pour en sortir trois choses en première intention : un kit de premier secours, un discret blindage corporel anti-cinétique et son Predator. Pensive, elle pris machinalement son hud, se disant qu'il vaudrait peut être mieux l'avoir avec soi, quitte à ne pas l'utiliser...
Déposant l'ensemble sur la chaise proche de son lit, elle afficha un air satisfait. Il ne manquerait plus qu'un petit peu d'eau et une bricole à grignoter si l'envie se faisait sentir. Un sac à dos terminerait son équipement de la plus utile des façons.

Se déshabillant pour ne rester qu'en sous-vêtements, elle se saisit de son nécessaire de toilette et partit vers la douche...
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Re: Entrevues enneigées [PV Laquarius]

Message par Laquarius Nix » 12 Mars 2018, 23:37

La nuit fut courte, je n’arrivais pas à dormir et ne cessais de faire des aller-retours entre le lit et mon sac-à-dos, hésitant sur le fait d’emporter ou non mon arme de poing. Je me levais toutes les demi-heures pour enlever ou remettre le Frelon à sa place. La logique voulait que j’embarque la mitraillette, tandis que quelque chose d’autre me susurrait de ne rien en faire. Finalement, lorsque je vois le réveil afficher 6h45, je prends la décision d’effectivement glisser l’arme et une petite poignée de cartouches dans le sac. À moitié satisfait, je me redresse et le jette sur le lit avant de passer à la salle de bain pour une douche matinale. En sortant, je vois que j’ai perdu une demi heure, je suis encore en avance et le service du petit déjeuner à commencé. J’enfile donc mon armure en vitesse et descends manger. La salle est encore relativement vide et je n’ai aucun mal à trouver une place isolée près de la baie vitrée. Il fait beau dehors, tellement que le manteau blanc de la montagne m’éblouit un peu quand je la fixe trop longtemps. Le paysage est vraiment magnifique alors, repensant au fait que j’avais assez d’avance, je prends le parti de faire traîner mon repas pour contempler la vue. Quand je remonte dans ma chambre, je remarque qu’il est déjà 8h00. Un petit soupire amusé m’échappe quand je réalise à quel point j’ai pris mon temps. Le temps de passer dans la salle de bain pour finir ma toilette, i.e. pouvoir parler à Naell en la regardant en face, de mettre mon manteau, l’ajuster au niveau du col et je repars en direction du hall où L’Asari et moi nous étions quitté la veille.

Une fois en bas, je regarde l’heure donnée par mon OmniTech et constate avec un léger sourire que j’ai quelques minutes d’avance sur le rendez-vous. D’un bref coup d’oeil, j’aperçois que le fauteuil d’hier est encore libre et vais donc m’installer dedans. Quand je vois Naell descendre les marches pour poser les pieds dans le hall pile à l’heure, je me lève et m’avance vers elle pour l’accueillir chaleureusement.

« Bonjour ! J’ai eu peur des représailles, donc pas de cinq minutes de retard. »

Rayonnante, elle me répond d’air sévère forcé :

« Excellente idée ! Voila qui m'évite de devoir vous étouffer dans la neige ! »

Elle ponctue sa phrase en riant.

« Bonjour Laquarius ! »

Après cette échange de courtoisie, nous sortons pour nous préparer à profiter des pistes. Comme à mon habitude, j’ouvre la porte pour Naell et la suis dans les rues, ne sachant moi-même pas vraiment où aller, ni quoi chercher exactement. Elle me guide dans les boutiques de locations et nous ressortons pour nous diriger vers les pistes. Abonnements en poches, nous commençons par les bases. Incertain sur mes appuis, je regarde la jeune femme m’expliquer comment me déplacer sans glisser avec les skis aux pieds. Après quelques minutes, elle m’emmène sur une petite descente pour débutant, voyant qu’il n’y a quasiment que des enfants en bas âge, je suis un peu piqué dans mon orgueil mais n’en fait rien. Je suis ses conseils et après deux tentatives mitigées, je glisse sur les quelques mètres sans problème majeur. Évidemment, il reste du progrès, beaucoup de progrès, à faire, mais l’ensemble est correct. Nous montons donc d’un échelon et partons sur une piste verte. Il y a déjà pas mal de skieurs qui nous accompagnent et je manque de me faire faucher par un gamin lancé à pleine vitesse lors du parcours. J’échappe au tampon en virant brutalement, un peu trop puisque que je me retrouve écrasé par terre, un père désolé penché au dessus de moi, essayant de m’aider à me relever. Le remerciant pour son attention et lui assurant qu’il n’y a pas mort d’homme, je repars pour retrouver mon professeur improvisé.

À de cette mauvaise aventure, Naell me fait à nouveau descendre la piste verte avant de partir pour une piste bleue sur laquelle aucun incident ne survient. Arrivé en bas, je constate qu’il est presque midi, il s’agira donc probablement de notre dernière descente avant le repas. Étant vanné des pistes pour enfant et débutant, j’ôte mes lunettes et regarde L’Asari avec beaucoup de sérieux.

« Bon.. C’est bien beau tout ça, mais les vraies pistes sont les noires si j’ai bien compris, non ? »

Incrédule, elle me regarde avec hésitation.

« Les vraies... Celle qu'on vient de dévaler est une vraie piste. Mais si vous voulez parler des plus difficiles, oui, ce sont les noires. »

Son visage semble s’illuminer et s’assombrir en un instant. Elle marque une pause avant de reprendre :

« Attendez... vous ne voulez tout de même pas skier sur une noire alors que vous ne tenez sur des skis que depuis une demie-heure, si ?! »

Je hausse les épaules avec ma désinvolture habituelle.

« C'est une mauvaise idée, Laquarius ! Ces pistes sont bien plus techniques, étroites et pentues. »

«  Mais non, ça va aller. J'apprends vite, vous allez être surprise. »

Je me coupe pour plisser les yeux, l'air taquin.

« À moins que vous n'ayez peur que je fasse mieux que vous ? Je ne voudrai pas vous embarrasser. »

Je vois que je fais mouche, Naell me lance un sourire carnassier et son plus beau regard déterminé :

« Vraiment ? Eh bien, si vous me promettez de faire attention et de descendre doucement, je vais me faire une joie de vous montrer pourquoi ce sont les pistes les plus difficiles... »

C’est acté. J’agite ma main comme pour balayer ses doutes.

« Mais oui, mais oui.. Pas de problème. »

Sûr de moi, nous partons en direction des télésièges. Une fois installé, une petit silence s’immisce, pour le briser je me mets à entrer, contre mon habitude, dans la banalité.

« Et sinon, vous avez bien dormi ? »

« Comme un bébé ! Le lit est particulièrement moelleux. »

« Vous comptez toujours manger à l’hôtel ce soir ? »

« La table y est excellente, avouez que ce serait dommage de ne pas en profiter, n'est-ce pas ? »

Tombant à court d’idée, je suis soulagé de voir le bout de la course arriver. Une fois descendu, nous avançons vers la piste en question. C’est alors qu’un certain sentiment de regret naît en moi. En voyant la descente, je me demande si provoquer Naell comme ça avait été une bonne idée.
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Re: Entrevues enneigées [PV Laquarius]

Message par Naell T'Loari » 15 Mars 2018, 16:42

Ce diable de turien avait décidément de la suite dans les idées.
Après avoir dévalé la piste pour débutant, deux pistes vertes et une piste bleue, Laquarius veut affronter une piste noire...
Et c'est en riant à l'avance du carnage que Naell finit par accepter, l'accompagner et le regarder contempler l'étendue de la difficulté.
Sous ses yeux se présente une piste encaissée entre deux affleurements rocheux offrant un goulot d'étranglement à son premier tiers, truffée de bosses toutes plus grosses les unes que les autres et offrant une pente que l'illusion d'optique faisait paraître des plus abruptes. Quelques drapeaux noirs délimitaient les bords de la piste, là où cela s'avérait nécessaire.

Scrutant le visage du turien, Naell sourit. Le froid lié à l'altitude mordait ses lèvres. Sortant un petit stick de baume, elle entreprit de s'en badigeonner d'un geste nonchalant avant de le ranger dans sa poche.
-"Alors, mon cher Laquarius... Qu'en dîtes-vous ?" lui annonça-t-elle d'un ton à la fois amusé et ironique.
-"C'est haut, n'est-ce pas ?"
Au loin, bien plus bas, les bâtiments de la station apparaissaient tels de minuscules maquettes perdus dans un paysage saupoudré de sucre glace. Les sommets, écrasants depuis l'hôtel, semblaient les tutoyer ici. La vue sur les autres massifs montagneux alentours était somptueuse. L'on pouvait même apercevoir au loin, en plissant les yeux, les vaisseaux décollant de l'astroport d'Illyria.

Prenant un petit élan, Naell descendit en deux virages élégants et fluides les cinq premiers mètres avant de s'arrêter et de regarder vers le sommet de la piste.
-"Allez-y doucement, Laquarius... ça ira tout seul. Souvenez vous : le chasse-neige d'abord, puis les skis parallèles. Et vous recommencez à chaque virage. N'hésitez pas à faire des pauses, nous avons tout notre temps."
Au dessus d'elle, au seuil de la piste, Laquarius lui répondit d'un air assuré :
-"Tout ira bien, partez devant. Je vous laisse trois secondes d'avance !"
-"A votre guise !"
Virevoltant sur ses skis, Naell descendit une cinquantaine de mètre en quelques dérapages tout en souplesse. S'arrêtant à l'entrée du goulot d'étranglement, elle leva les yeux vers le turien. Ce dernier avait commencé sa descente, à une vitesse plus que faible. Appliquant à la lettre ses conseils, il glissait du mieux qu'il pouvait, ses skis plus souvent croisés que parallèles. La moindre bosse le faisait tanguer dangereusement, mais sa concentration et sa persévérance semblait le maintenir debout.
Ce n'est qu'au bout d'une poignée de minutes que Laquarius rejoignit Naell.
-"Alors, cette vraie piste ? Elle vous plait ?"
Le turien ne répondit rien, mais afficha un visage tendu et concentré, respirant à grandes inspirations.
-"Je passe devant et vous attend après le goulot." ajouta la jeune femme.

Liant les mots aux actes, Naell glissa légèrement avant de prendre de la vitesse et de dépasser les contreforts rocheux. S'arrêtant dans une gerbe de neige, elle planta ses bâtons et porta son attention sur son camarade. Ce dernier descendit lentement en exploitant l'ensemble de la largeur de la piste. L'heure avançant, peu de skieurs se trouvaient à leurs côtés. La plupart devaient déjà s'être concentrés sur les restaurants d'altitude ou sur ceux de la station, si bien qu'ils étaient seuls. Chose dont Laquarius abusa sans vergogne, préférant prendre tout son temps sans risquer de dévaler la pente en boule de neige...
Au bout d'un peu moins d'une dizaine de minutes, le turien rejoignit enfin l'asari.
-"Vous allez bien ?"
Laquarius hocha positivement de la tête, reprenant son souffle.
-"Allez, courage, nous avons fait la moitié du chemin..." Naell se tourna vers la suite et fin de la piste, cette dernière rejoignant une piste bleue plus bas. Sur les bords du dernier tiers, une petite forêt de pins elyséens marquait les limites de la piste.
Faisant signe au turien de prendre les devants, Naell lui laissa le temps de parcourir quelques dizaines de mètres, prête à intervenir pour le ramasser au besoin.

Alors que Laquarius arrivait à hauteur de la forêt, affichant un peu plus d'aisance à force de travail, trois skieurs humains habillés de noir sortirent de derrière les pins elyséens. Restée en hauteur, Naell les vit se rapprocher du turien jusqu'à l'intercepter.
Soudainement consciente de leurs intentions, l'asari bondit sur ses skis, les plaçant dans le sens de la piste, droit sur son nouvel ami.

Jusqu'à présent concentré sur son allure et sa descente, le turien ne vit les trois intrus que trop tard.
L'un d'eux le bousculât, le faisant perdre son équilibre et tomber dans la neige.

L'asari avait pris de la vitesse et dévalait la pente à toute allure, souple dans ses genoux, absorbant les bosses sans ciller. Intérieurement, elle se maudissait d'être restée aussi loin...

L'un des hommes en noir sortit ce qui ressemblait à une arme et la pointa sur Laquarius.
Il visa le turien et, au moment où allait ouvrir le feu, reçut une vague de neige en pleine figure.
Naell, achevant son approche, venait de décélérer brutalement, soulevant un nuage de poudreuse dans son sillage.
Elle s'arrêta entre l'homme et le turien, déployant sa barrière et son omnibouclier.
Attrapant Laquarius au passage, l'asari le remis debout sur ses skis en un clin d'oeil avant de lui donner une poussée vers l'avant.
L'un des acolytes sortit à son tour une arme.
Naell lui offrit un grand coup d'omnibouclier dans le bras, le faisant lâcher son arme.
-"Foncez, Laquarius, foncez !" lui cria-t-elle.
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Re: Entrevues enneigées [PV Laquarius]

Message par Laquarius Nix » 02 Avril 2018, 17:33

Je me détends en voyant l’embranchement avec la piste verte. La descente avait été pour le moins compliquée. Ma concentration reste entière sur ces dernières centaines de mètres, je n’ai que trop peur de me faire avoir en traître par l’une de ces plaques glacées que j’ai contournée tout à l’heure. Les yeux braqués au sol, je me remémore en boucle les conseils de Naell. C’est à cause de ça que je ne les vois pas, du moins pas avant qu’ils soient à mon contact. Une forme titille le coin de mon œil gauche. Trop près, trop peu dans le sens de la piste, trop vite pour le sens de la trajectoire et trop nombreux. Je me mords la langue au moment de l’impact. Quelle idiotie, baisser sa garde ainsi relève d’un véritable débutant. Le coup me propulse au sol sans difficulté, n’étant déjà pas à l’aise sur les skies, je m’affale tête la première et glisse encore un peu plus bas. Dans ma chute, je sors un bras de mon sac-à-dos pour en sortir ma mitraillette. Je me retourne sur le ventre, mon sac dans une main, l’autre prête à plonger dedans, mais l’issue est inévitable. Ils étaient trois, le premier avait perdu en vitesse en me percutant, mais les deux autres se portaient très bien et avaient simplement continué leur route jusqu’à ma hauteur. L’un d’entre eux pointe déjà un pistolet sur moi. On dirait que cette fois c’est la bonne. Les muscles de mes bras se détendent avec résignation. Je regarde dans les lunettes de mon bourreau, attendant la fin, et voit le mur blanc se dresser entre lui et moi. Une main bleue pénètre mon champ de vision et m’aide à me relever avant de me pousser dans le dos. L’Asari s’est interposée, je ne sais pas pourquoi, mais surtout je suis époustouflé par sa réaction presque mécanique. Les deux halos bleuté et orangé qui se dressent devant elle ne font que confirmer mon ressenti.

Néanmoins, je n’ai pas le temps de lui poser de questions ou de rêvasser à ce sujet. Emporter par l’élan que m’a donné Naell, je dévale la piste plutôt rapidement, sauf que je suis complètement à découvert. Je décrète donc venu le temps de l’improvisation. Un tir retenti derrière moi, peut être bloqué par l’une des défenses de ma protectrice -ça me fait presque du mal de dire cela- en tout mes boucliers sont encore en état de marche. Sans trop réfléchir plus loin que la seconde qui suit, je plante fermement mon bâton gauche dans le sol et m’en sert comme d’un pivot pour changer radicalement de trajectoire et viser la forêt en bordure de piste. Il est impensable de m’amuser à croiser à mes skies, je les garde donc bien parallèles et décide de miser plutôt sur mes bras. Je dégage mon bâton une fois ma direction ajustée et plante cette fois les deux tiges pour récupérer un peu de la vitesse que j’ai perdu. Du coin de l’oeil, je vois que Naell et les trois humains m’ont suivi. Je ne peux qu’espérer que mon embardé en déstabilise un et de préférence quelqu’un d’autre que L’Asari.

Arrivé à la lisière des arbres, je comprends pourquoi il y avait quelques drapeaux plus haut. Une pente d’un pourcentage probablement à celle que je viens de dévaler se déroule devant moi. Sauf que cette fois je n’ai pas le temps de tergiverser. Un nouveau coup de bâtons et je m’enfonce dans le bois, jouant avec mes sortes de pivots pour ajuster autant que faire ce peut ma trajectoire. J’arrive à éviter quelques arbres au début, mais plus j’avance, plus je vais vite et plus j’ai l’impression que la forêt se densifie. Les branchages sont toujours plus resserrés et je me fais fouetter de toutes parts. Mon sac-à-dos, toujours accroché à un seul de mes bras est impossible d’accès, je suis obligé de constamment frapper le sol. Certains troncs sont trop gros et je n’arrive pas à complètement les éviter, perdant de la vitesse à chaque fois que mes épaules frappent dedans. Les bruits de tirs se rapprochent, il faut agir. Une idée me traverse l’esprit, c’est dangereux et irresponsable comme d’habitude, mais je n’ai rien d’autre. Je plante une nouvelle fois mon bâton pour éviter un arbre et tends tout de suite après ma main devant moi pour saisir une branche qui allait me griffer le visage. Ma prise est ferme. Le bois se tord sous ma vitesse. Le but est de me retourner pour faire face aux humains et en assommer un, voire plus, avec une Surcharge qui se prépare déjà dans ma main libre. Sauf que tout ne se passe pas comme prévu. La branche se plie bien comme si elle allait commencer à s’enrouler autour du tronc, mais cède presque tout de suite. Je me retrouve éjecté de travers et tombe. En fait, j’ai la sensation de tomber. Ce n’est pas le sol qui m’accueille mais un tronc d’arbre. Il me stoppe net et me permet de rester debout. Je crache mes poumons sous l’impact. Pourtant je n’ai pas le temps de m’attarder sur l’étendu des dégâts, je pointe mon bras dans le sens d’un des hommes en noir, le plus proche, et un arc électrique s’envole dans sa direction.

Sans attendre de voir le résultat de l’opération, je contourne le tronc sur lequel je m’appuie pour me soustraire à la ligne de mire de mes adversaires et me penche pour détacher mes skies, je suis déjà assez encombré comme ça. J’en profite pour rapidement sortir mon arme et me tiens prêt à ouvrir le feu.
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Re: Entrevues enneigées [PV Laquarius]

Message par Naell T'Loari » 06 Avril 2018, 10:02

Naell n’eut que le temps de voir Laquarius glisser le plus vite possible -quoique maladroitement- sur ses skis avant de voir une arme entrer dans son champ de vision.
L’un des assaillants semblait essayer de prendre le turien pour cible, à nouveau.
Mue par les réflexes trahissant son long entraînement, l’asari asséna un grand coup d’omni-bouclier dans le bras tenant l’arme.
La détonation retentit à côté de sa tête, l’assourdissant temporairement.
Le coup partit dans la neige.

Donnant un grand coup de coude dans le torse de l’un d’eux avant de pousser le second, Naell pris son élan d’un bon, forçant ses skis dans le sens de la descente.
Les oreilles sifflantes, elle suivit rapidement la trace de Laquarius.
Le turien, devant elle, venait d’obliquer vers la forêt. Une bien sage décision, se dit-elle avant de lancer son propre virage à grande vitesse.
Risquant un coup d’oeil derrière elle, la jeune asari vit les trois humains se relever et s’élancer à leur poursuite.

Entrant dans la forêt à la suite de Laquarius, Naell slaloma aussi adroitement qu’elle le put. Les traces du turien indiquaient que ce dernier jouait le tout pour le tout, au risque de manger de l’écorce. Pour quelqu’un qui ignorait encore en quoi consistait ce sport quelques heures plus tôt, c’était un exploit remarquable.
Une balle siffla non loin d’elle.
Ses poursuivants espéraient peut être l’atteindre à travers les arbres…
C’était peu probable, mais un tir chanceux était toujours possible.
Risquant un bref et nouveau coup d’oeil derrière elle, Naell vit les trois poursuivants la suivre à toute vitesse.

Slalomant habilement entre les troncs, l’asari vit soudain Laquarius devant elle. Le turien braquait une arme dans sa direction. Seul le canon de l’arme resta dans l’esprit de la jeune femme. Par réflexe, Naell déploya son omni-bouclier vers l’avant. Ce faisant, elle percuta l’un des troncs, la faisant déchausser l’un de ses skis et retomber lourdement au sol sur le tapis neigeux. L’asari laissa échapper un cri de douleur. Elle glissa un court instant avant que son seul ski encore attaché n’achève de la freiner.
Allongée la tête dans le sens de la pente, Naell déploya son Predator et pointa son canon dans la même direction que Laquarius.

Les bruits des poursuivants se firent de plus en plus pressant.

Essayant de déchausser son second ski avec sa jambe libre, l’asari constata avec stupeur que sa fixation refusait de la libérer. Elle n’eut guère le temps de pester que Laquarius venait de plonger vers elle pour la couvrir, quittant le tronc qui lui servait de couverture. Le turien s’accroupit devant elle, faisant face à leurs adversaires en offrant son corps comme rempart.

Le premier des poursuivants apparut soudainement entre les arbres.
Laquarius ouvrit le feu sans aucune hésitation, sa volée de projectiles faisant mouche. Les premiers grésillèrent sur la barrière cinétique de l’humain jusqu’à ce que cette dernière ne finisse par lâcher. Fauché par les balles, il s’effondra dans la neige.
Profitant du court répit offert par son compagnon d’infortune, Naell donna un violent coup de pied dans la fixation de son dernier ski. Cette dernière céda soudainement, libérant sa seconde jambe. D’un bond, elle se redressa, son arme toujours en main.

Les deux autres humains apparurent à leur tour.
Laquarius ouvrit à nouveau le feu, envoyant deux volées dans leur direction. Les balles s’égayèrent dans les arbres, frôlant leurs cibles.
Deux détonations retentirent en réponse, claquant aux oreilles du turien.

Alors qu’il allait riposter, il vit une lueur bleutée entrer dans son champ de vision, sur sa droite.
Naell venait de le rejoindre et de positionner son contre-coup pour les protéger tous les deux contre les projectiles adverses.

Trois balles ricochèrent contre le champ biotique déployé devant eux. Laquarius riposta, touchant les barrières cinétiques de l’un des assaillants. Elles crépitèrent mais tinrent bon.
Quelques détonations se firent à nouveau entendre. Toutefois, les projectiles ne vinrent même pas siffler autour d’eux.
Les bruits de leurs poursuivants semblèrent s’éloigner à grande vitesse, noyés par les arbres les entourant.
Le turien et l’asari restèrent immobiles et silencieux pendant un instant, épiant la moindre trace sonore susceptible de trahir la présence de leurs adversaires. Mais seuls les bruits de la forêt leur parvinrent.

Naell se redressa lentement, avec précaution, son contre-coup toujours déployé, l’arme toujours au poing.
“- Ils sont partis, on dirait…”
L’asari avança prudemment jusqu’à atteindre le corps de l’homme abattu par Laquarius. La lueur bleutée de sa biotique offrait des reflets surréalistes aux arbres l’entourant. La neige elle même semblait plus froide que d’habitude sous l’effet de cette source de lumière peu habituelle.
Rentrant son arme dans sa poche, Naell fouilla rapidement les poches de l’individu mais ne trouva rien. Quelques cartouches thermiques, un pistolet Carnifex. Aucun objet personnel et aucun document. D’instinct, elle ramassa l’arme, la replia et la mis dans sa poche avant de rejoindre son compagnon. Elle désactiva son contre-coup, le bouclier biotique s’évaporant devant elle.
-”Il n’avait rien sur lui, mis à part son arme.”
-”Je suis désolé de vous avoir entraînée là dedans.” lui répondit Laquarius en haussant les épaules, le regard fuyant.
-”Il va falloir que vous m’expliquiez ce qu’est ce “là dedans”, Laquarius. Mais plus tard, à l’hôtel.”
Le turien hocha la tête.
-”Je m’attendais à ce que vous me le demandiez…”

Déposant et ouvrant son sac à dos devant elle, Naell en sortit son hud, qu’elle installa sur son visage. Le système d’affichage s’alluma, lui renvoyant les informations de géolocalisation. Tirant également une barre énergétique et une gourde d’eau, elle en profita pour se restaurer rapidement.
Cette courte mais néanmoins violente rencontre avait puisé dans ses réserves déjà entamée par leur matinée de ski et le chemin de la station restait encore à faire…
Ayant tous deux récupérés leurs skis, ils les rechaussèrent et reprirent leur glisse, à une allure plus raisonnable pour quiconque traverse une forêt, en direction de la station.

Ils rejoignirent sans trop de difficulté le réseau de pistes balisées après quelques centaines de mètres de hors-pistes. De là, ils n’eurent plus qu’à suivre les autres skieurs qui venaient certainement de reprendre leurs descentes après une pause déjeuner.
C’est donc en profitant de l’anonymat de la foule qu’ils rejoignirent le seuil des pistes, puis leur hôtel. Ils laissèrent leurs skis et leurs chaussures dans le local prévu à cet effet avant de rejoindre le hall. Naell et Laquarius se donnèrent rendez-vous dans un quart d’heure ici même pour aller déjeuner. Le temps de déposer les combinaisons de ski, de prendre une douche et de passer une tenue plus convenable pour ce genre d’occasion.
Rien ne pouvait permettre à un observateur extérieur de penser que ces deux clients de l’hôtel venaient de se trouver pris dans une course-poursuite mortelle à peine une heure plus tôt, tant leur ton semblait banal…

Naell rejoignit sa chambre, non sans soulagement. Non seulement commençait-elle à avoir chaud, mais aussi était-elle heureuse d’être rentrée. Retirant à la hâte son sac à dos, sa veste et son pantalon de ski, elle en sortit son arme et celle récupérée sur leur agresseur. Analysant d’un coup d’oeil rapide le Carnifex, elle ne put rien en déduire. C’était une arme comme beaucoup, d’un modèle extrêmement répandu et d’une facture plutôt quelconque…
Elle le désarma avant de le jeter négligemment sur son lit.
Retirant son pull, elle découvrit son blindage cinétique discret. Ce dernier avait grandement atténué le choc contre le tronc lors de la course-poursuite. Une chance de l’avoir porté, d’ailleurs… Elle le reporterait tout à l’heure.

Comme convenu avec son compagnon turien, l’asari descendait à nouveau l’escalier quinze minutes après les avoir gravis...
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